Vue normale

De prompt en vibe coding, le lexique de l’IA générative entre dans l’usage

7 novembre 2025 à 13:17

Et le mot de l’année 2025 est… vibe coding.

Ainsi en a décidé le Collins.
Le dictionnaire britannique qualifie d’argotique (slang) ce terme qui désigne « l’usage de l’intelligence artificielle en langage naturel pour aider à l’écriture de code infomatique ». Il l’attribue à Andrej Karpathy, membre fondateur d’OpenAI et ancien directeur de l’IA de Tesla. Il a également des entrées pour vibe coder (nom) et vibe-code (verbe).

Sur la shortlist figuraient aussi, entre autres :

  • taskmasking
    « Fait de donner une fausse impression d’être productif au bureau ».
  • broligarchy
    « Petite clique d’hommes très riches qui exercent une influence politique ». En première ligne, les milliardaires de la tech présents à l’investiture de Donald Trump pour son deuxième mandat de président des États-Unis.
  • clanker
    « Terme péjoratif pour un ordinateur, un robot ou une source d’intelligence artificielle ». Il trouve son origine dans la franchise Star Wars et dérive du nom clank, qui désigne un cliquetis, un « bruit sec et métallique »

Les « mots de l’année » du Collins ont régulièrement trait aux technologies :

  • Geek en 2013 (Bitcoin et phablet étaient sur la shortlist)
  • Fake news en 2017
  • NFT en 2021 (crypto, metaverse et hybrid working étaient sur la shortlist)
  • AI en 2023

Je prompte, tu promptes, il prompte…

En France, les dictionnaires de référence n’ont pas encore intégré le vibe coding.

Parmi les mots nouveaux du Petit Robert 2026 (publié en mai 2025) figure l’hypertrucage.
Cette recommandation officielle pour « deepfake » vient du Canada, mais elle « se fait une place en français », nous assure-t-on. Preuve en serait de son emploi dans la version française de l’AI Act.
En parallèle, le mot hallucination voit son sens enrichi (« réponse fausse produite par une intelligence artificielle générative, avec une apparence de vérité »).

Le Petit Robert 2026 a également accueilli « apprentissage profond » (recommandation officielle pour deep learning), « clonage de voix »… et le verbe prompter.

Le substantif prompt était arrivé l’année précédente. Comme « solutionnisme (technologique) »/ »technosolutionnisme« , défini comme une « idéologie qui consiste à rechercher des solutions technologiques aux problèmes (sociaux, écologiques, etc.) sans en examiner les causes profondes ».

L’édition 2024 du Petit Robert avait accueilli métavers et minage (au sens de « validation, en échange d’une rémunération, d’un ensemble de transactions effectuées en cryptomonnaie avant inscription sur une blockchain »). Ainsi que disquette, au sens (familier) de « phrase, formule peu flatteuse, souvent lourde, destinée à séduire quelqu’un » (ou de « parole trompeuse ; mensonge »).

Le modèle de langage est entré dans le Petit Larousse

« Prompter » n’est pas encore dans le Petit Larousse, mais « prompt » y est entré cette année. Comme « modèle de langage« . Et l’adjectif haptique, se référant à une « technologie qui reproduit en temps réel la sensation du toucher dans un environnement virtuel »).

L’édition 2025 du Petit Larousse avait accueilli les noms bot et cyberattaque, l’expression « détox digitale » et le verbe cracker (« faire sauter illégalement les dispositifs de protection d’un système informatique »), venu compléter le substantif cracke(u)r. En 2024, « instagrammable », entre autres, avait fait son entrée.

À consulter en complément :

Canva impose le vibe coding pour le recrutement des développeurs
Vibe coding : bonne ou mauvaise vibe ?
Assistants de codage : un marché volatil où les prix sont peu lisibles

Illustration générée par IA

The post De prompt en vibe coding, le lexique de l’IA générative entre dans l’usage appeared first on Silicon.fr.

Comment l’IA redessine les outils collaboratifs

7 novembre 2025 à 10:44
Intelligence artificielle, automatisation et intégration multiplateforme : les solutions de travail collaboratif changent de dimension. Pour les managers IT, ces évolutions représentent à la fois une opportunité de productivité et un défi d’intégration.

EDF choisit Bleu et S3NS : une vision du cloud de confiance qui interpelle

7 novembre 2025 à 10:06

« Bleu et S3NS existent grâce à la circulaire ‘cloud au centre’. […] EDF ne fait que déployer la stratégie de l’État voulue par les ministres de l’époque.« 

Alain Garnier, patron de Jamespot, exprime un certain fatalisme quant à la décision du groupe industriel de recourir à ces deux fournisseurs dans la perspective de compléter son cloud privé.

