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Cloudflare mise gros sur Astro

19 janvier 2026 à 15:13

Début d’années riche en acquisitions pour Cloudflare. Après l’achat de Human Native, c’est l’équipe d’Astro Technology qui rejoint ses effectifs.

L’opération, dont les termes financiers n’ont pas été divulgués, marque une nouvelle étape dans la guerre d’influence que se livrent les géants du cloud pour contrôler l’écosystème du développement web.

Astro s’est imposé comme un framework JavaScript incontournable utilisé par des marques majeures comme Unilever, Visa et NBC News, ainsi que par des centaines de milliers de développeurs à travers le monde. Sa particularité ? Chaque page web ne charge que le code strictement nécessaire à son affichage dans le navigateur, une approche qui optimise drastiquement les performances.

Dans un environnement où les moteurs de recherche privilégient les sites au chargement rapide et où les consommateurs exigent une instantanéité quasi totale, cette technologie répond à un besoin critique du marché. Les sites reposant massivement sur JavaScript pour le rendu initial peinent à offrir cette vitesse, au détriment de leur référencement et de leurs taux de conversion.

L’open source comme arme stratégique

Matthew Prince, cofondateur et PDG de Cloudflare, ne s’y trompe pas en affirmant sa philosophie : « Protéger et investir dans les outils open source est essentiel à la santé d’un Internet libre et ouvert ». Contrairement aux craintes qui entourent habituellement les rachats par les grands groupes, Astro conservera sa licence MIT et restera entièrement open source.

Cette décision n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une stratégie éprouvée par Cloudflare, qui a déjà démontré son soutien à des projets comme TanStack et Hono sans chercher à verrouiller ces technologies. L’entreprise s’engage même à poursuivre le financement du Astro Ecosystem Fund, aux côtés de partenaires industriels comme Webflow, Netlify, Wix et Sentry.

Une intégration déjà bien avancée

Astro constitue déjà l’architecture de plateformes comme Webflow et Wix qui fonctionnent sur Cloudflare. Cette acquisition officialise donc une collaboration de longue date. Cloudflare n’a d’ailleurs jamais caché son rôle de sponsor et défenseur du projet depuis ses débuts.

Le timing de l’opération est particulièrement stratégique. Astro 6, dont la version bêta vient d’être lancée, introduit un serveur de développement repensé alimenté par l’API Vite Environments.

Cette nouvelle mouture permet aux développeurs utilisant le plugin Vite de Cloudflare de faire tourner leur environnement local avec workerd, le runtime open source de Cloudflare Workers. Une intégration technique qui facilite considérablement l’accès aux services comme Durable Objects et D1 dès la phase de développement.

Un double pari sur l’avenir

Avec Human Native, l’acquisition d’Astro dessine les contours d’une stratégie ambitieuse : contrôler l’ensemble du cycle de vie du contenu web, de sa création à sa monétisation dans l’écosystème de l’IA générative.

Cloudflare défie frontalement Vercel et Netlify, deux acteurs qui ont massivement investi dans leurs propres écosystèmes de développeurs. La bataille ne se joue plus uniquement sur les performances d’infrastructure, mais sur la capacité à offrir une expérience développeur complète et intégrée.

Reste une question cruciale : Cloudflare saura-t-il maintenir l’agilité et l’esprit innovant qui ont fait le succès d’Astro tout en l’intégrant dans son infrastructure mondiale ? Les prochains mois nous le diront.

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Cybersécurité : entre CISO et CEO, les priorités divergent

19 janvier 2026 à 14:54

En matière de cyber, selon qu’on est CEO ou CISO, on privilégiera la prévention des pertes financières ou la résilience opérationnelle.

Rien d’exceptionnel dans ce constat. Mais il trouve une illustration notable dans le dernier rapport Global Cybersecurity Outlook du Forum économique mondial. D’une année à l’autre, les principales inquiétudes exprimées ont effectivement divergé entre les deux fonctions.

En 2025, les ransomwares étaient en tête de liste chez les CEO comme chez les CISO. Les premiers citaient ensuite fraude / phishing et perturbations de la supply chain. Les seconds faisaient de même, mais dans l’ordre inverse.

Cette année, les ransomwares restent la principale préoccupation des CISO (devant les perturbations de la supply chain et l’exploitation de vulnérabilités logicielles). Ils ne sont, en revanche, plus dans top 3 chez les CEO, qui s’inquiètent en premier lieu de la fraude et du phishing ; puis des vulnérabilités de l’IA et des logiciels.

