Le tournant est net. Depuis le 1er juillet 2024, la Direction de l’Information et des Systèmes Numériques (DISN) d‘Icade n’est plus cantonnée à un rôle de support. Désormais rattachée directement à la Direction Générale et représentée au Comex, elle est devenue un « levier de transformation du groupe », selon les termes d’Alexis de Nervaux, son nouveau Directeur des systèmes d’information et de la transformation digitale. L’objectif déclaré est de faire d’Icade le « pionnier de l’IA dans le secteur de l’immobilier ».
Deux vitesses pour l’IA
La feuille de route s’articule autour d’une distinction claire entre deux types d’usages. D’un côté, une « IA pour tous », à vocation bureautique, destinée à l’ensemble des collaborateurs pour simplifier leur quotidien. De l’autre, une « IA cœur de métier », orientée vers les activités spécifiques de foncière et de promotion immobilière.
L’approche revendiquée est résolument pragmatique. « Notre stratégie est basée sur des cas d’usage. Le point de départ est ce que l’on appelle des business opportunities », explique Alexis de Nervaux.
Delos : le choix de la souveraineté
Pour le volet bureautique, Icade a retenu Delos, une solution française hébergée en France. Un choix qui traduit une volonté assumée de « jouer la carte de la souveraineté ». La plateforme, déployée en mode SaaS, présente la particularité d’être multi-LLM : en fonction du prompt soumis, elle peut solliciter Mistral, ChatGPT ou d’autres modèles. « Cela permet d’offrir à nos utilisateurs finaux le meilleur des deux mondes », souligne le Directeur des systèmes d’information et de la transformation digitale.
Intégrée aux outils du quotidien – Teams et Outlook notamment – , la solution fonctionne comme un « copilote » capable de résumer des réunions ou de trier des courriels, sans alourdir l’infrastructure interne.
Des cas d’usage concrets sur les métiers
Sur le plan opérationnel, plusieurs déploiements sont déjà en cours. Pour la promotion, Icade s’appuie sur Lokimo, une start-up accompagnée par Icade à travers son start-up studio Urban Odyssey, et qui permet de sourcer le foncier et d’identifier le potentiel à l’échelle nationale selon des critères précis.
Pour la foncière, le groupe a développé une solution de Gestion Électronique de Documents (GED) intelligente, capable d’analyser et de synthétiser des millions de documents liés aux actifs immobiliers. Alexis de Nervaux en souligne la valeur concrète, notamment dans l’accélération de la constitution des dossiers par actif : « Cette solution nous permet de synthétiser et valoriser l’ensemble des données que nous possédons sur un actif par exemple. C’est un véritable gain de productivité et de temps pour les équipes.».
La data et le cloud comme prérequis
Pour soutenir ces ambitions, Icade a recruté un Chief Data Officer en avril dernier et lancé un projet de Data Plateforme destiné à améliorer la qualité et à décloisonner la donnée. Pour le Directeur des systèmes d’information et de la transformation digitale, le message est sans appel : « Il n’y a pas d’IA sans data. L’IA n’est pas une potion magique qui va transformer votre data de mauvaise qualité en or ».
En parallèle, le groupe applique une stratégie « Cloud-first et SaaS-first » via un projet de migration « Move to Cloud ». La logique est celle de la délégation aux spécialistes : « Nous serons toujours moins bon qu’un « pure player » comme Amazon, Azure ou OVH. Nous n’avons donc aucun intérêt, à mon sens à gérer cela en interne ».
La formation, clé de l’adoption
La dimension humaine occupe une place centrale dans la démarche. Icade s’est associé à Mister IA pour proposer des formations concrètes à ses collaborateurs. Alexis de Nervaux est catégorique sur le sujet : « Le succès d’une formation, est l’appropriation des outils par les collaborateurs, qu’ils en ressortent avec un savoir-faire pratique, créateur de valeur, qui puisse être mis en place immédiatement. »
Sécurité et agilité : un équilibre revendiqué
Fort d’une expérience directe d’une cyberattaque d’envergure, le CDIO n’ignore pas les enjeux de cybersécurité. Mais il refuse d’en faire un frein à l’innovation : « On ne peut pas se permettre de bâtir une forteresse sans que celle-ci soit intégrée à une stratégie plus globale. Le temps que l’on y parvienne on est déjà en retard ». La stratégie d’Icade entend donc concilier rigueur opérationnelle en matière de sécurité et agilité dans la transformation des processus métiers.
