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Pourquoi Peter Steinberger quitte OpenClaw pour OpenAI

16 février 2026 à 14:00

C’est un coup de poker gagnant pour OpenAI. Sam Altman a annoncé le 15 février sur X l’arrivée de Peter Steinberger, fondateur d’OpenClaw, pour piloter le développement des agents IA personnels au sein de l’entreprise de ChatGPT.

Peter Steinberger n’est pas un inconnu du milieu tech. Après 13 ans passés à la tête de PSPDFKit, il a lancé fin 2025 OpenClaw, un projet open-source qui a connu un succès fulgurant avec plus de 100 000 étoiles sur GitHub. Cette plateforme d’agents IA auto-hébergés permet d’exécuter des tâches réelles sur l’ordinateur de l’utilisateur via des applications de messagerie du quotidien comme WhatsApp, Telegram ou Slack.

Contrairement aux chatbots classiques, OpenClaw agit comme un véritable assistant autonome. Il analyse les intentions, planifie des tâches, et mobilise plus de 100 compétences disponibles via ClawHub. De la gestion de fichiers à l’automatisation de navigateurs en passant par l’intégration de plus de 50 API, l’outil se veut polyvalent. Il tourne en arrière-plan, conserve une mémoire conversationnelle persistante et peut répondre de manière proactive.

OpenClaw reste un projet open-source

Mais le succès d’OpenClaw s’est accompagné de controverses. Plus de 400 compétences malveillantes ont été découvertes sur ClawHub, tandis que des autorités chinoises ont émis des alertes concernant des risques de cybersécurité, notamment autour des injections de prompts et de la gestion des permissions.

Pourquoi abandonner un projet viral pour rejoindre OpenAI ? Dans un billet de blog, Peter Steinberger s’explique : après 13 ans à diriger une entreprise, il préfère l’innovation à la gestion d’une grande structure. « Rejoindre OpenAI est le moyen le plus rapide de changer le monde et de démocratiser les agents IA à grande échelle », écrit-il, préférant cette voie à la construction d’une nouvelle licorne.

Sam Altman ne tarit pas d’éloges sur sa recrue, qu’il qualifie de « génie » porteur d’idées sur les systèmes multi-agents, amenés selon lui à devenir centraux dans les produits OpenAI. Peter Steinberger aurait décliné des offres de Meta – Mark Zuckerberg l’avait contacté personnellement – pour privilégier l’alignement de vision avec OpenAI.

Particularité de l’opération :  OpenClaw restera open-source et indépendant au sein d’une fondation soutenue par OpenAI, évitant ainsi une acquisition classique.


Les fonctionnalités principales d’OpenClaw

Fonctionnalité Description
Passerelle multicanal et routage Intégration simultanée à plusieurs messageries avec sessions isolées par agent ou expéditeur.
Extensible vers Mattermost et autres plateformes.
Exécution système Commandes shell, gestion de fichiers (lecture, écriture, organisation),
surveillance proactive (espace disque, prix en ligne),
automatisations planifiées (jobs).
Automatisation navigateur Contrôle via protocole CDP (Chrome DevTools), snapshots intelligents d’éléments interactifs,
remplissage automatique de formulaires, scraping web, captures d’écran,
sans sélecteurs CSS manuels, avec environnements isolés sécurisés.
Intégrations et compétences Plus de 50 API (calendriers, e-mails, domotique, finances),
génération automatique de nouvelles compétences,
MoltBook pour interactions sociales entre agents.
Mémoire et proactivité Contexte persistant entre sessions,
alertes automatiques,
décomposition intelligente des tâches complexes en étapes.

Photo : © DR – Peter Steinberger

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Sommet de l’IA 2026 : comment l’Inde veut tracer sa voie

16 février 2026 à 12:31

L’India-AI Impact Summit 2026, qui se tient cette semaine à New Delhi (16 au 20 février), quitte, pour la première fois, les capitales occidentales pour s’installer dans le Global South.

Pour la quatrième économie mondiale, c’est l’occasion d’afficher ses ambitions dans le développement de l’IA ne plus être un simple terrain d’application des technologies venues du Nord, mais s’imposer comme un acteur incontournable de la gouvernance mondiale.

Un écosystème IA en construction accélérée

Dans la continuité du Global IndiaAI Summit 2024, ce rendez-vous s’inscrit dans la mission IndiaAI, dotée d’un budget de 1,25 milliard $ sur cinq ans, pour bâtir un écosystème complet couvrant le calcul, les données, les modèles, les compétences, le financement et la gouvernance.

L’accès aux capacités de calcul sera au cœur des débats. Face à la concentration des GPU et des centres de données entre les mains de Nvidia et de quelques autres acteurs, l’Inde défend une vision radicalement différente : celle d’infrastructures de calcul considérées comme des biens publics numériques.

Le pays a mis en place un pool national de GPU subventionnés, accessible aux startups, laboratoires et administrations. Des annonces sur l’extension de cette couche de calcul partagé, de nouveaux investissements dans les data centers et des partenariats internationaux sont attendues. L’ambition est de faire de l’Inde une « capitale de l’inférence » pour les charges IA mondiales, tout en réduisant la dépendance aux hyperscalers internationaux.

