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Comment Icade a fait de son IT un moteur stratégique

9 mars 2026 à 16:23

Le tournant est net. Depuis le 1er juillet 2024, la Direction de l’Information et des Systèmes Numériques (DISN) d‘Icade n’est plus cantonnée à un rôle de support. Désormais rattachée directement à la Direction Générale et représentée au Comex, elle est devenue un « levier de transformation du groupe », selon les termes d’Alexis de Nervaux, son nouveau Directeur des systèmes d’information et de la transformation digitale. L’objectif déclaré est de faire d’Icade le « pionnier de l’IA dans le secteur de l’immobilier ».

Deux vitesses pour l’IA

La feuille de route s’articule autour d’une distinction claire entre deux types d’usages. D’un côté, une « IA pour tous », à vocation bureautique, destinée à l’ensemble des collaborateurs pour simplifier leur quotidien. De l’autre, une « IA cœur de métier », orientée vers les activités spécifiques de foncière et de promotion immobilière.

L’approche revendiquée est résolument pragmatique. « Notre stratégie est basée sur des cas d’usage. Le point de départ est ce que l’on appelle des business opportunities », explique Alexis de Nervaux.

Delos : le choix de la souveraineté

Pour le volet bureautique, Icade a retenu Delos, une solution française hébergée en France. Un choix qui traduit une volonté assumée de « jouer la carte de la souveraineté ». La plateforme, déployée en mode SaaS, présente la particularité d’être multi-LLM : en fonction du prompt soumis, elle peut solliciter Mistral, ChatGPT ou d’autres modèles. « Cela permet d’offrir à nos utilisateurs finaux le meilleur des deux mondes », souligne le Directeur des systèmes d’information et de la transformation digitale.

Intégrée aux outils du quotidien – Teams et Outlook notamment – , la solution fonctionne comme un « copilote » capable de résumer des réunions ou de trier des courriels, sans alourdir l’infrastructure interne.

Des cas d’usage concrets sur les métiers

Sur le plan opérationnel, plusieurs déploiements sont déjà en cours. Pour la promotion, Icade s’appuie sur Lokimo, une start-up accompagnée par Icade à travers son start-up studio Urban Odyssey, et qui permet de sourcer le foncier et d’identifier le potentiel à l’échelle nationale selon des critères précis.

Pour la foncière, le groupe a développé une solution de Gestion Électronique de Documents (GED) intelligente, capable d’analyser et de synthétiser des millions de documents liés aux actifs immobiliers. Alexis de Nervaux en souligne la valeur concrète, notamment dans l’accélération de la constitution des dossiers par actif : « Cette solution nous permet de synthétiser et valoriser l’ensemble des données que nous possédons sur un actif par exemple. C’est un véritable gain de productivité et de temps pour les équipes.».

La data et le cloud comme prérequis

Pour soutenir ces ambitions, Icade a recruté un Chief Data Officer en avril dernier et lancé un projet de Data Plateforme destiné à améliorer la qualité et à décloisonner la donnée. Pour le Directeur des systèmes d’information et de la transformation digitale, le message est sans appel : « Il n’y a pas d’IA sans data. L’IA n’est pas une potion magique qui va transformer votre data de mauvaise qualité en or ».

En parallèle, le groupe applique une stratégie « Cloud-first et SaaS-first » via un projet de migration « Move to Cloud ». La logique est celle de la délégation aux spécialistes : « Nous serons toujours moins bon qu’un « pure player » comme Amazon, Azure ou OVH. Nous n’avons donc aucun intérêt, à mon sens à gérer cela en interne ».

La formation, clé de l’adoption

La dimension humaine occupe une place centrale dans la démarche. Icade s’est associé à Mister IA pour proposer des formations concrètes à ses collaborateurs. Alexis de Nervaux est catégorique sur le sujet : « Le succès d’une formation, est l’appropriation des outils par les collaborateurs, qu’ils en ressortent avec un savoir-faire pratique, créateur de valeur, qui puisse être mis en place immédiatement. »

Sécurité et agilité : un équilibre revendiqué

Fort d’une expérience directe d’une cyberattaque d’envergure, le CDIO n’ignore pas les enjeux de cybersécurité. Mais il refuse d’en faire un frein à l’innovation : « On ne peut pas se permettre de bâtir une forteresse sans que celle-ci soit intégrée à une stratégie plus globale. Le temps que l’on y parvienne on est déjà en retard ». La stratégie d’Icade entend donc concilier rigueur opérationnelle en matière de sécurité et agilité dans la transformation des processus métiers.

