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Apple ouvre une nouvelle phase dans la fin de vie des Mac Intel

20 février 2026 à 14:49

Attention, ce programme ne sera prochainement plus compatible avec votre ordinateur.

Sur les quelques modèles de Mac Intel qui la gèrent, la dernière version de macOS (26.4, actuellement en bêta) affiche de telles alertes au lancement des applications x86.

En toile de fond, la fin de vie de la couche d’émulation Rosetta 2. Comme annoncé à la dernière WWDC, macOS 27 – qu’Apple publiera possiblement en septembre 2026 – sera la dernière version à la prendre pleinement en charge.

Au-delà, n’en sera maintenu qu’un sous-ensemble, pour d’anciens jeux dépendant de bibliothèques spécifiques et pour des logiciels exécutant des binaires x86 dans des VM Linux.

Des centaines de programmes s’appuient encore sur Rosetta 2

Sur les 3729 applications que liste le site « Does it ARM? », environ la moitié ont une version native Apple Silicon. Parmi celles qui reposent encore sur Rosetta 2 (10 % des apps listées), il y quelques logiciels Adobe (After Effects, Animate, Bridge, Media Encoder), Android Studio, Audacity, AutoCAD, etc.

Parmi la centaine d’applications qui n’ont ni version native, ni compatibilité Rosetta 2 figurent essentiellement des émulateurs (BlueStacks, Genymotion, VMware Fusion, Virtualbox…) et des jeux (Crysis, GTA V, Valorant…).

Apple ne diffusera plus de nouvelles fonctionnalités pour les Mac Intel après 2026. Il fournira des correctifs de sécurité jusqu’en 2028 pour les modèles les plus récents (MacBook Pro 16 pouces 2019, Mac Pro 2019, MacBook Pro 13 pouces 2020, iMac 27 pouces 2020). Il aura commercialisé certains d’entre eux jusqu’en 2023.

La transition est (un peu) moins subite qu’elle ne le fut lors du précédent changement d’architecture (passage de PowerPC à Intel). Apple l’avait officialisée à la WWDC 2005. L’ensemble de la gamme avait basculé l’année suivante. Mac OS X Snow Leopard, publié en octobre 2007, fut le dernier à supporter PowerPC. Rosetta, première du nom, était restée fonctionnelle jusque sur Mac OS X Snow Leopard, lancé en août 2009. Avec la migration vers les puces Intel, les Mac étaient devenus incompatibles avec Mac OS Classic (Mac OS 9 et versions antérieures). Il était en revanche devenu possible d’utiliser Windows.

Illustration © Lester Balajadia – Shutterstock

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Décennie numérique : l’UE appelée à réviser ses KPI

20 février 2026 à 13:16

Tel que structuré, le Programme d’action pour la décennie numérique risque de favoriser les démarches en silos.

L’Association des villes et des municipalités finlandaises est de cet avis. Elle l’a exprimé en réponse à une consultation publique que la Commission européenne a récemment organisée. En ligne de mire, le réexamen dudit programme, à réaliser au plus tard le 30 juin 2026.

Une centaine de réponses ont été reçues. Nous en évoquons ici quelques-unes qui proposent d’ajouter, de supprimer ou de remodeler des objectifs et/ou les indicateurs associés, sur les quatre « points cardinaux » du programme. À savoir les infrastructures, les compétences, la numérisation des services publics et la transformation numérique des entreprises.

1 – Sur les infrastructures

Le gouvernement tchèque recommande que les indicateurs relatifs à la connectivité tiennent compte des réalités géographiques et économiques. L’École polytechnique de Milan en fait autant. Elle privilégie un indicateur de « reach universel » indépendant du mix technologique.

Ne pas zapper la connectivité indoor

Du côté de la Wi-Fi Alliance, on appelle à inclure une mesure des performances du Wi-Fi indoor. Même chose chez l’association professionnelle FTTH Council Europe, qui pousse aussi pour l’introduction d’indicateurs d’extinction des réseaux cuivre.

