Vue normale

Reçu hier — 28 août 2025

Microsoft sécurise un bâtiment après que des manifestants sont entrés dans le bureau du président

28 août 2025 à 11:48

Alors que le conflit à Gaza s’intensifie, la pression monte sur des grandes entreprises comme Microsoft pour reconsidérer leurs liens avec le gouvernement israélien. Les activistes se font de plus en plus entendre, exigeant des comptes de la part du géant technologique. Récemment, un important rassemblement a conduit des employés à occuper le bureau du […]

Le post Microsoft sécurise un bâtiment après que des manifestants sont entrés dans le bureau du président est apparu en premier sur Moyens I/O.

Reçu avant avant-hier

Ce que des chercheurs viennent de voir sur des dents de requins fait craindre le pire pour l’océan

Dans le cadre d'une nouvelle expérience, des chercheurs montrent que même les prédateurs les plus redoutables des mers ne sont pas à l’abri des effets du changement climatique. Et leur vulnérabilité se cache là où on s’y attend le moins…

Incident du 26 août 2025 ayant touché les serveurs de production et de développement

Il y a exactement deux mois, un incident était survenu suite à un redémarrage brutal du serveur hébergeant les conteneurs de production et de développement ayant entraîné une attribution inattendue d’adresses IP. Et des réponses techniques 502 Bad Gateway pour notre lectorat.

Ce 26 août, vers 15:22, un message peu engageant est arrivé par pneumatique sur nos téléscripteurs (via Signal pour être précis) : « Tiens c’est bizarre j’ai perdu accès au site. Et au serveur oups. » L’après-midi et la soirée furent longues.

Sommaire

Premier diagnostic

Le serveur répond au ping et permet les connexions TCP port 22, mais pas le SSH. Et les services web ne répondent plus. Souci matériel ? Noyau en vrac ? Attaque en cours ? Les spéculations vont bon train.

La connexion au serveur revient par intermittence, permettant à un moment d’exécuter quelques commandes, à d’autres d’attendre longuement pour l’affichage d’un caractère ou l’exécution de la commande tapée.

Le premier contact réétabli avec le serveur est assez clair (une forte charge) :

$ uptime
15:06:59 up 2 days,  2:54,  1 user,  load average: 50,00, 205,21, 260,83

(dernier redémarrage le week-end précédent, mais surtout une charge système moyenne respectivement de 50, 205 et 261 sur les 1, 5 et 15 dernières minutes)

Initialement on suppose qu’il s’agit d’un trop grand nombre de requêtes ou de certaines requêtes tentant des injections de code sur le site (bref le trafic de fond plutôt habituel et permanent), et on ajoute des règles de filtrage péniblement et lentement pour bloquer les IP qui ressortent le plus dans nos logs.

Le site est alors inaccessible pendant plusieurs périodes. On arrête et relance ensuite plusieurs fois les services en pensant avoir ajouté suffisamment de filtrage, mais rapidement le serveur se retrouve englué. Les services sont alors arrêtés plus longuement le temps d’analyser les logs au calme. Au calme inclut notamment ne pas juste disposer d’une connexion ssh depuis un smartphone, mais plutôt d’un clavier et d’un grand écran par exemple, de l’accès à tous les secrets et toute la documentation aussi.

Finalement le trafic n’est pas énorme (en volume total) et si les requêtes hostiles sont bien présentes, rien ne semble inhabituel. Par contre les processus de coloration syntaxique partent en vrille, consommant chacun un processeur et aspirant allègrement la mémoire disponible. Avant d’être éliminés par le noyau Linux.

La console est remplie d’élimination de processus de ce type :

Le plein d’OutOfMemory

Mais si rien n’a changé niveau logiciel sur le conteneur LXC de production et si les requêtes ne sont pas inhabituelles, qu’est-ce qui peut bien écrouler le serveur et créer ces processus gourmands ?

Eh bien des requêtes habituelles…

Pendant les phases d’attente lorsque le serveur ne répondait plus vraiment, nous avons noté qu'une nouvelle entrée de suivi a été créée (merci BAud et merci RSS/Atom pour nous avoir permis de la voir alors que le serveur ne répondait déjà plus). Elle indique que la coloration syntaxique ne marche plus sur le site. Notamment l’exemple donné dans la documentation.

