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Certificats Secure Boot - 15 ans plus tard, Microsoft change enfin les clés

Par : Korben
11 février 2026 à 09:12

Quinze ans que les mêmes certificats Secure Boot tournent sur tous les PC Windows de la planète. Et Microsoft n'en avait jamais changé les clés depuis 2011. Alors là on est donc sur un moment historique puisque c'est la première rotation de l'histoire. Autant dire que ça va piquer un peu pour ceux qui n'ont pas fait leurs mises à jour.

Ces certificats UEFI, ce sont eux qui vérifient que votre machine démarre bien avec un système d'exploitation légitime et pas un malware planqué dans le firmware.

Microsoft a donc commencé à déployer de nouveaux certificats via Windows Update, avec sa mise à jour KB5074109 de janvier. Si vous êtes sous Windows 11, normalement c'est transparent, ça va se faire tout seul en arrière-plan. Les constructeurs comme Dell, HP et Lenovo ont également bossé de leur côté pour mettre à jour le firmware de leurs machines.

Après le hic, c'est la deadline qui est pour fin juin 2026. C'est à cette date que les anciens certificats expirent. Et là, les machines qui n'auront pas reçu les nouveaux vont se retrouver dans ce que Microsoft appelle un "état de sécurité dégradé". En gros, le démarrage sécurisé continuera de fonctionner, mais avec des clés périmées...

Pour ceux qui ont acheté un PC en 2024 ou après, pas de panique, les nouveaux certificats "Windows UEFI CA 2023" sont déjà intégrés dans le firmware. Mais si vous avez une machine plus ancienne, là faudra aller dans Paramètres > Windows Update et vérifier manuellement que tout est bien passé.

Et pour les amateurs de bootkits en tout genre , bonne nouvelle... la base de données DBX (celle qui blackliste les signatures compromises) est aussi mise à jour dans la foulée.

Mais attention, si vous êtes encore sous Windows 10, c'est là que ça se corse. En effet, Microsoft ne fournira les nouveaux certificats qu'aux utilisateurs qui ont souscrit le programme ESU (Extended Security Updates)... qui est payant. Du coup, tous les PC sous Windows 10 sans ESU vont rester avec les vieilles clés.

Je sens que vous êtes content ^^.

Pour vérifier votre situation, ouvrez donc PowerShell en admin et tapez Confirm-SecureBootUEFI. Si ça renvoie "True", c'est bon. Si ça renvoie "False" ou que ça ne marche pas, c'est que votre BIOS n'a peut-être jamais activé le Secure Boot. Ensuite, vérifiez dans Windows Update que la KB5074109 est bien installée. Après sur du matériel d'entreprise, votre admin sys a probablement déjà géré le truc (enfin j'espère).

Si KB5074109 est bien passée vous pouvez dormir tranquille.

Enfin... jusqu'à la prochaine faille. Niark niark !

Source

Revocation is broken

15 mai 2025 à 09:35

Lorsque votre certificat SSL est compromis (par exemple parce que sa clé privée a été volée), vous pouvez le révoquer, c'est-à-dire le signaler comme étant invalide et plus digne de confiance.

Mais comment le navigateur sait-il qu'un certificat est révoqué, car ce n'est pas une information que celui-ci contient ? Deux mécanismes existent : CRL et OCSP.

Cet article les présente ainsi que les problématiques liées.

ÉDIT : OCSP a depuis été déprécié en faveur de CRL : https://www.abetterinternet.org/post/replacing-ocsp-with-crls/


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Certificat « SSL » : petites bricoles autour des courbes elliptiques

Par : Seboss666
13 juillet 2025 à 08:23

Les courbes elliptiques, c’est la promesse de la robustesse des communications chiffrées de TLS sans la lourdeur des tailles de clés utilisées avec l’algorithme RSA. Il ne sera pas question de mathématiques aujourd’hui (je suis trop mauvais pour ça, vous avez qu’à voir Wikipedia pour ça), juste de quelques notes sur leur utilisation, pour du certificat autosigné, de la vérification, et un micro rappel de Let’s Encrypt.