Yann Lechelle, ancien DG de Scaleway, lui fait écho. Il voit, en Bleu et S3NS, des joint-ventures « coercitives » au bénéfice du modèle « cloud de confiance » annoncé en 2021 par Bruno Le Maire. « Le montage répond au cahier des charges qui n’apporte qu’une réponse (très) partielle à notre situation« , ajoute l’intéressé. Non sans affirmer que si la souveraineté de la donnée est garantie (en supposant que la qualification SecNumCloud soit atteinte), la souveraineté technologique ne l’est pas.

SecNumCloud ne résout pas tout…

On retrouve ce discours chez Alain Issarni. « Comment parler de souveraineté quand la technologie sous-jacente reste à ce point contrôlée par les GAFAM ? » se demande l’ancien patron de NumSpot. EDF est, estime-t-il, dans la lignée de l’État français, « qui, sur le Health Data Hub, a refusé pendant 5  ans toute sortie d’Azure« . Il redoute que le groupe tombe dans « le même piège » que l’US Navy, qui a récemment admis qu’il lui faudrait 3 ans pour sortir du cloud de Microsoft, faute de réversibilité réelle.

Une qualification SecNumCloud ne suffit pas à effacer les dépendances structurelles, clame Alain Issarni : que se passe-t-il si Google ou Microsoft décide de couper les mises à jour ? Et comment assurer la souveraineté des « escortes numériques » (accès niveau 3), alors même que le département de la Défense des États-Unis a condamné ce modèle, jugeant Microsoft incapable d’en assurer le contrôle ?

… notamment l’exposition au FISA

« Le plan que j’imaginais se met en place« , commente Tariq Krim. Le fondateur de Netvibes et ancien vice-président du Conseil national du numérique fait référence à un billet qu’il avait publié en juin 2025 : « Comment l’État a confisqué le marché de la souveraineté numérique ».

Dns ce billet, Tariq Krim postule qu’à la fin du premier mandat d’Emmanuel Macron, trois crises (« Covid, polarisation Trump I et émotion autour de l’hébergement du HDH chez Microsoft ») ont servi de prétexte à l’État pour reprendre la main sur la « souveraineté » en écartant les acteurs historiques.
Un glissement sémantique de « souveraineté numérique » à « cloud de confiance » a neutralisé la dimension géopolitique. Trois pôles ont alors façonné la doctrine actuelle, « chacun selon son intérêt » :

  • La DGE et l’ANSSI ont élaboré SecNumCloud, qui a verrouillé l’accès au marché
  • Bercy a suivi les recommandations des grands groupes, qui réclamaient un Office 365 souverain
  • La présidence de la République souhaite continuer à soutenir une start-up nation très dépendante des GAFAM

Le « cloud de confiance », tel que promu par l’État, ne protège pas du FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act), déclare Tariq Krim. Il rappelle la récente extension de la portée de cette loi américaine, qui englobe désormais la surveillance des infrastructures en plus de tout logiciel connecté à un réseau, y compris lorsqu’il est déployé sur site. Lors d’une audition au Sénat, l’ANSSI a expliqué disposer d’une solution pour garantir une immunité, mais elle n’en a pas fait de démo publique.

Michel-Marie Maudet fait remarquer qu’EDF lui-même met des guillemets autour de « cloud de confiance ». « Ce n’est pas anodin« , affirme le directeur général de LINAGORA. Il regrette à la fois, un « message désastreux envoyé au marché » et une « erreur stratégique majeure » pour le CSF « Logiciels et solutions numériques de confiance ».

Illustration générée par IA

The post EDF choisit Bleu et S3NS : une vision du cloud de confiance qui interpelle appeared first on Silicon.fr.

Gestion du travail collaboratif : un segment dont l’IA brouille les frontières

7 novembre 2025 à 07:02

Parler d’un marché des solutions de gestion du travail collaboratif a-t-il encore un sens ?

Gartner le fait encore dans le cadre de son Magic Quadrant. L’an dernier, il avait toutefois reconnu que les frontières s’estompaient avec des offres issues de segments adjacents (gestion de projets, intranets, outils de développement, suites bureautiques cloud…) tendant à développer de telles capacités.

La même dynamique est évoquée cette année, mais dans le sens inverse : à mesure que l’IA les gagne, les solutions de gestion du travail collaboratif entrent en concurrence avec des applications métier qui relèvent d’autres segments dans la nomenclature du cabinet américain.

