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GenAI : l’Autorité de la concurrence bascule en aval de la chaîne

12 janvier 2026 à 13:42

Dans son analyse du secteur de l’IA générative, l’Autorité de la concurrence va désormais voir en aval. Elle s’est effectivement autosaisie pour se pencher sur les chatbots.

En la matière, le paysage concurrentiel apparaît dynamique, avec la présence de plusieurs acteurs, note-t-elle. Mais les derniers développements montrent que les chatbots pourraient avoir un impact sur le fonctionnement de plusieurs secteurs-clés de l’économie.

L’autorité entend examiner cet aspect en s’intéressant notamment au commerce agentique. La relation entre chatbots et moteurs de recherche n’est en revanche pas dans le champ d’analyse, précise-t-elle.

Le volet énergétique et environnemental, déjà analysé

Son premier avis sur le secteur avait été publié en juin 2024. Il traitait essentiellement de l’amont de la chaîne de valeur. Y furent soulignés, entre autres, la dépendance envers CUDA, le verrouillage potentiel inhérent à l’octroi de crédits cloud pour les start-up de la GenAI et les risques en termes d’accords de non-débauchage et de fixation de salaires.

Plus récemment (mi-décembre 2025), l’autorité a rendu ses conclusions sur un autre sujet : les enjeux concurrentiels liés à l’impact énergétique et environnemental de l’IA. Son analyse suit 3 axes :

  • Difficultés d’accès au réseau électrique et incertitudes sur le prix de l’énergie
  • Montée en puissance des services d’IA frugaux
  • Standardisation, notamment des méthodes de détermination d’empreinte environnementale

Sur l’accès au réseau électrique

L’autorité constate que si l’inférence demeure sensible à la latence, la phase d’entraînement offre davantage de flexibilité en matière d’implantation géographique.
Elle aborde aussi la fin du dispositif d’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH). Lui succède un système dual. D’un côté, la redistribution des bénéfices d’EDF aux consommateurs finaux via un versement nucléaire universel (VNU ; en cours d’examen parlementaire). De l’autre, le développement, par EDF, de contrats d’allocation de long terme adossés à la production nucléaire (CAPN).

Plusieurs opérateurs de datacenters ont passé des commandes sur le fondement des CAPN. L’Autorité de la concurrence surveille ces contrats, craignant qu’ils donnent lieu à des comportements verrouillant le marché des consommateurs grands industriels. Elle entend plus globalement veiller à l’absence de barrières à l’entrée ou à l’expansion pour les acteurs « de taille modeste ». Et reste attentive à la potentielle entrée des grands acteurs du numérique en tant qu’offreurs sur les marchés de l’énergie, surtout à l’étranger.

Sur l’IA frugale

L’autorité estime que la montée en puissance des services d’IA frugaux pourrait favoriser l’émergence de solutions compétitives sur le plan tarifaire. Et ainsi permettre aux fameux acteurs « de taille modeste » de rivaliser avec les grands du secteur. La concurrence pourrait aussi être affectée par le prisme de la qualité, au sens où l’IA s’adapterait à des déploiements moins importants utilisant éventuellement des infrastructures existantes.

Il existe un risque que des acteurs adoptent, de manière coordonnée ou non, et y compris involontairement, des comportements trompeurs qui ne reposeraient pas sur des méthodologies robustes en termes scientifiques. Ou bien qu’ils fassent en sorte de limiter l’innovation ou de ne pas communiquer sur l’empreinte environnementale alors qu’il existe une demande.

Sur la standardisation

La standardisation des méthodes de détermination d’empreinte environnementale est fondamentale pour garantir une concurrence sur la base des mérites, déclare l’autorité.

Elle mentionne deux documents – le référentiel général d’écoconception Arcep/Arcom et celui sur l’IA frugale porté par l’Afnor – et appelle à les voir comme la préfiguration d’une normalisation à l’échelle européenne voire internationale. Mais reste vigilante concernant, en particulier :

  • Adoption d’outils sans méthodologie sous-jacente robuste
  • Conditions privant des acteurs du bénéfice de la standardisation ou empêchant l’expression de la frugalité comme paramètre de concurrence
  • Comportements empêchant cette standardisation ou ralentissant son élaboration
  • Découragement des acteurs à aller plus loin que ce que propose la standardisation

Illustration générée par IA

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Gestion des terminaux : les solutions unifiées n’ont pas encore effacé les outils ad hoc

12 janvier 2026 à 09:40

Les solutions de gestion unifiée des terminaux (UEM, Unified Endpoint Management) n’ont pas encore totalement comblé l’écart fonctionnel avec les outils ad hoc.