Pourtant le rendu fonctionne en testant en ligne de commande avec pygmentize.

Mais oui en testant l’exemple donné via le site, il est créé un processus Python2 pygment qui commence à se gaver de ressources.

Et en regardant les différents contenus et commentaires créés sur le site autour de l’incident, en filtrant sur ceux contenant des blocs avec de la coloration syntaxique, la dépêche (alors en préparation) sur G'MIC 3.6 apparaît. Et en testant cette dépêche, il est bien créé quatre processus Python2 pygment qui se gavent de ressources et ne semblent jamais vouloir se terminer. À rapprocher par exemple d’une page qui a été servie en 6785.9978s.

4 processus gourmands

OK, le souci vient de requêtes tout à fait habituelles de coloration syntaxique, reste à comprendre pourquoi ces processus tournent mal.

La boucle sans fin

Un petit strace pour suivre les appels système en cours sur un des processus infernaux relève une boucle assez violente :

(...)
close(623199355)                        = -1 EBADF (Bad file descriptor)
close(623199356)                        = -1 EBADF (Bad file descriptor)
close(623199357)                        = -1 EBADF (Bad file descriptor)
(...)

Il semble y avoir une immense itération sur des descripteurs de fichiers, en vue de les fermer, mais à l’aveugle, sans savoir s’ils existent réellement.

En regardant le code du composant utilisé (pygments), il semble n'y avoir qu'un seul appel à close() :

# close fd's inherited from the ruby parent
        import resource
        maxfd = resource.getrlimit(resource.RLIMIT_NOFILE)[1]
        if maxfd == resource.RLIM_INFINITY:
            maxfd = 65536

        for fd in range(3, maxfd):
            try:
                os.close(fd)
            except:
                pass

Donc on itère sur tous les descripteurs entre 3 et le maximum déterminé…

>>> import resource
>>> print(resource.getrlimit(resource.RLIMIT_NOFILE)[1])
524288
>>> print(resource.RLIM_INFINITY)
-1

Un demi-million de fois ici donc. L’objectif initial de la boucle est de fermer les descripteurs de fichiers provenant du processus Ruby père, issue du fork via Open3.popen3. La version suivante du composant la remplace d’ailleurs par un ajout de l'option :close_others, qui précisément « modifie l’héritage [des descripteurs de fichiers du processus parent] en fermant les non-standards (numéros 3 et plus grands) ».

Sur une Debian 12, la limite du nombre de fichiers par défaut, c’est 1 048 576. C’est déjà probablement bien plus que la valeur qui prévalait à l’époque où a été écrit la boucle Python (on avait des limitations à 4096 à une époque reculée). Mais il s’avère que durant le week-end l’hôte du conteneur de production a été migré en Debian 13. Sans modification du conteneur de production pensions-nous. Sans modification directe du conteneur de production. Mais quid d’une modification indirecte ? Par exemple si la limite par défaut des « Max open files » était passée à 1 073 741 816 sur l’hôte, soit 1024 fois plus que quelques jours auparavant. Et donc des boucles nettement plus longues voire sans fin, sans libération de mémoire.

On ne peut mettre à jour le composant pygments dans l’immédiat, mais on peut limiter les dégâts en abaissant la limite du nombre de descripteurs de fichiers à quelque chose de raisonnable (i.e. on va gaspiller raisonnablement des cycles CPU dans une boucle un peu inutile mais brève…). Une édition de /etc/security/limits.conf, un redémarrage du conteneur de production et on peut vérifier que cela va nettement mieux avec cette réparation de fortune.

Une dernière page d’epub ?

Le conteneur LXC portant le service epub de production a assez mal pris la surcharge du serveur, et vers 20h08, systemd-networkd sifflera la fin de la récré avec un eth0: The interface entered the failed state frequently, refusing to reconfigure it automatically (quelque chose comme « ça n’arrête pas d’échouer, débrouillez-vous sans moi »). Le service epub est resté en carafe jusqu’au 27 août vers 13h31 (merci pour l’entrée de suivi).

Voir ce commentaire sur la dépêche de l’incident précédent expliquant la séparation du service epub et du conteneur principal de production (en bref : dette technique et migration en cours).

Retour en graphiques sur la journée

Le serveur était très occupé. Au point de n’avoir pas le temps de mettre à jour les graphiques de temps en temps.