Microsoft franchit un nouveau cap, le 1er mai prochain, dans la monétisation de l’intelligence artificielle avec l’arrivée d’une offre Microsoft 365 E7tarifée 99 $ par utilisateur et par mois. Destinée aux grandes entreprises, cette nouvelle formule se place au‑dessus de l’actuel E5 et ambitionne de devenir le « bundled » ultime pour les entreprises qui veulent industrialiser l’usage de l’IA dans leurs workflows.
Un palier au‑dessus d’E5, centré sur Copilot et Agent 365
Microsoft 365 E7 reprend l’intégralité des fonctionnalités du bundle E5, en y ajoutant l’ensemble des briques d’IA que Microsoft commercialise aujourd’hui à la carte. Au cœur de l’offre : l’assistant Microsoft Copilot et un nouveau hub de gestion d’agents d’IA baptisé Agent 365, pensé pour orchestrer, superviser et gouverner des agents spécialisés à l’échelle de l’entreprise.
Concrètement, E7 se présente comme une suite « AI‑first » : plutôt que d’ajouter Copilot comme simple add‑on à un abonnement existant, Microsoft intègre nativement ces capacités dans le bundle, avec des fonctions avancées de sécurité, d’identité et de management déjà présentes dans E5. L’objectif est double : simplifier le portefeuille de licences pour les clients qui ont déjà adopté Copilot, et inciter les autres à franchir le pas en regroupant l’ensemble dans un seul contrat.
Microsoft 365 E7 : 99 $ par utilisateur
Avec un prix cible de 99 $ par utilisateur et par mois, E7 marque une hausse significative par rapport à E5, actuellement à 57 $ et annoncé à 60 $ à partir du 1er juillet 2026. Si l’on additionne aujourd’hui E5 et les options IA comme Copilot vendues séparément, le total se rapproche déjà de ce niveau de prix ; l’enjeu pour Microsoft est donc de transformer ces lignes de revenus additionnelles en un palier premium clairement identifié.
En toile de fond, se trouve la nécessité pour Microsoft de rentabiliser les dizaines de milliards de dollars investis dans l’infrastructure IA (centres de données, GPU, supercalculateurs). Un tarif à 99 $ par utilisateur, couplé à un éventuel modèle hybride combinant prix par siège et facturation à la consommation des ressources IA, permettrait de rapprocher davantage Microsoft 365 des logiques économiques déjà en place sur Azure.
Une stratégie de timing pour faire monter les clients en gamme
La fenêtre de lancement envisagée n’est pas anodine. Microsoft a déjà annoncé une augmentation globale des tarifs de Microsoft 365 à l’horizon juillet 2026, avec une hausse notamment pour les plans E3 et E5. En introduisant E7 au moment où les prix des offres existantes montent, l’éditeur espère orienter une partie des clients vers ce nouveau palier plutôt que de les voir se contenter de plans intermédiaires.
Microsoft indique ainsi que « Microsoft 365 E7 unifie Microsoft 365 E5, Microsoft 365 Copilot et Agent 365 en une solution unique optimisée par Work IQ et intégrée aux applications et à la pile de sécurité auxquelles les clients font déjà confiance. Elle comprend Microsoft Entra Suite et les fonctionnalités de sécurité avancées Defender, Intune et Purview, offrant une protection complète aux agents et aux employés.»
L’objectif est de capter les budgets des grands comptes qui veulent structurer l’usage de l’IA tout en renforçant leurs capacités de sécurité, conformité et gestion des identités.
Quels enjeux pour les DSI et les équipes achats ?
