Vue normale

(Affaire L.Degallaix) Dans l’attente des plaidoiries et des réquisitions du Procureur de Lille (1/2)

20 février 2026 à 06:30

Voyage au bout de l’enfer… procédural, mais de Droit !

Le maire de Valenciennes, entouré de 4 avocats, Maître Loïc Ruol, ex bâtonnier, barreau de Valenciennes, Maître Philippe Simoneau, bâtonnier du barreau de Lille, Maître Edgard Vincensini, barreau de Paris, et Maître Fabian Lahaie (barreau de Rennes), a donné le ton comme les autres prévenus sur l’entrée en matière judiciaire de ce procès.

Parfois la procédure liminaire, les effets de manche de début d’audience ne sont qu’un appendice d’un procès. En l’espèce, sans présager en rien sur le fond, la forme est terriblement parlante.

Débouté sur la constitution de partie civile par la ville de Valenciennes

Tout d’abord, en sus des 4 prévenus évoqués dans l’introduction, la plaignante principale (2 plaintes) étaient aussi prévenue à la suite des deux premières affaires. En effet, elle est accusée de recel de bien provenant de prise illégale d’intérêt… A cet effet, la ville de Valenciennes voulait se porter partie civile.

Malgré la demande de l’avocat de la ville-centre, Julien Delarue, la demande a été vite réglée et refusée pour « incompétence territoriale » (donc le Tribunal judiciaire concerné est celui de Valenciennes) et « irrecevabilité » des délégations de signature à défaut d’un passage en conseil municipal.

Demande de renvoi

Là, un sujet double a électrisé la salle, la temporalité et la durée du procès. Tout d’abord, en amont, un fait de procédure judiciaire inattendu est arrivé dans le prétoire (salle du tribunal). En effet, les différentes parties ont eu accès au dossier à travers des conditions particulières et pas immédiates. « On ne pouvait nous transférer le dossier en mode numérique, mais il fallait se rendre sur Lille avec une clé USB », soulignent de concert les avocats des différents prévenus. Visiblement, cette disposition semblait, presque, insurmontable pour les avocats au planning très chargé par ailleurs, le Valenciennes-Lille (60 km) semblait complexe dans l’exercice d’une Défense dans les meilleurs délais. « Moi, mon cabinet est à Paris. J’ai donc envoyé ma collaboratrice au Tribunal de Lille dans les 48 heures avec une clé USB, et j’ai obtenu le dossier », répond tout de go Joseph Breham, l’avocat de la plaignante.

Ensuite, ce procès annoncé sur un jour, aurait été initié sur deux jours à travers « une boulette », pointe Philippe Simoneau, figurant sur un document. D’ailleurs, il ne pouvait « se tenir que sur deux jours, voire 3 jours pour la sérénité de la justice, des débats, etc. » indique quasiment avec des mots similaires les avocats des 4 prévenus.

« On ne commencera pas avant 17H le fond, ce n’est donc pas possible en une journée », clame le bâtonnier de Lille (pas loin 16h). Ensuite, tous les avocats de la Défense avaient une excuse d’absence le vendredi 20 février, à titre professionnel, à titre personnel sous les formes les plus variées, bref… impossible était Français ce vendredi 20 février 2026.« La justice ne doit pas être tributaire des agendas respectifs », commente, Michaël Bonnet, le Procureur de la République de Lille !

Enfin, sur ce point procédural, l’autre fait est le choix de cette date un mois avant le 1er tour des Municipales 2026 pour laquelle le maire sortant brigue un 3ème mandat électif sur Valenciennes. « Ce n’est pas le fruit du hasard », clame à l’envi Fabian Lahaie. Cette déclaration aborde un point « politique » que nous verrons défiler comme un fil rouge durant les interventions sur le fond.

Au sein de ces demandes collégiales, le cas Franck Deloge arrive sur la table. En effet, ce dernier bénéficie de l’aide juridictionnelle et a obtenu le sésame « tardivement avec le choix d’un avocat en vacances (au ski) pour cette audience. » Il était donc représenté par un avocat commis d’office « ne connaissant rien au dossier. » Son choix, après les renvois motivés par le Procureur de Lille, a été de s’éclipser du procès. Franck Deloge, présent initialement a quitté en plein procès l’audience du Tribunal Judiciaire de Lille, lunaire ! De suite, un avocat souligne que l’on ne peut « disjoindre cette absence des autres dossiers » comme motif de renvoi.

