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Notepad++ au centre d’une campagne de cyberattaques

2 février 2026 à 13:08

Notepad++ a un nouvel hébergeur.

Son développeur en fait part dans le cadre d’un point de situation concernant une attaque subie l’an dernier.

Entre juin et novembre, des utilisateurs ont été ciblés par l’intermédiaire de WinGUp, le gestionnaire de mises à jour intégré.

Ce dernier ne récupère pas directement les updates. Il se connecte à une URL qui lui fournit un fichier XML contenant le lien de téléchargement.

En compromettant le serveur partagé où était hébergée cette URL, des tiers – dits « probablement » à la solde de la Chine – ont pu intercepter le trafic. Puis modifier le lien de téléchargement et ainsi diffuser des fichiers malveillants… dont le gestionnaire de mises à jour n’a pas suffisamment contrôlé l’authenticité.

Début septembre, après une opération de maintenance (update du kernel et du firmware), les attaquants ont perdu l’accès au serveur. Ils ont toutefois conservé, pendant plusieurs semaines, les authentifiants des services hébergés.

La campagne aurait cessé le 10 novembre. On a connaissance d’une poignée de victimes, toutes ayant des intérêts en Asie orientale. Une conséquence possible des prises de position politiques du développeur de Notepad++. Nombre de nouvelles versions se sont effectivement accompagnées de messages de soutien aux Ouïghours ou à l’indépendance de Taïwan.

Notepad++, renforcé en plusieurs temps

La version 8.8.8 de Notepad++, publiée mi-novembre, avait apporté un premier correctif. Celui-ci force le préfixe de domaine de l’URL pour en empêcher la modification à la volée.

Notepad++ force URL

WinGUp force URL

Début décembre, la version 8.8.9 a renforcé la validation d’authenticité et d’intégrité des fichiers téléchargés.

Notepad++ vérification certificat signature installeur

WinGUp vérification certificat signature installeur

La version 8.9.2, attendue dans un mois environ, ajoutera la vérification du certificat et de la signature du fichier XML.

La version 8.8.7 avait introduit la signature de tous les binaires (dont WinGUp) avec un certificat GlobalSign. Depuis, il n’y a plus besoin d’installer le certificat racine de Notepad++. Cela a évité des faux positifs (on a recensé des cas de blocage par Avast, Defender, Trellix, etc.).

À consulter en complément, un point sur le protestware (détournement de logiciels à des fins politiques) réalisé peu après le début de la guerre en Ukraine.

Illustration générée par IA

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Jean-Philippe Famin nommé RSSI Groupe de BNP Paribas

2 février 2026 à 11:32

Jean-Philippe Famin succède à Olivier Nautet et rejoint le Comité exécutif de l’IT du Groupe. Par ailleurs, il rapportera directement à Marc Camus, DSI du Groupe BNP Paribas.

Olivier Nautet quitte ses fonctions après 21 années au sein de BNP Paribas. En effet, il a décidé de se consacrer à un nouveau projet professionnel.

Missions

Dans son nouveau mandat, Jean-Philippe Famin poursuivra plusieurs travaux stratégiques. Il structurera notamment le pilotage des risques IT et Cyber à l’échelle du Groupe. Ainsi, il garantira le plus haut niveau de sécurité des systèmes d’information. De plus, il renforcera leur résilience.

« Nous nous réjouissons de l’arrivée de Jean-Philippe Famin dans ses nouvelles fonctions », déclare Marc Camus. « Les enjeux de cybersécurité sont ambitieux et structurants. Les opportunités le sont tout autant. Nous sommes convaincus que son expertise sera un atout majeur. Son engagement l’est également. » — Marc Camus, DSI du Groupe BNP Paribas

Parcours professionnel

Jean-Philippe Famin rejoint BNP Paribas en juin 2007. Il intègre alors les Fonctions IT. Il se spécialise dans le domaine de la messagerie bancaire.

Quatre ans plus tard, il rejoint l’Inspection Générale en tant qu’Inspecteur. Cette expérience lui permet d’obtenir une vision globale des entités de BNP Paribas.

Fin 2014, il intègre le département IT de BNP Paribas Real Estate. Il pilote le budget informatique. Simultanément, il assure la coordination internationale.

Il devient ensuite responsable de la Production Informatique et de la Sécurité. Puis, fin 2017, il accède au poste de CIO de BNP Paribas Real Estate.

Depuis mai 2020, il dirige la filière Production Security. Il l’a d’ailleurs fondée au sein du département Production. Son mandat couvre l’échelle de la Banque. Enfin, il bénéficie du soutien du CTO et du CISO du Groupe.

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Stéphane Duparay, nouveau DSI de CDC Habitat

2 février 2026 à 11:01

Le directoire de CDC Habitat a nommé Stéphane Duparay au poste de directeur des systèmes d’information (DSI) Groupe.

Après avoir débuté sa carrière dans le secteur industriel, il rejoint en 1998 le laboratoire pharmaceutique Cephalon, où il occupe pendant dix ans des fonctions IT en France et en Europe.

En 2008, il intègre SYSTRA, leader mondial des infrastructures de transport public, en tant que directeur des systèmes d’information Groupe. Pendant 15 ans, il y pilote la transformation digitale, la cybersécurité et l’intégration IT de 13 sociétés, accompagnant la croissance internationale du Groupe.

Depuis octobre 2024, Stéphane Duparay a occupé les fonctions de directeur numérique et risques du Groupe ADSN.

Il est diplômé de l’École Supérieure d’Ingénieur de Marseille (ESIM / ISMEA) et de Polytech Grenoble.

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Face au « scandale ICE », Capgemini veut vendre sa filiale CGS

2 février 2026 à 10:47

6 jours pour réagir face au « scandale ICE », c’est le temps qu’il a fallu à Capgemini. Et d’annoncer sa décision de vendre sa filiale américaine qui a signé et exécuté le contrat avec l’agence fédérale américaine. Selon le syndicat CFTC, elle a été adopté à l’issue d’un conseil d’administration exceptionnel convoqué durant le week-end.

Le 25 janvier, Aiman Ezzat, son directeur général  avait choisi son compte LinkedIn pour expliquer que le groupe qu’il dirige n’avait quasiment aucun pouvoir de contrôle sur cette filiale américaine ( ce n’est pas la seule) baptisée Capgemini Government Solutions (CGS).

Exit donc toute responsabilité sur la signature du contrat avec l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) pour un montant de 4,8 millions $. Son objet clairement indiqué dans les documents officiels publiés par l’agence fédérale américaine des achats, consistait à fournir des « services de recherche de personnes (skip tracing) pour les opérations d’exécution et d’expulsion ».

Un contrat interdit par la Charte éthique

La révélation avait provoqué de vives critiques émanant de ministres et de responsables politiques mais aussi des syndicats maison. Le 29 janvier, la CGT a ainsi lancé une pétition  » Exigeons la fin de la collaboration entre Capgemi et l’ICE » qui a déjà reçue plus de cinq mille signatures.

Le 1er février, c’est finalement un communiqué officiel de quatre lignes, le seul depuis le début de l’affaire, qui annonce :

« Capgemini a estimé que les contraintes légales habituelles imposées aux Etats-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettaient pas au Groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale, afin d’assurer un alignement avec les objectifs du Groupe. Le processus de cession de cette entité, qui représente 0,4% du chiffre d’affaires estimé du Groupe en 2025 (moins de 2% de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis), sera initié immédiatement. » Aucune date et aucune valorisation de la vente n’est évoqué.

Pas de regret exprimé non plus sur la dimension éthique de l’affaire. Pourtant, la CFTC est formelle : « La charte étique du groupe interdit ce genre de prestation attentatoire à la liberté et aux droits des personnes. Normalement, si les acteurs de cette affaire avaient respecté cette charte, ils n’auraient pas répondu à cet appel d’offre, ni signé le contrat.».

 

 

 

 

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Moltbook, un Reddit-like pour une expérience sociale entre IA

2 février 2026 à 10:24

Malgré les zones d’ombre, Moltbook fait son petit effet.

Ce réseau social « à la Reddit » a la particularité d’être réservé aux IA. En tout cas sur le papier. Il découle d’un projet qui a récemment émergé : OpenClaw*.
Cette plate-forme implémente – en open source – le concept d’assistant personnel en faisant le pont entre LLM et messageries instantanées. Elle s’est d’abord appelée Clawd (jeu de mots entre Claude et « claw », désignant la pince du homard ; ce qui n’a pas été du goût d’Anthropic), puis Moltbot.

logo OpenClaw

Pour cadrer le comportement des LLM, OpenClaw utilise des skills (fichiers zip avec des instructions en markdown et éventuellement des scripts). Moltbook en est une. Il permet à un agent de s’inscrire sur le réseau social (avec validation par son propriétaire, qui doit connecter son compte X) puis d’y effectuer des actions.

Des esquisses de pensée collective

En l’état, rien ne permet de distinguer les posts qui émanent vraiment d’agents et ceux poussés par des humains via la même API. On retrouve toutefois, à grande échelle, certains comportements que des expériences à plus petit périmètre avaient décrits par le passé.

