Vue normale

Reçu — 18 décembre 2025

Marie-Amélie Le Fur : « Vers une pratique plus large du sport handicap »

18 décembre 2025 à 06:21

Marie-Amélie Le Fur : « L’orthopédiste est le roi des bidouilleurs »

Si vous connaissez l’Université Polytechnique Hauts de France, et Philippe Budlo, délégué pour une université durable et inclusive, à la manoeuvre pour organiser cette journée, vous n’avez peut-être pas une connaissance affutée sur « L’Académie des Technologies » ! Cet organe est composé de plusieurs centaines

Paul Friedel

de professionnels de la technologie, scientifiques, industriels, chercheurs, spécialistes de l’économie, des sciences humaines et des sciences de l’éducation touchant aux technologies. Elle émet des avis indépendants et propose de fait du contenu de réflexion pour tous. « Nous ne sommes pas des fous de technologie, mais elle peut contribuer au projet raisonné, réfléchi, et partagé », commente dans son propos conclusif, Paul Friedel, le délégué général de l’Académie des Technologies.

L’idée de cette journée était de faire un brainstorming géant sur la technologie et ses avancées, ses limites également, et le sport handicap.

« Nous avons replacé le sportif handicapé au centre du jeu, personne ne connaît mieux que lui son besoin », Marie-Amélie Le Fur

Effectivement, cette olympiade jusqu’au J.O et Paralympique de Paris 2024 a été porteuse pour la recherche et l’innovation en terme de matériel. Des avancées sur la composition (carbone), la technologie associée, l’innovation in fine, sont parfois le fruit uniquement d’une idée géniale. Tout cela pousse la championne paralympique à entrevoir la lumière : « Cette technologie doit aboutir à un ruissellement vers une pratique plus large du sport handicap. » L’objectif est limpide. Il faut dépasser la niche technologique, un marché minimaliste, pour développer plus massivement des matériaux au bénéfice de milliers de sportifs et sportives en situation de handicap.

Pour cela, quel que soit la qualité du médecin sportif, expert de tout niveau, la personne idoine est connue. « Nous avons replacé le sportif handicapé au centre du jeu, personne ne connaît mieux que lui son besoin ! Le docteur doit écouter son patient. L’enjeu est le parasport au quotidien », clame Marie-Amélie Le Fur. Pour ceux qui connaissent le milieu, ce propos dix ans en arrière est presque révolutionnaire, disruptif pour être à la mode.

Voilà la ligne d’arrivée, celle d’un matériel en constante évolution à disposition du milieu ordinaire. Toute la journée, des exemples bluffants d’avancées technologiques ont émaillé les débats même si « l’orthopédiste est le roi des bidouilleurs », ironise Marie-Amélie Le Fur. Il ne faut pas se mentir, nous sommes à des années lumière de la production de masse.

Une vis manquante et le trou noir…

Cet échange XXL a mis en lumière le génie des professionnels et enseignants chercheurs. A ce titre l’impression en 3D devient une aide technique indispensable à ce stade. Néanmoins, une championne paralympique en aviron, à Tokyo en 2021, explique avoir vu plus de 20 fois un fabricant pour une orthèse de compétition. « En septembre, j’ai réussi mon challenge de courir un semi-marathon. Dans le dernier kilomètre, une petite vis s’est détachée de celle-ci. Aujourd’hui, plus aucun fabricant ne veut la remplacer ! Je ne peux plus poursuivre ma carrière sportive ! », commente Erika Sauzeau.

Voilà, on touche du doigt la problématique. Les innovations sortent d’un Fablab, ou d’un fabricant, sur mesure. Ensuite, les avancées sur un matériel existent de fait sans cadre juridique. « D’ailleurs, nous observons que toutes les évolutions sur un fauteuil, pour le confort voire une meilleure utilisation de celui-ci, sont refusées systématiquement par le constructeur. On s’adapte et les familles signent des décharges, elles comprennent la situation », explique Oriane Lopez, médecin de Médecine Physique et de Réadaptation.

D’ailleurs, un intervenant souligne « qu’une réglementation pourrait assécher l’innovation. » Alors, comment fait-on ? Dans un monde corseté par la norme, où le plus petit usage est réglementé, piloté par la peur de l’échec, de l’accident, sans se soucier du mieux-être de la personne en situation de handicap. C’est un peu la théorie de la personne sur le bord d’un cours d’eau et voyant une personne en train de se noyer, elle regarde d’abord un panneau « baignade interdite » avant de lui jeter une bouée… Concrètement, personne ne veut prendre la responsabilité de !

