Vue normale

Souveraineté numérique de l’UE : état des lieux et enjeux stratégiques

13 janvier 2026 à 16:03

Avec 83 % des dépenses IT des grandes entreprises captées par des fournisseurs étrangers et une part de marché européenne marginale sur la plupart des segments critiques (OS, cloud, IA générative), l’UE fait face à des risques majeurs de souveraineté et de sécurité.

Ce dossier décrypte les données chiffrées de cette dépendance, analyse la matrice des risques économiques et géopolitiques associés, et illustre concrètement ces enjeux à travers le cas du secteur de l’énergie, où la cybersécurité repose massivement sur des solutions non européennes.

> Dépendances numériques de l’UE : une matrice des risques
L’étude commandée par le Parlement européen propose une matrice d’évaluation du « risque de souveraineté », sur trois axes (contrôle juridique, autonomie technique, indépendance stratégique) comportant chacun trois dimensions

> Les dépendances numériques de l’UE chiffrées, GenAI comprise
Les grandes entreprises européennes orientent près 83 % de leurs budgets IT vers des acteurs américains.

> Dépendances numériques : l’exemple de la cyber dans le secteur de l’énergie
La dépendance de l’UE à des logiciels étrangers trouve une illustration avec les solutions cyber déployées dans le secteur de l’énergie.

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Apple lance Creator Studio : FCP, Logic et Pixelmator dans un abonnement unique (et ça vaut le coup ?)

Par : Korben
13 janvier 2026 à 14:34

Vous le savez, Apple et les abonnements, c'est une grande histoire d'amour. Après Apple Music, Apple TV+, Apple Arcade et Apple One, la firme de Cupertino vient de dégainer une nouvelle offre qui risque de faire du bruit dans le petit monde des créatifs : Apple Creator Studio .

Si vous en avez marre de payer vos licences logicielles au prix fort (ou si au contraire, vous détestez le modèle par abonnement), asseyez-vous, on va regarder ça de près.

La nouvelle suite Apple Creator Studio ( Source )

Concrètement, Apple Creator Studio, c'est un bundle "tout-en-un" qui regroupe la crème de la crème des logiciels pro de la Pomme.

Ainsi, pour 12,99 € par mois (ou 129 € par an), vous accédez à :

  • Final Cut Pro (Mac et iPad)
  • Logic Pro (Mac et iPad)
  • Pixelmator Pro (Mac et... iPad ! Oui, j'y reviens)
  • Motion et Compressor
  • MainStage

Et pour faire bonne mesure, ils ajoutent des fonctionnalités "premium" et de l'IA dans Keynote, Pages et Numbers.

Alors, première réaction à chaud : le prix est agressif. Très agressif.

Si on fait le calcul, acheter Final Cut Pro (299 €), Logic Pro (199 €) et Pixelmator Pro (49 €) en version perpétuelle, ça coûte une petite fortune. Là, pour le prix d'un abonnement Netflix, vous avez toute la suite. Pour les étudiants, c'est même indécent : 2,99 € par mois. Adobe doit commencer à suer à grosses gouttes avec son Creative Cloud à plus de 60 balles... loool.

Mais ce n'est pas juste un repackaging car Apple en profite pour lancer Pixelmator Pro sur iPad. C'était l'un des chaînons manquants et l'app a été optimisée pour le tactile et l'Apple Pencil, et intègre des outils d'IA comme la Super Résolution (un peu comme ce que propose Upscayl , un outil libre que j'adore).

Pixelmator Pro débarque enfin sur iPad ( Source )

Côté vidéo, Final Cut Pro gagne des fonctionnalités "intelligentes" (comprenez : bourrées d'IA). On note l'arrivée du Montage Maker sur iPad, qui monte vos rushs tout seul en se basant sur les "meilleurs moments" (mouais, à tester), et surtout une fonction Beat Detection qui cale automatiquement vos cuts sur le rythme de la musique. Ça, pour les monteurs qui font du clip ou du vlog dynamique, c'est un gain de temps monstrueux. C'est d'ailleurs le genre d'optimisation dont je parlais dans mon article sur mon process de tournage .

L'interface de Final Cut Pro avec les nouvelles fonctions IA ( Source )

Bon, tout ça c'est bien beau, mais il y a un "mais".

Le modèle par abonnement, c'est aussi la perte de la propriété car auand vous achetez une licence à vie, le logiciel est à vous (enfin, façon de parler, mais vous voyez l'idée). Là, si vous arrêtez de payer, vous perdez vos outils. Et quand on voit comment Apple peut parfois verrouiller des comptes sans préavis , mettre tous ses œufs créatifs dans le même panier iCloud, ça peut faire peur.

C'est donc encore une fois un gros changement... Même si Apple garde (pour l'instant) l'option d'achat unique pour les versions Mac. Mais pour combien de temps ?

Et surtout, les nouvelles fonctionnalités IA semblent être malheureusement réservées à ce modèle "Studio".