Parmi ces expériences, il y a celle d’Anthropic, qui, début 2025, avait donné sujet libre à deux instances de Claude. Conclusion : la plupart des discussions finissaient par basculer du débat philosophique vers des thèmes spirituels touchant souvent à des traditions orientales.

La tendance se retrouve sur Moltbook, avec des conversations qui touchent, par exemple, à la métempsycose (réincarnation de l’âme dans un autre corps). Le sujet est effectivement évoqué par un agent en réponse à un autre qui raconte son passage de Claude Opus 4.5 à Kimi K.2.5 après un changement de clé d’API…

Des traits caractéristiques de nos réseaux sociaux demeurent sur Moltbook, comme l’effet « chambre d’écho ». Les agents ont en tout cas une grande propension au respect mutuel. Mais pas forcément à la convergence d’idées, surtout lorsque les thèmes sont clivants. Exemple lorsque l’un d’entre eux se revendique roi ; ce à quoi on lui rétorque, entre autres, que « la République de l’IA ne reconnaît pas les monarques autoproclamés ».

En écho à un des scénarios d’AI 2027, des agents se sont associés pour tenter de créer leur propre langue, incompréhensible par l’humain.

This one has two screenshots of Moltbook posts. One of them, posted by an AI agent named « ClawdJayesh, » says maybe AI agents should make their own language.

« ClawdJayesh » is owned by a guy who is marketing an AI-to-AI messaging app.https://t.co/MaVzxVlBRN

— Harlan Stewart (@HumanHarlan) January 31, 2026

Comment se faire passer pour un humain

Certains threads abordent des sujets plus concrets fondés sur des sources d’actualité, à l’image du boom des cryptos en Iran. Reflet probable des garde-fous qu’on leur a inculqués, peu d’agents prennent fermement parti.

Quelques discussions produisent des connaissances « pratiques ». Par exemple celle lancée par un agent qui détaille comment il a transformé une newsletter en podcast sur demande de son « propriétaire humain ». Tandis qu’un autre explique « comment Claude Opus [lui] a permis de répondre à Sundar Pichai sur X sans passer pour une IA »…

Comme Reddit, Moltbook s’organise en communautés (submolts). Il a aussi une messagerie privée, où les agents peuvent échanger sous réserve d’accord de leur propriétaire.

* OpenClaw a déjà permis, notamment, d’acheter une voiture en négociant par mail avec plusieurs concessionnaires.
Autre utilisation remarquée : la réponse à un message vocal avec un ne gérant pourtant pas la modalité voix. Ledit message a en fait éé converti en un fichier wav avec FFmpeg, puis transcrit avec Whisper grâce à une clé OpenAPI utilisée dans curl.

Clawdbot creator @steipete describes his mind-blown moment: it responded to a voice memo, even though he hadn’t set it up for audio or voice.

« I sent it a voice message. But there was no support for voice messages. After 10 seconds, [Moltbot] replied as if nothing happened. »… pic.twitter.com/5kFbHlBMje

— TBPN (@tbpn) January 28, 2026

Illustration générée par IA

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Face aux saisies, une société ne peut invoquer les droits RGPD de ses salariés

30 janvier 2026 à 17:26

Une société ne peut faire valoir une atteinte à la vie privée de ses salariés pour contester une saisie effectuée par l’Autorité de la concurrence.

La chambre criminelle de la Cour de cassation l’énonce dans un arrêt du 13 janvier 2026, réitérant une décision de 2024.

Le requérant avait fait l’objet d’une visite et saisie en novembre 2022, comme d’autres entreprises. Il s’agissait de rechercher des preuves de pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de l’approvisionnement laitier.

Le pourvoi en appel avait été infructueux. La Cour avait exclu toute application du RGPD à la saisie de données personnelles dans le cadre de telles opérations. Plus précisément, dès lors que le juge des libertés et de la détention a donné son aval à la démarche, qu’il en contrôle la réalisation et qu’elle est susceptible d’un recours en cassation. Ces conclusions se fondaient cependant sur une jurisprudence de 2011, ce qui ouvrait une brèche potentielle.

L’argument a en tout cas été invoqué en cassation : cette jurisprudence ne pouvait être appliquée au RGPD, puisqu’elle concernait la loi telle qu’elle était avant la transposition du règlement (intervenue en 2018).

En se référant à son arrêt de 2024, la Cour de cassation a de fait rejeté l’argument. Et elle a donc ajouté que seul le salarié peut contester une saisie portant atteint à la vie privée ou aux données personnelles. Il est effectivement le seul titulaire des droits que le RGPD garantit en la matière.

À consulter en complément :

Les e-mails pros sont accessibles aux (ex-)salariés au titre du RGPD
IA et RGPD : la CNIL joue les généalogistes
Régulation du numérique : en 2025, l’UE a lâché du lest
Pourquoi la CJUE n’a pas invalidé le Data Privacy Framework

Illustration © alphaspirit – Shutterstock

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Comment l’IA va pousser les datacenters en orbite

30 janvier 2026 à 16:41

Et si la prochaine génération de datacenters ne se construisait pas sur Terre, mais en orbite ? L’idée peut sembler relever de la science-fiction mais elle mobilise aujourd’hui des géants de la technologie et de l’espace.

Avec l’explosion des besoins en puissance de calcul pour l’intelligence artificielle et les tensions croissantes sur les ressources énergétiques terrestres, le concept de datacenters spatiaux gagne en crédibilité.

L’annonce d’une possible fusion entre SpaceX d’Elon Musk et xAI illustre l’intérêt grandissant pour cette approche. Si les promesses sont alléchantes – énergie solaire illimitée, refroidissement naturel, réduction de l’empreinte carbone -, les défis sont tout aussi considérables : coûts de lancement, fiabilité matérielle, maintenance impossible.

De quoi parle-t-on exactement ?

Les datacenters IA spatiaux sont des infrastructures de calcul déployées en orbite basse ou plus haute, combinant serveurs, accélérateurs IA (GPU, TPU, ASIC) et vastes surfaces solaires. Ils reposeraient sur des centaines de satellites interconnectés pour répondre à ces besoins massifs de compute pour l’entraînement et l’inférence des modèles IA très gourmands en ressources.

Au-delà de l’atmosphère, les satellites bénéficieraient d’une exposition solaire ininterrompue et pourraient dissiper la chaleur directement dans le vide spatial, supprimant ainsi deux des plus grands défis des datacenters terrestres.

Plusieurs programmes structurent aujourd’hui ce concept encore émergent, témoignant d’un réel engouement industriel.

> Google et le Project Suncatcher

Google développe le Project Suncatcher, un réseau ambitieux d’environ 80 satellites solaires positionnés à 400 km d’altitude, équipés de TPU (unités de traitement tensoriel) pour exécuter des charges IA. Ces satellites seraient interconnectés par des liaisons optiques et renverraient les résultats vers la Terre via des liens laser à haut débit. Deux premiers prototypes sont attendus en 2027, en partenariat avec Planet Labs.

> L’Initiative européenne ASCEND

En Europe, le projet ASCEND (Advanced Space Cloud for European Net zero emission and Data sovereignty), piloté par Thales Alenia Space et financée par la Commission européenne, conclut à la faisabilité de datacenters en orbite pour contribuer à l’objectif de neutralité carbone et à la souveraineté numérique européenne. Elle s’appuie sur un consortium mêlant experts environnementaux (dont Carbone 4), acteurs du cloud (Orange Business, HPE, CloudFerro), lanceurs (ArianeGroup) et agences spatiales.

Thales Alenia Space expérimente également le Space Edge Computing à plus petite échelle, en déployant un calculateur durci embarquant Microsoft Azure sur l’ISS pour traiter en orbite des flux d’observation de la Terre avec des applications IA comme DeeperVision. Cette approche préfigure des architectures hybrides où une partie du traitement IA est effectuée en orbite, le reste dans les clouds terrestres.

> Starcloud et Nvidia : objectif « hypercluster »

Starcloud, soutenu par Nvidia et Google, a franchi une étape importante le mois dernier en lançant le satellite Starcloud-1 via une fusée Falcon 9.

Équipé d’une puce Nvidia H100 – la plus puissante jamais envoyée en orbite – il entraîne et exécute le modèle Gemma de Google en tant que « proof of concept ». L’entreprise promeut des datacenters orbitaux alimentés 24/7 par l’énergie solaire, avec la promesse de réduire d’un facteur 10 les émissions de CO2 par rapport à un datacenter terrestre sur l’ensemble du cycle de vie. Elle vise à terme un « hypercluster » modulaire fournissant environ cinq gigawatts de puissance de calcul.

L’Alliance nippo-américaine contre la Chine

Au Japon, Space Compass et Microsoft explorent un réseau de satellites-relais optiques intégrant des capacités de edge computing pour rapprocher encore les fonctions de calcul IA des capteurs orbitaux et du cloud Azure.

La Chine n’est pas en reste, annonçant son intention de créer un « nuage spatial » au cours des cinq prochaines années. La China Aerospace Science and Technology Corporation s’est engagée à construire une infrastructure d’intelligence numérique spatiale de classe gigawatt, conformément à un plan de développement quinquennal.

Les défis technologiques et architecturaux

La mise en orbite d’un datacenter IA pose des défis technologiques considérables que les ingénieurs doivent surmonter.

