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Reçu hier — 8 janvier 2026

Marché numérique français : reprise en trompe-l’œil ou vrai rebond ?

8 janvier 2026 à 15:37

Après une année 2025 en demi-teinte (+2 %), le marché du numérique français devrait retrouver des couleurs en 2026 avec une croissance prévue de 4,3 %, selon les dernières projections de Numeum, le syndicat des entreprises du secteur.

Un chiffre qui pourrait rassurer, si l’on s’en tenait aux apparences. Mais la réalité est plus contrastée : cette reprise masque des trajectoires divergentes selon les segments, et pose une question lancinante sur la répartition de la valeur créée.

Un marché qui se désolidarise

Le premier constat tient en trois chiffres. Les éditeurs de logiciels et plateformes affichent une croissance vigoureuse de 8,4 % en 2026, prolongeant leur dynamique de 2025 (+8,2 %), pour atteindre 31,6 milliards €. À l’inverse, les entreprises de services du numérique (ESN) peinent à retrouver leur rythme : après un recul de 1,8 % en 2025 (34,3 milliards), elles ne progresseraient que de 1,4 % en 2026, à 35 milliards. Quant aux sociétés d’ingénierie et de conseil en technologies (ICT), elles reviennent tout juste en territoire positif (+1 %) après une baisse de 2,5 % l’an dernier.

Cette divergence n’est pas anecdotique. Elle illustre un basculement structurel : le passage d’un modèle fondé sur les projets et les prestations intellectuelles vers un modèle de consommation récurrente, porté par le SaaS et les plateformes cloud.

En 2025, 77 % des nouveaux projets des éditeurs ont été réalisés en mode SaaS, contre 53 % en 2021. Cette migration accélérée capte une part croissante des budgets IT, au détriment des services d’intégration traditionnels.

L’IA générative, accélérateur… de quoi exactement ?

L’intelligence artificielle générative est présentée comme le grand moteur de la reprise. Près de 40 % des acteurs du secteur constatent déjà un impact positif sur leurs marges ou leur chiffre d’affaires.

Les gains de productivité sont tangibles : 12,5 % en moyenne en 2025, avec une perspective de 17 % en 2026. Les éditeurs l’utilisent pour accélérer leurs cycles de développement, créer de nouvelles offres (63 % des répondants) et personnaliser leurs solutions.

Mais pour les ESN, le tableau est plus ambigu. L’IA permet certes de répondre plus rapidement aux appels d’offres (54 % des acteurs) et de livrer davantage de projets dans l’année (58 %), mais elle introduit aussi une pression déflationniste. Si l’on délivre plus vite, pourquoi facturer autant ? Certains clients commencent à renégocier leurs contrats à la baisse, pointant les gains de productivité pour justifier une compression des tarifs. Résultat : 15 % des entreprises interrogées évoquent une pression accrue sur les prix, 10 % une réduction du temps facturable.

Cette dynamique pose une question centrale : qui capte la valeur générée par l’IA ? Les gains de productivité se traduisent-ils en marges supplémentaires pour les prestataires, en tarifs réduits pour les clients, ou en nouvelles capacités qui justifient un niveau de facturation stable ? Pour l’instant, la réponse n’est pas tranchée. Et c’est précisément ce flou qui inquiète.

La souveraineté numérique, du discours à la réalité

Autre thème en vogue : la souveraineté numérique.

Numeum relève que 42 % des entreprises du secteur accompagnent leurs clients sur des projets liés à cette thématique. Mais la dynamique reste embryonnaire : 80 % des acteurs ont réalisé moins de dix projets en 2025, avec un panier moyen compris entre 100 000 et 150 000 euros. Loin, donc, des grands programmes structurants.

Ce concept, longtemps cantonné aux discours politiques, commence néanmoins à se matérialiser sous la pression de plusieurs facteurs : obligations réglementaires (NIS2, IA Act), tensions géopolitiques et méfiance croissante envers les solutions américaines dominantes. Mais le passage de l’intention à l’investissement reste lent, freiné par la complexité technique et les arbitrages budgétaires.

Un retour de la croissance… sans l’emploi ?

Derrière les prévisions optimistes, un angle mort persiste : l’emploi. En 2024, le secteur a perdu 7 500 postes. L’année 2025 s’est inscrite dans une logique de stabilisation, sans réelle reprise des embauches.

Or, si la croissance de 2026 se matérialise, il n’est pas certain qu’elle se traduise par une dynamique d’emploi comparable à celle des deux dernières décennies, où les effectifs avaient progressé de 50 % en dix ans pour atteindre environ 666 000 salariés.

