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Reçu — 26 décembre 2025

Quand l'IA vous aide à hacker la mémoire des jeux

Par :Korben
26 décembre 2025 à 06:42

Les vieux de la vieille connaissent forcement Cheat Engine puisque c'est LE logiciel culte pour tripatouiller la mémoire des jeux , trouver l'adresse où est stockée votre santé, votre or, vos munitions, et la modifier à la volée. Sauf que manuellement, c'est un travail de fourmi... Trouver un pointeur stable qui ne change pas à chaque redémarrage du jeu, ça peut prendre des jours, voire des semaines de bidouillage.

Hé bien quelqu'un a eu l'idée un peu folle de brancher Claude directement sur Cheat Engine et visiblement le résultat est au rendez-vous.

Le projet s'appelle cheatengine-mcp-bridge et c'est un pont entre les IA compatibles MCP (Claude, Cursor, Copilot) et Cheat Engine. Concrètement, ça veut dire que vous pouvez maintenant demander à Claude de faire le boulot de reverse engineering à votre place, en langage naturel.

Dans cet outil, y'a trois couches qui communiquent ensemble : l'IA qui reçoit vos questions en langage humain, un serveur Python qui traduit tout ça en commandes techniques, et un script Lua côté Cheat Engine qui exécute les opérations sur le processus ciblé.

Et les possibilités sont dingues puisque l'outil expose pas moins de 39 "tools" MCP différents. Vous pouvez lire la mémoire (entiers, floats, strings, pointeurs), suivre des chaînes de pointeurs complexes du genre [[base+0x10]+0x20]+0x8, scanner des valeurs, analyser du code désassemblé, identifier des objets C++ via les infos RTTI, et même poser des breakpoints hardware. Il y a même le support du DBVM, le mode hyperviseur de Cheat Engine qui permet un traçage niveau Ring -1 , beaucoup plus difficile à détecter pour les protections anti-cheat classiques.

Avec ce MCP, vous lancez un jeu, vous demandez à Claude "Scanne l'or, j'en ai 15000". L'IA trouve alors 47 résultats. Vous dépensez un peu d'or dans le jeu, vous dites "Maintenant j'en ai 14900". Claude filtre et garde 3 adresses. Ensuite vous demandez "C'est quoi qui écrit sur la première adresse ?", et hop, breakpoint hardware posé automatiquement. Ensuite, un petit "Désassemble moi cette fonction", et vous avez tout le code de la fonction AddGold devant les yeux.

Tout ce processus qui prenait des heures de tatonnement se fait maintenant en mode conversation.

Pour l'instant c'est en lecture seule, pas d'écriture mémoire possible (probablement une sage précaution) et l'outil utilise les registres de débogage hardware DR0 à DR3, ce qui limite à 4 breakpoints simultanés mais garantit une compatibilité maximale avec les protections anti-cheat basiques.

Côté prérequis, c'est Windows only (à cause des canaux nommés ), Python 3.10 minimum, et Cheat Engine 7.5 ou plus récent. Et l'installation demande quelques étapes également... Il faut d'abord activer DBVM dans les settings de Cheat Engine, charger le script Lua, et configurer le chemin du serveur MCP dans votre IDE. Et n'oubliez pas de désactiver l'option "Query memory region routines" sinon vous risquez un joli écran bleu CLOCK_WATCHDOG_TIMEOUT.

C'est un projet encore frais mais j'ai trouvé ça cool, d'où le partage ici. Bon évidemment, on reste dans le domaine du reverse engineering et du modding de jeux et comme toujours, c'est destiné à un usage éducatif et de recherche donc ne venez pas pleurer si vous vous faites bannir d'un jeu en ligne, hein.

Mais en tout cas, pour les passionnés de rétro-ingénierie, les créateurs de trainers, ou simplement les curieux qui veulent comprendre comment fonctionne un jeu sous le capot, c'est un outil incroyable ! L'IA qui se met au hacking de jeux, on n'arrête vraiment plus le progrès.

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Reçu — 9 décembre 2025
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Reçu — 25 novembre 2025

Plus asynchrone, plus interactif… Les évolutions en cours du protocole MCP

25 novembre 2025 à 13:40

Grâce à MCP, les applications viennent à ChatGPT.