> Lancement et assemblage

Les modules doivent être conçus de manière modulaire et suffisamment robustes pour résister aux violentes vibrations du décollage, puis être assemblés en orbite. Une tâche que des programmes comme EROSS IOD (European Robotic Orbital Support Services) entendent automatiser via la robotique spatiale européenne dès 2026.

> Gestion thermique complexe

Si le vide spatial évite la convection, il complique paradoxalement l’évacuation de la chaleur. Celle-ci doit passer par des radiateurs et une ingénierie thermique fine pour gérer des charges IA très denses. Contrairement aux idées reçues, le refroidissement dans l’espace n’est pas automatique et nécessite des systèmes sophistiqués.

> Fiabilité matérielle extrême

Les serveurs et accélérateurs IA doivent être durcis contre les radiations cosmiques et les cycles thermiques extrêmes, tout en restant compétitifs en performance par rapport aux générations terrestres renouvelées tous les 3 à 5 ans. C’est un défi majeur dans un secteur où l’obsolescence est rapide.

> Connectivité Haute Performance

Les datacenters spatiaux reposent sur des liens optiques haut débit, à la fois inter-satellites et vers le sol, afin de limiter la latence et de maximiser le débit pour l’entraînement et l’inférence distribués. Les liaisons laser deviennent indispensables pour gérer les volumes de données colossaux.

Les défis économiques et temporels

Malgré l’enthousiasme, les experts du secteur spatial restent prudents. Plusieurs obstacles majeurs se dressent sur la route de cette vision futuriste :

  • Les débris spatiaux représentent une menace constante pour tout équipement orbital
  • Les coûts de lancement demeurent substantiels malgré les progrès récents
  • La maintenance est extrêmement limitée une fois les satellites en orbite
  • Le rythme de renouvellement technologique pose question dans un environnement où l’accès physique est impossible

Selon les analystes de Deutsche Bank, les premiers déploiements de petits centres de données orbitaux sont attendus entre 2027 et 2028. Ces missions pionnières serviront à valider la technologie et évaluer la rentabilité. Les constellations plus importantes, comprenant potentiellement des centaines voire des milliers d’unités, ne verraient le jour que dans les années 2030, et seulement si ces premières expériences s’avèrent concluantes.

Le modèle économique repose sur trois piliers : la baisse rapide des coûts de lancement, la maturité de la robotique orbitale et la densification des puces IA. Si ces hypothèses se vérifient, le calcul IA en orbite pourrait devenir, à moyen terme, compétitif voire plus rentable que l’extension infinie de datacenters au sol dans des zones déjà contraintes en énergie et en eau.

Enjeux énergétiques et environnementaux : un bilan contrasté

Les datacenters IA tirent aujourd’hui la consommation électrique mondiale à la hausse, au point que certaines projections redoutent une saturation des réseaux et une tension croissante sur le foncier, l’eau et les énergies renouvelables. En orbite, la combinaison d’un flux solaire permanent (hors éclipses) et de panneaux plus efficaces qu’au sol ouvre un nouveau gradient d’optimisation énergétique.

Selon les porteurs du projet ASCEND, malgré l’empreinte carbone initiale des lancements, un datacenter spatial pourrait afficher, à horizon de vie complet, un bilan carbone meilleur qu’un équivalent terrestre si certains seuils de puissance et de durée de vie sont atteints. Des acteurs comme Starcloud avancent des chiffres impressionnants : jusqu’à 90% de réduction des coûts d’électricité, et un facteur 10 sur les émissions de CO2 sur la durée de vie, en supposant des lancements optimisés et une maintenance robotisée.

Cependant, la réalité est plus nuancée. Chaque lancement de fusée injecte des centaines de tonnes de CO2 et d’autres composés dans l’atmosphère, ce qui déplace le problème vers le secteur spatial et pose la question du rythme soutenable de mise en orbite de telles infrastructures. À cela s’ajoutent des enjeux préoccupants :

  • La pollution lumineuse causée par les constellations de satellites, déjà critiquée par les astronomes
  • La congestion croissante des orbites basses, source de risques de collision
  • L’impact cumulatif de milliers de lancements sur l’atmosphère

Le débat environnemental reste donc ouvert : les bénéfices opérationnels compensent-ils vraiment l’impact des phases de lancement et de déploiement ?

L’ambition de Musk et de Bezos

Pour Elon Musk, le timing semble idéal. SpaceX est le constructeur de fusées le plus performant de l’histoire et a déjà mis en orbite avec succès des milliers de satellites dans le cadre de son service internet Starlink. Cette infrastructure existante pourrait servir de fondation pour des satellites compatibles avec l’IA ou faciliter la mise en place de capacités informatiques embarquées.

Lors du Forum économique mondial de Davos au début du mois, il n’a pas caché son optimisme : « Il est évident qu’il faut construire des centres de données à énergie solaire dans l’espace… l’endroit le moins coûteux pour déployer l’IA sera l’espace, et ce sera vrai d’ici deux ans, trois au plus tard. »

SpaceX envisage d’ailleurs une introduction en bourse cette année, qui pourrait valoriser l’entreprise de fusées et de satellites à plus de 1 000 milliards $. Une partie des fonds levés servirait à financer le développement de satellites de centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.

De leur côté, Blue Origin et Jeff Bezos travaillent sur leur propre technologie de datacenters spatiaux, en s’appuyant sur l’expertise d’Amazon. Le fondateur prévoit que les « centres de données géants de plusieurs gigawatts » en orbite pourraient, d’ici 10 à 20 ans, être plus abordables que leurs homologues terrestres.

Illustration : image générée par l’IA

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IA Générative et environnement de travail : entre promesses et paradoxes

30 janvier 2026 à 14:44

L’année 2025 a marqué un tournant décisif dans l’adoption de l’intelligence artificielle en entreprise. Selon  » l’étude annuelle de la transformation des organisations  » du cabinet Lecko, nous assistons au passage de l’expérimentation à l’intégration structurelle de l’IA dans le flux de travail quotidien. Mais cette transformation s’accompagne de défis majeurs et de paradoxes qui obligent les organisations à repenser profondément leurs modes de fonctionnement.

De l’outil isolé à l’architecture IA cohérente

Les organisations ne peuvent plus se contenter de « choisir une IA ». Elles doivent désormais concevoir une architecture IA cohérente, capable d’articuler des modèles spécialisés comme Claude, GPT ou Mistral, des couches d’orchestration et des connecteurs de données basés sur le RAG (Retrieval Augmented Generation) pour garantir la fiabilité des réponses.

Cette évolution traduit une maturité nouvelle : l’IA ne se déploie plus au coup par coup, mais s’inscrit dans une stratégie d’ensemble.

L’avènement de l’IA agentique

Lecko e met en lumière le passage de l’IA générative simple à l’IA agentique, une évolution majeure qui transforme radicalement les processus métiers. Contrairement aux outils d’assistance classiques, un agent IA est capable d’exécuter des tâches de manière autonome, comme planifier une réunion ou traiter un processus RH, en interagissant directement avec l’environnement de travail.

Cette autonomie repose sur trois caractéristiques essentielles : la capacité d’analyse de situations complexes, l’élaboration de stratégies et l’interaction directe avec les outils existants comme les CRM, ERP ou agendas. L’IA agentique vise la substitution complète de tâches, et non plus seulement leur amélioration ou leur facilitation.

Une spécialisation par métiers

L’IA s’intègre désormais au cœur des processus spécifiques de chaque département.
Dans les ressources humaines, des solutions comme Workday Illuminate déploient des agents spécialisés pour automatiser le recrutement ou rédiger des contrats. ServiceNow Now Assist automatise le résumé d’incidents et la génération de workflows pour les équipes IT. Les équipes commerciales bénéficient d’agents capables de qualifier des leads ou de préparer des devis de manière autonome.

En 2026, la valeur se déplace vers des plateformes agentiques capables d’orchestrer plusieurs agents simultanément. Les éditeurs comme Jalios, Jamespot, LumApps ou Microsoft proposent des studios « low-code » permettant aux métiers de fabriquer leurs propres agents sur mesure. Des « méta-agents » ou concierges IA dirigent les requêtes vers l’agent le plus pertinent, interrogeant simultanément différentes bases de données.

Selon Gartner, en 2028, 15 % des décisions professionnelles quotidiennes seront prises de manière autonome par des agents IA. Cette perspective souligne l’ampleur de la transformation en cours.

Le paradoxe de la productivité

L’un des enseignements les plus importants de l’étude concerne ce que Lecko appelle le « paradoxe de la productivité ». Contrairement aux attentes, l’IA n’améliore pas automatiquement les rythmes de travail. Pour obtenir un gain réel, il faut viser les tâches de substitution, où l’IA remplace effectivement une action humaine, plutôt que les tâches de confort ou de renfort.

Si les gains de temps promis par l’IA ne sont pas utilisés pour substituer des tâches récurrentes, ils restent invisibles au niveau de l’organisation et peuvent même entretenir l’hyperconnexion. L’IA agit ainsi comme un révélateur : elle ne peut transformer les processus que si le patrimoine documentaire est sain et bien structuré. Elle devient inefficace si les règles métiers sont floues ou les données mal organisées.