Bref, si vous démarrez dans la création ou si vous êtes étudiant, c'est une aubaine incroyable. Après pour les vieux briscards qui aiment posséder leurs outils, c'est peut-être le début de la fin d'une époque. Perso, je suis partagé entre l'excitation d'avoir Pixelmator sur mon iPad et la tristesse de voir encore un abonnement à la con s'ajouter à la pile.

À vous de voir si le jeu en vaut la chandelle.

Disponibilité prévue le 28 janvier !

Source

Yann LeCun quitte Meta : les coulisses d’une rupture

13 janvier 2026 à 14:29

C’est au restaurant étoilé Pavyllon, à deux pas du Grand Palais parisien, que Yann LeCun s’est confié au Financial Times dans le cadre de sa série « Lunch with the FT ».

Attablé pour un déjeuner de trois heures et demie, le chercheur français de 64 ans a expliqué sans détour pourquoi il a décidé de quitter Meta après onze ans de bons et loyaux services. « Rester est devenu politiquement difficile », confie-t-il. Une litote pour décrire une rupture qui révèle les tensions croissantes au sein du groupe californien sur la direction à prendre en matière d’IA.

LLM : un modèle en fin de course

Au cœur du conflit : une divergence fondamentale sur l’avenir technologique de l’intelligence artificielle. LeCun, prix Turing et figure tutélaire du deep learning, ne croit pas aux grands modèles de langage comme voie vers la superintelligence. Pour lui, les LLM sont utiles mais limités, contraints par le langage seul. Une conviction qui détonne dans une Silicon Valley obsédée par cette approche.

Le problème ? Meta vient justement de miser massivement sur cette technologie. Après le lancement de ChatGPT fin 2022, l’entreprise a réorganisé ses équipes autour de Llama, son propre modèle de langage.

Le tournant s’opère véritablement en 2025. Mark Zuckerberg, déçu par les performances de Llama 4, décide de frapper fort. Il investit 15 milliards $ dans Scale AI et embauche son patron, Alexandr Wang, 28 ans, pour diriger le nouveau laboratoire de recherche TBD Lab. Une décision qui place ce jeune entrepreneur à la tête de l’unité de recherche en IA de Meta. Ses nouvelles recrues, attirées à coups de primes pouvant atteindre 100 millions $, sont selon LeCun « complètement convaincues par les LLM ».

LeCun se retrouve ainsi managé par quelqu’un qu’il qualifie de « jeune » et « inexpérimenté ». S’il reconnaît que Alexandr Wang apprend vite, il souligne son manque d’expérience en matière de recherche fondamentale. « On ne dit pas à un chercheur ce qu’il doit faire. On ne dit certainement pas à un chercheur comme moi ce qu’il doit faire », lance-t-il.

La communication se dégrade également avec l’unité IA générative. LeCun regrette que ses équipes proposent des innovations ambitieuses quand la direction ne retient que des projets éprouvés et sans risque. Une prudence qui, selon lui, conduit l’entreprise à prendre du retard.

Une organisation bouleversée

Plus profondément, LeCun refuse de renier ses convictions scientifiques. Certains chez Meta aimeraient qu’il cesse de proclamer publiquement que les LLM constituent une impasse pour atteindre la superintelligence. Mais le chercheur ne transige pas : « Je ne vais pas changer d’avis parce qu’un type pense que j’ai tort. Je n’ai pas tort. Mon intégrité de scientifique ne me le permet pas. »

Cette inflexibilité s’explique aussi par sa vision alternative : les modèles du monde, ou world models, qu’il développe depuis des années. Cette architecture baptisée V-JEPA vise à donner aux machines une compréhension du monde physique en apprenant à partir de vidéos, et non uniquement du langage. Une approche qui intéresse davantage l’industrie lourde et l’aéronautique que les réseaux sociaux.

Cap vers AMI Labs

LeCun prépare désormais son prochain chapitre : Advanced Machine Intelligence Labs, une start-up qui incarnera sa vision de l’intelligence artificielle avancée. Il y occupera le poste de président exécutif, laissant la direction opérationnelle à Alex LeBrun, cofondateur de la startup française Nabla. Une structure qui lui permettra de conserver la liberté de recherche qu’il chérissait chez Meta. Pourquoi ne doit pas prendre le rôle de CEO ?  « Je suis à la fois trop désorganisé et trop vieux ! » confie Yann LeCun.

Le chercheur promet des premières versions de sa technologie dans les douze mois. Pas encore la superintelligence, mais un chemin vers celle-ci. Emmanuel Macron lui-même aurait manifesté sa satisfaction de voir cette nouvelle entreprise mondiale maintenir des liens étroits avec la France.

Après des décennies passées à façonner l’IA moderne, Yann LeCun entame donc un nouveau cycle. Son ambition ? Augmenter la quantité d’intelligence dans le monde. « L’intelligence, c’est vraiment ce dont nous devrions avoir davantage », affirme-t-il.

Photo : © DR

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Apple et Google scellent une alliance stratégique majeure dans l’IA

13 janvier 2026 à 10:58

C’est la fin du suspense sur la stratégie IA d’Apple. L’inventeur de l’iPhone a officialisé un accord stipulant que les modèles Gemini alimenteront la prochaine génération d’Apple Intelligence et le Siri entièrement remanié prévu pour fin 2026.