Toutes des demandes de renvoi ont été déboutées par la Présidente du Tribunal et ses deux assesseurs. Comme à chaque décision collégiale par la Présidente et ses assesseurs, un petite suspension de séance et la Présidente reprend la parole et prononce ces mots « le dossier est retenu. »

Visiblement, la Défense espérait un autre résultat, c’était flagrant visuellement ! Un coup dur, car immédiatement, à la demande de la Défense de Laurent Degallaix, le Bâtonnier de Lille, a souhaité le concours d’un ancien bâtonnier de Lille (2023-2024) afin d’éclaircissement « sur l’organisationnel impossible sur une journée, pas dans les pratiques habituelles des Tribunaux judiciaires… » Cette incision procédurale a pétrifié un peu plus cette petite salle de la 8ème Chambre correctionnelle du Tribunal de Lille.

Cette décision inattendue se traduit par un échange vif entre le Bâtonnier de Lille, Maitre Simoneau et la Présidente du Tribunal de Lille, cette dernière répond « les attaques personnelles (à son endroit) n’ont pas lieu d’être ici. Je mène les débats comme je veux. »

Contestation des parties civiles

Ensuite, les avocats des différents prévenus ont fait un tir de barrage contre les parties civiles déclarées en l’Etat, celle de la plaignante (sur deux plaintes), celle du co-plaignant sur une plainte, et celle de la témoin, absente pour cause d’intervention chirurgicale.

Ces derniers considéraient que, comme la partie civile Ville de Valenciennes, elles n’étaient pas recevables sur des points techniques de Droit. Là également, la Présidence du Tribunal a débouté ses demandes. Toutes les parties civiles enregistrées sont validées.

QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité) sur les droits de la Défense

Sur ce point, surprise il faut l’admettre, les conditions de Garde à Vue du maire de Valenciennes ont été sur le devant de la scène judiciaire. En effet, durant cette dernière au mois de juin 2024 durant 48 heures, un médecin est intervenu durant celle-ci pour examiner l’état de santé de l’édile, puis une crise d’angoisse a nécessité une hospitalisation temporaire, et un retour en GAV. Tous ces faits sont venus s’ajouter au coeur procédural,« l’exercice de la Défense » et de ses droits élémentaires. Dans ce cadre, Maître Fabien Lahaie a développé l’impossibilité pour Laurent Degallaix de bénéficier de deux avocats en même temps à ses côtés, une atteinte aux Droits de la Défense selon lui.

Sur ce point, l’avocat de la Défense, comme le Procureur de la République, ont rappelé les termes du Code de Procédure Pénale, un seul avocat en même temps pendant une GAV !

Cette QPC a été déboutée !

Motifs de nullités

Là, nous sommes partis sur les éléments matériels du dossier, les fameux enregistrements portant « atteinte à l’intimité et constitue une infraction pénale », indique un avocat du maire de Valenciennes, les utilisations des données des téléphones, celui des 4 prévenus et in fine des éléments de preuve objectives sur ce dossier, la perquisition chez Laurent Degallaix et la saisie du mobile… Sur ce point, le Procureur de la République de Lille précise « que ces enregistrements étaient un mode de témoignage comme les autres. » Ensuite, la Présidente du Tribunal Judiciaire de Lille a mis en exergue « que les poursuites ne reposaient pas uniquement sur les enregistrements, mais également sur d’autres éléments objectifs de cette enquête. »

Dans cette profusion de motifs de nullités, l’impartialité présumée des enquêteurs durant cette fameuse Garde à Vue est remise en cause, voire celle du Procureur de la République de Lille, nous le reverrons sur le fond !

Pas moins de 7 motifs de nullités ont été décortiqués par les différents avocats des 3 prévenus restants (départ de Franck Deloge).

Demandes d’actes (juridiques)

Enfin, dernier point abordé sur la forme, la demande d’actes par les différentes avocats de la Défense ; demande de confrontation, sur les enregistrements, sur la saisie des portables, etc., une liste copieuse pour des actes judiciaires non satisfaits selon la Défense.

Là encore, la Présidente du Tribunal et ses 2 assesseurs ont débouté ces demandes d’actes. Le choix d’une pause bienvenue à 15H00, après 5H30 concrètement sur la forme a été retenu… !

Et le procès pouvait commencer, après une pause d’une heure, dès 16 heures sur le fond avec déjà quelques saillies mémorables, voire sidérantes…, et un témoin important, Cédric Soulet à la barre, ex directeur de Cabinet de Laurent Degallaix entre 2012 et 2019 !

Reprise de ce procès ce vendredi 20 février, dès 9H30, à lire dès samedi matin 21 février 2026 sur votre quotidien de presse numérique.

Daniel Carlier

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Le procès de Laurent Degallaix, un moment d’histoire pour Valenciennes !

13 février 2026 à 06:30

Quelle que soit l’issue de ce procès, la comparution de l’édile actuel de la ville-centre, ce jeudi 19 février 2026, sera gravée dans la mémoire locale et régionale à tout jamais.