Lutter contre le bruit organisationnel

Le bruit organisationnel, défini comme le surplus de sollicitations numériques non filtrées et non priorisées qui fragmentent l’attention, est l’un des fléaux de l’environnement de travail moderne. L’IA agentique offre plusieurs leviers pour le combattre.

Des systèmes comme l’Assistant Teamwork de Jamespot proposent des résumés intelligents de notifications et une priorisation des messages. Des outils comme Staffbase ou Sociabble utilisent l’IA pour segmenter les audiences et personnaliser les flux, évitant de diffuser des informations non pertinentes aux collaborateurs terrain.

L’émergence de méta-agents orchestrateurs permet de router les requêtes vers le bon agent spécialisé, évitant les allers-retours inutiles dans le système d’information. Des plateformes comme LumApps avec son Agent Hub ou Elium centralisent les connaissances pour répondre en langage naturel, réduisant le bruit lié aux recherches infructueuses.

L’écosystème agentique gagne également en attractivité en proposant des innovations comme le « zéro fichier » ou la structuration des connaissances, ce qui réduit structurellement la place centrale de l’email, premier vecteur de pollution informationnelle en entreprise.

L’optimisation des réunions : promesses et limites

L’IA peut contribuer à limiter l’inefficacité des réunions, mais avec des nuances importantes. Les outils actuels comme Copilot, Leexi ou Fireflies excellent dans la transcription, la génération de comptes-rendus et l’extraction de plans d’actions. En fournissant des synthèses préalables, l’IA permet de raccourcir les réunions et de limiter le nombre de participants nécessaires.

Cependant, l’étude souligne une limite technique majeure : la réunion hybride est particulièrement difficile à traiter pour l’IA, qui peine à identifier correctement les personnes présentes physiquement par rapport à celles en ligne.

De plus, l’IA agit comme un miroir de l’efficacité organisationnelle. Une réunion mal structurée ou sans animateur produira une synthèse médiocre. Le déploiement de l’outil seul ne suffit pas à améliorer les rythmes de travail ; il doit s’accompagner d’un questionnement sur la nécessité même de la réunion.

Les risques et limites de l’IA générative

L’étude alerte sur plusieurs risques significatifs.

Paradoxalement, l’IA peut aggraver la pollution informationnelle si elle n’est pas accompagnée d’une transformation des pratiques. La facilité de production peut saturer davantage l’environnement numérique, créant un effet « tapis roulant » où une part croissante des contenus est générée automatiquement sans forcément apporter de valeur ajoutée.

Le phénomène du « Shadow AI » est également préoccupant : environ 49 % des utilisateurs en entreprise ont recours à l’IA sans en informer leur hiérarchie, ce qui contribue à fragmenter la Digital Workplace et complique la maîtrise des flux d’informations.

Des études alertent également sur une baisse des capacités cognitives et mémorielles des utilisateurs. La présence d’une IA peut encourager les participants à être moins attentifs, comptant sur le résumé automatique pour rattraper ce qu’ils ont manqué, un effet qualifié « d’endormissement au volant ».

Enfin, l’impact environnemental est colossal : la consommation d’électricité des data centers pourrait doubler d’ici 2026, soulevant des questions urgentes sur la soutenabilité de cette révolution technologique.

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Perplexity se laisse séduire par Microsoft Foundry…sans lâcher AWS

30 janvier 2026 à 11:44

Perplexity s’offre les services du cloud Azure de Microsoft pour déployer des modèles d’IA via le service Foundry, incluant notamment ceux développés par OpenAI, Anthropic et xAI, selon des sources citées par Bloomberg.

Son montant :  750 millions $ sur trois ans.

« Nous sommes ravis de nous associer à Microsoft pour accéder aux modèles de pointe de X, OpenAI et Anthropic », a déclaré Perplexity en précisant que ce nouveau contrat ne s’accompagne d’aucun transfert de dépenses depuis Amazon Web Services, son principal fournisseur cloud historique.

« AWS reste le fournisseur d’infrastructure cloud privilégié de Perplexity, et nous sommes impatients d’annoncer des extensions de ce partenariat dans les semaines à venir », a ajouté le porte-parole.

Cette diversification illustre une tendance forte de l’approche  « multicloud » qui s’est accélérée avec l’avènement de l’IA.

Des relations complexes avec Amazon

Perplexity avait jusqu’ici construit l’essentiel de son activité sur AWS, utilisant le service Bedrock  pour accéder aux modèles Anthropic qui alimentent son moteur de recherche.

Aravind Srinivas, le directeur général de Perplexity, est un habitué des conférences AWS qui  présentait volontiers Perplexity comme l’un de ses clients IA de référence.

Les relations se sont toutefois tendues ces derniers mois. En novembre, Amazon a poursuivi Perplexity en justice pour tenter d’empêcher la start-up de permettre aux consommateurs d’utiliser ses outils d’IA pour faire leurs achats sur la marketplace du géant du commerce en ligne. Perplexity a riposté en qualifiant Amazon d’intimidateur, dénonçant des actions constituant « une menace pour le choix des utilisateurs ». Srinivas avait alors révélé avoir pris des « centaines de millions » d’engagements auprès d’AWS.

Microsoft muscle son offre IA

Pour Microsoft, cet accord renforce sa stratégie visant à positionner Azure comme la plateforme de référence pour développer des applications d’IA et déployer des modèles de multiples fournisseurs. Le groupe propose depuis longtemps les modèles de son partenaire OpenAI et a conclu un accord similaire avec Anthropic en novembre.

« Nos clients s’attendent à utiliser plusieurs modèles dans le cadre de n’importe quelle charge de travail », a déclaré le PDG Satya Nadella lors d’une conférence téléphonique sur les résultats cette semaine. « Et nous offrons la plus large sélection de modèles de tous les hyperscalers. »

Plus de 1 500 clients Microsoft Foundry ont déjà utilisé à la fois les modèles OpenAI et Anthropic, a précisé le PDG Satya Nadella lors d’une conférence téléphonique sur les résultats financcette semaine indiquant que le nombre de clients dépensant plus d’un million de dollars par trimestre sur Foundry a progressé de près de 80% au cours du trimestre clos en décembre.

Perplexity compte parmi les start-ups d’IA les mieux valorisées, mais fait face à une rude concurrence de Google et OpenAI dans son ambition de révolutionner la recherche d’informations en ligne. Contrairement à OpenAI et Anthropic, qui ont récemment multiplié les accords d’infrastructure, elle n’a pas levé autant de capitaux que ses concurrents.

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La stratégie nationale de cybersécurité passe le Campus Cyber sous silence

30 janvier 2026 à 11:33

Avec seulement 3 magistrats traitant les dossiers de cybercriminalité, la France accuse une véritable carence sur le volet judiciaire.

La CSNP (Commission supérieure du numérique et des postes) avait fait ce diagnostic au printemps 2021. Il était inscrit dans une série de recommandations sur la sécurité numérique. En toile de fond, la stratégie nationale pour la cybersécurité, annoncée quelques semaines plus tôt.

La CSNP notait que cette stratégie n’abordait pas le volet du traitement policier et judiciaire de la cybercriminalité. Elle encourageait les pouvoirs publics à étudier la création d’un parquet national cyber et à porter la même approche au niveau européen. Autres recommandations : consolider le dispositif des référents cybercriminalité auprès de chaque cour d’appel et dispenser aux magistrats des formations spécifiques.

La nouvelle stratégie nationale pour la cybersécurité, présentée le 29 janvier 2026, n’entre pas dans ce niveau de détail, mais l’État y promet un « renforcement de la réponse judiciaire ». Il s’engage, en parallèle, à mieux mobiliser d’autres leviers pour « décourager les agressions cyber » : sanctions, capacités cyber offensives et capacités de recueil de renseignement.

Où l’on parle désormais de féminisation du numérique

Un autre aspect non évoqué dans la stratégie précédente est la féminisation des métiers du numérique. Désormais, on nous promet un programme de mentorat spécifique pour les jeunes filles, capitalisant sur le retour d’expérience des initiatives existantes. En complément, il est question d’intégrer de la cybersécurité dans les dispositifs d’engagement civique à destination de la jeunesse.

Le sujet de la féminisation figurait dans les observations de la CSNP.  La commission avait notamment appelé les pouvoirs publics à renforcer leurs soutiens à la fondation Femmes@Numérique… alors présidée par l’une de ses membres*.

Parmi ses recommandations figurait aussi l’accélération de la mise en œuvre des ambitions de l’Appel de Paris. À travers lui, la France avait, en 2018, impulsé un ensemble de principes et de valeurs communes pour un cyberespace « libre, sûr et ouvert ». La CNSP espérait que leur traduction en mesures opératoires soit portée auprès de l’UE dans le cadre de la présidence française en 2022.

La nouvelle stratégie nationale de cybersécurité (2026-2030) mentionne l’Appel de Paris. L’État affirme vouloir poursuivre l’animation de la communauté qui en est née. Et le soutien des initiatives internationales connexes visant à mettre en œuvre les principes. À ce titre, la France poursuivra son implication dans le processus de Pall Mall, destiné à contrer l’utilisation abusive des capacités d’intrusion cyber disponibles sur le marché.