Le deal, qui prolonge leur collaboration historique sur la recherche (search), replace Google face à OpenAI dans la course à l’IA générative, avec un accès privilégié à plus de deux milliards d’appareils Apple actifs.

Gemini, socle technologique de l’IA pour Apple

Apple a tranché après évaluation en faveur de la technologie de Mountain View, jugeant que « la technologie d’intelligence artificielle de Google offrait la base la plus performante » pour ses modèles Apple Foundation. Ces briques logicielles alimenteront non seulement Siri, mais également l’ensemble des fonctionnalités futures d’Apple Intelligence.

Les termes financiers de l’accord restent confidentiels, mais des sources industrielles évoquent un montant de 1 milliard $ annuel.

Cette décision relègue ChatGPT, intégré de manière optionnelle fin 2024, à un rôle de simple complément pour les requêtes les plus complexes. Un camouflet pour OpenAI, dont le PDG Sam Altman a déclenché un « code red » interne face à la montée en puissance de Gemini 3. Comme le souligne Parth Talsania d’Equisights Research, ce choix  « rétrograde OpenAI en rôle secondaire », transformant ChatGPT en solution d’appoint plutôt qu’en fondation stratégique.

« Apple Intelligence continuera de fonctionner sur les appareils Apple et sur le cloud privé, tout en préservant les normes de confidentialité de pointe d’Apple » assure les deux groupes. L’architecture retenue permet à Apple de conserver le contrôle total de l’intégration, de l’orchestration et de l’interface utilisateur, limitant ainsi l’accès de Google aux données brutes de ses clients.

Gemini sur plus de 2 milliards de terminaux

Pour Google, l’enjeu dépasse largement la question financière. Gemini devient le standard de facto sur mobile grâce aux partenariats Apple et Samsung (déjà intégré dans Galaxy AI), ce qui booste mécaniquement les revenus cloud et enrichit les données d’entraînement. La valorisation boursière d’Alphabet a d’ailleurs franchi le cap symbolique des 4 000 milliards $, portée par une hausse spectaculaire de 65% en 2025 sur fond d’optimisme autour de l’IA.

Pour Apple, c’est une bouée de sauvetage stratégique qui accélère brutalement le rattrapage. Retardataire notoire sur l’IA générative, il a accumulé les déboires : reports successifs de la mise à niveau de Siri (décalée à 2026), départs d’exécutifs clés comme John Giannandrea et accueil tiède pour ses premiers outils d’intelligence artificielle.

L’accord avec Google permet d’accélérer brutalement le rattrapage en évitant des années de recherche et développement solitaire, tout en capitalisant sur un partenariat existant qui génère déjà des dizaines de milliards $ annuels via le trafic de recherche.

Ce deal risque toutefois d’attirer l’attention des autorités antitrust, déjà mobilisées sur les contrats d’exclusivité dans la recherche. L’extension au domaine de l’IA pourrait déclencher de nouvelles enquêtes sur les pratiques anticoncurrentielles.

Illustration : image générée par l’IA

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Harmattan AI : la pépite française de l’IA de défense devient licorne

12 janvier 2026 à 15:30

À peine neuf mois après sa création, Harmattan AI, spécialisée dans les systèmes autonomes de défense dopés à l’intelligence artificielle vient de boucler une levée de fonds de 200 millions $ en série B, portant sa valorisation à 1,4 milliard $.

Une opération menée par Dassault Aviation qui propulse la jeune pousse au rang de première licorne française de l’armement.

Dassault Aviation mise gros sur l’autonomie

En prenant la tête de ce tour de table aux côtés d’investisseurs financiers déjà présents, l’avionneur français ne se contente pas d’un pari financier. Il s’offre un partenaire stratégique pour ses futurs programmes aériens.

Harmattan AI est désormais positionnée pour développer les « fonctions d’IA embarquées » du Rafale F5, ainsi que les systèmes aériens inhabités (UCAS) qui accompagneront les chasseurs de sixième génération du SCAF (Système de combat aérien du futur).

Ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie plus large orchestrée avec Thales et l’Agence ministérielle pour l’IA de défense (AMIAD) : bâtir une intelligence artificielle de combat souveraine, capable de rivaliser avec les géants américains et chinois.

Licorne en moins d’un an

Fondée en avril 2024 par Mouad M’Ghari et Martin de Gourcuff, Harmattan AI  développe une gamme complète de systèmes autonomes intégrés : drones de frappe et de surveillance, plateformes de commandement et briques logicielles d’IA embarquée. Son approche « full stack » ( maîtrise du hardware comme du software) séduit les états-majors.

Les succès commerciaux se sont enchaînés à une vitesse inédite dans un secteur réputé pour ses cycles décisionnels interminables. Un contrat emblématique avec la Direction générale de l’armement (DGA) pour plusieurs milliers de drones, destinés notamment à l’exercice militaire Orion 2026, puis une commande de l’armée britannique pour des drones d’entraînement. De quoi valider le modèle et attirer l’attention des industriels historiques.