En effet, 8 prévenus seraient convoqués ce jeudi 19 février 2026, 2 victimes seraient citées à comparaître, l’une par la Défense de Laurent Degallaix, présumé innocent, l’autre par la Défense de Pascal Vanhelder, présumé innocent, plus une troisième personne (non victime) par un autre prévenu, cela serait le minimum minimorum. Voilà le décor d’une audience frictionnelle à un mois de l’élection municipale 2026, mais en tout état de cause, les électrices et les électeurs attendent avec impatience des réponses à leurs questions.

Gérald Darmanin : « Les victimes ont aussi des Droits ! »

En digression, ce mardi 10 février 2026, le Garde des Sceaux s’est exprimé sur un projet de lois de bon aloi afin d’accélérer le temps judiciaire, cette agénésie dans les affaires criminelles où les délais sont particulièrement insupportables pour les victimes.

Il souligne avec acuité que, parfois, une réforme ne dépend pas seulement d’une grosse enveloppe budgétaire. Des aménagements peu coûteux dans bon nombre de départements pourraient accélérer considérablement le temps judiciaire. A titre d’exemple, il cite le département du Nord où « nous n’avons, conformément à la loi, qu’un seul Tribunal judiciaire en matière criminelle. Nous pourrions en avoir deux (dans le Département le plus peuplé de France) et réduire considérablement le temps de justice. »

A l’occasion de cette intervention sur la chaîne Franceinfo, le Garde des Sceaux rappelle également à l’envi une base de la justice pour toutes et tous, mais parfois oubliée : « Les victimes ont aussi des Droits ! »

Le paysage iconoclaste d’un procès, voyez plutôt !

Justement, à l’aulne de ce fameux procès et de la sortie de Gérald Darmanin en début de semaine, il est difficile de déconnecter ce temps judiciaire de quelques visages politiques essentiels de la République. Gérald Darmanin, Garde des Sceaux, natif de Valenciennes, candidat putatif à l’élection Présidentielle avec un procès pénal du maire de sa ville natale, et se déroulant dans son fief de la Métropole Lilloise ! Ensuite, vous avez également Xavier Bertrand, Président de la région Hauts de France, plus proche de Laurent Degallaix que ce dernier a peut-être croisé à la soirée Toyota/UPHF à la Cité des Congrès le 30 janvier 2026, aussi candidat putatif à l’élection Présidentielle sans oublier Edouard Philippe, candidat putatif à l’élection Présidentielle et fondateur du parti « Horizons », dont son référent Hauts de France passe devant le Tribunal judiciaire de Lille… ! Trois présidentiables 2027 qui se seraient bien passés de ce procès encombrant du maire de la ville centre du Valenciennois !

Daniel Carlier

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(Municipales 2026) Une campagne municipale silencieuse qui ne dit pas son nom !

4 février 2026 à 06:10

Valenciennes, un procès paralysant !

Concrètement, Valenciennes, et ses 43 500 habitants soit 12,5% de la population sur l’arrondissement, vit un peu dans un moment suspendu. En effet, le prochain procès judiciaire à l’endroit de Laurent Degallaix, le 19 février prochain, déteint sur les administrés. Même si plusieurs listes pour ces Municipales 2026 sont en place avec un travail remarqué sur le terrain, cette procédure judiciaire gèle la température démocratique, le récepteur populaire est éteint. En plus, contre-attaque médiatique, contre-vérité dans la presse, rumeurs pléthoriques, etc., les électrices et les électeurs valenciennois sont perdus.

En effet, au coeur d’une interview dans l’Observateur du Valenciennois, en décembre 2025, Laurent Degallaix dit : « Cette fois, l’affaire ira jusqu’au tribunal, et cela me permettra de m’expliquer pleinement« , souligne-t-il. Le journaliste précise dans la suite de son article « Il rattache ce dossier à deux dossiers précédents, l’affaire dite V2H et les tensions politiques (départementales 2021). »

En cela, il évoque sa condamnation dans l’affaire V2H (Valenciennes Hainaut Habitat) sauf qu’aucun justiciable n’est obligé de plaider coupable. Si l’édile n’a pas été jusqu’à une audience publique, c’est son choix, car il aurait pu s’expliquer à travers un procès public… qu’il voulait peut être éviter ! « Le procureur propose une peine. Si la peine est acceptée par l’auteur des faits, l’affaire est transmise au juge pour homologation. La victime est informée de cette procédure », source officielle « Vie Publique ».

A ce stade, en coulisses, peu de doute sur une agitation maximale chez les ami(e)s politiques du maire de Valenciennes, mais pour autant Edouard Philippe, présidentiable en 2027, n’a pas levé le petit doigt en public pour soutenir son référent Hauts de France du parti « Horizons. »

Voilà un effet banquise sur la campagne municipale à Valenciennes sans oublier sa position de Président de Valenciennes Métropole. Cela incite (aussi) quelques candidat(es) à un peu de retenue dans les autres collectivités locales de la CAVM. On n’insulte pas l’avenir… !

Daniel Carlier

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