Des différences entre organisations, il y en a aussi en fonction du niveau de cyberrésilience estimé. Les répondants* qui le jugent élevé ont tendance à craindre avant tout les perturbations de la supply chain. Et, au contraire, à mettre les vulnérabilités IA en dernier sur leur liste. Cependant, si on restreint cet échantillon aux CEO, les vulnérabilités deviennent la crainte numéro un…
Cet « effet CEO » est moins significatif parmi les organisations dont le niveau de cyberrésilience est jugé insuffisant.

La GenAI, désormais crainte en premier lieu pour les fuites de données

Si on zoome sur la GenAI, les inquiétudes des CEO sont plus proches de celles de l’échantillon dans son ensemble.

(Une seule réponse possible) Fuites de données Développement des capacités des attaquants Sécurité technique des systèmes d’IA Complexification de la gouvernance Risques de supply chain logicielle Propriété intellectuelle et responsabilité
Ensemble 34 % 29 % 13 % 12 % 7 % 4 %
CEO 30 % 28 % 15 % 13 % 9 % 6 %

Sur l’ensemble de l’échantillon, l’item « fuites de données » est nettement plus sélectionné que l’an dernier (+ 12 points).

Lorsqu’on leur demande quels risques sont en croissance, les répondants choisissent majoritairement les vulnérabilités de l’IA (87 %). Viennent ensuite :

  • Fraude / phishing (77 %)
  • Perturbations de supply chain (65 %)
  • Vulnérabilités logicielles (58 %)
  • Ransomwares (54 %)
  • Menaces internes (32 %)
  • Déni de service (28 %)

Face au risque de supply chain, la fonction sécurité souvent impliquée dans le processus d’approvisionnement

Concernant le risque sur la supply chain, la hiérarchie des méthodes de gestion est similaire entre niveaux de cyberrésilience, mais avec un écart de 20 à 30 points.

Évaluation de la maturité cyber des fournisseurs Implication de la fonction sécurité dans les processus d’achat Paetages d’informations sur la menace avec les partenaires Cartographie du niveau d’exposition des partenaires Simulation d’incidents et/ou d’exercices de récupération avec les partenaires
Ensemble 68 % 65 % 38 % 33 % 27 %
Haute résilience 74 % 76 % 53 % 44 % 44 %
Résilience insuffisante 48 % 53 % 31 % 23 % 16 %
CEO, haute résilience 59 % 70 % 30 % 48 % 44 %
CEO, résilience insuffisante 31 % 31 % 38 % 31 % 6 %

L’adoption de l’IA dans la cyber sert le plus souvent la détection du phishing et des autres menaces sur la messagerie électronique (52 % des sondés ont sélectionné cette réponse parmi 3 maximum). Suivent :

  • Détection et réponse aux intrusions ou anomalies (46 %)
  • Automatisation des opérations (43 %)
  • Analyse du comportement des utilisateurs et détection des menaces internes (40 %)
  • Tri du renseignement sur les menaces et priorisation des risques (39 %)
  • Autres objectifs (8 %)

Dans 64 % des organisations ici représentées, les outils IA sont évalués avant déploiement (révision unique pour 24 %, périodique pour 40 %). Ce taux passe à 45 % chez celles où le niveau de cyberrésilience est jugé insuffisant.

Le manque de connaissances et/ou de compétences est le premier obstacle à l’adoption de ces outils. 54 % des répondants le citent. Ils sont 41 % à évoquer la nécessité d’une validation humaine des réponses de l’IA avant implémentation.

* 804 répondants dont 544 C-Levels parmi lesquels 316 CISO et 105 CEO.

Illustration générée par IA

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OpenAI insère la publicité dans ChatGPT

19 janvier 2026 à 14:37

L’annonce a mis fin à des mois de spéculations : OpenAI va tester l’insertion de publicités dans ChatGPT dès les prochaines semaines.

La nouvelle, officialisée le 16 janvier par Sam Altman, marque un virage à 180 degrés pour le patron d’OpenAI qui déclarait encore en 2024 qu’il « détestait » la publicité et trouvait l’idée de la combiner avec l’IA « particulièrement dérangeante ».