Avec cette manne de 200 millions $, Harmattan AI vise une montée en cadence spectaculaire pour atteindre une production de plusieurs dizaines de milliers de drones par mois à court terme. Un objectif qui nécessitera de muscler considérablement l’appareil industriel et les chaînes d’approvisionnement.

Les fonds serviront également à étendre le déploiement de ses algorithmes d’IA à de nouveaux théâtres d’opérations : défense aérienne multi-niveaux, interception de drones, guerre électronique. L’entreprise compte renforcer massivement ses équipes de R&D et d’ingénierie logicielle pour tenir la cadence technologique face à une concurrence internationale qui s’intensifie.

La French Tech défense entre en scène

L’entrée d’Harmattan AI dans le club des licornes marque un tournant pour l’écosystème français de la défense. Longtemps dominé par les grands industriels historiques, le secteur voit émerger une nouvelle génération de startups qui articulent souveraineté, IA et capacité de production à grande échelle. À l’image d’Helsing en Allemagne ou d’Anduril aux États-Unis, ces jeunes pousses bousculent les codes et les positions établies.

Cette évolution reflète un changement doctrinal profond. Les armées françaises et européennes intègrent désormais pleinement les startups dans la chaîne de valeur de l’armement, conscientes que l’innovation de rupture vient souvent de l’extérieur des grands programmes étatiques. Le soutien de l’AMIAD et les nouvelles modalités d’achats publics facilitent ces rapprochements.

Reste désormais à transformer l’essai industriel. Car dans ce domaine ultra-exigeant où la fiabilité opérationnelle est non négociable, le passage de la startup prometteuse au fournisseur stratégique des armées constitue un marathon autrement plus redoutable qu’une levée de fonds, aussi spectaculaire soit-elle.

Image : © DR

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Anthropic lance son offensive dans la santé avec Claude

12 janvier 2026 à 12:25

Quelques jours seulement après l’annonce de son rival OpenAI, Anthropic réplique avec « Claude for Healthcare ».

La scale-up basée à San Francisco vient de dévoiler son offensive dans le secteur lucratif de la santé en annonçant que son chatbot Claude était désormais conforme à la norme HIPAA (Health Insurance Portability and Accountability Act). Un sésame réglementaire indispensable aux États-Unis pour permettre aux hôpitaux et prestataires de soins de manipuler des données de santé protégées.

Un hub de données personnelles sous conditions

Avec Claude for Healthcare, l’ambition d’Anthropic ne s’arrête pas aux couloirs des hôpitaux. Côté grand public, l’entreprise permet désormais à ses utilisateurs d’exporter leurs données de santé depuis des applications comme Apple Health ou Function Health. L’objectif est d’ aider les particuliers à centraliser leurs dossiers médicaux pour mieux les partager avec leurs médecins.

Toutefois, cette intégration directe est actuellement réservée aux utilisateurs basés aux États-Unis, où le cadre HIPAA prévaut. Pour les utilisateurs européens, si l’accès à Claude est disponible, l’importation automatisée de données biométriques reste soumise aux évolutions de la conformité locale (RGPD).

Claude intègre désormais des bases de données scientifiques (comme PubMed ou le registre NPI) pour étayer ses réponses par des citations vérifiables. Un argument de poids pour rassurer des cliniciens échaudés par les risques de désinformation liés à l’IA.

« L’IA est prête à avoir un impact majeur sur l’économie globale, dès lors que vous faites ce qu’il faut sur le plan réglementaire et des données », défend Mike Krieger, Chief Product Officer d’Anthropic, en garantissant qu’il n’utilisera pas les données de santé de ses utilisateurs pour entraîner ses modèles.

Une bataille de géants pour le « care »

Si le marché est colossal, la concurrence féroce. Selon Anthropic, Claude séduit déjà des géants comme le système de santé à but non lucratif Banner Health où 22 000 prestataires l’utilisent, mais aussi le groupe pharmaceutique Novo Nordisk ou le centre hospitalier universitaire Stanford Health Care.

Alors que des discussions sont en cours pour une levée de fonds sur la base d’une valorisation stratosphérique de 350 milliards $, Anthropic doit prouver que l’IA peut non seulement automatiser le code informatique, un de ses points forts actuels, mais aussi transformer radicalement la recherche biologique. Le diagnostic ne fait que commencer.

Illustration : © DR

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Andreessen Horowitz franchit un nouveau cap avec 15 milliards de dollars levés

9 janvier 2026 à 17:00

Le fonds d’investissement Andreessen Horowitz (a16z) vient d’annoncer une levée colossale dépassant légèrement 15 milliards de dollars. Un montant qui représente plus de 18 % de l’ensemble du capital-risque distribué aux États-Unis durant l’année 2025, selon les déclarations de Ben Horowitz, cofondateur de la firme. Cette nouvelle injection propulse a16z au-delà de 90 milliards de ... Lire plus

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Anthropic séduit le géant allemand de l’assurance Allianz avec ses modèles d’IA

9 janvier 2026 à 11:25

Le laboratoire de recherche en intelligence artificielle Anthropic continue d’élargir son portefeuille de clients d’envergure. Vendredi dernier, l’entreprise a annoncé un accord stratégique avec Allianz, conglomérat munichois spécialisé dans l’assurance à l’échelle mondiale. L’objectif affiché consiste à introduire une IA responsable dans le secteur assurantiel. Les parties prenantes ont toutefois refusé de divulguer les montants ... Lire plus

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Dépendances numériques de l’UE : une matrice des risques

8 janvier 2026 à 16:22

2017 : Apple empêche la publication d’applications sur l’App Store en Iran. 2019 : GitHub bloque des utilisateurs en Syrie ; Adobe, au Venezuela. 2025 : Microsoft coupe la messagerie du procureur général de la Cour pénale internationale.

