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Capgemini : un plan de 2 400 suppressions de postes en France

21 janvier 2026 à 15:48

Capgemini envisage jusqu’à 2 400 suppressions de postes, soit environ 7% de ses quelque 35 000 salariés dans l’Hexagone. Le groupe de servicesIT, qui emploie près de 355 000 personnes dans le monde, concentre donc l’effort de réduction sur la France, où l’activité souffre d’un ralentissement dans plusieurs secteurs.

Selon le communiqué transmis à l’AFP, la première ESN de France explique ce projet par un environnement économique marqué par une croissance modérée et par les difficultés de certains marchés, notamment l’automobile et d’autres industries en mutation. Capgemini insiste également sur la nécessité de se « transformer » face aux évolutions technologiques rapides, citant explicitement l’essor de l’IA, du SaaS, de l’offshore et de l’internalisation croissante de certaines compétences chez les clients.

Selon la CFDT, ​les entités du groupe concernées sont Altran, Apps, CIS, Engineering, FS, Fonctions Support, I&D et Sogeti.

Volontariat, reconversions et ruptures conventionnelles

Capgemini insiste sur le caractère volontaire du dispositif, structuré autour de deux grandes options. D’une part, une reconversion interne proposée aux salariés concernés, avec des parcours de formation et de certification vers des « métiers d’avenir », notamment dans l’IA, le cloud et la data. D’autre part, un dispositif de rupture conventionnelle collective (RCC) permettant des départs volontaires assortis de mesures d’accompagnement spécifiques.

L’ESN précise que ce plan doit encore être présenté aux instances représentatives du personnel et fera l’objet d’une négociation avec les organisations syndicales, afin de définir par accord collectif les modalités détaillées, les critères d’éligibilité et les compensations.

Les syndicats, de leur côté, dénoncent une restructuration d’ampleur dans une entreprise qui reste bénéficiaire, et s’inquiètent du risque de dégradation des conditions de travail pour les équipes restant en place.

« Nous allons aussi analyser le rapport entre mobilité interne (nombre d’ouverture de postes) et la mobilité externe (Rupture Conventionnelle Collective) dans ce projet. En clair, quelle est la réduction d’effectif visée par la Direction (ce n’est pas clairement indiqué).» indique la CFTC.
Quant à la CGT,elle dénonce notamment « une communication diffusée par voie de presse avant même l’information des CSE et du CSEC, provoquant inquiétude et stress chez les salarié·es » .

Un signal pour l’écosystème des ESN

Dans sa communication, Capgemini met en avant l’accélération des mutations technologiques, « notamment l’intelligence artificielle », comme un moteur central de cette réorganisation. Le groupe cherche à se repositionner sur des activités jugées plus porteuses à moyen terme, en s’appuyant sur les investissements réalisés ces dernières années dans l’IA générative et l’IA dite agentique, ainsi que dans les services cloud et data.

Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large qui touche l’ensemble des ESN, confrontées à la fois à la pression sur les prix, à la généralisation de l’offshore et à l’automatisation de certaines tâches traditionnellement réalisées par des consultants et développeurs.

Le plan Capgemini intervient après une année 2025 marquée, dans le secteur numérique français, par un ralentissement des recrutements et une montée du recours au nearshore et à l’offshore, passés à près de 18% des effectifs externalisés contre 15,5% un an plus tôt selon les données de Numeum. Les grandes ESN, qui avaient massivement embauché après la pandémie, réajustent désormais leurs effectifs face à une demande moins dynamique et plus volatile.

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Cybersécurité : l’UE va durcir le ton face aux équipementiers chinois

20 janvier 2026 à 17:01

La Commission européenne a dévoilé son projet de révision du Cybersecurity Act qui prévoit l’élimination progressive des équipements fournis par des entreprises jugées à haut risque dans les secteurs critiques.

Sans nommer explicitement de pays ou d’entreprises, ces mesures devraient principalement affecter les géants chinois des télécommunications Huawei et ZTE.