Rétrospectivement les processeurs du serveur ont travaillé dur : 140 de charge sur le graphique (mais avec des pics jusque 260 d’après la commande uptime), contre moins de 5 en temps normal (un petit facteur de 28 à 52   ô_Ô)

Charge CPU

Et l’utilisation de la mémoire montre aussi de brutaux changements de comportement : libération intempestive de mémoire (Free, en vert), utilisation mémoire plus importante que d’habitude (Used, en jaune), là où le comportement normal est d’avoir le maximum en cache (Cached, en orange) et des processus tellement peu consommateurs en RAM que cela n’apparaît normalement pas.

Utilisation mémoire

Mesures préventives et correctives

Dans les actions en cours ou à prévoir :

  • mettre à jour la documentation pour disposer facilement et rapidement des informations pour les connexions aux cartes d’administration ou les procédures de blocages d’IP
  • procéder à la montée de version des composants (yapuka, épineux sujet de la dette technique à éponger)
  • vérifier l’efficacité des limitations CPU/mémoire mises sur certains conteneurs LXC et les étendre aux autres
  • mettre des limites sur des processus particuliers (comme ceux de pygments)
  • ajouter le déploiement des limites par utilisateur dans le code Ansible
  • corriger la collecte rrd des métriques concernant les interfaces réseau
  • remonter les alertes OOM qui ne sont pas normales
  • comprendre la surconsommation mémoire ? (les boucles actives expliquent la consommation processeur, mais pour la mémoire ?)

Bonus inattendu pour l’incident précédent du 26 juin 2025

De façon cocasse, ce nouvel incident et le temps passé à parcourir les différents logs ont permis de retrouver les infos de la carte d’administration distante et d’expliciter l’origine du redémarrage serveur intempestif. À quelque chose malheur est bon, si on peut dire. Ceci n’est pas une invitation pour un prochain incident.

Commentaires : voir le flux Atom ouvrir dans le navigateur

Stonehenge : cette dent de vache cache une histoire extraordinaire sur les origines du site

Une dent de vache découverte il y a un siècle à Stonehenge vient de livrer de précieuses informations. Grâce à des analyses isotopiques, les chercheurs ont retracé son histoire vieille de 5 000 ans. Une énigme qui ouvre une nouvelle piste sur l’édification du plus mystérieux monument du Néolithique.

Réviser nftables et fail2ban face à un flot massif de requêtes web pourries - GuiGui's Show

25 août 2025 à 07:26

Un post mortem sur un incident proche d'un DDos, ce n'en est pas un, mais dans les faits, ça s'y rapproche.

GuiGui explique comment il a utilisé (parfois pas comme il aurait fallu, c'pas moi qui le dit, c'est lui) et nftables.

Très très instructif.


Permalien

L’invention d’un dentifrice à base de cheveux humains qui régénère l’émail dentaire

21 août 2025 à 10:00
Un dentifrice à la kératine pour réparer les dents.

Des chercheurs d’une université britannique ont réussi à créer un dentifrice capable de réparer l’émail dentaire… à partir de cheveux humains.

L’article L’invention d’un dentifrice à base de cheveux humains qui régénère l’émail dentaire est apparu en premier sur NeozOne.

Incident du 26 juin 2025 ayant touché les serveurs de production et de développement

Ayant simultanément ressenti un trouble dans la force, vos administrateurs des serveurs LinuxFr.org ont noté un souci sur le site hier matin. Et d'autres personnes de l'équipe ont aussi signalé le problème (supervision efficace et réactive par le lectorat).

Le serveur hébergeant les conteneurs de production et de développement a redémarré (hors de toute opération planifiée) à 06h15 Paris le 26 juin 2025, et contrairement aux redémarrages habituels pour les mises à jour, cela a entraîné un changement des adresses IP internes des conteneurs de production et de développement, après redémarrage (06h18). Tous les services avaient bien redémarré, mais les accès aux sites web n'étaient plus possibles : le serveur web frontal ne pouvait plus joindre les adresses prévues, aboutissant à des réponses techniques 502 Bad Gateway.

La correction sur les adresses IP a été faite à 08h08 pour la production et 08h16 pour le développement.

Les deux autres serveurs hébergés au même endroit n'ont pas été affectés.