Photo : Alexis de Nervaux © DR

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Du casino au centre d’appels : le Groupe Barrière déploie l’IA par étapes

12 février 2026 à 13:14

Centres d’appels, support technique dans les casinos, assistants IA pour tous les collaborateurs…le Groupe Barrière déploie l’intelligence artificielle sur trois fronts simultanés.

L’acteur centenaire de l’hôtellerie de luxe, qui compte 33 établissements de jeux et 20 hôtels, expérimente avec méthode. Salomon Bentolila, Directeur Data & Acquisition, pilote le projet avec le cabinet de conseil Artefact comme prestataire.

Une feuille de route autour de trois axes

Son approche repose sur trois objectifs clairement définis. Premier axe, l’amélioration de la productivité et des opérations : l’IA est accessible à tous les employés, quel que soit leur niveau de maîtrise technologique, et s’applique à tous les secteurs d’activité. Deuxième axe, la transformation de l’expérience client et employé : les chatbots et solutions d’assistance par IA améliorent l’efficacité opérationnelle sans compromettre l’excellence du service. Enfin, le Groupe expérimente de nouveaux modèles commerciaux pour se différencier grâce à l’IA générative.

Il a ainsi développé une plateforme d’IA générative articulée autour de trois agents principaux, déployés progressivement selon une approche itérative.

Barrière GPT : démocratiser l’accès à l’IA

Basé sur Gemini, Barrière GPT offre un accès sécurisé à un modèle de langage avancé. La plateforme intègre des bibliothèques de prompts que les équipes peuvent partager et réutiliser. Déployé auprès d’une centaine de collaborateurs, l’outil a déjà généré plus de 4 000 prompts.

« Nous apprenons et progressons très vite en questionnant les choses. Google intègre de nombreuses fonctionnalités dans son Workspace. Cela soulève la question : devons-nous maintenir Barrière GPT ou nous appuyer sur des outils natifs ? Nous restons agiles », explique Salomon Bentolila.

Cette phase pilote permet d’évaluer l’adoption réelle et d’ajuster la stratégie en temps réel, plutôt que de s’engager dans un déploiement massif.

Agent centre d’appels : centraliser l’information

Les conseillers devaient consulter de multiples sources – procédures, catalogues de produits – et perdaient un temps précieux lors des interactions clients. L’équipe a développé un agent basé sur l’architecture RAG (Retrieval-Augmented Generation) qui centralise toute la documentation commerciale.

Les résultats sont probants : plus de 1 000 interactions générées par plus de 60 utilisateurs actifs, avec un score de satisfaction de 3,64/4. Le déploiement est prévu dans tous les centres d’appels du Groupe.

Support Barrière Play : une assistance 24/7

Barrière Play est une application permettant aux clients de se connecter aux machines à sous grâce à un portefeuille électronique rechargeable. Face aux problèmes techniques que les équipes terrain ne maîtrisaient pas toujours, le Groupe a créé une FAQ intégrée à un système RAG offrant une assistance par IA 24h/24 et 7j/7.

Testé dans trois casinos pilotes, il compte plus de 350 questions, plus de 30 utilisateurs actifs et un score de satisfaction de 3,77/4.

L’adoption utilisateur, clé de la réussite

« Nos employés du centre d’appels ont déjà accès à une trentaine d’outils. Cela représentait un outil supplémentaire à maîtriser. Il fallait donc que l’investissement en vaille vraiment la peine », souligne Salomon Bentolila.

Les retours terrain ont nécessité des ajustements. Pour les centres d’appels, les équipes ont dû améliorer la qualité des bases documentaires dans les RAG et démontrer la valeur ajoutée de manière concrète. Pour l’agent Barrière Play, l’interface initiale via Google Chat n’étant pas adaptée aux collaborateurs mobiles, le Groupe a intégré l’agent directement dans les outils de gestion via API.