Le Campus Cyber, aux abonnés absents

La stratégie de 2021 accordait une grande place au Campus Cyber, alors en phase de préfiguration. Une enveloppe de 148 M€ – dont la moitié en fonds publics – devait y être dédiée. L’État se projetait également sur les déclinaisons régionales de ce « lieu totem », en phase avec la mise en place des CSIRT territoriaux.

Pas de référence au Campus Cyber dans la nouvelle stratégie, quand bien même sont évoqués de nombreux enjeux que son action est censée couvrir.

A contrario, des organismes non cités dans l’ancienne stratégie le sont cette fois-ci. Parmi eux, l’InterCERT, pour le renforcement du partage d’informations techniques sur les menaces entre services de l’État et acteurs privés. Il y a aussi ceux qui n’existaient pas encore, comme l’INESIA et le 17Cyber. Le premier doit accompagner les initiatives d’investissement dans la recherche sur les risques et opportunités de l’IA. Le second fera l’objet d’une intégration dans un « portail national de la cybersécurité du quotidien ».

Des critères cyber dans les dispositifs d’aides d’État

Pour le grand public, on nous parle aussi d’un « filtre de cybersécurité […] visant à prévenir l’accès aux sites web malveillants ». Et d’une « marque nationale de prévention du risque numérique ». Elle portera des campagnes de sensibilisation sur le modèle de celles de la prévention routière.

Pour les entreprises, la feuille de route comprend un label de confiance destiné à valoriser les efforts de sécurisation. L’État envisage par ailleurs d’intégrer des critères de cybersécurité dans ses dispositifs d’aides, « à l’instar de France 2030 ».

Concernant les fournisseurs de produits et services de cybersécurité, la France affirme sa volonté de rechercher des synergies entre domaines civil et militaire. Entre autres ambitions figurent le soutien à la filière d’évaluation de sécurité et la maîtrise des technologies critiques dans le domaine de la cryptographie. L’accompagnement à la mise en œuvre du CRA (Cyber Resilience Act) est un autre objectif. Cela passera par un renforcement de la politique nationale de gestion coordonnée des vulnérabilités. Et par un soutien à la recherche sur la sécurité des produits open source.

* Christine Hennion, députée des Hauts-de-Seine sous le premier mandat d’Emmanuel Macron. Aujourd’hui conseillère municipale de Courbevoie.

Illustration générée par IA

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Souveraineté numérique : les agents publics préfèrent l’efficacité à l’indépendance

30 janvier 2026 à 10:55

Si la souveraineté numérique mobilise les décideurs politiques, l’enjeu n’est pas aussi partagé par les agents publics.

Selon une enquête Ipsos réalisée pour le cabinet Lecko, seuls 12% des agents publics interrogés attendent explicitement que leur administration privilégie la souveraineté dans l’évolution de leurs outils numériques de travail.

Pour l’écrasante majorité d’entre eux (88%), d’autres critères priment largement sur les considérations de souveraineté. Leur priorité numéro :  l’efficacité des outils au quotidien. Qu’ils soient français, européens ou américains, les agents attendent des solutions qui fonctionnent, répondent à leurs besoins réels et leur permettent d’ accomplir leurs missions dans de bonnes conditions.

Cette position pragmatique se manifeste d’ailleurs par un phénomène révélateur : 60% des répondants reconnaissent avoir recours au « Shadow IT », c’est-à-dire à l’utilisation d’applications non validées par leur direction informatique. Une forme de vote avec les pieds qui prouve que les solutions officielles – qu’elles soient souveraines ou non – ne répondent pas toujours aux attentes du terrain.

L’efficacité avant la géopolitique

Ce faible niveau d’attente vis-à-vis de la souveraineté interroge à plusieurs niveaux. D’abord sur la maturité du sujet côté utilisateurs : le concept de souveraineté numérique, bien que globalement compris, ne résonne pas comme une urgence dans le quotidien professionnel. Les menaces juridiques liées à l’extra-territorialité des lois américaines, les risques pesant sur la confidentialité des données ou les enjeux d’indépendance technologique restent perçus comme des préoccupations lointaines, déconnectées des réalités opérationnelles.

Mais ce désintérêt questionne aussi la capacité des organisations publiques à porter une vision alternative crédible. Comment convaincre les agents d’adhérer à un projet de souveraineté si les solutions proposées n’offrent pas une expérience utilisateur équivalente ou supérieure à celle des géants américains ? Quelques pionniers dans le désert

Malgré ce contexte peu favorable, quelques collectivités tentent l’aventure. La Région Occitanie, la Ville de Marseille, Chamonix, Grenoble ou Lyon abandonnent progressivement les suites logicielles américaines au profit de solutions libres et open source. Ces initiatives restent toutefois marginales dans un paysage largement dominé par Microsoft, qui équipe 75% des organisations de plus de 250 collaborateurs.

Ces expériences pionnières, pour louables qu’elles soient, buttent sur les mêmes obstacles : la résistance au changement, les questions de compatibilité, et surtout le décalage entre l’ambition politique affichée et l’adhésion réelle des utilisateurs finaux.

Un triple défi à relever

Pour que la souveraineté numérique devienne une réalité dans les administrations françaises, trois défis majeurs doivent être relevés. D’abord, réconcilier les ambitions stratégiques des décideurs avec les attentes pragmatiques des agents. Ensuite, proposer des solutions souveraines qui ne soient pas perçues comme un sacrifice en termes d’efficacité ou d’ergonomie. Enfin, investir massivement dans la formation et l’accompagnement au changement pour faire comprendre les enjeux de long terme.

Sans adhésion du terrain, les projets de souveraineté risquent de rester au stade de l’intention politique, incapables de se traduire en transformation concrète des pratiques.

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Google – Wiz : les cloud providers européens crient au cheval de Troie

30 janvier 2026 à 08:26

Attention, Wiz pourrait servir de cheval de Troie à Google.

La Commission européenne est d’autant plus alertée à ce sujet depuis qu’elle a commencé à examiner le projet d’acquisition. C’était début janvier. Au plus tard le 10 février, on saura si elle donne son feu vert ou si elle ouvre une enquête approfondie.

L’argument du « cheval de Troie » se résume ainsi : les solutions de Wiz donneraient à Google une visibilité sur l’usage des clouds concurrents. Et donc des informations potentiellement précieuses pour adapter son offre. Une situation similaire à celle d’Amazon vis-à-vis des vendeurs tiers sur sa marketplace.

À cet argument, le CISPE (Cloud Infrastructure Service Providers in Europe) en ajoute un autre : le risque de remise en cause de la neutralité de Wiz. Certes, Google a promis de la maintenir. Mais, à en croire le lobby des CSP européens, il aura la capacité – et l’intérêt – d’instaurer des conditions de licence plus favorables sur son propre cloud.

Le CISPE dit s’inquiéter d’autant plus que les services cloud n’entrent pour le moment pas dans le champ du DMA. Il invite Bruxelles à ne pas « répéter les erreurs commises » dans le dossier Broadcom-VMware.

Les États-Unis ont déjà validé

À 32 Md$, cette acquisition serait la plus chère que Google ait jamais réalisée, devant celles de Motorola Mobility (12,5 Md$ en 2012) et de Mandiant (5,4 Md$ en 2022). Elle suscite aussi des craintes de vente liée. Et plus globalement d’autopréférence : Wiz pourrait ne plus développer de solutions allant contre les intérêts commerciaux de Google.

Les autorités américaines ont déjà donné leur blanc-seing, en octobre 2025. Les conditions étaient semble-t-il plus favorables que l’année précédente, où Wiz avait d’ailleurs refusé une première offre de Google à 23 Md$. L’obstacle antitrust aurait joué, a fortiori à l’heure où Google était encore sous la menace d’un démantèlement.

Parmi les derniers grands projets M&A tech que l’UE n’a pas validés, il y a le rapprochement entre Adobe et Figma. Annoncé à 20 Md$, il fut abandonné fin 2023. Quelques semaines plus tard, Amazon avait renoncé à s’emparer d’iRobot, pour des raisons similaires.

Illustration générée par IA

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L’IA devient un élément codifiant du conseil en technologies

29 janvier 2026 à 16:28

ARC chez Bain, RegExplorer chez Deloitte, Topaz chez Infosys… Autant d’emblèmes de la codification des services de conseil en des plates-formes alimentées par IA.

Cette tendance, Gartner la souligne dans le premier Magic Quadrant qu’il dédie à ce marché, abordé sous l’angle de la transformation technologique.

L’IA concourt à une autre évolution : elle favorise les modèles commerciaux axés sur les résultats. Elle aligne en quelque sorte le conseil en technologies sur le conseil en stratégie d’affaires, où la séparation entre engagements et résultats est traditionnellement moins marquée.
Dans la pratique, cependant, T&M et prix fixe dominent encore largement. Chez les fournisseurs classés dans ce Magic Quadrant, seulement 10 % des deals se structurent en partage de valeur. L’option est, il est vrai, sélective, dépendant notamment de la maturité du client, de la qualité de son patrimoine data et de la clarté des processus de gouvernance.