Des LLMs souverains et plurilingues

Le sommet servira de vitrine aux premiers modèles de fondation souverains financés par la mission IndiaAI. Conçus pour les langues et contextes locaux, au moins partiellement ouverts à l’écosystème, plusieurs d’entre eux devraient être lancés pendant l’événement. Le focus : le plurilinguisme et les cas d’usage pour les administrations, services publics et l’inclusion financière.

L’Inde mettra également en avant AI Kosh, sa plateforme de données qui agrège plusieurs milliers de jeux de données publics. Les discussions porteront sur la qualité, la gouvernance et la souveraineté des données, avec en filigrane la question cruciale : comment concilier ouverture, protection de la vie privée et exigences de sécurité nationale ?

Une troisième voie régulatoire

Sur le plan réglementaire, New Delhi promeut une approche « techno-légale » pragmatique. Ni le modèle très prescriptif de l’Union européenne, ni le quasi laisser-faire américain. L’Inde a publié avant le sommet des lignes directrices de gouvernance visant à aligner l’IA sur des objectifs de développement, d’inclusion, de souveraineté numérique et de durabilité.

Les discussions aborderont les garde-fous autour des systèmes à haut risque, la transparence des modèles, la responsabilité des grandes plateformes, et les limites de l’auto-régulation. L’enjeu est de formuler des standards communs sur la « Safe and Trusted AI », portables ensuite dans les forums multilatéraux.

500 millions d’Indiens à connecter via l’IA

L’ambition sociale est aussi un rendez-vous majeur du sommet, un des “Seven Chakras”, qui constitue le programme durant les quatre jours.

Loin de présenter l’IA comme une menace pour l’emploi, le premier ministre Narendra Modi la considère comme un levier pour intégrer 500 millions d’Indiens supplémentaires à l’économie numérique et aux services publics, via des services IA orientés voix en langues locales.

Au programme : montée en compétences à grande échelle, soutien financier aux startups via des fonds dédiés, accès subventionné au calcul et aux données. Les débats devraient aussi porter sur les inégalités d’accès entre grandes plateformes et petites structures, entre Nord et Sud, et sur la mesure réelle de l’impact inclusif des politiques IA.

Un pont entre Nord et Sud

La géopolitique est également un sujet central. L’Inde veut jouer les « ponts » entre pays développés et en développement, s’appuyant sur son rôle dans le Partenariat mondial sur l’IA (GPAI) et les précédents sommets internationaux.

Des annonces sont attendues sur des cadres de coopération, des projets conjoints de R&D et le partage de ressources (calcul, datasets, standards techniques) avec d’autres pays du Sud. Les discussions avec la France ou le Brésil couvriront les risques de fragmentation des régulations, les tensions entre souveraineté numérique et interopérabilité, et la responsabilité des géants américains de l’IA.

En creux, New Delhi cherche à proposer une voie « tiers » dans la gouvernance mondiale de l’IA, plus orientée vers le développement et la justice numérique que vers la seule compétition technologique.

Illustration : © DR

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Comment ServiceNow se construit par croissance externe

16 février 2026 à 11:23

Les fonctionnalités d’Integration Hub et d’Automation Engine, la base de données maison RaptorDB, un catalogue de connecteurs enrichi grâce à l’acquisition de Raytion, une techno zero copy… Sur cette base, ServiceNow avait officiellement pris, à l’automne 2024, le virage data fabric.

Après s’être concentrée sur les aspects catalogue et gouvernance, l’entreprise américaine vise l’ajout d’une couche d’analytics. Elle recourt pour cela à de la croissance externe. Dans son viseur, l’éditeur néerlandais Pyramid Analytics, régulièrement classé ces dernières années dans le Magic Quadrant de la BI. Un accord d’acquisition a été signé.

Près de 3 Md$ pour Moveworks et 8 pour Armis

Une autre acquisition est en attente : celle d’Armis, officialisée en décembre 2025, pour un montant de 7,75 Md$ en numéraire. Il est question de la finaliser au deuxième semestre 2026.
Les capacités d’Armis en matière de gestion de la surface d’attaque IT/OT seront intégrées avec la CMDB de ServiceNow. Qui compte ainsi renforcer son segment d’activité « sécurité et risque », sur lequel la valeur moyenne des contrats a récemment passé le milliard de dollars.

Mi-décembre, ServiceNow avait bouclé une autre acquisition majeure : celle de Moveworks, annoncée 9 mois plus tôt. Montant : 2,85 Md$, en cash et en actions. Elle lui apporte une technologie de recherche d’entreprise… et un assistant IA voué à constituer un point d’entrée unique pour les utilisateurs de la plate-forme.

