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DeepIP lève 25 millions $ pour unifier l’IA dans le cycle de vie des brevets

4 mars 2026 à 12:15

DeepIP, plateforme d’IA dédiée aux brevets, annonce ce 3 mars une levée de fonds de 25 millions $ en Série B, portant son financement total à 40 millions $.

Le tour est co-mené par Korelya Capital, fonds fondé par Fleur Pellerin, ancienne ministre française de l’Économie numérique, et Serena, fonds connu pour avoir accompagné Dataiku. Les investisseurs historiques Balderton (Revolut) et Headline (Mistral AI) participent également à l’opération.

Fondée en 2024 par François-Xavier Leduc et Edouard d’Archimbaud, les deux cofondateurs de Kili Technology, une scale-up spécialisée en IA pour les entreprises du Fortune 500, DeepIP opère depuis New York et Paris.

Le problème que DeepIP cherche à résoudre

Si l’IA a commencé à s’imposer dans la pratique des brevets, la plupart des outils disponibles restent cloisonnés : chaque solution adresse une tâche isolée, obligeant les professionnels à naviguer entre des systèmes déconnectés et à transporter manuellement le contexte d’une étape à l’autre. Dans un domaine où précision et traçabilité sont critiques, cette fragmentation génère des frictions.

« La première vague d’IA appliquée aux brevets s’est principalement concentrée sur l’accélération de tâches individuelles », explique François-Xavier Leduc, CEO de DeepIP. « Or, la pratique des brevets repose sur un travail cumulatif, qui s’inscrit dans la durée, mobilise plusieurs équipes et implique de nombreuses décisions. »

Une intégration dans les outils existants

La réponse de DeepIP consiste à intégrer l’IA directement dans les environnements où le travail brevets s’effectue déjà ; Microsoft Word en tête ainsi que les plateformes de gestion d’actifs de propriété intellectuelle. L’objectif est de ne pas contraindre les équipes à changer leurs outils ou leurs processus. La société indique que cette approche génère jusqu’à 20 % d’adoption supplémentaire et 40 % d’usage en plus par rapport aux outils d’IA autonomes.

La plateforme revendique aujourd’hui plus de 400 cabinets et équipes IP (Propriété Intellectuelle) clients dans 25 juridictions et sur 5 continents, parmi lesquels Greenberg Traurig, Philips, Dexcom et Mewburn Ellis. Au total, plus de 40 000 dossiers auraient été traités via la plateforme.

Ce financement doit notamment permettre d’accélérer le développement de capacités d’IA agentique  afin d’aider les équipes à absorber des volumes croissants sans alourdir leur charge opérationnelle.

Pour Olivier Martret, Partner chez Serena, l’enjeu est aussi structurel : « Le marché mondial de l’IA appliquée aux brevets reste très fragmenté. Un positionnement plateforme est essentiel pour établir un nouveau standard. »

Photo : François-Xavier Leduc (droite) et Edouard d’Archimbaud (gauche) respectivement
CEO et CTO  © DR

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IA militaire : en refusant le Pentagone, Anthropic conquiert le grand public

4 mars 2026 à 11:43

Il y a des refus qui coûtent cher. Et d’autres qui rapportent gros. Anthropic vient de vivre la seconde expérience…sur le terrain de la popularité.

En renonçant à un contrat avec le Département de la Défense américain, que son rival OpenAI a accepté dans la foulée, la scale-up dirigée par Dario Amodeï s’est retrouvée propulsée au sommet de l’App Store américain, dépassant ChatGPT pour la première fois de son histoire.

Tout commence début 2026, lorsque le Pentagone cherche à déployer des modèles d’intelligence artificielle sur ses réseaux classifiés. Anthropic est dans la course  jusqu’au moment où l’entreprise comprend que l’accord implique de lever certaines de ses « lignes rouges ».  Pas question pour Dario Amodei et son équipe d’autoriser la surveillance domestique de citoyens américains ni de cautionner le développement d’armes autonomes létales. Anthropic claque la porte. OpenAI, elle, entre.

Une négociation « bâclée » selon Sam Altman

La décision d’OpenAI provoque une réaction en chaîne que personne n’avait vraiment anticipée. À San Francisco comme à Londres, des manifestants s’installent devant les bureaux de la firme de Sam Altman.