« Avec ce nouveau paquet cybersécurité, nous disposerons des moyens nécessaires pour mieux protéger nos chaînes d’approvisionnement critiques en technologies de l’information et de la communication, mais aussi pour combattre les cyberattaques de manière décisive », affirme Henna Virkkunen, la commissaire européenne chargée du numérique.

Le texte s’appliquera à dix-huit secteurs clés identifiés par la Commission, parmi lesquels les équipements de détection, les véhicules connectés et automatisés, les systèmes d’approvisionnement en électricité et en eau, les drones, les services de cloud computing, les dispositifs médicaux ou encore les semi-conducteurs.

Des délais de transition variables

Selon le projet, les opérateurs de téléphonie mobile disposeront de trente-six mois à compter de la publication de la liste des fournisseurs à haut risque pour retirer les composants essentiels provenant de ces entreprises. Les calendriers pour les réseaux fixes, incluant la fibre optique et les câbles sous-marins, ainsi que pour les réseaux satellitaires, seront annoncés ultérieurement.

Les restrictions ne s’appliqueront qu’après une évaluation des risques initiée soit par la Commission, soit par au moins trois pays membres. Les mesures prises devront s’appuyer sur une analyse de marché et une étude d’impact.

L’exécutif européen avait déjà adopté en 2020 une boîte à outils de mesures de sécurité pour les réseaux 5G visant à limiter l’utilisation de fournisseurs à haut risque comme Huawei, en raison de préoccupations relatives à d’éventuels sabotages ou actes d’espionnage. Toutefois, certains pays n’ont toujours pas retiré ces équipements, notamment en raison des coûts élevés que cela représente.

L’Espagne a même signé l’été dernier un contrat de douze millions € avec Huawei pour la fourniture de matériel destiné au stockage des écoutes autorisées par les tribunaux pour les services de police et de renseignement.

Pékin dénonce un « protectionnisme pur et simple »

La Chine n’a pas tardé à réagir. Le ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié les restrictions imposées aux entreprises chinoises sans base juridique de «protectionnisme pur et simple », exhortant l’UE à fournir un environnement commercial équitable, transparent et non discriminatoire aux sociétés chinoises.

Pékin avait déjà déclaré en novembre qu’une telle initiative violerait les principes du marché et les règles de la concurrence loyale, soulignant que le retrait d’équipements chinois dans certains pays avait entravé leur développement technologique et entraîné des pertes financières importantes.

L’Europe entre deux dépendances

Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de Bruxelles visant à réduire sa dépendance tant vis-à-vis de la Chine que des grandes entreprises technologiques américaines. L’Allemagne a récemment nommé une commission d’experts pour repenser sa politique commerciale envers Pékin et interdit l’utilisation de composants chinois dans les futurs réseaux 6G.

Les États-Unis ont quant à eux banni en 2022 les approbations de nouveaux équipements de télécommunications de Huawei et ZTE.

Reste que la mise en œuvre de ces restrictions pourrait s’avérer complexe. Plus de quatre-vingt-dix pour cent des panneaux solaires installés dans l’UE sont fabriqués en Chine. Certains représentants de l’industrie soulignent également le manque d’alternatives viables, les opérateurs télécoms ayant mis en garde contre l’impact potentiel sur les prix à la consommation.

Le projet de loi doit encore être approuvé par les pays membres et le Parlement européen dans les mois à venir avant de devenir contraignant. Les calendriers proposés devraient faire face à la résistance de certaines capitales européennes, les États membres étant responsables de leur propre sécurité nationale.

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Comment OpenAI façonne son modèle économique au fil du « compute »

20 janvier 2026 à 15:50

Une opération de communication pour lever les doutes sur le modèle modèle économique et clarifier les perspectives de croissance, c’est le sens du long billet de blog publiée par Sarah Friar, la directrice financière d’OpenAI, sous le titre  » Une entreprise qui évolue en fonction de la valeur de l’intelligence ».

Si l’inventeur de ChatGPT capte une grande partie de la lumière du business de la GenAI depuis trois ans, il cristallise aussi les inquiétudes sur les investissements faramineux et les craintes sur un déficit de ROI qui pourraient faire éclater « la bulle de l’IA » alimentée par les investissements titanesques dans les infrastructures.