La réalité économique a eu raison des réticences… Avec 800 millions d’utilisateurs mensuels mais seulement 5% d’abonnés payants, OpenAI affiche des pertes cumulées dépassant 13,5 milliards $ au premier semestre 2025. Les projections internes tablent même sur 74 milliards de déficit opérationnel en 2028, avant un hypothétique retour à la rentabilité en 2030.

Un modèle publicitaire sous haute surveillance

Les publicités, baptisées « contenus sponsorisés », apparaîtront au bas des réponses de ChatGPT pour les utilisateurs américains de la version gratuite et de l’abonnement ChatGPT Go, récemment lancé à 8 dollars par mois. OpenAI promet que ces annonces seront clairement identifiées et séparées des réponses principales, sans jamais influencer le contenu généré par l’intelligence artificielle.

« Les réponses de ChatGPT ne seront jamais influencées par la publicité », a martelé Fidji Simo, directrice des applications chez OpenAI, dans un communiqué. L’ancienne dirigeante de Meta et d’Instacart, recrutée pour piloter cette stratégie de monétisation, insiste sur la protection de la confidentialité : aucune donnée utilisateur ne sera vendue aux annonceurs, et les mineurs ne verront aucune publicité.

OpenAI a également défini des zones d’exclusion strictes. Les annonces ne s’afficheront pas sur des sujets sensibles comme la santé, la santé mentale ou la politique. Les utilisateurs pourront désactiver la personnalisation publicitaire, supprimer leurs données de ciblage et masquer les annonces avec un système de feedback.

Le pari risqué de la publicité conversationnelle

Ce basculement vers la publicité place OpenAI en concurrence frontale avec Google et Meta sur un nouveau terrain : celui de la publicité native dans l’IA.

Google vient d’autoriser l’insertion d’offres sponsorisées dans son AI Mode, tandis que Meta utilise désormais les interactions avec son chatbot pour affiner le ciblage publicitaire.

Selon les projections d’eMarketer, le marché américain de la publicité pilotée par l’IA devrait bondir de 1,1 milliard $ en 2025 à 26 milliards en 2029. Pour OpenAI, l’enjeu est considérable : les documents internes évoquent 1 milliard $de revenus publicitaires dès 2026, pour atteindre 29 milliards en 2029, soit 20% du chiffre d’affaires total.

Reste que le modèle de la publicité conversationnelle n’a rien d’évident. Perplexity, concurrent d’OpenAI, a dû récemment suspendre l’accueil de nouveaux annonceurs après des difficultés d’intégration. Les utilisateurs, habitués à une expérience sans publicité, pourraient manifester leur mécontentement si la qualité des réponses venait à se dégrader.

Des révélations de The Information en décembre ont d’ailleurs semé le trouble : des employés auraient évoqué en interne la possibilité de donner un « traitement préférentiel » aux contenus sponsorisés dans les réponses du chatbot. Une pratique qu’OpenAI s’est empressée de démentir, mais qui illustre la zone grise entre recommandation et promotion commerciale.

Un équilibre fragile entre croissance et confiance

L’introduction de la publicité soulève aussi des questions éthiques et réglementaires. En Europe, le RGPD et la directive sur les services numériques (DSA) imposent une transparence stricte en matière publicitaire. La frontière entre conseil personnalisé et manipulation commerciale pourrait rapidement devenir un terrain miné, surtout dans un outil utilisé pour des conversations parfois intimes.

Les abonnés premium (Plus à 20 dollars, Pro à 200 dollars, ainsi que les offres Team et Enterprise) resteront à l’abri de la publicité. Une stratégie classique de différenciation qui pourrait inciter les utilisateurs gratuits à basculer vers un abonnement payant pour retrouver une expérience originelle.

Illustration : © OpenAI

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Cyberrésilience : des organisations plus confiantes en elles-mêmes qu’envers les États

19 janvier 2026 à 13:18

À l’échelle mondiale, les organisations apparaissent plutôt confiantes quant à leur cyberrésilience.

Ce constat était ressorti de la première édition du rapport Global Security Outlook réalisé par le Forum économique mondial avec Accenture. C’était en 2022. Les deux tiers des répondants (67 %) estimaient que leur organisation atteignait les exigences minimales. Près d’un sur cinq (19 %) jugeait qu’elle les dépassait. Ils n’étaient que 14 % à déclarer un niveau insuffisant de cyberrésilience.

Depuis, en quatre autres éditions, le niveau de confiance est resté élevé. En 2026, il repart même globalement à la hausse.