Faites une petite recherche rapide, et 99,9% des tutos pour générer un certificat, que ça soit pour de l’auto-signé, ou dans le cadre de la commande chez une autorité « classique », et vous aurez du RSA avec un panel de 2048 à 4096 bits de taille de clé. Sans faire de benchmark, je peux vous assurer que si 2048bits est assez classique, 4096 ça commence à être assez lourd à gérer. Les courbes elliptiques sont des objets mathématiques qui promettent de garder la complexité mathématique, clé de la robustesse en matière de cryptographie, mais avec une taille de clé beaucoup plus réduite, ce qui permet d’améliorer la consommation de ressources et la performance du chiffrement des communications, parce que c’est le contexte dans lequel elles ont été envisagées et déployées.

Le certificat auto-signé

Typiquement, pour déployer un virtualhost « par défaut » sur mon serveur web Nginx, j’ai voulu générer un certificat auto-signé certes, mais avec les courbes elliptiques comme base cryptographique. C’est plutôt simple au final, ça se joue en à peine plus de temps, ça repose sur l’incontournable OpenSSL, malgré les problèmes qu’il pose ces dernières années, surtout en tant que bibliothèque applicative. On commence par lister les courbes disponibles :

openssl ecparam -list_curves

Vous choisissez ce que vous voulez, pour des raisons de compatibilité, j’ai sélectionné secp384r1 qui est la plus utilisée derrière sa petite sœur en 256bits et qui est nommée prime256v1 (parce que nique la cohérence, hein). C’est au passage celle que j’utilise sur le blog 😉

Ensuite, on fait les étapes classiques pour un autosigné :

openssl ecparam -genkey -name secp384r1 -out key.pem
openssl req -new -sha256 -key key.pem -out csr.csr
openssl req -x509 -sha256 -days 365 -in csr.csr -out certificate.pem

Pendant la phase de création du CSR, vous répondez comme vous le souhaitez aux questions, comme on est sur de l’autosigné vous pouvez être créatif si ça vous chante 🙂

Et voilà, vous n’avez plus qu’à renseigner la clé et le certificat dans votre Virtualhost par défaut, comme ça, si vous interrogez l’IP de votre serveur web, c’est ce certificat « placeholder » qui apparaitra (autosigné certes, mais certificat quand même) et ça masquera le reste de vos virtualhosts, parce que sinon le serveur web présente le premier chargé dans les configurations incluses (je me demande si j’en ferai pas une démo en live tiens…).

Vérifier la correspondance clé/certificat

Oui je sais ça parait con, mais ça m’est déjà arrivé une quantité beaucoup trop importante de fois de ne pas être certain qu’un nouveau certificat à installer correspond encore à la clé qui est déjà déployée, ou si une nouvelle clé à été générée pour l’occasion. La joie de l’infogérance et des tickets traités par plusieurs admins successivement.

Idem, quand on cherche les manipulations à effectuer, on trouve quasi systématiquement la méthode basée sur le modulus. Sauf que cette méthode est propre à l’algorithme RSA, et n’est donc pas applicable pour des courbes elliptiques. Malgré tout, on peut s’en sortir. L’astuce consiste cette fois à comparer la clé publique entre la clé et le certificat. D’abord pour la clé :

openssl ec -in key.pem -pubout |openssl md5

openssl x509 -in certificate.pem -noout -pubkey |openssl md5

Si les deux résultats sont identiques, vous pouvez les charger dans le serveur web (ou dans l’interface de votre fournisseur d’infrastructure, si vous êtes dans le claude).

La génération pour Let’s Encrypt via acme.sh

Let’s Encrypt (et certainement d’autres fournisseurs) supporte les courbes elliptiques depuis un moment déjà. Personnellement, je préfère utiliser le léger acme.sh plutôt que l’officiel certbot, que je trouve particulièrement lourd. La génération est plutôt simple :

acme.sh --issue --ecc -k ec-384 -d www.domain.tld -w /var/www/ --debug

Évidemment c’est à adapter au domaine, et au dossier par lequel il va bosser le challenge. Perso je préfère ensuite faire une installation dans un dossier dédié pour inclure la commande de rechargement du serveur web derrière :

acme.sh --install-cert -d domain.tld --fullchain-file /etc/nginx/ssl/domain.tld.crt --key-file /etc/nginx/ssl/domain.tld.key --reloadcmd "systemctl reload nginx"


Voilà, comme on le voit, il ne faut pas grand chose pour passer à cette méthode cryptographique, et investiguer à son sujet est à peu près aussi simple qu’avant. Juste je trouve qu’il y a vraiment peu d’articles qui incluent les courbes dans les manipulations. Bon ben voilà 😀

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