Plusieurs facteurs expliquent cette déconnexion. D’abord, l’automatisation : les gains de productivité liés à l’IA réduisent mécaniquement les besoins en main-d’œuvre sur certaines tâches. Ensuite, la géographie du « delivery » : l’offshore progresse quand l’optimisation devient le maître-mot. Enfin, la réallocation des budgets vers les modèles récurrents (SaaS, cloud) diminue la part des projets nécessitant une mobilisation humaine intensive.

Ce que les DSI doivent retenir

Pour les directions des systèmes d’information, cette reconfiguration du marché impose trois vigilances.

D’abord, une cartographie rigoureuse des dépenses récurrentes. Les abonnements SaaS et les factures cloud deviennent incompressibles, grignotant les marges de manœuvre budgétaires. Anticiper leur évolution est crucial pour préserver la capacité d’investissement dans des projets de transformation.

Ensuite, une réflexion sur la mesure de la valeur. Les gains de productivité liés à l’IA ne doivent pas se traduire uniquement par une réduction des jours-hommes facturables. Il faut définir des unités de valeur pertinentes : qualité, délai, couverture fonctionnelle, réduction des risques. Faute de quoi, la pression déflationniste des fournisseurs se fera au détriment de la qualité des livrables.

Enfin, une attention accrue aux enjeux de souveraineté et de dépendance. La concentration sur quelques hyperscalers américains fragilise la capacité de négociation et la liberté de choix. Sans tomber dans le dogmatisme, diversifier les sources d’approvisionnement et privilégier des solutions offrant des garanties de réversibilité devient un enjeu stratégique.

Une reprise, oui. Mais pour qui ?

Numeum table sur une accélération en 2026, portée par l’IA, la cybersécurité et les investissements dans la modernisation des systèmes. Les indicateurs opérationnels se redressent, les carnets de commandes se remplissent, les taux d’occupation des ESN remontent. Mais cette reprise ne ressemble pas aux précédentes.

Elle se construit sur fond de réallocation de valeur vers les éditeurs et les plateformes, de pression déflationniste sur les services, et d’incertitudes persistantes sur l’emploi. La croissance peut revenir sans recréer les postes perdus, surtout si elle s’alimente d’automatisation et d’arbitrages de localisation.

Dans un contexte d’instabilité économique et géopolitique, Numeum souligne lui-même la complexité d’anticiper précisément l’évolution du secteur.

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Reçu — 18 novembre 2025
Reçu — 17 octobre 2025

ESN 2025 : liste du Top 50 en France

17 octobre 2025 à 11:17

 

Classement 2025 des ESN— Chiffre d’affaires France (k€)
Rang Entreprise Chiffre d’affaires France (k€)
1 CAPGEMINI 4 380 000
2 SCC FRANCE 2 925 000
3 ACCENTURE 2 605 592
4 SOPRA STERIA 2 440 000
5 ORANGE BUSINESS 1 800 000
6 ATOS 1 760 000
7 IBM FRANCE 1 723 300
8 CGI FRANCE 1 547 970
9 ALTEN 1 360 300
10 ECONOCOM 1 230 000
11 COMPUTACENTER 1 159 974
12 INETUM 1 030 000
13 DOCAPOSTE 825 000
14 NEURONES 810 400
15 AKKODIS 782 800
16 EQUANS DIGITAL 699 307
17 THALES SERVICES NUMERIQUES 631 000
18 CEGEDIM 592 963
19 SPIE ICS 553 000
20 KYNDRYL 520 000
21 TALAN 510 000
22 AXIANS 505 000
23 TESSI 487 542
24 OVHCLOUD 485 983
25 INOP’S 462 000
26 SII GROUP 455 840
27 SOLUTIONS30 ETC 450 000
28 DXC FRANCE 440 793
29 OPEN 415 000
30 FASTOR GIE 400 180
31 GROUPE ASTEK 391 000
32 SCALIAN 380 000
33 MAGELLAN PARTNERS 365 000
34 ADISTA 350 000
35 HELIAQ 338 852
36 NXO 329 600
37 INHERENT 304 000
38 AUBAY 283 300
39 VISEO 270 000
40 HELPLINE 268 000
41 INFOTEL 266 776
42 EXTIA 241 000
43 EXPERIS 240 000
44 CONSTELLATION 211 733
45 ACENSI 203 382
46 CHEOPS TECHNOLOGY 190 421
47 MC2I 181 000
48 HARDIS GROUP 179 088
49 KEYRUS 176 000
50 NÉOSOFT 175 000

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Entre ralentissement économique et mutation structurelle, les ESN à la croisée des chemins

L’étude publiée par Numeum et KPMG France décrit une conjoncture défavorable, où les tensions économiques et la faiblesse de la demande pèsent sur l’activité.

