Vue normale

Apple casse les prix avec le MacBook Neo à 599 dollars

4 mars 2026 à 16:32

C’est une rupture historique pour Apple qui a dévoilé le MacBook Neo.

Ce portable affiché à partir de 599 $ est soit 400 $ de moins que le MacBook Air, son entrée de gamme habituelle à 1 099 $. Pour atteindre ce positionnement tarifaire inédit, Apple a fait un choix technique radical : équiper le MacBook Neo d’une puce A18 Pro, le même processeur que celui embarqué dans les iPhone 16 Pro lancés en 2024.

Une puce iPhone dans un Mac

C’est une première dans l’histoire du Mac car jamais encore Apple n’avait utilisé une puce de smartphone dans un ordinateur portable. La machine, dispose d’un processeur six cœurs, d’un GPU cinq cœurs et de 8 gigaoctets de mémoire vive unifiée. Pas de configurations alternatives : les spécifications sont fixes.

L’écran de 13 pouces, le châssis en aluminium, le clavier complet, le trackpad, la caméra FaceTime 1080p et le Wi-Fi 6E font partie de la dotation standard. L’autonomie annoncée est de 16 heures, contre 18 heures pour le MacBook Air M5. L’ensemble qui pèse 2,7 livres (environ 1,2 kg) est disponible en quatre couleurs. Le tout tourne sous macOS, le même système d’exploitation que les Mac haut de gamme, avec une compatibilité totale avec les applications iPhone et Mac.

La version de base intègre 256 gigaoctets de stockage. Une version à 699 $ double la capacité et ajoute Touch ID. Les acheteurs dans le secteur éducatif bénéficient d’une remise de 100 $ sur chaque modèle, ramenant le prix d’entrée à 499 $ Quatre coloris sont au programme : citrus, silver, indigo et blush. Les précommandes sont ouvertes depuis mercredi, avec des livraisons attendues à partir du 11 mars.

Chromebooks et PC Windows dans le viseur

La cible est clairement identifiée : les utilisateurs de Chromebooks propulsés par Google et les PC Windows d’entrée de gamme, un segment où Microsoft peine à imposer ses appareils équipés de puces ARM malgré leurs promesses en matière d’autonomie. Apple vise aussi les étudiants, les primo-acheteurs et les entreprises en quête d’un point d’entrée abordable dans l’écosystème Mac.

« La vraie question n’est pas de savoir si Apple peut vendre un MacBook à ce prix, ce sera l’un des Mac les plus vendus de l’histoire si la marque tient ses promesses , mais comment elle parvient à équilibrer coût, performance et positionnement premium tout en préservant l’expérience qui définit le Mac », analyse Francisco Jeronimo, vice-président en charge des appareils clients chez IDC cité par Reuters.

John Ternus, le directeur de l’ingénierie matérielle d’Apple, a résumé l’ambition dans un communiqué : le MacBook Neo a été « conçu de fond en comble pour être plus accessible au plus grand nombre. »

Une offensive sur l’entrée de gamme

Le lancement du MacBook Neo s’inscrit dans une séquence dense pour Apple. Cette semaine, la firme a également dévoilé l’iPhone 17e à 599 $, avec davantage de stockage en configuration de base, et renouvelé ses MacBook Air et MacBook Pro avec les nouvelles puces M5 et des configurations de série étendues en mémoire. Autant de mouvements qui témoignent d’une stratégie d’ensemble : défendre les parts de marché d’Apple dans un contexte de PC en demi-teinte et de smartphone sous pression.

Car la conjoncture est complexe. Les marchés PC et smartphone restent très sensibles aux prix après plusieurs trimestres de demande erratique, et les fabricants naviguent en eaux troubles face à la flambée du coût des composants mémoire.

Le MacBook Neo, livré avec seulement 8 gigaoctets de RAM, moitié moins que le MacBook M4 et même en retrait par rapport aux 12 gigaoctets de l’iPhone 17 Pro , illustre les compromis imposés par cette pénurie mondiale de mémoire.

Reste à savoir si le pari sera tenu. Apple a déjà tâté du segment en commercialisant un MacBook Air à 699 $ chez Walmart avec une puce M1, mais c’était sur un modèle en fin de vie. Avec le MacBook Neo, c’est une machine inédite, conçue pour ce prix, qui entre en scène.

Image : © Apple

The post Apple casse les prix avec le MacBook Neo à 599 dollars appeared first on Silicon.fr.