Insuffisant Remplit les exigences minimales Dépasse les exigences
2022 14 % 67 % 19 %
2023 21 % 51 % 28 %
2024 25 % 36 % 39 %
2025 22 % 69 % 9 %
2026 17 % 64 % 19 %

La cyberrésilience des États, jugée moins positivement

Pour cette édition 2026, 804 réponses ont été retenues, issues de 92 pays. 544 proviennent de C-levels parmi lesquels 316 CISO* et 105 CEO. Le reste de l’échantillon est constitué par des membres de la société civile et du monde académique, ainsi que des « leaders en cybersécurité » du secteur public.

Si on trie les réponses par secteurs, le secteur privé apparaît plus confiant quant à sa cyberrésilience.

Insuffisant Remplit les exigences minimales Dépasse les exigences
Secteur privé 11 % 67 % 22%
Secteur public et « grandes organisations internationales » 23 % 54 % 24 %
ONG 37 % 55 % 8 %

Les répondants ne jugent pas aussi positivement la cyberrésilience du pays où leur organisation est basée. Ils sont en tout cas 37 % à se dire confiants quant à la capacité de réponse aux incidents touchant des infrastructures critiques (contre 42 % en 2025). Et 31 % à se déclarer non confiants (contre 26 % en 2025).
Si on s’en tient aux CEO du secteur privé, le taux de répondants confiants est un peu plus élevé (43 %, pour 31 % de non confiants).

Le risque géopolitique fait croître les budgets cyber… dans une certaine mesure

Quand on leur demande comment la géopolitique fait évoluer la stratégie de cyberrésilience de leur organisation, les répondants sélectionnent le plus souvent l’item « focus accru sur la threat intelligence liée aux acteurs étatiques » (36 %). Arrivent ensuite :

  • Interactions accrues avec les agences gouvernementales ou les groupes de partage de renseignements (33 %)
  • Augmentation du budget cyber (21 %)
  • Changement – ou intention de changer – de fournisseurs (19 %)
  • Arrêt des activités dans certains pays (14 %)

Si on zoome sur les CEO, par niveau de résilience estimé :

Acteurs étatiques Gouvernements Budget Fournisseurs Activités
Haute résilience 52 % 48 % 30 % 30 % 19 %
Résilience insuffisante 13 % 6 % 13 % 13 % 6 %

Des défis corrélés au niveau de résilience estimé

Lorsqu’on leur demande de sélectionner au maximum trois éléments qui constituent un défi à la cyberrésilience, les sondés choisissent :

  • À 61 %, l’évolution rapide du paysage de la menace et les technologies émergentes
  • À 46 %, les vulnérabilités tierces et sur la supply chain
  • À 45 %, le manque de compétences
  • À 31 %, les systèmes hérités
  • À 30 %, le manque de fonds
  • À 24 %, le manque de visibilité sur les environnements IT/OT/IoT
  • À 24 %, les complexités de conformité et de gouvernance
  • À 22 %, une planification insuffisante de la réponse à incident

Dans le secteur privé, on invoque prioritairement le paysage de la menace (59 %), les vulnérabilités tierces (53 %), le manque de compétences (38 %) et le manque de fonds (26 %).
Dans le secteur public et les grandes organisations, la hiérarchie est similaire, sinon que le manque de compétences est nettement plus cité (57 %). Même constat dans les ONG (51 %), où les répondants sont également nombreux à déplorer le manque de fonds (62 %).

Sur l’ensemble de l’échantillon, par niveau de résilience estimé :

Évolution des menaces Vulnérabilités tierces Compétences Legacy Fonds IT/OT/IoT Gouvernance Réponse aux incidents
Haute résilience 67 % 71 % 35 % 22 % 14 % 17 % 31 % 15 %
Résilience insuffisante 41 % 23 % 53 % 35 % 52 % 28 % 15 % 37 %

Si on s’en tient aux CEO, toujours par niveau de résilience estimé, l’argument des fonds est plus souvent invoqué :

Évolution des menaces Vulnérabilités tierces Compétences Legacy Fonds IT/OT/IoT Gouvernance Réponse aux incidents
Haute résilience 56 % 78 % 19 % 15 % 15 % 19 % 41 % 15 %
Résilience insuffisante 13 % 31 % 56 % 25 % 63 % 56 % 25 % 19 %

* Dont au moins, côté français, Christophe Blassiau (CISO groupe de Schneider Electric), qui a participé à des focus groups en complément au volet qualitatif de l’étude. 

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