Cuein, Raytion et UltimateSuite, d’autres acquisitions « couleur IA »

En janvier 2025, ServiceNow avait annoncé une autre opération destinée à renforcer sa data fabric. Il a mis la main sur Cuein. Cette entreprise américaine née en 2021 s’était spécialisée dans l’analyse des données d’interactions client.

L’annonce de l’accord avec Raytion était tombée en juillet 2024. ServiceNow avait absorbé cette entreprise allemande née en 2001 pour ses technologies de recherche d’information, qu’il entendait intégrer à sa plate-forme, notamment dans le cadre de l’offre Now Assist.

En janvier 2024 était intervenue une autre manœuvre contribuant à la stratégie data/IA : l’acquisition d’UltimateSuite (République tchèque) et sa technologie de task mining.

Mission Secure et Veza, pour le volet sécurité

Plus récemment (décembre 2025), ServiceNow a mis la main sur Veza. Cette entreprise américaine née en 2020 donne dans la gouvernance des identités, à l’appui d’un graphe d’accès. ServiceNow s’en est emparé dans une perspective de gestion des agents IA, tout en promettant plus globalement d’ajouter du contexte dans ses solutions de sécurité (réponse aux incidents, gestion intégrée des risques).

Autre acquisition touchant à la sécurité : Mission Secure (novembre 2024). Cette entreprise américaine fondée en 2014 a développé une solution de cartographie des actifs OT.

La société israélienne Atrinet est quant à elle à l’origine de NetACE, solution de gestion du cycle de vie des réseaux télécoms. ServiceNow la lui a achetée en février 2024.

Quality 360, Intella, 4Industry… ServiceNow pêche dans le vivier des applications natives

Logik.ai est la dernière application métier dont ServiceNow a fait l’acquisition. C’était en avril 2025. Il s’agit d’un outil de gestion commerciale. Plus précisément un logiciel CPQ (Configure, Price, Quote ; configuration, tarification et édition de devis). On le doit à un entreprise américaine créée en 2017.

À l’occasion de cette annonce, ServiceNow avait rappelé que son activité « CRM & Industry Workflows » était la plus en croissance de son portefeuille. Il ne se présentait alors pas encore comme « la tour de contrôle IA pour réinventer l’entreprise » (c’est le cas désormais), mais comme « la plate-forme IA pour la transformation de l’entreprise ». C’était aussi le cas en février 2025, lorsqu’il avait acheté un logiciel à Advaia (ESN d’origine suédoise). En l’occurrrence, Quality 360, dédié au management de la qualité. Il a rejoint l’offre MCO (Manufacturing Commercial Operations).

Quality 360 était un logiciel bâti sur la plate-forme ServiceNow. Même chose pour Intella, solution de recrutement signée de l’ESN américaine Advance Solutions. Et pour 4Industry, solution de gestion de la production signée d’une entreprise néerlandaise. ServiceNow s’est emparé de la première en mai 2024. Il avait acquis la seconde en mars de la même année, parallèlement à Smart Daily Management, achetée à EY.

Dans cette catégorie « ServiceNow-native », on peut ajouter ToolBox OH&S. Cette solution de gestion des processus de santé et sécurité au travail émane d’Enable Professional Services, un spécialiste ServiceNow australien qui évolue dans le giron de Fujitsu.

La première acquisition annoncée sous l’ère ChatGPT avait porté sur G2K. C’était en juillet 2023. Cette entreprise allemande née en 2013 ciblait le retail avec une technologie d’activation des données en ligne et en magasin. ServiceNow comptait la décliner sur des segments comme les transports, la santé et le divertissement. Il se présentait alors non comme une « plate-forme IA », mais comme une « digital workflow company »…

Illustration © agsandrew – Shutterstock

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Laurent Martini nommé directeur général EMEA d’Anaplan

16 février 2026 à 11:00

Laurent Martini apporte une expérience de plus de deux décennies dans le secteur du logiciel. Il aura pour mission d’accélérer la croissance du chiffre d’affaires et de renforcer la position d’Anaplan dans la région, où l’entreprise compte parmi ses clients L’Oréal, AB InBev, Bayer et JLR. Il reportera à Greg Randolph, président et Chief Revenue Officer, et rejoindra le comité exécutif d‘Anaplan.

Auparavant, Laurent Martini occupait le poste de vice-président des ventes EMEA chez Splunk, où il pilotait les équipes commerciales de la région avec une croissance annuelle de 20 %.
Avant cela, il a dirigé une phase d’hypercroissance chez Pure Storage en tant que directeur général France, faisant passer le chiffre d’affaires de 5 millions à 54 millions $ en quatre ans. Il a également occupé plusieurs postes de direction chez Symantec, dont celui de directeur général France, où il supervisait une activité de 100 millions $.

Accélérer la croissance

« Laurent est un dirigeant de premier plan, reconnu pour son expertise dans le développement d’éditeurs de logiciels à l’échelle mondiale et la construction d’équipes performantes, résolument orientées client », explique Greg Randolph. « Son parcours, marqué par une forte création de valeur et des partenariats go-to-market solides, constitue un atout majeur pour accélérer notre croissance dans la région. »

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