Gouvernance du numérique : le MAGNum 2026 remplace le GAGSI

4 mars 2026 à 15:47

Disponible depuis le 3 mars 2026,Du GAGSI au MAGNum : une évolution structurelle

Changement de braquet pour la gouvernance du numérique :  le MAGNum (Modèle de maturité et d’audit de la gouvernance du numérique) 2026 prend la suite du Guide d’Audit de la Gouvernance du Système d’Information (GAGSI 2019), dont il dépasse largement le périmètre initial.

Là où le GAGSI se contentait d’identifier des bonnes pratiques, le MAGNum mesure désormais, de façon structurée et comparable, le niveau de maturité numérique global d’une organisation sur une échelle de 1 à 5.

Du GAGSI au MAGNum : une évolution structurelle

Le MAGNum (Modèle de maturité et d’audit de la gouvernance du numérique) est le fruit d’un travail collégial mené par une soixantaine d’experts issus des trois associations (auditeurs, DSI, architectes de systèmes d’information, consultants)  réunis au sein d’ateliers thématiques couvrant la stratégie, l’architecture, les données, les risques, l’IA, la cybersécurité, la RSE ou encore la gestion de projets.

Cette montée en ambition s’accompagne d’une refonte thématique pour intégrer les enjeux devenus incontournables depuis la dernière édition : intelligence artificielle, RSE, cybersécurité renforcée, conformité réglementaire et agilité organisationnelle.

« Le travail mené en commun en 2022-2023, qui a permis de clarifier les évolutions de la gouvernance du numérique, nous a convaincus de la nécessité de mettre à jour l’édition 2019. En intégrant le référentiel de mesure de la maturité de la gouvernance développé par ISACA France, nous avons rapproché de manière cohérente l’exercice d’audit et l’évaluation de la maturité », explique Véronique Beaupère, conseil en stratégie et gouvernance des systèmes d’information et administratrice d’ISACA France, qui a codirigé les travaux.

13 vecteurs de gouvernance pour couvrir l’ensemble du numérique

Le modèle s’articule autour de 13 vecteurs clés : Stratégie, Innovation, Risques & Conformité, RSE, Données & IA, Architecture, Portefeuille de projets, Projets, Ressources humaines, Prestataires & fournisseurs, Services, Budget & performance, et Marketing & communication. Pour chacun, le MAGNum présente les enjeux et les menaces, et décrit des bonnes pratiques déclinées en critères d’évaluation.

Le modèle se distingue par l’ajout d’un 13ème vecteur dédié à la RSE, ainsi que par l’intégration systématique de l’IA dans tous les vecteurs, en particulier celui des données.Pour chacun des 13 vecteurs clés  le MAGNum présente les enjeux et les menaces, et décrit des bonnes pratiques déclinées en critères d’évaluation.

L’outil intègre une grille de maturité assortie d’une restitution visuelle sous forme de radar, permettant de prioriser les actions, de mesurer les progrès dans le temps et de comparer différentes entités  (entreprises, filiales, business units). Le fichier Excel associé permet de noter le niveau de respect des exigences, de calculer automatiquement la maturité par vecteur et de générer ce radar à destination du management.

Un langage commun entre DG, DSI, métiers et auditeurs

L’un des objectifs affichés du MAGNum est de réconcilier des populations qui, souvent, ne parlent pas le même langage. En proposant un vocabulaire partagé entre les décideurs (DG, DSI, directions métiers), les auditeurs et les opérationnels, le modèle entend aligner gouvernance du numérique et stratégie d’entreprise.

Pour Djilali Kies, pilote du projet pour le Cigref, « nos trois associations, chacune par leurs travaux parallèles, ont acquis la conviction que la maîtrise de la gouvernance du numérique n’est aujourd’hui plus négociable pour les entreprises, c’est devenu un impératif. Nous avons donc décidé de regrouper nos efforts, avec pour objectif d’aller au-delà du guide d’audit et de produire cette fois plutôt un manuel de maturité, un référentiel de bonnes pratiques, un outil qui intègre déjà toutes les évolutions que l’on connaît à date du monde du numérique. »