LLM en tant que juge : garantir la qualité

La pérennité du système repose sur un contrôle rigoureux. Artefact et Groupe Barrière ont mis en place un système de juge-expert pour évaluer en continu la pertinence des réponses. Cette méthodologie se déroule en quatre étapes. D’abord, la création de bibliothèques de données de référence avec des paires question/réponse annotées. Ensuite, la génération de réponses via l’agent RAG à évaluer. Puis, un expert en droit attribue automatiquement une note de 1 à 4 à la prédiction, avec une justification explicite. Enfin, la révision des justifications et la modification du contexte de l’agent/RAG.

Ce cycle d’amélioration continue renforce la confiance des utilisateurs et garantit la fiabilité à long terme.

Avec plus de 5 000 demandes générées, le Groupe prévoit de nouveaux cas d’utilisation en 2026. L’agilité demeure la priorité.

« Plutôt que de suivre une feuille de route rigide, nous privilégions la saisie des opportunités susceptibles d’intéresser nos équipes. Nous définissons un budget que nous déployons en fonction des besoins », conclut Salomon Bentolila.

Photo : © DR

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Comment Alain Afflelou a lâché VMware

6 février 2026 à 16:45

Le Groupe Alain Afflelou a migré l’intégralité de son infrastructure depuis VMware ESXi vers l’hyperviseur Nutanix AHV. Une opération menée tambour battant en 2024, motivée par les incertitudes liées au rachat du champion de la virtualisation par Broadcom et l’augmentation des coûts.

Avec près de 1 500 points de vente répartis dans 19 pays (principalement France, Espagne, Belgique, Suisse et Portugal), le groupe d’optique et d’appareils auditifs fait face à une complexité IT particulière. Son modèle largement basé sur la franchise complique l’unification des environnements informatiques. La DSI, dirigée par Ludovic Tassy depuis 2006, s’appuie sur une expertise interne solide et des partenaires de confiance pour accompagner la croissance.

C’est dans ce contexte que la décision de quitter VMware s’est imposée. «  Le passage à Nutanix a marqué un tournant : nous avons pu basculer notre infrastructure sans perturber les utilisateurs, tout en gagnant en performance et en visibilité  », souligne le DSI.

Trois semaines pour tout migrer

La migration a été réalisée en trois semaines avec l’accompagnement de l’intégrateur SPIE, en s’appuyant sur Nutanix Cloud Infrastructure et l’outil Move. Bilan : près de 200 machines virtuelles et 200 To de données transférées sans interruption de service.

Le nouvel environnement repose sur deux clusters de trois nœuds chacun et un site témoin. Les gains sont au rendez-vous : performances applicatives multipliées par deux à trois sur certaines chaînes de traitement, compression des sauvegardes améliorée de 20 % et simplification de la gouvernance grâce aux fonctionnalités Prism, qui facilitent l’automatisation et le pilotage de l’exploitation.

Pour Nicolas Crochet, Responsable technique & Pôle Infrastructures, Nutanix s’est imposé comme la meilleure réponse aux enjeux de l’entreprise, en combinant maturité technologique, simplicité d’exploitation et efficacité opérationnelle. Ce choix offre à la DSI une infrastructure plus agile et réduit la dépendance aux modèles économiques imposés par les acteurs historiques du marché.

Cap sur 2026 : datacenter et convergence optique-audio

Le Groupe Alain Afflelou a déjà étendu ce déploiement en Espagne et prépare plusieurs projets complémentaires pour 2026 : refonte des cœurs de réseau et déménagement d’un datacenter.

Ces évolutions s’inscrivent dans une ambition plus large : harmoniser les logiciels de points de vente et consolider la donnée, afin de soutenir la convergence des activités optique et audio et de renforcer la qualité de service auprès des franchisés et des clients finaux.