Toutes ces mesures ont fait suite à des sanctions dont avait décidé le gouvernement américain. Une étude récemment remise au Parlement européen* les mentionne, en illustration des risques inhérents aux dépendances à des technologies étrangères.

Les technologies chinoises en font aussi partie. Sont évoquées entre autres celles de Xiaomi, qui a capté 12 % du marché européen des smartphones en 2024. Ainsi que celles de Huawei et ZTE, dont les équipements télécoms ont couvert jusqu’à un quart des réseaux mobiles européens.

Une matrice du « risque de souveraineté » sur 9 dimensions

L’étude propose une matrice d’évaluation du « risque de souveraineté », sur trois axes (contrôle juridique, autonomie technique, indépendance stratégique) comportant chacun trois dimensions.

Contrôle juridique

Le risque est jugé maximal (5/5) sur la dimension « pourcentage de logiciels critiques de sources non européennes », en ce qu’on dépasse les 80 %.

Il l’est aussi sur la concentration des dépendances au sein d’une seule juridiction étrangère (États-Unis).

Il est élevé (4/5) pour ce qui est de l’influence gouvernementale sur des fournisseurs-clés (des lois à portée extraterritoriale s’appliquent aux activités de ces fournisseurs dans l’UE).

Autonomie technique

Le risque est moyennement élevé (3/5) concernant la disponibilité de substituts européens (il en existe sur beaucoup des segments étudiés, mais leur adoption reste limitée).

Il l’est aussi sur la complexité technique du changement de fournisseur. Lequel « peut prendre 6 à 15 mois », nous annonce-t-on en citant trois sources : un cas de migration vers S/4HANA, la transition cloud de l’organisme chargé de la régulation des titres municipaux aux USA… et un guide AWS pour les grandes migrations.

Le risque est jugé plus élevé (4/5) pour ce qui est de l’accès au code source : les logiciels les plus utilisés sont propriétaires.

Indépendance stratégique

Le score de risque le moins élevé (2/5) concerne la disponibilité de capacités R&D dans l’UE – même si celles-ci sont « de plus en plus limitées », nous fait-on remarquer.

Pour ce qui est des compétences, on en est à 3/5 (la base est « considérable » mais s’amoindrit).

Même score pour le financement (difficultés notables pour obtenir des capitaux européens). Sur ce point, 28 % des fonds levés par les start-up européennes en 2024 provenaient des USA. Cette même année, les acquisitions par des entreprises américaines ont représenté près de la moitié de la valeur des M&A tech sur le continent.

Le risque économique, du micro au macro

À cette matrice du risque de souveraineté s’en ajoute une sur le risque économique. Là aussi avec trois axes (coûts directs, dépendance au marché et impact macroéconomique).

Coûts directs

Le risque est dit maximal (5/5) sur le coût des produits et services, en ce qu’une part considérable du PIB de l’UE y est consacrée (1,5 % rien que pour les dépenses des entreprises).

Il est moyennement élevé (3/5) concernant les hausses de prix. De l’ordre de 10 % par an, elles sont plus fortes que l’inflation, mais « acceptables pour les acheteurs ».

Pour le coût du changement de fournisseur, on en est à 4/5 : malgré les apports du Data Act, les démarches nécessitent des investissements « irraisonnables ».

Dépendance au marché

Le risque est maximal (5/5) si on le prend sous le prisme de la position de marché des fournisseurs non européens : des acteurs américains captent 70 à 100 % de la plupart des segments étudiés.

Le risque reste élevé (4/5) si on s’intéresse au pouvoir de négociation des entreprises européennes, limité tant par le manque de substituts que par le coût du changement de fournisseur.

Risque également élevé (4/5) pour la dépendance R&D à des fournisseurs étrangers : la plupart des innovations européennes viennent s’adosser à des plates-formes américaines.

Impact macroéconomique

Score maximum sur les trois éléments listés :

  • Compétitivité de l’UE (jugée « affaiblie en permanence »)
  • Effets sur l’emploi (les dépenses des entreprises européennes financent environ 2 millions d’emplois aux États-Unis)
  • Balance commerciale (le déficit dans le secteur numérique dépasse 100 Md€ et continue à croître)

* Gineikyte-Kanclere, V. et Al., 2025, European Software and Cyber Dependencies

Illustration générée par IA

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Marché numérique français : reprise en trompe-l’œil ou vrai rebond ?