Gartner le souligne dans le premier Magic Quadrant qu’il dédie à ce marché. Cet écart se manifeste tant en termes de fiabilité que de rapidité et de granularité, explique le cabinet américain. D’où une tendance encore fréquente, du côté des acheteurs, à combiner les outils.

De la marge de progression, il y en a aussi sur l’aspect gestion autonome (AEM, Autonomous Endpoint Management). Pour le moment axée sur l’automatisation du patching, elle devrait s’étendre notamment à la gestion des configurations et des stratégies « dans les prochaines années ».

18 fournisseurs, 8 « leaders »

Les principaux critères à respecter sur le plan fonctionnel pour pouvoir figurer dans ce Magic Quadrant étaient les suivants (évalués au 1er août 2025) :

  • Disponibilité d’une version SaaS
  • Gestion, avec ou sans agent, de Windows, macOS, iOS/iPadOS et Android
  • Support natif de l’enregistrement/provisionnement d’appareils, du déploiement d’applications, de la gestion des mises à jour et de la mise en œuvre de configurations/stratégies
  • Contrôle d’accès basé sur les rôles

Il n’était pas obligatoire de gérer Chrome OS, Linux et l’IoT. Ni de fournir des composantes MDM/MAM, DEX (gestion de l’expérience employé numérique) ou des intégrations ITSM/CMDB. La fourniture d’un app store d’entreprise n’était pas non plus impérative. Même chose pour l’automatisation du patching des apps tierces et la possibilité de personnaliser le reporting.

En complément aux critères fonctionnels, il fallait couvrir au moins 5 millions d’endpoints actifs, hors offres gratuites (périodes d’essai, freemium, etc.). Addigy, Applivery, Automox, Fleet, Hexnode, Iru, Matrix42 et Scalefusion n’atteignaient pas ce seuil. Gartner leur a cependant attribué une « mention honorable ».

Les 18 fournisseurs classés le sont sur deux axes. L’un, dit « exécution », reflète la capacité à répondre effectivement à la demande du marché (expérience client, qualité des produits/services…). L’autre est centré sur les stratégies (commerciale, marketing, sectorielle, géographique…).

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur
1 Microsoft
2 Tanium
3 NinjaOne
4 HCLSoftware
5 Jamf
6 Omnissa
7 Adaptiva
8 ManageEngine
9 IBM
10 42Gears
11 Ivanti
12 Atera
13 N-able
14 Kaseya
15 Google
16 Absolute Security
17 Samsung Electronics
18 Raynet

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur
1 Tanium
2 Omnissa
3 Microsoft
4 Adaptiva
5 Ivanti
6 HCLSoftware
7 IBM
8 NinjaOne
9 Jamf
10 Atera
11 ManageEngine
12 42Gears
13 Absolute Security
14 N-able
15 Kaseya
16 Raynet
17 Samsung Electronics
18 Google

Adaptiva, connu surtout comme un complément aux solutions Microsoft

Avec son offre OneSite (licence par appareil), Adaptiva est salué sur le volet automatisation ; et plus globalement pour les capacités de gestion à grande échelle qu’il propose, entre livraison P2P et intégration avec les outils d’entreprise. L’exhaustivité de ses partenariats éditeurs (CrowdStrike, Microsoft, SentinelOne, Tenable…) lui vaut aussi un bon point. Comme sa roadmap, jugée bien alignée sur la demande.

Si le produit ne manque pas de notoriété en tant que « compagnon » pour les solutions Microsoft, on ne peut pas en dire autant de la version autonome. Attention aussi à l’absence de MDM pour Android et iOS, tandis que sur les plates-formes prises en charge, l’enregistrement d’appareils doit passer par un client local. Adaptiva est par ailleurs en transition vers un modèle essentiellement indirect, ce qui est susceptible de limiter sa croissance à court terme.

Le SaaS de HCLSoftware, pas au niveau de la version on-prem

HCLSoftware a intégré son offre BigFix Workspace+ (licence par utilisateur ou par appareil) à un grand nombre de solutions ITOps et de sécurité/gestion des identités (Azure, Qualys, Rapid7, ServiceNow, Tenable…). Gartner salue aussi son réseau de revendeurs et de MSP. Ainsi que sa santé financière (marges importantes, croissance continue sur plusieurs segments) qui contribue à réduire le risque pour le client final.

Le SaaS n’est pas à parité avec la version sur site : des fonctionnalités ou des modules disponibles sur l’un ne sont pas encore pleinement configurables sur l’autre. Sur l’aspect expérience client, l’UI et le paramétrage ne font pas l’unanimité. Attention aussi à d’éventuelles modifications du modèle de licence à l’heure où HCLSoftware bascule vers une approche « service as software ».

