Pacte sur l’IA : un « répertoire d’alphabétisation » comme principal livrable
Pas facile de suivre l’évolution du cadre réglementaire, de sorte qu’il a fallu modulariser les formations.
IDEMIA Public Security en a témoigné en tant que signataire du Pacte sur l’IA.
Depuis septembre 2024, la Commission européenne promeut ce dispositif censé aider à préparer la mise en conformité avec l’AI Act. Les échanges qu’elle a organisés dans ce cadre ont notamment guidé l’élaboration de l’omnibus numérique. Ils ont aussi contribué à alimenter un « répertoire des pratiques d’alphabétisation en matière d’IA ».
Toile de fond à ce répertoire : l’article 4 de l’AI Act. Entré en application en février 2025, il impose aux fournisseurs et aux déployeurs de systèmes d’IA de garantir un « niveau suffisant de maîtrise de l’IA » pour leur personnel. Ainsi que pour quiconque s’occupe du fonctionnant de ces systèmes pour leur compte.
La première version publique de ce répertoire (janvier 2025) réunissait des retours d’expérience d’une quinzaine d’organisations. Aux dernières nouvelles, on en est à 40. Dont deux pour la France : Criteo et, donc, IDEMIA Public Security.
Criteo, entre bootcamps et « cafés IA »
Pour tous les employés qui exploitent l’IA dans leur travail au quotidien, Criteo a mis en place des cours en ligne destinés à l’acquisition des bases et d’un vocabulaire commun. Il y a associé des ambassadeurs aux RH, au juridique, aux achats, aux marketing et à l’IT. Il organise par ailleurs des événéments, dont des « cafés IA » et des webinaires (par exemple sur l’utilisation de Copilot dans Office).
Les personnels techniques ont, de longue date, accès à des bootcamps, mis au goût de l’IA. Suivies sur la base du volontariat, les leçons sont données par des employés qui développent des systèmes d’IA internes ou qui mènent des recherches sur des sujets importants pour Criteo. La première semaine permet – en présentiel à Paris ou bien à distance – de se familiariser avec la stack IA de lamaison et d’appréhender un usage responsable. Les trois suivantes, de réaliser un projet individuel sur un cas d’usage interne, avec supervision par un chercheur et un ingé.
IDEMIA juge la formation en ligne « plus difficile et moins efficace »
Au-delà de ses sessions « Tech Talk » et « Meet the Experts », ses partenariats académiques et sa contribution aux évaluations NIST, IDEMIA Public Security insiste sur la formation de ses clients.
Pour les systèmes non classés à haut risque, la formation est en ligne, en anglais. Le contenu est adapté au niveau d’expertise.
Pour ceux qui entrent dans la catégorie « à haut risque », l’objectif est de former 100 % des clients en personne avant déploiement.
IDEMIA Public Security reconnaît qu’il est délicat de gérer le turnover, des deux côtés. Il considère globalement qu’il est plus difficile et moins efficace de former en ligne, « en particulier pour les systèmes d’IA à haut risque ». S’y ajoute le sujet du maintien des contenus à jour. Il a été décidé de les segmenter afin de pouvoir actualiser des sections spécifiques.
230 adhérents volontaires
Le « répertoire d’alphabétisation » est un des livrables les plus visibles du Pacte sur l’IA. Parmi ses 120 premiers signataires, annoncés en septembre 2024, il y avait une quinzaine d’organisations françaises. Dont Amadeus, Cegid, Dassault Systèmes, Docaposte, Lefebvre Sarrut, Mirakl, Orange, OVHcloud et Sopra Steria. Depuis, 365Talents, l’AFNOR, Capgemini et Groupe Rocher, entre autres, ont rejoint la boucle. Laquelle comprend désormais environ 230 signataires. Près de deux tiers sont européens ; un quart, étatsuniens. La majorité (63 %) sont à la fois fournisseurs et déployeurs. 37 % évoluent dans le logiciel ; 19 %, dans les services IT ; 13 % dans le cloud et/ou les télécoms.
L’adhésion reste volontaire et non contraignante. Elle suppose toujours trois grands engagements :
- Définir une stratégie de gouvernance de l’IA
- Cartographier les systèmes susceptibles d’être classés à haut risque
- Promouvoir la sensibilisation du personnel et plus globalement des parties impliquées
D’autres engagements sont adoptables « à la carte », en fonction de la position occupée dans la chaîne de valeur de l’IA. Par exemple :
- Identifier les risques pour la santé, la sûreté et les droits fondamentaux
- Implémenter une journalisation cohérente vis-à-vis des finalités
- Donner la possibilité d’étiqueter les contenus générés
7 webinaires sous la bannière du Pacte pour l’IA
L’autre catégorie de livrables « visibles » comprend les 7 webinaires que le Bureau de l’IA a organisés jusque-là. Tous sont disponibles en replay.
Le premier (novembre 2024) a exploré les objectifs de l’AI Act, son approche basée sur les risques et les mécanismes de gouvernance qu’il instaure.
Le suivant (décembre 2024) s’est focalisé sur les dispositions qui entreraient en application en février 2025. Ainsi que sur la régulation des modèles d’IA à usage général, qui seraient quant à eux encadrés à partir d’août 2025.
Le troisième webinaire (février 2025) avait abordé les exigences de « maîtrise de l’IA » inscrites à l’article 4. Et le répertoire associé.
En avril 2025, les deux sujets principaux furent les pratiques interdites et la définition des systèmes d’IA. Sur ce dernier point, l’UE venait de publier des lignes directrices.
Des bacs à sable aux gigafactories
Le 5e webinaire, tenu en mai 2025, avait englobé divers dispositifs. Parmi eux, les (giga-)usines d’IA, l’initiative InvestAI et la stratégie pour l’union des données.
Il fut aussi question de la stratégie pour l’application de l’IA, que la Commission européenne adopterait en octobre. Elle se déploie sur trois axes : mise en place d’initiatives phares sectorielles, résolution de défis transversaux et mécanisme de gouvernance unique.
Parmi les initiatives phares, l’UE entend porter, pour les soins de santé, des centres européens de dépistage avancés. Pour la mobilité, une initiative Autonomous Drive Ambition Cities dans le cadre de bancs d’essai transfrontaliers. Pour la culture, des microstudios spécialisés dans la production virtuelle assistée par IA.
Les « défis transversaux » couvrent, dans les grandes lignes, l’attractivité de l’IA pour les PME, la formation d’une main-d’œuvre adaptée et la garantie d’une confiance dans le marché européen.
L’aspect gouvernance unique doit reposer sur la transformation de l’Alliance européenne pour l’IA en forum de coordination.
Lors du 6e webinaire (septembre 2025), il fut à nouveau question des modèles d’IA à usage général. Et du code de bonnes pratiques associé (publié en juillet).
Le dernier webinaire en date (novembre 2025) a traité des dispositifs d’innovation pour les PME. Essentiellement, les bacs à sable réglementaires, les installations sectorielles d’essai et d’expérimentation, la plate-forme unique d’information sur l’AI Act et les pôles européens d’innovation numérique.
Illustration générée par IA
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