Penser à la résilience des réseaux…

Europacable (association des fabricants de fils et câbles européens) invite à inclure des indicateurs sur la résilience des réseaux : redondance, taux de pannes, délais de remise en service.

… et aux consommateurs

À l’instar du BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs), ecta (association d’opérateurs télécoms « alternatifs ») souhaite voir apparaître des indicateurs concernant la variété des offres commerciales. Elle demande aussi de suivre le prix moyen des offres les plus populaires, année par année, en comparant avec les États-Unis, le Japon et la Corée.

Démontrer l’allégement du fardeau administratif

ecta promeut aussi des indicateurs spécifiques à la 5G autonome. Et d’autres reflétant l’allégement effectif du fardeau administratif : capacité à vendre des services numériques à travers l’UE, délai de mise en service des datacenters, des câbles sous-marins et des réseaux FTTH.

L’EWIA (association professionnelle de TowerCo) est dans le même esprit. Elle souhaite des indicateurs couvrant les procédures d’autorisation (durée entre demande et octroi) comme la disponibilité des terrains et bâtiments publics pour le déploiement d’infrastructures de communications électroniques. Pour ce qui est du CISPE (association de fournisseurs cloud), il suggère l’objectif de réduire de moitié entre 2020 et 2030 les délais d’autorisation pour les datacenters et les raccordements au réseau électrique.

Mieux mesurer les dépendances

L’Associazione Italiana Internet Provider (principale association italienne de FAI) axe sa contribution sur la souveraineté. Elle juge les objectifs actuels trop génériques pour refléter les dépendances à des clouds non européens. Il convient, estime-t-elle, d’évaluer la part de workloads traités par des acteurs européens et la proportion de datacenters que ces derniers contrôlent. Autre remarque : l’objectif de 10 000 nœuds edge « climatiquement neutres » ne correspond plus aux besoins du marché et des territoires, vu la consommation énergétique de l’IA et la concentration des capacités dans les mains de quelques fournisseurs.

Évaluer la « capacité IA » de l’Europe

Cisco aimerait que le Programme pour la décennie numérique permette de mesurer si l’Europe est capable de déployer des workloads IA à grande échelle. Pour cela, suggère-t-il, il faut des indicateurs reflétant par exemple la part des ressources de calcul optimisées.

2 – Sur les compétences

L’un des objectifs du Programme pour la décennie numérique est de développer des compétences numériques de base chez 80 % des 16-74 ans.

Suivre le taux d’insertion

L’AMETIC (association du secteur IT en Espagne) recommande de le conserver, parallèlement à l’objectif de former 20 millions de spécialistes TIC. Mais conseille d’y ajouter un prisme « qualité » (taux d’emploi à 6 et 12 mois après formation) et « équité » (taux de femmes et de plus de 45 ans).

Être plus explicite sur l’IA et la cyber

All Digital (réseau de centres de compétences numériques) appelle à une évaluation plus fine de ce « critère des 80 % », par tranches d’âge. Il invite également à intégrer plus explicitement les dimensions IA et cyber, ainsi que le bien-être numérique.

FTTH Council Europe exhorte quant à lui à porter l’objectif à 100 %. Motif : une question de cohérence avec l’ambition de numériser 100 % des services publics essentiels.

Mesurer la connaissance des stacks européennes

La Gesellschaft für Informatik (association allemande d’informaticiens) valide l’objectif de former 20 millions de professionnels. Elle aimerait toutefois qu’au moins 60 % de ces professionnels aient une expertise avancée sur des piles européennes ou open source. Et que le même taux d’entreprises développent des compétences internes en souveraineté numérique. Par exemple avec des postes de Chief Sovereignty Officer.

Assouplir la définition du « spécialiste des TIC »

La présidence du Conseil des ministres italien considère, en écho à l’École polytechnique de Milan, qu’il est nécessaire de collecter des données à fréquence annuelle, et non pas tous les deux ans. Il prône aussi une définition plus souple des « spécialistes des TIC », afin qu’elle n’exclue pas les professionnels « hybrides » ou en cours de spécialisation.