Pour les directions informatiques, E7 ouvre autant de possibilités que de questions. La promesse est séduisante : une suite unifiée, intégrant productivité, sécurité et IA, avec Copilot et Agent 365 comme colonne vertébrale des usages intelligents. Mais à 99 $ par utilisateur, l’adoption à grande échelle suppose une analyse fine du retour sur investissement : gains de productivité, automatisation de processus, réduction des coûts liés à la gestion multi‑licences, ou encore rationalisation des outils tiers.
83 %. C’est la part de marché des éditeurs américains dans le cloud et le SaaS en Europe. Un chiffre vertigineux, qui résume à lui seul l’ampleur de la dépendance technologique dans laquelle se trouve la France et l’ensemble du continent européen.
Pourtant, des alternatives existent. Des entreprises françaises innovent, recrutent, exportent. Alors pourquoi l’État lui-même continue-t-il d’acheter massivement américain, au mépris des doctrines qu’il a lui-même édictées ? Pourquoi ce décalage persistant entre les discours sur la souveraineté numérique et la réalité des contrats signés ?
C’est à ces questions que répond Michel Paulin, président du Comité Stratégique de Filière Logiciel et Solutions Numériques de Confiance, dans un entretien sans détour à Silicon.
Sa conviction : inutile d’attendre une grande loi ou un plan de subventions supplémentaire. Rediriger seulement 5 % de la commande vers l’écosystème national suffirait à créer 10 000 emplois et à rapatrier un milliard d’euros dans les caisses de l’État.
Silicon – Quelle est la genèse du Comité Stratégique de Filière logiciel et solutions numériques de confiance, officiellement lancé en avril 2025 ? Michel Paulin – Il n’y avait pas de filière dans le domaine. En septembre 2022, le ministre de l’industrie et des finances de l’époque ( Bruno Le Maire, NDLR) a annoncé la création d’une filière et m’a demandé de faire le précadrage. De septembre 2022 à avril 2025, nous avons consulté près de 600 à 800 entreprises qui ont répondu à des questionnaires et à des sollicitations. On a discuté avec l’État pour définir un contrat de filière qui a été signé en avril 2025. L’objectif de ce contrat, c’est très simple : définir quelles sont les mesures que l’on peut prendre avec l’ensemble des parties prenantes, clients, État, collectivités locales, mais aussi activités périphériques, pour faire en sorte que la filière française puisse grossir, grandir, se développer.
Quel est son périmètre ? Michel Paulin – Ce périmètre a été décidé par l’État. Il couvre quatre domaines : éditeur de logiciels, domaine du cloud, domaine du quantique, et l’intelligence artificielle en tant que producteur, éditeur de modèles, éditeur d’agents ou de solutions de cette nature.
«La filière se porte bien mais elle fait face à des défis énormes »
Comment se porte cette filière aujourd’hui ? Michel Paulin – C’est une filière qui va plutôt bien : 25 milliards € de chiffre d’affaires, une croissance souvent très proche des deux chiffres sur ces 5-6 dernières années, et environ 10 000 emplois nets créés chaque année pour plus de 100 000 personnes employées. Quand on se compare à d’autres filières industrielles qui souffrent aujourd’hui en France et en Europe, c’est une filière qui se tient bien. En revanche, il faut mettre les pieds sur la table : elle est face à des défis énormes.
Le premier défi, c’est la taille. Une dizaine d’entreprises aux États-Unis sont à elles seules plus grandes que toute la filière française. Il n’y a que 4 sociétés en France qui dépassent le milliard de chiffre d’affaires, Dassault Systèmes, OVHcloud et quelques pépites de quelques centaines de millions. Mistral espère peut-être dépasser le milliard.
Le deuxième défi, c’est l’accès aux fonds propres. Pour investir en R&D, dans l’IA, les infrastructures, l’innovation, il faut de gros fonds propres. Rester dans le giron européen avec des levées supérieures à 100, 200 ou 300 millions, c’est difficile. Dans le quantique, les trois dernières levées américaines vont de 600 millions à un milliard de dollars, principalement par des fonds anglo-saxons. Lever un milliard en restant européen aujourd’hui, c’est impossible.