Mais le coup le plus inattendu vient de l’intérieur : près de 500 employés d’OpenAI et de Google cosignent une lettre ouverte, intitulée  » Nous ne serons pas divisés »,  exprimant leur soutien aux positions d’Anthropic. Face à la tempête, le PDG d’OpenAI est contraint à une rare autocritique publique, admettant avoir « bâclé » la négociation, et promettant des amendements contractuels en urgence.

Ces amendements, obtenus sous pression, comportent désormais des interdictions explicites : les systèmes d’IA « ne doivent pas être utilisés intentionnellement pour la surveillance domestique » de ressortissants américains.

Les agences de renseignement comme la NSA se voient en outre privées d’accès sans modification contractuelle préalable, une garantie que le Pentagone lui-même a confirmée publiquement. Trop tard, aux yeux de nombreux observateurs.

OpenAI vs Anthropic : une opposition de principes

La progression est spectaculaire. Claude est devenue l’application d’IA gratuite la plus téléchargée sur l’App Store américain, reléguant ChatGPT à la deuxième position et Gemini au-delà. Sur Android, l’application grimpe jusqu’à la septième place générale. Les records quotidiens d’inscriptions s’enchaînent. Et les abonnés payants ont doublé en l’espace d’un an.

Le mouvement dépasse la simple satisfaction d’utilisateurs éclairés. Le groupe QuitGPT appelle activement au boycott de ChatGPT sur les réseaux sociaux, encourageant la désinstallation de l’application. Lors du dernier Super Bowl, Anthropic a diffusé une publicité de 60 secondes vivement commentée, dénonçant avec ironie l’intégration croissante de contenus sponsorisés dans ChatGPT.

OpenAI sous pression

Chez OpenAI, on renégocie désormais sous la contrainte. Les amendements annoncés par Sam Altman ressemblent moins à une position de principe qu’à une gestion de crise. Cela n’empêchera pas la question de fond de revenir : jusqu’où les géants de l’IA civile peuvent-ils s’engager dans des applications militaires sans perdre la confiance du grand public ?

La controverse ouvre également un débat plus large sur la régulation des IA militaires. Les craintes d’armes autonomes létales et de systèmes de « crédit social » inspirés du modèle chinois alimentent un mouvement international qui dépasse la simple querelle de chapelle entre deux poids lourds de l’IA. L’Europe, déjà engagée dans la rédaction de son AI Act, observe attentivement.

Pour Anthropic, le défi est désormais de transformer ce momentum en avantage durable. La scale-up reste à perte, dans une course à l’infrastructure qui exige des milliards de dollars d’investissement. Mais elle a prouvé une chose que peu de ses concurrents auraient osé parier : dans l’économie de l’attention de 2026, les principes peuvent rapporter.

Illustration : photo générée par l’IA

 

 

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Ookla (Speedtest, Downdetector…) vendu à Accenture

4 mars 2026 à 09:34

Speedtest et Downdetector devraient bientôt appartenir à Accenture.

L’entreprise de conseil entend acquérir leur maison mère Ookla.

Cette dernière appartient depuis 2014 au groupe Ziff Davis, qui en a fait sa division Connectivity. Elle a dégagé 231 M$ de chiffre d’affaires en 2025. Accenture est prêt à s’en emparer pour environ 5 fois plus (1,2 Md$, en cash).

Né en 2006, Ookla n’avait alors dans son escarcelle que le produit Speedtest (mesure communautaire de la qualité des réseaux). Il y avait ajouté Downdetector (surveillance des perturbations des sites web) en 2018, par une acquisition. La même année, il avait mis la main sur Ekahau (optimisation des réseaux Wi-Fi). RootMetrics (tests réseau en conditions réelles) s’y était ajouté en 2021, également par croissance externe.

À partir de ces produits, Ookla a monté un éventail d’offres B2B : cartes de couverture réseau personnalisées, services marketing pour les opérateurs, intégration d’outils de diagnostic dans les SI, etc.

L’an dernier, Ookla avait officialisé une collaboration avec un concurrent d’Accenture : Deloitte. Ses éléments-clés : aide à la planification pour les fournisseurs d’infras télécoms, mesure de performance pour les opérateurs et suivi des déploiements pour les gouvernements.

Illustration générée par IA

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