S’intéresser aux certifications sur l’open source

L’Institut économique polonais souhaiterait que soit calculée la proportion de ces spécialistes certifiés sur des systèmes open source. L’ISC2 (International Information System Security Certification Consortium), que soit introduit un objectif de 300 000 professionnels cyber supplémentaires formés d’ici à 2030.

Quand les formations accentuent les dépendances

L’European DIGITAL SME Alliance (communauté de PME du numérique) s’arrête sur les formations. Elle regrette que ces dernères se fassent surtout sur des plates-formes non européennes ; et qu’elles préparent à des technologies essentiellement non européennes.

3 – Sur la numérisation des services publics

L’European DIGITAL SME Alliance se prononce aussi sur la numérisation des services publics. Elle souhaite qu’à l’horizon 2030, 60 % de la valeur de la commande publique aille à des fournisseurs européens. La Gesellschaft für Informatik va plus loin, fixant l’objectif à 70 %. L’Associazione Italiana Internet Provider propose de viser des paliers : 20 % en 2028, 50 % en 2031, 100 % en 2035.

Penser accessibilité

La CERMI CV (association représentative de la société civile dans la Communauté valencienne, en Espagne) suggère de passer d’une logique de disponibilité des services publics à leur accessibilité. Elle souhaite que 100 % des services essentiels (« santé, justice, administration, éducation ») respectent la norme EN 301459 à l’horizon 2030.

L’École polytechnique de Milan souhaiterait des données plus granulaires sur la numérisation de la justice et de l’éducation. Elle recommande de passer d’une logique d’évaluation « client mystère » à une collecte de données administratives à grande échelle ou à des sondages utilisateurs.

Décliner les objectifs au niveau local…

La VNG (association de municipalités néerlandaises) aimerait que l’UE structure les objectifs du programme par niveaux d’administration. Les responsabilités pourraient alors être clarifiées et la contribution des autorités locales, favorisée.

… et la souveraineté aussi

L’Institut économique polonais milite pour une mesure de la souveraineté au niveau local, chaque année dans un secteur différent. Sur le volet santé, il invite à dépasser la notion de disponibilité des données pour évaluer le déploiement d’outils prédictifs, dans une perspective de médecine préventive.

4 – Sur la transformation numérique des entreprises

L’un des objectifs du Programme pour la décennie numérique est d’atteindre 75 % d’entreprises utilisant le cloud, l’IA ou le big data.

Donner une place au multicloud

L’Open Cloud Coalition le trouve imprécis. Elle considère notamment qu’il faudrait mesurer la capacité à faire du multicloud. Et par là même l’ampleur des verrouillages fournisseur.

Le CISPE aussi souhaite un indicateur plus précis : au moins 75 % des charges de travail dans le cloud par exemple. Et au moins 50 % sur des infrastructures et services souverains. Ainsi qu’au moins 90 % des PME utilisant des « services cloud de base » (e-mail, stockage, collaboration).

Suivre les licornes de la naissance à l’exit

Dans la lignée de sa proposition sur la part des fournisseurs européens dans la commande publique, La Gesellschaft für Informatik souhaiterait qu’au moins 60 % des usages cloud des entreprises se basent sur des plates-formes européennes ou open source. Elle suggère aussi de mesurer le taux de licornes nées sur des stacks européennes.

L’Institut économique polonais recommande pour sa part de s’intéresser au taux de start-up et de scale-up qui réalisent leur exit en Europe. Un indicateur qu’il juge plus pertinent que l’objectif visant à doubler le nombre de ces licornes pour démontrer la capacité à créer un environnement favorable à l’innovation.