  • 42 % des entreprises anticipent un véritable redémarrage au premier semestre 2026.

  • 85 % identifient les risques macroéconomiques et la demande insuffisante comme les principaux freins à la croissance.

Cette situation traduit une rupture avec les années de forte expansion du numérique. Elle met en lumière la nécessité pour le secteur de repenser ses fondements économiques et ses sources de valeur ajoutée.

Recomposition de la proposition de valeur

L’étude souligne une évolution profonde du modèle d’affaires des prestataires numériques.
Les directions informatiques, désormais en quête de partenaires durables, privilégient la qualité et la pertinence de la valeur délivrée plutôt que le volume de prestations.

La performance est de plus en plus évaluée à travers trois dimensions :

  • la capacité d’innovation,

  • la compétence technique et méthodologique,

  • la responsabilité sociale et environnementale des acteurs.

Cette redéfinition du rapport client-prestataire marque une transition vers une logique de partenariat stratégique plutôt qu’opérationnel.

L’intelligence artificielle générative comme moteur de transformation

L’IA générative s’impose comme le principal levier d’opportunité pour les entreprises du secteur.

  • 81 % la désignent comme la première source de croissance, devant la transformation digitale (58 %) et la cybersécurité (56 %).

  • 72 % l’intègrent déjà dans leurs processus de production (delivery) et 67 % dans leurs fonctions administratives.

  • Près de la moitié des entreprises disposent de compétences internes en IA, confirmant une intégration rapide et durable de cette technologie.

L’IA devient ainsi un facteur structurant du repositionnement stratégique du numérique français, combinant innovation technologique et rationalisation des coûts.

Ressources humaines : montée en compétences et nouvelles attentes

La transition vers des modèles fondés sur la valeur s’accompagne d’une reconfiguration des besoins en talents.
Les profils les plus recherchés concernent :

  • le conseil en transformation digitale (19 % des besoins exprimés),

  • les spécialistes du cloud (17 %),

  • les experts en cybersécurité (9 %).

Les leviers de fidélisation des collaborateurs reflètent une évolution des priorités :

  • la rémunération demeure déterminante (63 %),

  • la progression professionnelle et les opportunités de projets comptent pour 18 %,

  • la flexibilité et l’équilibre de vie pour 14 %.

Ces chiffres traduisent un équilibre recherché entre attractivité financière et qualité des conditions de travail.

Responsabilité environnementale : un critère désormais structurant

La responsabilité environnementale s’impose comme une dimension incontournable de la performance.

  • 79 % des entreprises se fixent des objectifs de réduction de leur empreinte carbone.

  • 67 % des grandes entreprises prennent déjà en compte l’impact environnemental dans le choix de leurs prestataires.

  • Près d’un tiers des répondants visent la neutralité carbone à l’horizon 2030.

La durabilité devient un axe de compétitivité autant qu’une contrainte réglementaire et réputationnelle.

Méthodologie :
L’étude est établie à partir des données collectées par Numeum et KPMG durant le deuxième trimestre 2025, auprès d’un échantillon représentatif de près de 200 ESN et ICT de toutes tailles, implantées en France. Les informations ont été recueillies via un questionnaire en ligne portant sur les thèmes suivants : stratégie de croissance, gestion des talents, initiatives Environnementales, Sociales et de Gouvernance (ESG) et innovation.
Les données déclarées, notamment celles concernant les unités, ont été corrigées en cas d’erreurs manifestes.

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Reçu — 14 octobre 2025

Anne-Marie Calmeil nommée Présidente de T-Systems France

14 octobre 2025 à 15:57

T-Systems, filiale du groupe Deutsche Telekom et acteur européen des services numériques,  annonce la nomination d’Anne-Marie Calmeil au poste de Présidente de T-Systems France.

Elle succède à Jean-Paul Alibert, qui quittera ses fonctions à la fin du mois.

Un parcours marqué par la transformation numérique

Anne-Marie Calmeil débute sa carrière en 1998 chez IBM, où elle contribue à la croissance des activités dans les secteurs des médias, des télécommunications et des utilities. En 2014, elle rejoint Atos pour diriger le marché des médias, avant de devenir Global Client Executive d’Orange.

En 2020, elle fonde et dirige la filiale française du cabinet de conseil espagnol Everis, devenu NTT DATA, qu’elle développe jusqu’à l’été 2025. Tout au long de son parcours, elle a occupé des fonctions de direction en France et à l’international, pilotant des équipes et des stratégies centrées sur le client dans des environnements de forte transformation.