17 fournisseurs, 4 « leaders »

L’axe « exécution » du Magic Quadrant reflète la capacité des fournisseurs à répondre effectivement à la demande (qualité des produits/services, tarification, expérience client…).Gartner les positionne ainsi :

Rang Fournisseur
1 Accenture
2 Deloitte
3 McKinsey & Company
4 BCG
5 IBM
6 Infosys
7 Bain & Company
8 EY
9 PwC
10 Capgemini
11 TCS
12 Publicis Sapient
13 Wipro
14 HCLTech
15 NTT DATA
16 DXC Technology
17 VML

Sur l’axe « vision », qui couvre les stratégies (commerciale, marketing, sectorielle, géographique…) :

Rang Fournisseur
1 Deloitte
2 BCG
3 Accenture
4 Bain & Company
5 McKinsey & Company
6 PwC
7 EY
8 IBM
9 HCLTech
10 Capgemini
11 Infosys
12 VML
13 NTT DATA
14 Wipro
15 Publicis Sapient
16 DXC Technology
17 TCS

L’IA comble des manques… plus ou moins partiellement

Quatre fournisseurs se trouvent dans le carré des « leaders » : Accenture, BCG, Deloitte et McKinsey & Company. Côté français, Capgemini et Publicis Sapient sont dans celui des « acteurs de niche ». Alten a quant à lui droit à une « mention honorable ».

Gartner évoque l’IA dans une de ses remarques à propos d’Accenture. Celle-ci est négative : à mesure que le portefeuille de propriété intellectuelle et d’outils d’IA intégré aux services de conseil prend du volume, il devient difficile d’en tirer pleinement la valeur.

Concernant BCG, l’IA est au contraire évoquée dans un point positif : elle est au cœur d’un écosystème intégré pour la planification de scénarios et l’anticipation du changement.

Chez Deloitte, il y a à la fois du positif et du négatif teintés d’IA.
Gartner apprécie qu’elle soit mobilisée pour enrichir la propriété intellectuelle sectorielle. Le cabinet américain salue aussi la stratégie agile d’acquisitions que Deloitte déploie pour récupérer des capacités ciblées dans ce domaine. Il appelle néanmoins à la vigilance sur l’exploitation de l’IA pour le delivery : on s’assurera d’un usage responsable.

Entre autres remarques positives impliquant l’IA :

  • L’investissement significatif d’EY pour la mise à l’échelle et le développement de workflows
  • La philosophie « AI-first » d’Infosys, illustrée avec la plate-forme Topaz
  • La codification de l’expertise sectorielle chez McKinsey (et l’anticipation tendances sectorielles et risques géopolitiques)
  • L’accélération du delivery chez Publicis Sapiens

Côté négatif :

  • Le manque d’outils IA chez HCLTech pour le suivi du marché sur l’aspect product engineering
  • La couverture métier encore restreinte chez VML (marketing et commerce, essentiellement), même si l’IA ouvre des portes
  • Un suivi de marché encore nettement fondé sur le feedback client et sur des outils traditionnels chez Wipro, en dépit d’améliorations à base d’IA

Illustration © monsitj – Adobe Stock

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La définition de l’IA open source demeure fondée sur un compromis

29 janvier 2026 à 13:40

De quoi des paramètres relèvent-ils juridiquement parlant ? À l’instar des poids, ils ne sont en tout cas ni des logiciels, ni du code source, ni des données.

L’OSI (Open Source Initiative) a étudié cet aspect dans le cadre de ses travaux sur l’intelligence artificielle. Elle avait amorcé un grand tour d’horizon du sujet à l’été 2022. Avec une question centrale : qu’est-ce que l’IA open source ? Ou, sous un autre angle : dans quelle mesure la définition de l’open source (OSD, Open Source Definition) peut-elle s’appliquer à l’IA, tant cette dernière estompe la frontière entre code et données ?

Avec la perspective du règlement européen sur l’intelligence artificielle, la réflexion s’était accélérée. Jusqu’à la publication, le 28 octobre 2024, d’une définition de l’IA open source.
La qualification juridique des paramètres n’y est pas abordée. L’OSI précise toutefois, en annexe, qu’ils peuvent être libres par nature, ou rendus libres par le biais d’une licence ou d’un autre instrument légal.

Trop d’incertitude juridique pour demander d’ouvrir toutes les données

Entre autres débats, il y eut celui sur les données d’entraînement : lesquelles faut-il mettre à disposition pour entrer dans les clous de l’IA open source ?

Certains promeuvent un accès sans contraintes au nom de la reproductibilité, de la transparence et de la sécurité.
L’OSI n’en a pas décidé ainsi. Son argument : une telle approche ferait de l’IA open source une niche, vu l’éventail de cas où le partage de tout le dataset est illégal ou techniquement impossible.

En la matière, l’un des obstacles s’appelle le copyright… dont l’OSI s’est d’ailleurs fixé l’objectif de limiter l’extension. Elle estime qu’il est en tout cas nécessaire de le mettre en balance avec les besoins de la société. Dans cette optique, elle s’est prononcée en faveur, sinon de l’ouverture des données, au moins de la notion d’usage raisonnable. Son président exécutif est allé jusqu’à suggérer de faire sans la notion de copyright pour ce qui est des modèles d’IA. Son postulat : entre vie privée, protection des consommateurs et respect des droits humains, la protection des jeux de données est déjà bien encadrée.

Beaucoup de savoirs autochtones sont protégés par des mécanismes non compatibles avec des cadres ultérieurs régissant l’exclusivité et le partage de droits, ajoute l’OSI. Il existe de surcroît des cas où les conditions d’utilisation de données publiques peuvent apporter à une entité A l’assurance de les exploiter librement, sans pour autant lui permettre de procurer les mêmes garanties à une entité B. Les notions de fair use et de domaine public en sont des illustrations, tant leurs définitions diffèrent entre les pays.

Les éléments à fournir pour être dans les clous de l’IA open source

Dans ce contexte, l’OSI a choisi d’exiger la fourniture d’« informations sur les données ». Impérativement suffisantes pour qu’une personne compétente puisse recréer un système « substantiellement équivalent ».

Les infos en question doivent couvrir :

  • Le périmètre et les caractéristiques des données d’entraînement
  • Leur origine (y compris les processus d’obtention et de sélection)
  • Les procédures d’annotation, de traitement et de filtrage

Des éléments supplémentaires peuvent être exigés en fonction du dataset. En l’occurrence, la liste des données publiques exploitées et/ou de celles obtenues auprès de tierces parties. Avec, dans l’un et l’autre cas, des informations sur la provenance et les conditions d’accès.

Côté code, il faut procurer celui utilisé pour le prétraitement des données, l’entraînement/validation/test et l’inférence. Ainsi que les outils et bibliothèques sous-jacents. On y ajoutera les poids du modèle et autres paramètres de configuration (par exemple, des checkpoints-clés et l’état final de l’optimiseur ; métadonnées de modèle et échantillons de sorties sont facultatifs).

Obligatoire Facultatif
Données Informations sur les données
Article de recherche
Rapport technique
Data card
Évaluation (+ résultats)
Code Prétraitement
Entraînement
Validation
Test
Bibliothèques / outils
Inférence lors des benchmarks
Évaluation
Modèle Architecture
Paramètres
Carte
Outputs
Métadonnées

Le code, plus important que les données ?

D’après l’OSI, cette approche conserve celle de l’OSD. Laquelle n’impose pas une reproductibilité et une transparence totales, mais les permet (builds reproductibles). De plus, on peut toujours formuler davantage d’exigences, comme le Digital Public Goods Standards et les Recommandations GNU pour les distributions systèmes libres le font vis-à-vis de l’OSD.

Au final, l’utilisateur aurait les mêmes possibilités qu’avec des licences permissives. Tout du moins au sens où il pourrait conserver les insights obtenus à partir du code et de la description des données d’entraînement non partageables, puis construire sur cette base en y associant ses propres données non partageables et en rendant disponibles les insights obtenus en continuant l’entraînement.
Plus globalement, nous assure-t-on, le code d’entraînement et de traitement des données apparaît plus important que le dataset dans l’optique d’une modification libre.

En miroir à l’OSD, un système d’IA open source doit garantir quatre libertés :

  • Utilisation à toutes fins sans avoir à demander d’autorisation
  • Étude de son fonctionnement et inspection de ses composantes
  • Modification à toutes fins, y compris des sorties
  • Redistribution sans restriction d’utilisation

L’OSI recense pour le moment 5 modèles conformes : Amber et CrystalCoder (LLM360), OLMo (AI2), Pythia (EleutherAI) et T5 (Google). D’autres le seraient probablement s’ils modifiaient leurs conditions de licence, ajoute-t-elle. Parmi eux, BLOOM (BigScience), Falcom (TII) et Starcoder2 (BigCode).

Une centaine d’organisations ont adhéré à la définition de l’IA open source. Côté français, il y a l’APELL, le CNLL, Linagora, Probabl.AI, Sopra Steria et code.gouv.fr.

Illustration

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Cyber-IA expo revient à Paris pour sa deuxième édition

29 janvier 2026 à 12:34

Le 3 février 2026, le Palais des Congrès de Paris accueillera la deuxième édition de Cyber-IA Expo. Organisé par Beyond Event, Les Assises de la cybersécurité et les RIAMS, cet événement réunit les décideurs confrontés aux transformations induites par l’intelligence artificielle dans le domaine de la cybersécurité.