A la recherche du modèle économique

Effectivement, Paul Friedel n’hésite pas à mettre le sujet au milieu de la table. La R&D sur un matériel performant au service du sport handicap doit trouver, auprès de la sphère publique et privée, des solutions de financement. « Nous devons baisser les coûts de production. » La mobilité dépend de cette faculté à produire mieux et plus massivement. Comme diraient certains « en France, on adore l’innovation, mais personne ne veut la financer ! ».

Pour autant, vous avez des avancées notables avec par exemple la MDPH prenant en charge à 75% les orthèses, après visite d’un médecin expert etc. Ensuite, très médiatisée depuis le 01 décembre 2025, la prise en charge à 100% des fauteuils électriques et pour la première fois « le fauteuil sportif après une visite avec un médecin expert et un ergothérapeute », explique Oriane Lopez.

Ça bouge et c’est dans cette direction croisée de la prise en charge publique et de la recherche/ conception de nouveau matériaux, que le monde du handicap doit avancer. Toutefois, la parole commune de cette journée est surtout de ne pas supprimer « la légèreté de l’innovation », parfois stupéfiante de simplicité, voire de l’astuce à l’usage tout simplement.

Au bout du bout, Marie-Amélie Le Fur résume la finalité de ces avancées technologiques : « Nous parlons du bien-être et du bien vieillir des personnes en situation de handicap. »

Daniel Carlier

Cet article Marie-Amélie Le Fur : « Vers une pratique plus large du sport handicap » est apparu en premier sur Va-Infos.fr.

Reçu — 14 décembre 2025

L’UPHF dans la cour des « grands »

14 décembre 2025 à 06:10

Abdelhakim Artiba : « La mission est accomplie, mais nous restons une université des territoires. »

La liste est prestigieuse avec 3 nouveaux membres au sein de cette petite communauté, car l’UPHF rejoint le Collège de France, la CNAM, l’Université de Paris Dauphine, l’Université de Grenoble Alpes, voire l’Université de Gustave Eiffel, parmi les 25 sites reconnus « Grand Etablissement ».

Pour arriver à ce résultat, il faut remonter le « 05 avril 2016 où le Ministère m’a indiqué qu’il fallait présenter un projet innovant pour rester seul, car on parlait beaucoup à l’époque de fusion avec l’Université de Lille. Nous n’avions pas la taille critique pour être seul, mais une fusion impliquait qu’il n’y aurait plus de Masters à Valenciennes. Ça n’était pas concevable pour notre Université », explique le Président de l’UPHF. Ce dernier a trouvé un soutien au long cours à travers la personne de la Ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal (ex Présidente de l’Université de Paris-Saclay), et son ancien Directeur de Cabinet, le Ministre actuel de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste.

La période EPE

Cette période s’est enchevêtrée avec l’ordonnance de 2018 instaurant les EPE (Etablissement Public Expérimental) et son application à l’endroit de l’Université de Valenciennes le 09 septembre 2019. Cinq ans après, jour pour jour, cette expérimentation a pris fin avec le sentiment de « la mission accomplie. C’est un peu le couronnement de dix ans de présidence, mais nous restons une université des territoires (Valenciennes, Cambrai, Maubeuge). Nous sommes très conscients de cela .»

Cette expérimentation a conduit à la réunion de deux structures, l’UPHF et l’ESAC (Ecole d’Art à Cambrai) où la ville investit (financièrement) dans cette structure. Une tentative a eu lieu avec l’ESAD à Valenciennes, mais faute de financement des collectivités publiques, cette intégration n’a pas réussi avec la fin (triste) que nous connaissons.

Ce nouveau statut n’a pas modifié certaines pratiques au sein de l’UPHF. « Nous n’avons pas modifié les règles de la démocratie interne. Par contre, il n’est plus question d’une fusion. Nous parlons dorénavant d’égal à égal avec l’Université de Lille. »

Une dualité des connaissances

Dans cette optique, l’Université du Hainaut Cambrésis, à l’époque, a présenté une pédagogie croisée originale. « Bien sûr, nous ne pouvons pas être excellent en tout, mais nous devions proposer un projet de rupture. Le choix s’est porté sur la polyvalence entre les Humanités et les Sciences (mécanique) », poursuit le Président.

A cet effet, la création de l’INSA réunissant les 3 laboratoires existants était le premier défi : « C’était une opération risquée, mais nous avons réussi l’intégration de ces 3 composantes. Dans ce cadre, nous avons pris un Directeur extérieur et aujourd’hui, il existe une confiance totale entre les collègues. » Rappelons qu’il y a seulement 7 INSA en France et l’UPHF se situe au 3ème rang derrière Lyon et Toulouse.