C’est le principe de l’Apps SDK actuellement en preview chez OpenAI. Il permet de fournir des interfaces interactives par l’intermédiaire des serveurs qui utilisent ce protocole.

Le projet MCP-UI, emmené par des ingénieurs de Palo Alto Networks et de Shopify, a la même philosophie.

Voilà que les deux initiatives convergent – avec Anthropic dans la boucle – afin de créer une extension officielle pour MCP. Promesse : pouvoir déclarer des ressources UI, les lier à des outils, les embarquer dans une application, puis gérer la communication bidirectionnelle avec celle-ci. Et éviter ainsi d’avoir à implémenter trop de logique côté client (par exemple pour le rendu d’un graphe à partir de JSON).

L’extension « Applications MCP », telle qu’envisagée, sépare templates et données pour une mise en cache plus efficace. Elle permet aux applications hôtes de contrôler les templates avant de les exécuter. Les communications se font sur JSON-RPC et sont donc auditables. La spec initiale ne gère que le contenu text/html, affiché dans des iframes isolés (sandbox).

Un protocole plus asynchrone

Il fut, pendant un temps, question de publier une nouvelle version de la spécification MCP ce 25 novembre 2025 – soit un an tout juste après l’ouverture du protocole à la communauté. On en est finalement à la release candidate… qui donne cependant une bonne idée des évolutions à venir.

Par rapport à la version précédente (18 juin), on progresse sur la gestion des opérations asynchrones. Une primitive expérimentale « tâche » avec un système d’identifiant a effectivement été ajoutée. En l’interrogeant, on peut, d’une part, suivre l’état d’une tâche exécutée en arrière-plan. De l’autre, accéder aux résultats « en différé », pendant une durée définie par le serveur. L’ancienne et la nouvelle sémantiques sont gérées sur une même méthode RPC.

Du progrès, il y en a aussi sur la découverte de serveurs d’autorisation. La gestion d’OpenID Connect Discovery 1.0 vient compléter celle des métadonnées OAuth 2.0. En parallèle, la stratégie de sélection du champ d’application (scope) est structurée à travers l’en-tête WWW-Authenticate, sur le principe du moindre privilège. Et la spec permet aux clients OAuth d’héberger leurs métadonnées (document JSON) sur une URL HTTPS afin de pouvoir fonctionner avec des serveurs d’autorisation vis-à-vis desquels il n’existe pas de relation préalable.

La version précédente de la spécification avait introduit de quoi envoyer des informations non sensibles par un mécanisme de type formulaire. La nouvelle version vient couvrir la transmission de données sensibles (secrets, opérations de paiement…) avec un mode hors bande fondé sur des URL de confiance qui s’ouvrent dans le navigateur. Avec lui, il n’y a pas besoin d’exposer d’éléments dans le client MCP.

On aura aussi noté la prise en charge des schémas d’énumération à choix multiple, l’ajout d’une convention de nommage des outils et la possibilité d’associer des icônes aux ressources serveur (outils, templates, prompts…).

Vers des « extensions officielles »

Pour favoriser les implémentations sectorielles et/ou adaptées à des cas d’usage, MCP va reconnaître et documenter les plus populaires, en tant qu' »extensions officielles ».

En attendant, le projet en absorbe un autre : MCPB (MCP Bundle). Ce format simplifie la distribution de serveurs locaux et leur installation sur tout client compatible. Il utilise des archives zip combinant un serveur (Node.js, Python ou binaires compilés) et son manifeste, sur un principe similaire à celui des extensions Chrome ou VS Code.

Anthropic est à l’origine de MCPB (ex-DXT, Desktop Extensions), d’abord utilisé exclusivement sur les apps de bureau Claude. Il a décidé d’en ouvrir la spec, l’outillage CLI associé et une implémentation de référence (code utilisé par l’app Claude pour Windows et Mac afin de charger et vérifier des bundles).

Des travaux sont également en cours pour conjuguer stateless et scalabilité. Le protocole Streamable HTTP a apporté une réponse partielle, des problèmes demeurant notamment sur la gestion des sessions.

Illustration générée par IA

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