Diplômée en économie et mathématiques de la Sorbonne, elle a également suivi des programmes d’Executive Education à la London Business School et à HEC Paris.

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Reçu — 10 octobre 2025

ESN et ICT anticipent un rebond au premier semestre 2026

10 octobre 2025 à 09:41

Les entreprises de services du numérique (ESN) et les sociétés d’ingénierie et conseil en technologies (ICT) traversent une période de transition marquée par la prudence.

Selon l’étude Grand Angle ESN & ICT 2025 réalisée par KPMG et Numeum, 42% des acteurs n’anticipent un véritable rebond de l’activité qu’au premier semestre 2026.

L’IA au cœur de la stratégie

L’intelligence artificielle s’impose comme la priorité technologique du secteur : 81% des entreprises interrogées l’identifient comme la principale opportunité de marché. Son adoption reste toutefois progressive, avec 64% des ESN et ICT réalisant entre 0 et 5% de leur chiffre d’affaires sur des projets IA.

L’utilisation de l’IA générative se développe dans plusieurs domaines : 72% l’emploient pour le delivery, 67% pour les tâches administratives, 51% pour le recrutement et 48% pour la recherche de propositions commerciales. Les investissements dans l’IA représentent actuellement 2,2% du chiffre d’affaires pour les grandes entreprises et ETI, et 1,3% pour les PME et TPE.

Stratégies de croissance diversifiées

Face au ralentissement économique, 29% des entreprises privilégient le positionnement sur des offres technologiques innovantes (cloud, IA, cybersécurité), tandis que 16% misent sur l’ajustement des ressources et 14% sur une politique commerciale agressive.

Les principaux risques identifiés sont la conjoncture globale (85%), la faiblesse de la demande client (67%) et le manque de ressources ou de compétences (33%). Pour y répondre, 60% développent des partenariats stratégiques et 55% investissent dans leur marque employeur.

Le recours à l’offshore et au nearshore reste stable, représentant 7% du chiffre d’affaires. Les expertises techniques constituent la principale raison de cette externalisation (28%), devant le coût (24%) et les besoins capacitaires (19%).

Gestion des talents : entre tension et adaptation

La pénurie de profils qualifiés demeure un frein majeur à la croissance. Les entreprises poursuivent leurs recrutements, avec un accent sur les métiers liés au cloud, à la cybersécurité et au conseil en transformation digitale.

L’IA générative commence à transformer les fonctions RH : 52 % des structures l’utilisent pour élaborer des plans de formation et 41 % pour cartographier les compétences internes. Malgré ces évolutions, 71 % estiment que l’impact de l’IA sur la réduction des recrutements reste marginal

Les plans de recrutement 2025 visent une augmentation de 8% des effectifs pour les grandes entreprises et ETI, et de 4% pour les PME et TPE. Toutefois, 77% des entreprises déclarent que l’environnement économique a impacté leurs objectifs initiaux.

Les profils expérimentés (plus de trois ans d’expérience) représentent 88% des recrutements recherchés, en hausse de 11 points par rapport à 2024. Les compétences les plus demandées sont le conseil en transformation digitale (19%), le cloud (17%) et l’intégration de système (13%).

Le recours aux freelances, indépendants et sous-traitants continue de progresser, atteignant 17,9% dans les grandes entreprises et 12,9% dans les PME et TPE, avec des objectifs à 17,5% et 12,1% respectivement pour 2025.

Sur le plan de la fidélisation, l’augmentation des salaires reste le premier levier (40%), devant la flexibilité du temps de travail (11%) et les plans de formation (10%). Par ailleurs, 35% des entreprises ont mis en place des actions pour limiter le télétravail et favoriser le retour en présentiel.

La RSE, un critère de compétitivité

La réduction de l’empreinte environnementale est devenue la priorité RSE pour 79% des ESN et ICT. 87% ont mis en place un suivi de leur empreinte carbone, et 60% se sont fixé un objectif de réduction à trois ans, avec une moyenne de -26% pour les grandes entreprises et -17% pour les PME.

Les critères ESG pèsent désormais entre 10 et 20% dans 48% des appels d’offres, contre 20 à 30% dans 24% des cas. Cette évolution reflète l’importance croissante de ces enjeux dans la compétitivité des entreprises.

83% des entreprises ont mis en place des programmes de diversité et inclusion, principalement par la sensibilisation (97%), des chartes (86%) et des formations (75%).

Le secteur du numérique, représenté par Numeum qui regroupe 2 500 entreprises, génère un chiffre d’affaires de 70 milliards € et emploie 670 000 personnes en France.

The post ESN et ICT anticipent un rebond au premier semestre 2026 appeared first on Silicon.fr.

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