8 janvier 2026 à 15:37

Après une année 2025 en demi-teinte (+2 %), le marché du numérique français devrait retrouver des couleurs en 2026 avec une croissance prévue de 4,3 %, selon les dernières projections de Numeum, le syndicat des entreprises du secteur.

Un chiffre qui pourrait rassurer, si l’on s’en tenait aux apparences. Mais la réalité est plus contrastée : cette reprise masque des trajectoires divergentes selon les segments, et pose une question lancinante sur la répartition de la valeur créée.

Un marché qui se désolidarise

Le premier constat tient en trois chiffres. Les éditeurs de logiciels et plateformes affichent une croissance vigoureuse de 8,4 % en 2026, prolongeant leur dynamique de 2025 (+8,2 %), pour atteindre 31,6 milliards €. À l’inverse, les entreprises de services du numérique (ESN) peinent à retrouver leur rythme : après un recul de 1,8 % en 2025 (34,3 milliards), elles ne progresseraient que de 1,4 % en 2026, à 35 milliards. Quant aux sociétés d’ingénierie et de conseil en technologies (ICT), elles reviennent tout juste en territoire positif (+1 %) après une baisse de 2,5 % l’an dernier.

Cette divergence n’est pas anecdotique. Elle illustre un basculement structurel : le passage d’un modèle fondé sur les projets et les prestations intellectuelles vers un modèle de consommation récurrente, porté par le SaaS et les plateformes cloud.

En 2025, 77 % des nouveaux projets des éditeurs ont été réalisés en mode SaaS, contre 53 % en 2021. Cette migration accélérée capte une part croissante des budgets IT, au détriment des services d’intégration traditionnels.

L’IA générative, accélérateur… de quoi exactement ?

L’intelligence artificielle générative est présentée comme le grand moteur de la reprise. Près de 40 % des acteurs du secteur constatent déjà un impact positif sur leurs marges ou leur chiffre d’affaires.

Les gains de productivité sont tangibles : 12,5 % en moyenne en 2025, avec une perspective de 17 % en 2026. Les éditeurs l’utilisent pour accélérer leurs cycles de développement, créer de nouvelles offres (63 % des répondants) et personnaliser leurs solutions.

Mais pour les ESN, le tableau est plus ambigu. L’IA permet certes de répondre plus rapidement aux appels d’offres (54 % des acteurs) et de livrer davantage de projets dans l’année (58 %), mais elle introduit aussi une pression déflationniste. Si l’on délivre plus vite, pourquoi facturer autant ? Certains clients commencent à renégocier leurs contrats à la baisse, pointant les gains de productivité pour justifier une compression des tarifs. Résultat : 15 % des entreprises interrogées évoquent une pression accrue sur les prix, 10 % une réduction du temps facturable.

Cette dynamique pose une question centrale : qui capte la valeur générée par l’IA ? Les gains de productivité se traduisent-ils en marges supplémentaires pour les prestataires, en tarifs réduits pour les clients, ou en nouvelles capacités qui justifient un niveau de facturation stable ? Pour l’instant, la réponse n’est pas tranchée. Et c’est précisément ce flou qui inquiète.

La souveraineté numérique, du discours à la réalité

Autre thème en vogue : la souveraineté numérique.

Numeum relève que 42 % des entreprises du secteur accompagnent leurs clients sur des projets liés à cette thématique. Mais la dynamique reste embryonnaire : 80 % des acteurs ont réalisé moins de dix projets en 2025, avec un panier moyen compris entre 100 000 et 150 000 euros. Loin, donc, des grands programmes structurants.

Ce concept, longtemps cantonné aux discours politiques, commence néanmoins à se matérialiser sous la pression de plusieurs facteurs : obligations réglementaires (NIS2, IA Act), tensions géopolitiques et méfiance croissante envers les solutions américaines dominantes. Mais le passage de l’intention à l’investissement reste lent, freiné par la complexité technique et les arbitrages budgétaires.

Un retour de la croissance… sans l’emploi ?

Derrière les prévisions optimistes, un angle mort persiste : l’emploi. En 2024, le secteur a perdu 7 500 postes. L’année 2025 s’est inscrite dans une logique de stabilisation, sans réelle reprise des embauches.

Or, si la croissance de 2026 se matérialise, il n’est pas certain qu’elle se traduise par une dynamique d’emploi comparable à celle des deux dernières décennies, où les effectifs avaient progressé de 50 % en dix ans pour atteindre environ 666 000 salariés.

Plusieurs facteurs expliquent cette déconnexion. D’abord, l’automatisation : les gains de productivité liés à l’IA réduisent mécaniquement les besoins en main-d’œuvre sur certaines tâches. Ensuite, la géographie du « delivery » : l’offshore progresse quand l’optimisation devient le maître-mot. Enfin, la réallocation des budgets vers les modèles récurrents (SaaS, cloud) diminue la part des projets nécessitant une mobilisation humaine intensive.

Ce que les DSI doivent retenir

Pour les directions des systèmes d’information, cette reconfiguration du marché impose trois vigilances.