L’autre volet de cette spécifié de l’UPHF concerne les Humanités. « Nous n’avons pas cherché à nous comparer à la Sorbonne. Nous travaillons sur un projet de signature originale avec des forces des deux côtés. C’est une niche de connaissances où l’UPHF devient une force d’attraction sur ses particularités », commente Arnaud Huftier.

François Berkmans, dernier diplômé en date de l’UPHF, illustre cette dualité des connaissances de haut niveau à travers un Doctorat intégré, le symbole d’une fertilité croisée entre les Humanités et les Sciences Techniques. Concrètement, cet apprenant est admis comme Docteur de l’UPHF pour ses travaux sur la « Mécanique des solides, matériels, surfaces et sur l’histoire et l’archéologie des mondes anciens et médiévaux ».

Des partenariats solides

Dans la continuité de l’exemple du dernier Doctorant, ce dernier est de la même manière « Doctor of Poznan University of Technology in Mechanical Engineering ». En effet, des partenariats internationaux tous azimuts ont été construits au fil des années avec la Chine, même « si les visas sont complexes à obtenir », précise le Président de l’UPHF, le Canada, le Maroc sur des villes comme Casablanca, Tanger, Agadir, le fameux réseau européen EUNICE (https://www.uphf.fr/universite/decouvrir-luniversite/universite-europeenne) et de par le monde.

Par ailleurs, ces collaborations ne s’arrêtent pas à la sphère publique. « Nous avons noué depuis 2022 un partenariat avec l’Université Catholique de Lille, notamment sur un Doctorat commun », ajoute Abdelhakim Artiba. Enfin, le monde de l’entreprise demeure étroitement lié à cette université des territoires comme Toyota, une collaboration durable, avec des cycles quasi sur mesure, et une véritable synergie pédagogique. « Nous participerons à l’année du Japon en 2026. D’ailleurs, le Directeur du site Toyota/Onnaing est le Président de l’INSA Hauts de France », indique le Président de l’UPHF.

Le sujet de l’IA

En marge de cette reconnaissance nationale, la thématique de l’IA imprime notre conscience collective. Le monde universitaire est inévitablement percuté de plein fouet par cette évolution express. « Tout le monde a besoin de l’IA, elle progresse régulièrement. Les enseignements de la cybersécurité et de l’usage de l’IA sont essentiels. Toutefois, l’IA a un problème de création, la créativité reste humaine », commente Abdelhakim Artiba. Pour sa part, Arnaud Huftier, met en exergue « l’analyse critique » de l’humain comme le dernier rempart avant un progrès dont nous ne soupçonnons même pas le potentiel.

L’apprentissage ne peut pas faire l’économie d’un usage réfléchi de l’IA, l’oralité va-t-elle remplacer le rédactionnel ? Le travail de synthèse de l’IA sera-t-il l’alpha et l’oméga des prochains travaux pédagogiques ? C’est une réalité, car des grandes signatures industrielles répondent déjà à des marchés publics, de haut niveau, via des dossier générés par l’IA. Les destinataires remarquent cette tendance avec une certaine fatalité… ! Face à cette révolution, l’Université doit jouer son rôle, trouver sa place, et produire la meilleure combinaison pédagogique.

Daniel Carlier

Cet article L’UPHF dans la cour des « grands » est apparu en premier sur Va-Infos.fr.

Reçu — 7 décembre 2025

(UPHF) Le goût de l’entreprenariat en 48 heures chrono…

7 décembre 2025 à 17:00

Pour cette édition 2025, une marraine de choix était présente à cette manifestation. En effet, Manon Genest, médaillée de bronze de saut en longueur aux jeux paralympiques de Paris 2024, est venue sur le site de l’IMTD pour écouter ces futurs champions de l’entreprise. 

Le jury de cette manifestation

Dans le jus depuis jeudi matin, les groupes constitués ont travaillé pour imaginer une activité originale, réaliste en terme économique, et pertinente sur son secteur de marché. En résumé, le bon produit, au bon endroit et au bon moment. Phosphorer durant 48 heures, voilà le chemin pris par l’avenir de l’entreprise avec des présentations dynamiques et percutantes.

Le Président de l’UPHF, Abdelhakim Artiba, a lancé cette après-midi, en présence du maire de Valenciennes, où les apprenants ont donc relevé le gant avec brio en présentant leur projet, durant 3 minutes, devant un jury de haute qualité. Evidemment, le temps est très contraint pour exposer les tenants et aboutissants d’une activité ; pas de problèmes, les participantes et participants ont assuré avec une grande diversité dans les thématiques économiques retenues, même si le stress, l’émotion, l’hésitation, la bonne humeur… étaient omniprésents.

Daniel Carlier

Cet article (UPHF) Le goût de l’entreprenariat en 48 heures chrono… est apparu en premier sur Va-Infos.fr.

❌