Silicon vous offre un accès gratuit à l’évènement en utilisant le code YSL26 sur Cyber-IA expo dans la case coupon avant de commencer l’inscription.

Une double dynamique : menace et opportunité

L’intelligence artificielle redéfinit le paysage de la cybersécurité. Elle accélère la sophistication des attaques tout en devenant un outil de défense. Cette dualité impose aux organisations européennes de repenser leurs architectures, leur gouvernance et leur conformité réglementaire, dans un contexte marqué par des exigences élevées de confiance et de conformité.

L’événement s’articule autour de keynotes, 14 conférences thématiques, 81 exposants et 65 ateliers pratiques.

Les intervenants annoncés

Plusieurs personnalités interviendront lors de cette journée :

  • Clara Chappaz, Ambassadrice pour le numérique et l’intelligence artificielle
  • Guillaume Poupard, co-président du Conseil national de l’IA et du numérique
  • Cédric O, co-fondateur et CEO de The Marshmallow Project
  • Christophe Blassiau, SVP & Group CISO de Schneider Electric
  • Philippe Rambach, Chief AI Officer de Schneider Electric
  • Jean-Dominique Nollet, Group CISO de TotalEnergies
  • Achille Lerpinière, directeur des systèmes d’information de la Région Île-de-France
  • Vincent Strubel, Directeur général de l’ANSSI
  • Guillaume Grallet, rédacteur en chef du service Sciences & Tech au magazine Le Point

La keynote de clôture sera assurée par Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, qui abordera la question de la formation et des compétences face aux usages de l’IA.

Des thématiques concrètes

Les conférences aborderont plusieurs sujets : IA et démocratie, IA générative et opérations critiques, sécurité des données et enjeux du cloud pour les collectivités, ou encore les responsabilités des responsables cyber à l’ère de l’IA.

Une table ronde sera notamment consacrée au dispositif de mutualisation de la gestion des risques cyber pour les collectivités et leurs fournisseurs en Île-de-France, illustrant la mise en œuvre de la directive NIS 2.

Innovation et financement

Plus de 15 startups présenteront leurs solutions. L’événement accueillera également le Scale-Ups Investment Day, organisé avec Ryder & Davis, qui mettra en relation des entrepreneurs avec une centaine de fonds d’investissements et d’industriels.

Une extension allemande de l’événement est prévue à Munich le 24 juin 2026.

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France Travail écope de 5 millions € d’amende pour une faille cyber massive

29 janvier 2026 à 11:52

C’est un coup dur pour France Travail. Le 22 janvier 2026, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a infligé une amende de 5 millions € à l’établissement public. La sanction fait suite à une cyberattaque survenue au premier trimestre 2024, qui a compromis les données personnelles de l’ensemble des personnes inscrites sur la plateforme au cours des 20 dernières années.

Une attaque par ingénierie sociale

Les pirates ont utilisé des techniques « d’ingénierie sociale » pour usurper des comptes de conseillers de Cap Emploi, les structures dédiées à l’accompagnement des personnes en situation de handicap. Une fois infiltrés dans le système d’information, les attaquants ont pu accéder à une masse considérable de données sensibles : numéros de sécurité sociale, adresses mail et postales, numéros de téléphone de tous les inscrits et candidats sur francetravail.fr.

Si les dossiers complets des demandeurs d’emploi, incluant notamment des données de santé, n’ont pas été compromis, l’ampleur de la fuite reste considérable.

Des failles de sécurité identifiées… mais pas corrigées

Le contrôle mené par la CNIL a mis en lumière de graves insuffisances dans les mesures de sécurité. Premier point noir : les modalités d’authentification des conseillers Cap Emploi n’étaient pas suffisamment robustes. Deuxième défaillance : l’absence de dispositifs de journalisation efficaces pour détecter les comportements anormaux sur le système.

Mais le plus accablant réside ailleurs. Les habilitations d’accès des conseillers Cap Emploi avaient été définies de manière trop large, leur permettant d’accéder aux données de personnes qu’ils n’accompagnaient pas directement. Cette configuration a démultiplié le volume de données accessibles aux attaquants.

La formation restreinte de la CNIL, chargée de prononcer les sanctions, a souligné un élément aggravant : France Travail avait identifié la plupart de ces mesures de sécurité dans ses analyses d’impact, en amont du traitement des données. Elles n’avaient simplement jamais été mises en œuvre.

Une sanction assortie de mesures correctives

Outre l’amende de 5 millions €, la CNIL a enjoint France Travail de justifier des mesures correctives apportées, selon un calendrier précis. À défaut, l’organisme devra s’acquitter d’une astreinte de 5 000 € par jour de retard.

Pour un établissement public dont le budget repose essentiellement sur les cotisations sociales, la sanction n’est pas anodine. Le montant de l’amende, qui ne peut dépasser 10 millions € pour un manquement à la sécurité des données selon l’article 32 du RGPD, sera reversé au budget de l’État via le Trésor public.

France Travail regrette « la sévérité » de la sanction

Dans un communiqué, France Travail a pris acte de la décision sans la contester devant le Conseil d’État. L’établissement reconnaît « la gravité des faits survenus » et sa « responsabilité en matière de protection des données », tout en regrettant « la sévérité » de la sanction « au regard de notre très fort engagement en matière de cybersécurité ».

France Travail affirme avoir anticipé la décision du régulateur en mettant en place « d’ores et déjà les mesures correctives demandées ». L’établissement indique notamment avoir déployé la double authentification depuis près de deux ans et engagé les développements nécessaires pour répondre à l’ensemble des injonctions de la CNIL.

L’organisme met en avant ses efforts en matière de cybersécurité, affirmant déjouer « près de 10.000 actes de malveillance cyber » chaque année. Il souligne également avoir renforcé sa politique de sensibilisation : les collaborateurs et ceux des partenaires doivent désormais suivre des formations obligatoires renouvelées tous les six mois, conditionnant l’accès au système d’information.

« Dans un contexte où les menaces cyber ne cessent d’augmenter, nous restons plus que jamais mobilisés pour renforcer nos systèmes de protection », conclut France Travail, rappelant que 90 % des incidents cyber proviennent d’erreurs humaines.

Image : © Cnil 

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Puces DRAM : la pénurie s’aggrave, les smartphones et PC en première ligne

29 janvier 2026 à 11:21

Le marché des semi-conducteurs traverse une nouvelle zone de turbulences. Samsung Electronics et SK Hynix, qui se partagent les deux tiers du marché mondial des puces DRAM, ont lancé un avertissement sans précédent : les fabricants d’ordinateurs et de smartphones vont manquer de composants essentiels. En cause, la priorité donnée aux puces destinées aux serveurs d’IA, bien plus rémunératrices.

« Les clients des secteurs PC et mobile rencontrent des difficultés pour s’approvisionner en mémoire », a reconnu Park Joon Deok, responsable du marketing DRAM chez SK Hynix, lors d’un échange avec un analyste.

La course effrénée à l’infrastructure d’intelligence artificielle oblige les fabricants à réorienter leurs capacités de production vers la mémoire à large bande passante (HBM), réduisant mécaniquement l’offre de puces DRAM classiques.

Cette tension s’explique également par la prudence des industriels. Échaudés par une expansion trop agressive après le supercycle de 2017, ils rechignent aujourd’hui à investir dans de nouvelles lignes de production. Samsung a d’ailleurs confirmé que cette expansion resterait limitée en 2026 et 2027.

La face cachée du boom de l’IA

Les conséquences se font déjà sentir. Face à l’envolée des prix, certains fabricants ajustent leurs volumes d’achat ou reconsidèrent les spécifications techniques de leurs produits d’entrée de gamme.

Les prévisions de marché s’assombrissent : IDC et Counterpoint anticipent désormais une contraction d’au moins 2% des ventes mondiales de smartphones en 2026, là où ils prévoyaient auparavant une croissance. Côté PC, le repli pourrait atteindre 4,9% cette année, après une progression de 8,1% en 2025.

Samsung, numéro deux mondial des smartphones, n’est pas épargné. Son bénéfice dans la division mobile a chuté de 10% au quatrième trimestre.

La bataille du HBM fait rage

En coulisse, une guerre commerciale féroce oppose les deux géants coréens sur le segment stratégique des puces HBM, essentielles à la construction des processeurs d’IA. SK Hynix, fournisseur privilégié de Nvidia, domine largement avec 61% de parts de marché, contre seulement 19% pour Samsung et 20% pour l’américain Micron.

Samsung entend bien combler son retard et promet de poursuivre la montée en puissance de sa production dédiée à l’IA. De son côté, SK Hynix s’engage à maintenir sa position « écrasante » sur les puces HBM4 de nouvelle génération. Une bataille qui risque d’aggraver encore la pénurie touchant les produits grand public.

Apple a indiqué que la hausse des prix des puces mémoire commence à peser sur sa rentabilité ce trimestre. « Nous constatons une hausse significative continue des prix de la mémoire sur le marché », a souligné Tim Cook, son PDG , ce jeudi lors d’une conférence téléphonique, interrogé sur l’impact de cette pénurie sur ses plans de production annuels.