    Changement d'adresses IP

    Les conteneurs de production et de développement sont configurés en DHCP et gardent normalement les mêmes adresses sur les redémarrages.

    Exemple de redémarrage propre pour des mises à jours de sécurité :

    mai 24 10:06:08 oups dnsmasq-dhcp[1256]: DHCPREQUEST(lxc0) 192.168.0.2 aa:aa:aa:aa:aa:aa
    mai 24 10:06:08 oups dnsmasq-dhcp[1256]: DHCPACK(lxc0) 192.168.0.2 aa:aa:aa:aa:aa:aa prod
    mai 24 10:06:22 oups dnsmasq-dhcp[1256]: DHCPRELEASE(lxc0) 192.168.0.2 aa:aa:aa:aa:aa:aa
    ---redémarrage---
    mai 24 10:08:57 oups dnsmasq-dhcp[1228]: DHCPDISCOVER(lxc0) 192.168.0.2 bb:bb:bb:bb:bb:bb
    mai 24 10:08:57 oups dnsmasq-dhcp[1228]: DHCPOFFER(lxc0) 192.168.0.2 bb:bb:bb:bb:bb:bb
    mai 24 10:08:57 oups dnsmasq-dhcp[1228]: DHCPREQUEST(lxc0) 192.168.0.2 bb:bb:bb:bb:bb:bb
    mai 24 10:08:57 oups dnsmasq-dhcp[1228]: DHCPACK(lxc0) 192.168.0.2 bb:bb:bb:bb:bb:bb prod
    

    (les IP, MAC et interfaces ont été changées)
    On a demande et attribution de l'IP pour une adresse MAC donnée, puis elle est relâchée à l'arrêt de la machine, puis réattribuée au démarrage.

    Incident :

    juin 26 03:57:46 oups dnsmasq-dhcp[951195]: DHCPREQUEST(lxc0) 192.168.0.2 cc:cc:cc:cc:cc:cc
    juin 26 03:57:46 oups dnsmasq-dhcp[951195]: DHCPACK(lxc0) 192.168.0.2 cc:cc:cc:cc:cc:cc prod
    ---redémarrage---
    juin 26 04:18:42 oups dnsmasq-dhcp[1222]: DHCPREQUEST(lxc0) 192.168.0.2 dd:dd:dd:dd:dd:dd
    juin 26 04:18:42 oups dnsmasq-dhcp[1222]: DHCPNAK(lxc0) 192.168.0.2 dd:dd:dd:dd:dd:dd address in use
    juin 26 04:18:46 oups dnsmasq-dhcp[1222]: DHCPDISCOVER(lxc0) dd:dd:dd:dd:dd:dd
    juin 26 04:18:46 oups dnsmasq-dhcp[1222]: DHCPOFFER(lxc0) 192.168.0.100 dd:dd:dd:dd:dd:dd
    juin 26 04:18:46 oups dnsmasq-dhcp[1222]: DHCPREQUEST(lxc0) 192.168.0.100 dd:dd:dd:dd:dd:dd
    juin 26 04:18:46 oups dnsmasq-dhcp[1222]: DHCPACK(lxc0) 192.168.0.100 dd:dd:dd:dd:dd:dd prod
    

    On a demande et attribution de l'IP pour une adresse MAC donnée. Elle n'est pas relâchée à l'arrêt de la machine, n'est pas disponible au redémarrage, et une autre est alors attribuée.

    Nature du redémarrage

    Le redémarrage a été brutal, sans arrêt propre des services. Il ne s'agit donc pas d'un arrêt logiciel propre depuis le serveur.

    La cause possible peut donc être un souci d'instabilité électrique, l'arrêt/extinction physique sur le serveur, un bug ou une faille logicielle, ou encore le redémarrage électrique via la carte d'administration. Cette cause n'est actuellement pas connue.

    Mesures préventives et correctives

    Il pourrait être utile de figer les IP internes et/ou d'assurer la synchronisation/reconfiguration du frontal web.

    Il n'est pas prévu d'avoir de la redondance sur la production à court/moyen terme, donc un souci sur le conteneur de production continuera à avoir un effet visible.

    La supervision peut certainement être améliorée (et l'état des services rendu visible depuis un simple navigateur web).

    Commentaires : voir le flux Atom ouvrir dans le navigateur

    ❌