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Comment Saint-Maclou accélère sa transformation data

22 janvier 2026 à 12:06

Avec 132 magasins en France et 1 400 collaborateurs, Saint-Maclou fait face à des enjeux data complexes. Entre la gestion des ventes, du service de pose, de la logistique et des stocks, l’enseigne basée à Lezennes devait jongler avec de multiples sources de données dispersées. Un casse-tête qui freinait considérablement ses ambitions analytiques.

Un système legacy qui bride l’innovation

Le constat de départ était sans appel : le système décisionnel historique de Saint-Maclou reposait sur des flux développés et maintenus manuellement. Chaque nouveau projet d’analyse impliquait d’identifier précisément les bases sources, tables et colonnes pertinentes, puis de développer spécifiquement les flux d’alimentation nécessaires.

Cette approche générait une charge de développement et de maintenance considérable, particulièrement lors des évolutions. Les data engineers passaient l’essentiel de leur temps sur la collecte de données, au détriment des activités à réelle valeur ajoutée comme la transformation et l’analyse. Les coûts de licences s’accumulaient, les délais de projets s’allongeaient, et l’expérimentation sur des cas d’usage avancés ou d’intelligence artificielle devenait quasiment impossible.

« Charge de développement, charge de maintenance, charge d’astreinte, coût de licence pour l’outil… Notre façon de travailler générait auparavant d’importants coûts  », explique Salmane Khamlichi, Responsable data chez Saint-Maclou.

Le virage vers le cloud et l’ELT

Pour sortir de cette impasse, Saint-Maclou a opté pour une refonte progressive de sa plateforme data, en basculant vers une architecture moderne sur le cloud. L’entreprise a d’abord déployé Snowflake comme base de données centrale, puis s’est posé la question cruciale de l’alimentation de cette nouvelle infrastructure.

Exit l’approche ETL (Extract Transform Load) classique. L’enseigne a retenu Fivetran pour sa compatibilité native avec Snowflake, sa robustesse validée lors d’un POC, et sa capacité à gérer de grandes bases SQL Server tout en connectant des sources critiques.

Aujourd’hui, Fivetran synchronise automatiquement les données d’une quinzaine de sources vers Snowflake, qu’elles soient hébergées on-premise ou dans le cloud : l’ERP Microsoft AX, les outils logistiques, les systèmes de vente et de gestion des stocks, ainsi que plusieurs sources marketing, dont le futur CRM Salesforce.

Avec cette approche ELT (Extract Load Transform), la phase de collecte ne constitue plus un goulot d’étranglement. Les données sont chargées brutes dans Snowflake, puis transformées selon les besoins métiers.

Des gains mesurables sur tous les plans

Les résultats sont spectaculaires. La collecte de nouvelles sources, qui prenait auparavant plusieurs jours voire plusieurs semaines, s’effectue désormais en quelques heures. Les projets restent dans un même sprint, évitant les allers-retours coûteux qui ralentissaient leur réalisation.

Côté ressources humaines, l’impact est tout aussi significatif. L’ingestion de données ne nécessite plus d’équivalent temps plein. Les data engineers se consacrent enfin aux opérations à forte valeur ajoutée : la transformation via DBT Core et l’exploitation intelligente des données. Les problématiques de maintenance sont devenues minimes.

La robustesse de la solution apporte également une tranquillité d’esprit appréciable. Les synchronisations sont stables et fiables, les évolutions des schémas sources n’entraînent pas d’interruption de service, et les équipes disposent de données actualisées et exploitables en toute confiance.

Autre bénéfice majeur : la centralisation. Là où les données étaient auparavant éparpillées dans de multiples applications métiers, elles sont désormais regroupées à 100% dans Snowflake. Cette vision unifiée permet d’envisager sereinement les futurs projets analytiques avancés et d’intelligence artificielle. L’équipe data travaille plus étroitement avec les équipes métiers (marketing, ventes, logistique) et gagne en réactivité.

Enfin, la plateforme Fivetran offre une maîtrise fine de la consommation et un monitoring précis des coûts liés aux projets data. « Cela nous permet notamment de travailler sur des sujets de prévision des ventes, d’intégrer rapidement de nouvelles sources pour enrichir les modèles et d’expérimenter à moindre coût de nouveaux cas d’usage data science », résume Salmane Khamlichi.

Photo : © DR

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