D’abord, une cartographie rigoureuse des dépenses récurrentes. Les abonnements SaaS et les factures cloud deviennent incompressibles, grignotant les marges de manœuvre budgétaires. Anticiper leur évolution est crucial pour préserver la capacité d’investissement dans des projets de transformation.

Ensuite, une réflexion sur la mesure de la valeur. Les gains de productivité liés à l’IA ne doivent pas se traduire uniquement par une réduction des jours-hommes facturables. Il faut définir des unités de valeur pertinentes : qualité, délai, couverture fonctionnelle, réduction des risques. Faute de quoi, la pression déflationniste des fournisseurs se fera au détriment de la qualité des livrables.

Enfin, une attention accrue aux enjeux de souveraineté et de dépendance. La concentration sur quelques hyperscalers américains fragilise la capacité de négociation et la liberté de choix. Sans tomber dans le dogmatisme, diversifier les sources d’approvisionnement et privilégier des solutions offrant des garanties de réversibilité devient un enjeu stratégique.

Une reprise, oui. Mais pour qui ?

Numeum table sur une accélération en 2026, portée par l’IA, la cybersécurité et les investissements dans la modernisation des systèmes. Les indicateurs opérationnels se redressent, les carnets de commandes se remplissent, les taux d’occupation des ESN remontent. Mais cette reprise ne ressemble pas aux précédentes.

Elle se construit sur fond de réallocation de valeur vers les éditeurs et les plateformes, de pression déflationniste sur les services, et d’incertitudes persistantes sur l’emploi. La croissance peut revenir sans recréer les postes perdus, surtout si elle s’alimente d’automatisation et d’arbitrages de localisation.

Dans un contexte d’instabilité économique et géopolitique, Numeum souligne lui-même la complexité d’anticiper précisément l’évolution du secteur.

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OpenAI lance ChatGPT Health…mais pas dans l’UE

8 janvier 2026 à 12:24

Avec le lancement de ChatGPT Health, OpenAI franchit une nouvelle étape dans son ambition de transformer son chatbot en super-outil personnel capable d’accompagner les utilisateurs dans les dimensions les plus sensibles de leur existence.

Le déploiement se fait progressivement, via une liste d’attente pour un groupe restreint d’utilisateurs, avant une ouverture élargie dans les semaines à venir.

ChatGPT Health se présente comme un espace dédié au sein de l’interface habituelle, conçu pour aider les utilisateurs à mieux comprendre leur santé et préparer leurs rendez-vous médicaux. L’ambition affichée n’est pas de concurrencer les médecins, mais de les compléter. OpenAI insiste : il ne s’agit ni de diagnostiquer ni de traiter, mais d’apporter des explications pédagogiques sur des résultats d’examens, des symptômes ou des options thérapeutiques.

La vraie innovation réside dans la possibilité de connecter directement ses données de santé réelles. Dossiers médicaux électroniques via la plateforme b.well, mais aussi applications grand public comme Apple Health, MyFitnessPal, WeightWatchers, AllTrails, Instacart ou Peloton peuvent désormais alimenter les réponses de l’IA. De quoi ancrer les conseils dans le profil réel de l’utilisateur plutôt que dans des généralités.

Un portail santé intégré à ChatGPT

Concrètement, ChatGPT Health peut expliquer des résultats d’analyses biologiques, mettre en évidence des tendances dans la glycémie ou le sommeil, aider à préparer une consultation avec une synthèse des symptômes et traitements en cours, ou encore proposer des plans d’activité physique alignés sur les objectifs personnels.

Face à la sensibilité des données médicales, OpenAI indique avoir déployé une architecture spécifique. ChatGPT Health fonctionne comme un silo isolé du reste de la plateforme, avec des couches supplémentaires de chiffrement et une promesse forte : les conversations au sein de cet espace ne servent pas à entraîner les modèles d’intelligence artificielle de l’entreprise.

Les utilisateurs conservent le contrôle sur leurs connexions et peuvent révoquer l’accès aux différentes sources à tout moment. L’authentification multi-facteurs est encouragée pour sécuriser davantage les comptes. Selon OpenAI, toutes les applications tierces disponibles ont dû passer des audits de sécurité stricts avant d’être intégrées.

Plus de 260 médecins mobilisés

Pour affiner son outil, OpenAI affirme avoir collaboré avec plus de 260 médecins issus d’une soixantaine de pays et de nombreuses spécialités. Ces praticiens ont fourni des retours sur les réponses du modèle des centaines de milliers de fois, permettant de cadrer l’assistant sur des usages considérés comme utiles et relativement sûrs : pédagogie, préparation de consultations, explication de trajectoires de soins ou décryptage des options d’assurance santé.

Les cas d’usage visés couvrent la compréhension de symptômes fréquents, l’analyse de tendances de bien-être à partir des données connectées, ou encore les compromis entre différentes options d’assurance en fonction des habitudes de soins observées.

Avec cette offensive, OpenAI se positionne frontalement sur un marché de la santé numérique déjà encombré, où se croisent géants de la tech, plateformes de télé-médecine et assureurs.