Le troisième défi, c’est les compétences. On ne forme pas assez d’ingénieurs, on n’attire pas assez de femmes dans la filière. Aujourd’hui, 22 % des postes techniques sont occupés par des femmes, contre 40 % en Inde ou au Maroc. Ça commence à l’école primaire : il faut mettre en avant la science pour former plus de monde.
« Dire « il n’y a pas d’offre « est une insulte à la
filière »
Face aux menaces de Donald Trump et la fin des « cadeaux aux alliés », faut-il porter les trois dossiers en même temps ou prioriser le financement et la commande publique ?Michel Paulin -Dans le cadre du contrat de filière, on a défini cinq priorités : l’offre, la commande, l’innovation, la formation, et la protection des données sensibles. Et aussi, parce que le marché est mondial, comment aider les entreprises françaises à exporter et à aller à l’international.
La raison principale du retard par rapport aux filières coréenne, israélienne ou canadienne, c’est la commande publique et la commande privée, qui est le driver essentiel. Les parts de marché de l’État dans le software acheté auprès de la filière française sont très faibles ; dans certains domaines, on est quasiment à 5 ou 10 %. Je salue l’initiative du gouvernement qui dit qu’il faut réfléchir vers les filières nationales, parce que la situation est catastrophique.
Comment expliquer ce décalage entre la capacité de production de l’écosystème français et la réalité de la commande publique ? Les administrations sont-elles en décalage par rapport aux doctrines de l’État ? Michel Paulin – Il y a beaucoup de facteurs. Et je ne devrais pas réserver ça uniquement à la commande publique : il faut aussi mettre les grands groupes face à leurs responsabilités. On ne peut pas parler de risque de vassalisation sans agir. On a vu récemment qu’on a coupé les services bancaires d’un juge français aux États-Unis ; ce n’est plus de la science-fiction, c’est une réalité.
Dans le cloud et le SaaS, les éditeurs américains ont 83 % de parts de marché en Europe, c’est un excellent rapport du Cigref qui l’indique. Les acheteurs ont parfois le « syndrome IBM » des années 80 : on choisit le dominant par habitude pour ne pas prendre de risques. En Europe, on est très forts pour ne pas avoir de préférence, on n’a pas de » American Buy Act « . Les critères qui favorisent le produit local ont longtemps été tabous.
Il y a aussi des acteurs dominants qui abusent de leur position : la Cour des comptes et les autorités de la concurrence le disent. Une dizaine d’instructions sont en cours sur des pratiques de cloud qui augmentent les tarifs sans justification : 5 à 10 % de hausse par an, et une verticalisation des solutions pour lier encore plus les clients à leur logique.
« Une stratégie multi-cloud pourrait très bien consister à choisir un opérateur américain et un opérateur français ou européen.»
Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a déclaré qu’il aimerait acheter français ou européen, mais qu’il n’y a pas d’offre. Que lui répondez-vous ? Michel Paulin – Ce narratif construit par ceux qui veulent garder le monopole de fait est très puissant. Dire « il n’y a pas d’offre » est une insulte à la filière. Est-ce qu’on a des ingénieurs qui ne sont pas capables de faire des produits ? Est-ce que Mistral n’est pas au niveau ? Dans tous les domaines, il y a des alternatives. Faisons-leur confiance.
Quand on fait une stratégie multi-cloud avec trois acteurs américains, ça correspond à quoi ? Une dépendance totale, technologique, financière et légale. Une stratégie multi-cloud pourrait très bien consister à choisir un opérateur américain et un opérateur français ou européen sur les domaines où ils sont bons. Ces opérateurs font quand même de l’ordre du milliard, ce ne sont pas des boîtes en dehors des clous.
Sur la virtualisation, il y a eu le scandale VMware-Broadcom, qui impose à ses clients des augmentations de prix fois trois, fois cinq. Il existe des alternatives en Europe : Proxmox côté allemand, Vates en France. Quand vous êtes face au renouvellement d’une licence avec une multiplication par trois ou quatre du tarif, pourquoi ne pas tester ?