Jauger la maturité cyber au déploiement d’architectures « modernes »

Les objectifs du programme ont été définis avant la vague GenAI, fait remarquer Crowdstrike. L’éditeur invite à les mettre à jour… pour consacrer la sécurité « augmentée par IA » comme un élément critique de l’écosystème numérique. Pour matérialiser l’objectif d’une maturité cyber de base dans les organisations publiques et privées, il conseille de mesurer l’adoption d’architectures « modernes » (zero trust, MDR…) et le déploiement des SOC transfrontaliers. Tout en intégrant des sous-objectifs : couverture EDR, déploiement de SIEM next-gen, renseignement continu sur les menaces dans les secteurs critiques, etc.

Illustration générée par IA

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OpenAI et Nvidia enterrent leur mégadeal à 100 milliards

20 février 2026 à 11:17

Nvidia et OpenAI sont en passe de réécrire les termes de leur alliance. Selon le Financial Times, ( FT) le leader mondial des GPU  est en phase finale de négociations pour investir 30 milliards $ en capital dans l’inventeur de ChatGPT en remplacement du partenariat à 100 milliards $ annoncé en grande pompe mais qui n’avait jamais dépassé le stade d’une lettre d’intention.

OpenAI compte réinvestir une grande partie des capitaux levés dans l’achat de matériel Nvidia

L’investissement de Nvidia s’inscrit dans une levée de fonds plus large qui devrait dépasser les 100 milliards $ au total, valorisant OpenAI à 730 milliards $ hors nouveaux capitaux.

Le schéma retenu est nettement plus simple que le précédent. L’accord de septembre prévoyait que Nvidia investisse par tranches de 10 milliards $, sur plusieurs années, au fur et à mesure de la croissance des besoins en calcul d’OpenAI. En contrepartie, OpenAI s’engageait à acquérir des millions de puces Nvidia pour déployer jusqu’à 10 gigawatts de capacité de calcul. Un montage aux allures de pacte d’actionnaires croisés.

L’automne 2024 avait marqué une période de surenchère dans les alliances nouées par Sam Altman qui avait multiplié les accords complexes avec des fabricants de puces concurrents ( AMD et Broadcom) mais aussi avec Oracle. Ces montages, salués par les marchés sur le moment, avaient néanmoins inquiété certains analystes, y voyant les signes d’une bulle en formation dans le secteur de l’intelligence artificielle.

La mise au point des deux patrons

Ces inquiétudes n’ont pas tardé à se matérialiser. Depuis le début de l’année, les valeurs technologiques américaines ont perdu 17 % de leur valeur, fragilisant la crédibilité de ces engagements pluriannuels à très grande échelle. En janvier, le Wall Street Journal avait déjà signalé que l’accord à 100 milliards était « mis en suspens ».

Avant même que l’accord soit officialisé, des rumeurs de tensions entre les deux entreprises avaient commencé à circuler. Sam Altman et Jensen Huang ont tenu à les démentir publiquement. Le patron d’OpenAI a affirmé ce mois-ci sur X qu’Nvidia fabrique « les meilleures puces IA du monde » et qu’il espère rester un client majeur « très longtemps ». Le lendemain, le PDG de Nvidia balayait sur CNBC toute idée de « controverse », qualifiant ces rumeurs de « stupidités ».

600 milliards de dépenses d’ici 2030

L’investissement de Nvidia n’est qu’une composante d’une levée de fonds bien plus large. Selon le FT SoftBank s’apprête également à injecter 30 milliards $, tandis qu’Amazon pourrait contribuer jusqu’à 50 milliards dans le cadre d’un partenariat incluant l’utilisation des modèles d’OpenAI. Microsoft et MGX, le fonds souverain technologique d’Abou Dhabi, devraient aussi participer à hauteur de plusieurs milliards. Des réunions avec des fonds de capital-risque et d’autres investisseurs sont en cours pour compléter le tour.

Face à ces investisseurs, OpenAI tient un discours offensif affirmant prévoir de dépenser environ 600 milliards $ en ressources de calcul, auprès de Nvidia, Amazon et Microsoft notamment, d’ici à 2030, toujours selon le FT.

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