Pour rassurer sur la capacité d’OpenAI à créer de la valeur, Sarah Friar révèle que les revenus annualisés ont bondi de 2 milliards $ en 2023 à plus de 20 milliards en 2025. Une multiplication par dix en deux ans ! Et de préciser que cette explosion des revenus est proportionnelle à celle de la puissance de calcul déployée à coup de centaines de milliards investis dans les infrastructures.

Le compute, moteur de la croissance

« Notre capacité à servir nos clients se mesure directement à notre puissance de calcul disponible », écrit Sarah Friar. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la capacité de calcul d’OpenAI est passée de 0,2 gigawatt en 2023 à 0,6 GW en 2024, pour atteindre environ 1,9 GW en 2025. Soit une multiplication par 9,5 en deux ans, avec un triplement annuel.

Cette corrélation parfaite entre infrastructure et revenus dessine le modèle économique d’OpenAI. « Il s’agit d’une croissance jamais vue à une telle échelle », affirme la directrice financière, qui ajoute que davantage de compute aurait permis une adoption et une monétisation encore plus rapides.

Partie des abonnements grand public, l’entreprise a progressivement étendu son offre aux entreprises, avant d’ajouter une tarification à l’usage pour les développeurs via son API. « Au fur et à mesure que l’IA s’intégrait dans les équipes et les workflows, nous avons créé des abonnements professionnels et ajouté une tarification basée sur l’usage, afin que les coûts évoluent avec le travail réellement effectué », explique-t-elle.

La semaine dernière, OpenAI a franchi un nouveau cap en annonçant l’introduction de publicités dans ChatGPT pour certains utilisateurs américains. Elle devrait également dévoiler son premier « produit Hardware » au second semestre 2026, comme l’a rapporté Axios en début de semaine.

Sarah Friar évoque de nouveaux modèles économiques au-delà des abonnements et des API : licences, accords basés sur la propriété intellectuelle et tarification basée sur les résultats. « À mesure que l’intelligence s’étend à la recherche scientifique, la découverte de médicaments, les systèmes énergétiques et la modélisation financière, de nouveaux modèles économiques émergeront », prédit-elle.

2026 : l’année de « l’adoption pratique »

L’année 2026 sera celle de « l’adoption pratique », annonce la directrice financière. « La priorité est de combler l’écart entre ce que l’IA rend désormais possible et la façon dont les gens, les entreprises et les pays l’utilisent au quotidien », écrit-elle.

L’opportunité se révèle particulièrement importante dans trois secteurs : la santé, les sciences et l’entreprise, où une meilleure intelligence se traduit directement par de meilleurs résultats. OpenAI mise sur une nouvelle génération d’agents intelligents et l’automatisation des workflows, capables de fonctionner en continu, de conserver le contexte dans le temps et d’agir sur différents outils.

Une stratégie d’infrastructure diversifiée

Face aux critiques sur ses dépenses massives, Sarah Friar défend une approche pragmatique. OpenAI maintient un bilan « léger » en privilégiant les partenariats plutôt que la propriété. Il y a trois ans, l’entreprise dépendait d’un seul fournisseur de compute. Aujourd’hui, elle collabore avec un écosystème diversifié de partenaires, incluant Microsoft, Oracle et d’autres acteurs.

Ce changement apporte de la certitude sur l’accès au compute. « Nous pouvons planifier, financer et déployer de la capacité avec confiance dans un marché où l’accès au compute définit qui peut passer à l’échelle », explique-t-elle.

Cette diversification permet à OpenAI de concentrer ses ressources sur l’innovation tout en conservant l’agilité nécessaire pour naviguer dans l’évolution rapide du secteur.

« L’infrastructure élargit ce que nous pouvons offrir. L’innovation étend ce que l’intelligence peut faire. L’adoption étend qui peut l’utiliser. Les revenus financent le prochain bond en avant », conclut Sarah Friar.

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