IBM, plus cher et moins « focus »

Dans l’offre MaaS360 (licence par utilisateur et par appareil), Gartner apprécie la diffusion de la GenAI et du machine learning, entre détection des menaces et recommandation de stratégies. Il note aussi la couverture mondiale des équipes d’IBM et la flexibilité des options de déploiement. Ainsi que les fonctionnalités – scoring de risque, conformité continue… – qui favorisent la gestion autonome.

Manquant de notoriété hors de la partie MDM, l’offre MaaS360 n’est pas le focus d’IBM. Ce dernier ne cible par ailleurs pas de profils d’utilisateurs (personas) et propose une tarification plus élevée que la moyenne des fournisseurs classés dans ce Magic Quadrant.

Jamf, encore largement Apple-centric

L’outil Jamf (licence par appareil) est reconnu comme un gold standard pour la gestion des appareils Apple. Fonctionnellement parlant, il se distingue notamment sur la profondeur de prise en charge de macOS. Gartner salue aussi le « contenu engageant » constitué autour de cette offre et la diversité des canaux par lesquels il est livré.

Le focus historique sur l’écosystème Apple a nécessairement limité le potentiel de croissance, tout en engendrant une certaine dépendance. Jamf a fini par s’ouvrir à Android, mais la démarche est récente. Au dernier pointage, l’entreprise n’est pas rentable (en normes comptables GAAP).

Problèmes de fiabilité chez Microsoft

Intune est le choix par défaut de beaucoup de clients Microsoft. Sa notoriété est d’autant plus importante que l’éditeur produit quantité de contenus à son sujet et les diffuse efficacement. Autre avantage : un effectif qui permet une livraison différenciée entre secteurs économiques et régions géographiques, avec de la flexibilité sur la localisation des données et du support.

Comme IBM, Microsoft ne cible pas de personas, que ce soit par métier ou par géographie. Les clients signalent régulièrement des problèmes de latence sur le reporting, la synchronisation des stratégies et le déploiement d’applications. Attention aussi à la courbe d’apprentissage que suppose Intune et aux défis qui peuvent se poser lors du dépannage de la solution.

L’IA, peu diffusée chez NinjaOne

L’offre NinjaOne Endpoint Management (licence par appareil) a une tarification plus basse que la moyenne. Et les bundles s’avèrent bien adaptés aux besoins des grandes entreprises comme des MSP. Gartner salue aussi le niveau d’expérience client (customer success managers, ressources en self-service…) et le sentiment généralement positif quant à la facilité d’usage de la solution. Il rappelle aussi la croissance de l’effectif et de la base client de NinjaOne, qui a bouclé début 2025 un tour de table de 500 M$.

Le focus historique était sur les MSP et sur le mid-market. Des évolutions sont en cours (plate-forme, intégrations, channel) pour toucher les grandes entreprises. NinjaOne a également de la marge de progression pour ce qui est de la notoriété de sa solution. Même chose pour la diffusion de l’IA, dont l’usage est encore limité.

Omnissa manque de clients référents

L’offre Workspace ONE UEM (licence par appareil ou par utilisateur) est jugée mature. Gartner apprécie les possibilités d’automatisation qu’elle apporte sur les principaux OS. Il salue aussi la stratégie sectorielle élaborée à renfort d’intégrations ciblées. Autre point distinctif : Omnissa est le seul « leader » de la gestion des terminaux à occuper cette même position dans le Magic Quadrant du DEX. Une combinaison qu’il met d’ailleurs à profit.

Quoique modulaire, l’offre est plus chère que la moyenne. Et Omnissa est de ceux qui ne ciblent pas de profils d’utilisateurs. Son site web manque de logos référents et d’études de cas, ce qui est susceptible de compliquer l’évaluation de sa solution. On se rappellera aussi que l’activité a été perturbée avec le passage dans le giron de Broadcom (2023) puis la revente au fonds KKR (2024).

Pas de MDM natif chez Tanium

Avec Tanium Endpoint Management (licence par appareil), la gestion autonome est un point distinctif. Autant par le contenu que l’éditeur produit à ce sujet que par la réalité du produit. L’éditeur est plus globalement profitable, dispose des certifications adéquates et couvre les principales géographiques tout en fournissant de la flexibilité d’hébergement.

Récemment repackagée, l’offre a une tarification plus élevée que la moyenne. Elle n’inclut pas de MDM natif (intégration d’Intune). Sur macOS, elle n’utilise pas la méthodologie « moderne » d’Apple, ce qui peut limiter l’automatisation et l’élasticité.

Illustration générée par IA

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