Ce phénomène est aussi porté par la multiplication de ce que Gartner appelle des « accélérateurs de cas d’usage ». En quelque sorte, des kits de démarrage associant modèles de données, workflows et configurations prêts à l’emploi. Une proposition de valeur qui réduisent, tout du moins sur le papier, le besoin en applications spécialisées.

9 fournisseurs… tous « leaders » ou presque

D’une année à l’autre, les critères d’inclusion au Magic Quadrant ont peu évolué. Sur le volet fonctionnel, il fallait toujours, dans les grandes lignes, couvrir au minimum les aspects planification, collaboration (y compris création de contenu), workflows et automatisation, reporting et analytics, en fournissant également lesdits « accélérateurs de cas d’usage ». Un élément s’est ajouté : « assistance intelligente ». Y sont regroupées des capacités fondées sur l’IA générative, dont la création et l’édition de contenu, l’aide à l’utilisation des produits et l’optimisation de workflows.

Les offreurs sont évalués sur deux axes. L’un prospectif (« vision »), centré sur les stratégies (sectorielle, géographique, commerciale, marketing, produit…). L’autre censé refléter la capacité à répondre effectivement à la demande (« exécution » : expérience client, performance avant-vente, qualité des produits/services…).

Les 9 fournisseurs classés sont les mêmes que l’an dernier. En 2024, ils étaient 5 dans le carré des « leaders »… et les 4 autres n’en étaient pas si loin. Un an plus tard, ils sont 7 « leaders » et les 2 autres en sont encore plus proches.

La situation sur l’axe « exécution » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 monday.com +1
2 Smartsheet – 1
3 Asana =
4 Adobe =
5 Airtable + 1
6 Wrike – 1
7 Atlassian =
8 ClickUp =
9 Quickbase =

L’expérience client et la qualité des produits ont eu un poids élevé dans la notation. La viabilité (santé financière et probabilité d’investissement continu dans la solution), un poids moyen. L’exécution commerciale et marketing, un poids bas.

Sur l’axe « vision » :

Rang Fournisseur Évolution annuelle
1 monday.com =
2 Asana =
3 Smartsheet =
4 Airtable =
5 Wrike =
6 ClickUp + 1
7 Quickbase + 2
8 Atlassian =
9 Adobe – 3

La stratégie produit a eu un poids élevé dans la notation. L’innovation, un poids moyen. La compréhension du marché, un poids bas, comme les stratégies commerciale, marketing et géographique. La stratégie sectorielle n’a pas été notée.

Du channel aux solutions sectorielles, des éléments « en développement » chez Airtable

Airtable se distingue autant sur la composante low-code que sur la scalabilité de son socle HyperDB. Gartner salue aussi l’innovation en matière d’IA, avec une approche associant chatbot global et agents embarqués au sein des applications.

À grande échelle, il peut s’avérer difficile de maintenir une gouvernance cohérente des applications personnalisés. Attention aussi à la courbe d’apprentissage pour qui est néophyte des concepts de base de données. Gartner souligne aussi qu’Airtable développe actuellement sa présence hors de son cœur de marché (présence physique, channel, datacenters) et sur les solutions sectorielles.

Avec Asana, attention à la courbe d’apprentissage

Bon point pour Asana sur la notoriété de marque, la communauté et le taux d’adoption pour certains usages (planification du travail, en particulier). Gartner apprécie aussi l’architecture Work Graph, entre le modèle de données qui la porte et les agents IA qui y sont greffés. Il note également l’exhaustivité de l’offre sur la gestion de tâches et des projets ainsi que sur le suivi d’objectifs et résultats.

De par son exhaustivité, Asana est susceptible de présenter une certaine courbe d’apprentissage. Gartner relève aussi une marge de progression sur l’approche sectorielle : certains cas d’usage peuvent ne pas être efficacement couverts. Le cabinet américain remarque également que la croissance des revenus d’Asana a ralenti, tandis que l’effectif n’a pas augmenté. Potentiellement le signe, estime-t-il, d’une dépendance au modèle product-led (le produit comme moyen privilégié d’acquisition, par opposition au sales-led ou au marketing-led).

Atlassian : des faiblesses sur la gestion des actifs et du temps

Atlassian se distingue par son niveau de présence sur le marché ; et par sa notoriété, notamment chez les développeurs et l’IT. Il a aussi pour lui son écosystème (partenaires, marketplace fournie, certification de produits tiers…). Et sa tarification, jugée transparente et compétitive.