Dans la cyber, une société me disait que dans un appel d’offre sur deux, ils ne sont même pas interrogés. Quand on dit « il n’y a pas d’alternative », faisons des appels d’offres et donnons la chance à tout le monde. Le Health Data Hub : pas d’appel d’offre. Le ministère de la Santé disait « les acteurs ne répondent pas aux besoins ». Quel est le cahier des charges ? Quel est l’appel d’offre ? Il n’y en a pas. C’est un narratif non factuel, construit pour justifier que l’on ne sollicite même pas ces offres. Elles existent, faisons-leur confiance.
« Pour le « Cloud au Centre » : on annonce la doctrine, et puis on ne fait que des exceptions.»
Comment expliquer que des directives politiques comme « Cloud au Centre » ne soient pas suivies d’effet par les administrations, voire par l’Assemblée nationale elle-même ?
Michel Paulin – Moi je ne peux pas l’expliquer. C’est une question à poser aux décideurs publics. Une des demandes que nous avons, c’est : au lieu de rajouter des régulations, en Europe on adore en rajouter, appliquons avec courage et rigueur celles qui existent. Le DMA : qu’est-ce qu’on commence par faire ? Des exceptions. Le cloud a même été exclu du DMA.
Pour le « Cloud au Centre » : on annonce la doctrine, et puis on ne fait que des exceptions. Ça ne sert à rien de faire une doctrine si on ne l’applique pas.
Le RGPD ne devrait pas accepter des exceptions non plus. Mais le RGPD est compliqué parce que ces acteurs sont pilotés depuis l’Irlande, et l’Irlande n’est pas très zélée pour faire respecter le droit européen sur la protection des données. Il y a des biais et des cas de RGPD enfreints.
Il faut avoir le courage de dire : arrêtons de rajouter des réglementations, des certifications, des labels dans tous les sens ; il y en a trop. En revanche, concentrons-nous pour faire respecter celles qui existent. De même, plutôt que de subventionner dans tous les sens, subventionnons l’innovation et achetons européen. Sur les domaines de l’IA, des infrastructures, du quantique, de la recherche fondamentale, du hardware avec les nouveaux modèles de GPU.
Oui il faut aider à l’innovation avec un partenariat public-privé fort entre le CEA, l’INRIA et le CNRS. Mais le principal levier, c’est la commande, parce que c’est ce qui fait grossir la filière et c’est la seule garantie d’une souveraineté.
Y a-t-il des engagements concrets ? Faut-il passer par la loi, des obligations dans les appels d’offres, un fléchage contraignant ? Êtes-vous optimiste ? Michel Paulin – Je rêverais d’une loi qui permette de résoudre tous ces problèmes. Mais la préférence européenne d’achat est aujourd’hui interdite par la loi européenne : on n’a pas le droit de le faire. Alors que les Américains le font, les Chinois le font, les Coréens le font. On est les seuls à croire que c’est une distorsion de la concurrence. C’est incroyable.
Cela dit, il ne faut pas tomber dans l’attentisme en attendant la prochaine loi. Il y a plein de choses à faire concrètement dès maintenant. Je donne un chiffre : 83 % du SaaS et du cloud sont monopolisés par quelques acteurs. Si on fléchait 5 % de ces commandes vers la filière, ce n’est pas un choc systémique mais c’est 10 % de croissance pour la filière française, 10 000 emplois créés, et 1 milliard de taxes et cotisations sociales qui reviennent dans les caisses de l’État au lieu de partir en évasion fiscale légale en Irlande ou aux États-Unis.
Et l’enjeu géopolitique est réel. Les Américains ont voulu taxer les Chinois. Les Chinois ont regardé tout le stack et ont dit : « les terres rares, on ne vous les donne plus ». Comme par hasard, les taxes ont disparu. La vassalisation économique n’est pas un fantasme, c’est une réalité. 5 %, ça change tout.