Du côté des auditeurs internes, Guillaume Cuisset, associé KPMG et membre du Groupe Professionnel « Systèmes d’Information » de l‘IFACI, souligne l’apport concret pour leur pratique : « Maîtriser les questions de gouvernance du numérique est devenu un enjeu très important pour une direction d’audit interne. Ce nouveau modèle de maturité permet à l’auditeur interne de mieux comprendre le fonctionnement de la DSI, d’identifier les causes profondes des dysfonctionnements et de formuler des recommandations plus ciblées. C’est un outil qui va lui permettre de discuter, selon un même champ lexical, avec son DSI, son directeur du numérique, tout en s’appuyant sur un référentiel de bonnes pratiques qui est partagé par les deux métiers, puisqu’il aura été construit collégialement entre nos trois associations. »

Un outil conçu pour les équipes terrain

Le MAGNum repose sur trois principes fondateurs : le pragmatisme (les critères sont issus des retours de terrain des contributeurs), la lisibilité (un vocabulaire accessible à l’IT, aux métiers et aux fonctions support) et la facilité d’usage (des outils simples, y compris pour les non-spécialistes).

In fine, le modèle se positionne à la fois comme un outil de pilotage de la transformation numérique, un support d’objectivation des priorités d’investissement, un référentiel commun de dialogue entre DG, métiers, DSI, conformité et audit, et un moyen d’auto-évaluation régulière de la gouvernance du numérique.

Le MAGNum 2026 est disponible en téléchargement libre (version française) sur l’espace membres d’ISACA France : https://engage.isaca.org/parischapter/espacemembres/publications/publications343

*Les 13 vecteurs clés sont  : Stratégie, Innovation, Risques & Conformité, RSE, Données & IA, Architecture, Portefeuille de projets, Projets, Ressources humaines, Prestataires & fournisseurs, Services, Budget & performance, et Marketing & communication.

 

The post Gouvernance du numérique : le MAGNum 2026 remplace le GAGSI appeared first on Silicon.fr.

DeepIP lève 25 millions $ pour unifier l’IA dans le cycle de vie des brevets

4 mars 2026 à 13:15

DeepIP, plateforme d’IA dédiée aux brevets, annonce ce 3 mars une levée de fonds de 25 millions $ en Série B, portant son financement total à 40 millions $.

Le tour est co-mené par Korelya Capital, fonds fondé par Fleur Pellerin, ancienne ministre française de l’Économie numérique, et Serena, fonds connu pour avoir accompagné Dataiku. Les investisseurs historiques Balderton (Revolut) et Headline (Mistral AI) participent également à l’opération.

Fondée en 2024 par François-Xavier Leduc et Edouard d’Archimbaud, les deux cofondateurs de Kili Technology, une scale-up spécialisée en IA pour les entreprises du Fortune 500, DeepIP opère depuis New York et Paris.

Le problème que DeepIP cherche à résoudre

Si l’IA a commencé à s’imposer dans la pratique des brevets, la plupart des outils disponibles restent cloisonnés : chaque solution adresse une tâche isolée, obligeant les professionnels à naviguer entre des systèmes déconnectés et à transporter manuellement le contexte d’une étape à l’autre. Dans un domaine où précision et traçabilité sont critiques, cette fragmentation génère des frictions.

« La première vague d’IA appliquée aux brevets s’est principalement concentrée sur l’accélération de tâches individuelles », explique François-Xavier Leduc, CEO de DeepIP. « Or, la pratique des brevets repose sur un travail cumulatif, qui s’inscrit dans la durée, mobilise plusieurs équipes et implique de nombreuses décisions. »

Une intégration dans les outils existants

La réponse de DeepIP consiste à intégrer l’IA directement dans les environnements où le travail brevets s’effectue déjà ; Microsoft Word en tête ainsi que les plateformes de gestion d’actifs de propriété intellectuelle. L’objectif est de ne pas contraindre les équipes à changer leurs outils ou leurs processus. La société indique que cette approche génère jusqu’à 20 % d’adoption supplémentaire et 40 % d’usage en plus par rapport aux outils d’IA autonomes.

La plateforme revendique aujourd’hui plus de 400 cabinets et équipes IP (Propriété Intellectuelle) clients dans 25 juridictions et sur 5 continents, parmi lesquels Greenberg Traurig, Philips, Dexcom et Mewburn Ellis. Au total, plus de 40 000 dossiers auraient été traités via la plateforme.

Ce financement doit notamment permettre d’accélérer le développement de capacités d’IA agentique  afin d’aider les équipes à absorber des volumes croissants sans alourdir leur charge opérationnelle.