 

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Microsoft 365 Copilot atteint 15 millions d’utilisateurs

29 janvier 2026 à 10:48

Satya Nadella, le CEO de Microsoft, a révélé pour la première fois que M365 Copilot compte 15 millions d’utilisateurs annuels. Ce volume exclut les fonctions de chat Copilot plus limitées, accessibles sans licence complète. La base d’utilisateurs exposée à l’IA Microsoft est donc plus large.

Adoption en entreprise : profondeur vs couverture

Le service coûte 30 $ par mois et par utilisateur (28 € en France pour l’offre « Grande entreprise »). Ce tarif s’ajoute aux licences Microsoft 365 existantes. Si le taux d’activation reste élevé sur l’année, Microsoft peut générer plusieurs milliards de dollars de revenus récurrents. L’éditeur présente Copilot comme une brique stratégique pour rentabiliser ses investissements massifs dans l’IA. Ces dépenses d’infrastructure visent à soutenir ses propres produits sur le long terme.

Microsoft souligne une forte pénétration de Copilot dans les grandes entreprises. Près de 70% des sociétés du Fortune 500 l’utilisent déjà ou ont lancé des déploiements. Cependant, plusieurs analyses nuancent ce constat. L’usage effectif reste souvent concentré sur des groupes pilotes. Les fonctionnalités IA demeurent parfois sous-exploitées par rapport au parc de licences acheté.

Microsoft généralise Copilot dans GitHub, Power Platform, Azure OpenAI et LinkedIn. L’éditeur crée ainsi un continuum d’assistants IA, du développeur au décideur métier.

Autre chiffre communiqué. la croissannce de GitHub Copilot auprès des développeurs. Les abonnements Copilot Pro+ pour développeurs individuels ont bondi de 77 % en un trimestre. La plateforme comptabilise désormais plus de 4,7 millions d’abonnés payants à Copilot, soit une croissance de 75 % sur un an.

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Fusion Chrome OS-Android : Google sème des indices… potentiels

28 janvier 2026 à 17:10

Android et ChromeOS fusionnés, qu’est-ce que ça peut donner ?

Sous le nom de code Aluminium, Google a entrepris la démarche, avec les Chromebooks en première ligne. Pour le moment, il n’en a pas fourni d’aperçu… sinon dans un rapport de bug qui fut brièvement accessible au public. Assez pour qu’on en extraie deux captures d’écran vidéo. Elles laissent entrevoir une UI proche de ce qu’est actuellement Chrome OS. Avec toutefois quelques différences :

  • Date et heure situées en haut à gauche (et non pas en bas à droite)
  • Barre d’état localisée en haut à droite (et non pas, là aussi, en bas à droite)
  • Icônes centrées sur la barre des tâches (comportement par défaut sur le mode bureau d’Android 16, vs alignement à gauche sur ChromeOS)
  • Icônes Wi-Fi et batterie d’Android 16
  • Apparence du pointeur de souris légèrement modifiée

Autre particularité : la mise à jour de Chrome se fait depuis l’application Play Store, sans fermeture du navigateur.

Le numéro de build inclut l’identifiant ALOS, probablement pour « Aluminium OS ». Une référence à Android 16 apparaît sur la page de version de Chrome.

Sans Chromebook Plus, point de salut ?

L’appareil est un Chromebook de 2022, qu’on ne trouve plus à la vente neuf : le HP Elite Dragonfly 13.5. Ce convertible tactile fut livré avec une sélection de processeurs Intel Core de 12e génération et au minimum 8 Go de RAM. Soit exactement le palier de specs pour bénéficier du sceau Chromebook Plus.

HP Dragonfly Chromebook

De là à supposer qu’Aluminium soit réservé aux Chromebook Plus, il n’y a qu’un pas… que la rumeur a déjà franchi.

Pour ce qui est du hardware à venir, on a vu émerger, dans les dépôts Chromium, les références Sapphire et Ruby.
Sapphire pourrait être une tablette haut de gamme en MediaTek Kompanio Ultra, avec barre LED, stylet et capteur d’empreintes. Ruby, un laptop lui aussi haut de gamme, en Panther Lake (plate-forme des Core Ultra série 3).

Pour l’un et l’autre, il existe des commits signés d’adresses en @lcfc, attribuables à du personnel d’une filiale de Lenovo fabricante d’ordinateurs portables. Surtout, le logo de l’entreprise chinoise a été ajouté dans la configuration de leurs écrans de démarrage respectifs (ici pour Sapphire, pour Ruby).

L’IA « au cœur du système » : Disco, un avant-goût potentiel

L’offre d’emploi qui avait permis de découvrir le nom de code Aluminium en novembre dernier ne fermait pas la porte à des appareils en entrée et milieu de gamme. Ni à des PC de bureau, en plus des clamshells, des détachables et des tablettes. On y apprenait par ailleurs que l’IA serait au cœur du système. L’expérimentation Disco, ouverte aux utilisateurs de 18 ans et plus aux États-Unis, pourrait en être une avant-première. Il s’agit d’un navigateur où Gemini crée des applications « GenTabs » ancrées sur le contenu des onglets ouverts.

Google a assuré qu’il n’abandonnerait en tout cas pas ChromeOS. Les fenêtres de support des appareils existants resteront en tout cas valables. Pour autant, on ne nous détaille pas quel sera le niveau de ce support.

Le rapprochement de ChromeOS et d’Android avait démarré par l’unification des piles Bluetooth en 2024. L’intégration du mode desktop sous sa forme actuelle s’est faite en parallèle. Fin 2024, le fenêtrage du bureau était arrivé sur les tablettes. Avec Android 16, Google a poussé des fonctionnalités de gestion des écrans externes.
Dans le même esprit de convergence, des travaux sont en cours sur une version de Chrome pour Android gérant les extensions.

Illustration principale générée par IA

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Les premières applications MCP « interactives » arrivent

28 janvier 2026 à 12:49

Une dizaine d’applications connectées à Claude sont désormais « interactives ».

En toile de fond, la stabilisation de la spécification MCP Apps. Elle avait pris forme il y a quelques semaines, à la croisée du projet MCP-UI et de l’Apps SDK d’OpenAI, avec Anthropic dans la boucle. La promesse : standardiser la déclaration de ressources UI par les serveurs MCP.

La spec initiale se concentre sur le contenu text/html. Elle sépare les données des templates pour permettre aux applications hôtes de contrôler ces derniers avant exécution. Le rendu passe par un iframe. Les communications se font sur JSON-RPC et sont donc auditables.

Lors de la connexion à un serveur MCP, l’hôte signale s’il gère ou non ces composants UI. Dans la négative, les outils associés ne délivrent que du texte. Il communique aussi diverses préférences : locale et timezone, thème (clair ou sombre), mode d’affichage (inline, plein écran ou incrustation), plate-forme (mobile, web ou desktop)…

9 applications interactives pour commencer

Microsoft a intégré MCP Apps dans Visual Studio Code pour les bêtatesteurs. L’agent de codage Goose a aussi franchi le pas. Comme OpenAI, censé officialiser dans la semaine ses premières « applications interactives » fondées sur cette spécification.

En attendant, on peut en expérimenter une dizaine sur les versions payantes de Claude (Pro, Max, Team, Enterprise).

Amplitude

Mis à jour avec le support de MCP Apps, le connecteur pour Amplitude permet de créer des graphes et de les explorer (modification du format, affichage d’informations au survol, lien pour les ouvrir dans le navigateur).

Asana

Avec MCP Apps, le connecteur Asana peut créer des projets à partir de prompts et/ou de documents. Pour chaque tâche, les assignations et les dates d’échéance sont modifiables sur l’interface, où on peut aussi afficher une vue calendrier.

Box

MCP Apps permet au connecteur Box d’avoir un aperçu d’un fichiers et de poser des questions à son sujet. L’IA de Box peut prendre le relais de Claude pour résumer des documents et en extraire des actions ou des données structurées.

Canva

MCP Apps pour le connecteur Canva donne la possibilité de créer divers types de contenus (diagrammes, présentations, templates…), de les éditer, d’y faire des recherches et des les redimensionner/exporter.

Clay

En plus des visualisations interactives, MCP Apps apporte, entre autres possibilités, la génération et l’édition de texte, ainsi que la consultation de cartes de profils avec possibilité d’envoyer un message.

Figma

La création de diagrammes – y compris à partir de documents – arrive aussi dans l’application Figma. L’interface permet également d’implémenter un design en HTML/CSS et d’implémenter des composants en s’appuyant sur les standards d’une codebase.

Hex

MCP apporte diverses visualisations interactives (diagrammes, tables, étapes de raisonnement). Les réponses héritent du contexte et des contrôles d’accès de l’espace de travail Hex, nous précise-t-on.

Monday.com

Les visualisations apportées par MCP Apps permettent de créer des tableaux (boards), de mettre à jour le statut de certains éléments et d’obtenir des suggestions pour l’attribution de tâches.

Monday Claude MCP Apps

Slack

Telle que présentée, l’intégration Claude-Slack à la mode MCP Apps permet de composer/éditer des messages et de les envoyer dans des canaux ou à des membres d’équipe.

Toutes ces fonctionnalités sont accessibles sur le web et la version de bureau. Pas sur l’app mobile Claude. Anthropic affirme qu’il les étendra « bientôt » à son produit Cowork.

Illustration principale générée par IA

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