Certains produits ayant tendance à se chevaucher (Gartner cite Trello et Jira), l’offre d’Atlassian peut s’avérer difficile à appréhender. S’y ajoute une approche commerciale et marketing moins développée que chez les concurrents sur l’aspect sectoriel. Au niveau fonctionnel, il existe des faiblesses sur la gestion d’actifs, l’allocation de ressources et le suivi du temps.

ClickUp, pas déployé à la même échelle que les concurrents directs

Gartner note la croissance notable de la clientèle de ClickUp et du nombre d’utilisateurs actifs. Il souligne aussi la facilité d’utilisation, tant au niveau de l’interface que de par la flexibilité offerte sur la gestion de tâches, avec une configuration initiale minimale. Bon point également sur la convergence « travail-connaissances-communication », qui minimise le changement de contexte.

Hors de l’Union européenne, la présence géographique de ClickUp est limité. Ses plus gros déploiements sont plus petits que ceux des concurrents directs (moindres volumes de données et d’utilisateurs simultanés). Quant au réseau de partenaires, il est « en évolution », tout comme le ciblage de secteurs et de métiers (pas de programme commercial dédié).

Tarification, cœur fonctionnel… Les contreparties des « accélérateurs » de monday.com

monday.com jouit d’une notoriété portée par son niveau d’offre gratuit, son UX jugée intuitive et son ciblage efficace de relais d’influence dans plusieurs secteurs. Autre élément de distinction : ses « accélérateurs » (CRM, développement logiciel, service management…), qui comment à concurrencer des apps métier. Gartner apprécie aussi les investissements dans la gestion du cycle de vie des données et la personnalisation par API.

Point fort, les « accélérateurs » sont en même temps susceptibles de limiter les investissements dans le cœur fonctionnel. Ils entraînent aussi, avec leur tarification spécifique, une complexité pour qui recherche une solution multiusage. Gartner recommande par ailleurs de vérifier la disponibilité d’expertise sur les plaques géographiques où monday.com est essentiellement en indirect.

Smartsheet : les complexités du nouveau modèle de licence

Bon point sur le plan fonctionnel pour Smartsheet, qui s’avère adapté aux workflows complexes nécessitant de l’élasticité. Les briques de gestion de projet, de gestion de ressources et de reporting tendent à être appréciées des grandes entreprises. Autres points forts : la notoriété (Smartsheet est le fournisseur le plus souvent benchmarké dans les requêtes faites à Gartner) et la partie collaboration de contenu (versioning, pistes d’audit, fonctionnalité de révision avec fils de discussion).

L’an dernier, Gartner rappelait que Smartsheet allait redevenir une entreprise privée et appelait à porter attention aux impacts sur la visibilité de la stratégie, de la roadmap et des résultats. Il n’en dit pas moins cette année, même si la transition a été bouclée depuis (janvier 2025). Dans cet intervalle, la croissance des revenus et de l’effectif a été plus faible que chez les principaux concurrents. Quant à la transition vers le modèle à l’abonnement par utilisateur, elle a engendré des complexités de réconciliation et de gestion des licences ; complexités renforcées par la suppression de l’option free collaborator.

La marketplace de Wrike, en défaut de capacités-clés

L’acquisition de Klaxoon a renforcé les capacités de Wrike sur la collaboration visuelle et ouvert la voie au développement d’agents IA autour de cette brique. Gartner apprécie aussi les possibilités en matière de gestion des données (synchronisation des systèmes tiers, moteur no code avec connecteurs préconstruits…). Et la tarification, jugée transparente, compétitive et particulièrement accessible aux petites équipes comme aux déploiements multiusages.

Comme chez Smartsheet, la dynamique business n’est pas positive, tant sur la croissance des revenus et de la clientèle que sur la visibilité globale. La présence physique reste limitée dans certaines régions géographiques et le réseau de partenaires n’est pas le plus étendu sur ce marché. Des services-clés manquent par ailleurs sur la marketplace (publication en self-service, évaluations et discussions d’utilisateurs).

Illustration © nsit0108 – Adobe Stock

The post Gestion du travail collaboratif : un segment dont l’IA brouille les frontières appeared first on Silicon.fr.

Pourquoi le Desktop as a Service (DaaS) devient une alternative

23 septembre 2025 à 15:41
Le Desktop as a Service (DaaS) est désormais compétitif par rapport aux PC traditionnels. Gartner estime que les offres cloud, combinées à des clients légers, peuvent alléger fortement les dépenses des petites et moyennes entreprises — sans sacrifier la sécurité ni la flexibilité.

❌