Pour Olivier Martret, Partner chez Serena, l’enjeu est aussi structurel : « Le marché mondial de l’IA appliquée aux brevets reste très fragmenté. Un positionnement plateforme est essentiel pour établir un nouveau standard. »

Photo : François-Xavier Leduc (droite) et Edouard d’Archimbaud (gauche) respectivement
CEO et CTO  © DR

The post DeepIP lève 25 millions $ pour unifier l’IA dans le cycle de vie des brevets appeared first on Silicon.fr.

IA militaire : en refusant le Pentagone, Anthropic conquiert le grand public

4 mars 2026 à 12:43

Il y a des refus qui coûtent cher. Et d’autres qui rapportent gros. Anthropic vient de vivre la seconde expérience…sur le terrain de la popularité.

En renonçant à un contrat avec le Département de la Défense américain, que son rival OpenAI a accepté dans la foulée, la scale-up dirigée par Dario Amodeï s’est retrouvée propulsée au sommet de l’App Store américain, dépassant ChatGPT pour la première fois de son histoire.

Tout commence début 2026, lorsque le Pentagone cherche à déployer des modèles d’intelligence artificielle sur ses réseaux classifiés. Anthropic est dans la course  jusqu’au moment où l’entreprise comprend que l’accord implique de lever certaines de ses « lignes rouges ».  Pas question pour Dario Amodei et son équipe d’autoriser la surveillance domestique de citoyens américains ni de cautionner le développement d’armes autonomes létales. Anthropic claque la porte. OpenAI, elle, entre.

Une négociation « bâclée » selon Sam Altman

La décision d’OpenAI provoque une réaction en chaîne que personne n’avait vraiment anticipée. À San Francisco comme à Londres, des manifestants s’installent devant les bureaux de la firme de Sam Altman.

Mais le coup le plus inattendu vient de l’intérieur : près de 500 employés d’OpenAI et de Google cosignent une lettre ouverte, intitulée  » Nous ne serons pas divisés »,  exprimant leur soutien aux positions d’Anthropic. Face à la tempête, le PDG d’OpenAI est contraint à une rare autocritique publique, admettant avoir « bâclé » la négociation, et promettant des amendements contractuels en urgence.

Ces amendements, obtenus sous pression, comportent désormais des interdictions explicites : les systèmes d’IA « ne doivent pas être utilisés intentionnellement pour la surveillance domestique » de ressortissants américains.

Les agences de renseignement comme la NSA se voient en outre privées d’accès sans modification contractuelle préalable, une garantie que le Pentagone lui-même a confirmée publiquement. Trop tard, aux yeux de nombreux observateurs.

OpenAI vs Anthropic : une opposition de principes

La progression est spectaculaire. Claude est devenue l’application d’IA gratuite la plus téléchargée sur l’App Store américain, reléguant ChatGPT à la deuxième position et Gemini au-delà. Sur Android, l’application grimpe jusqu’à la septième place générale. Les records quotidiens d’inscriptions s’enchaînent. Et les abonnés payants ont doublé en l’espace d’un an.

Le mouvement dépasse la simple satisfaction d’utilisateurs éclairés. Le groupe QuitGPT appelle activement au boycott de ChatGPT sur les réseaux sociaux, encourageant la désinstallation de l’application. Lors du dernier Super Bowl, Anthropic a diffusé une publicité de 60 secondes vivement commentée, dénonçant avec ironie l’intégration croissante de contenus sponsorisés dans ChatGPT.

OpenAI sous pression

Chez OpenAI, on renégocie désormais sous la contrainte. Les amendements annoncés par Sam Altman ressemblent moins à une position de principe qu’à une gestion de crise. Cela n’empêchera pas la question de fond de revenir : jusqu’où les géants de l’IA civile peuvent-ils s’engager dans des applications militaires sans perdre la confiance du grand public ?

La controverse ouvre également un débat plus large sur la régulation des IA militaires. Les craintes d’armes autonomes létales et de systèmes de « crédit social » inspirés du modèle chinois alimentent un mouvement international qui dépasse la simple querelle de chapelle entre deux poids lourds de l’IA. L’Europe, déjà engagée dans la rédaction de son AI Act, observe attentivement.

Pour Anthropic, le défi est désormais de transformer ce momentum en avantage durable. La scale-up reste à perte, dans une course à l’infrastructure qui exige des milliards de dollars d’investissement. Mais elle a prouvé une chose que peu de ses concurrents auraient osé parier : dans l’économie de l’attention de 2026, les principes peuvent rapporter.

Illustration : photo générée par l’IA

 

 

The post IA militaire : en refusant le Pentagone, Anthropic conquiert le grand public appeared first on Silicon.fr.

❌