Le mur européen du RGPD

L’exclusion de l’Europe du lancement de ChatGPT Health révèle un gouffre réglementaire difficile à combler. Autrement dit, impossible en l’état de franchir le mur du Règlement général sur la protection des données (RGPD) qui classe les informations de santé parmi les données les plus sensibles et impose des obligations drastiques.

Le contexte n’arrange rien : ChatGPT (standard)  fait déjà l’objet de plaintes persistantes en Europe pour non-conformité au RGPD. Les CNIL française et italienne, ainsi que le Contrôleur européen de la protection des données, pointent l’absence de base légale claire pour le traitement des données, leur utilisation pour l’entraînement des modèles, et les difficultés à exercer les droits de rectification et d’oubli.

Même l’offre Enterprise, qui bénéficie d’un hébergement européen depuis 2025, n’échappe pas aux enquêtes sur les lacunes en matière de transparence et de minimisation des données.

Pour ChatGPT Health, les obstacles sont encore plus élevés. Les protections techniques mises en place par OpenAI – isolement des données, chiffrement renforcé, non-utilisation pour l’entraînement – sont certes louables, mais insuffisantes au regard du RGPD. L’entreprise devrait notamment fournir un consentement granulaire valide, signer des accords de sous-traitance (DPA) avec ses partenaires comme b.well, réaliser une évaluation d’impact sur la vie privée pour chaque type de données sensibles, et surtout héberger les informations sur le sol européen pour éviter les transferts extra-communautaires.

L’absence de Privacy Shield valide entre l’Union européenne et les États-Unis complique encore la donne. Sans certification RGPD explicite ni adaptation aux clauses contractuelles types ou au EU-US Data Privacy Framework, toute utilisation du service par des résidents européens exposerait OpenAI à des sanctions potentiellement lourdes.

Les alternatives européennes en embuscade

Cette impasse réglementaire ouvre un boulevard aux acteurs européens. Des solutions basées sur des modèles comme Mistral, hébergées dans l’UE et certifiées RGPD, existent déjà pour les professionnels de santé. Elles garantissent la souveraineté des données et évitent les transferts outre-Atlantique, arguments de poids pour les établissements de santé et les autorités sanitaires.

OpenAI pourrait théoriquement adapter ChatGPT Health pour l’Europe via un hébergement local et une architecture similaire à celle de son offre Enterprise, mais aucun calendrier d’adaptation pour les marchés européens n’est annoncé.

La conjonction du RGPD et du récent AI Act européen, qui impose des règles strictes sur les systèmes d’IA à haut risque dans le domaine de la santé, pourrait exiger une validation réglementaire longue et complexe avant tout déploiement.

Reste à savoir si OpenAI acceptera de jouer selon les règles européennes ou si l’entreprise préférera se concentrer sur des marchés moins contraignant. Pour les 450 millions d’Européens, l’attente pourrait durer.

Image : © DR

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Les dépendances numériques de l’UE chiffrées, GenAI comprise

8 janvier 2026 à 12:05

Environ 83 % des dépenses des grandes entreprises européennes en services cloud et logiciels vont à des acteurs américains.

Une étude publiée en avril 2025 avait produit cette estimation. Commandée par le Cigref, elle quantifiait à un peu plus de 260 Md€ la valeur ainsi créée chaque année aux États-Unis – soit 1,5 % du PIB de l’UE et 1,5 fois son budget.

Cette dernière donnée est reprise dans une autre étude, parue en décembre*. Elle a été réalisée par un cabinet de recherche et de conseil lituanien, à la demande de la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie du Parlement européen. Y sont cartographiées les dépendances numériques auxquelles l’Europe est sujette (avec un focus sur le logiciel et la cyber) et les risques économiques et géopolitiques qu’elles soulèvent. Nous en présentons ici quelques éléments chiffrés.

À 10 ans d’intervalle, les GAFAM ont maintenu voire renforcé leur position

L’étude compile des données de StatCounter pour rendre compte de l’évolution de la concurrence sur divers segments du marché entre 2015 et 2025.

OS de bureau : 90 % du marché pour Apple et Microsoft

Windows macOS Linux ChromeOS Autres/inconnus
2015 86,26 % 10,12 % 2,18 % 0,21 % 1,22 %
2025 (juillet) 73,45 % 16,34 % 3,82 % 1,57 % 4,82 %

En 10 ans, Windows a perdu environ 13 % de part de marché, tandis que macOS en a gagné 6 %. Leur part cumulée avoisine 90 %.

OS mobiles : 99,5 % du marché pour Apple et Google

Android iOS Windows Autres
2015 63,3 % 28,79 % 4,03 % 3,66 %
2025 (juillet) 65,3 % 34,21 % 0,01 % 0,48 %

La plus grande progression est pour iOS (+ 5,42 %).
L’usage des forks d’Android made in Europe est quasiment nul.

Moteurs de recherche : Google à 90 %

Google Bing Yandex Yahoo! Autres
2015 92,55 % 2,73 % 1,31 % 2,06 % 1,34 %
2025 (juillet) 89,9 % 4,13 % 3,32 % 1,05 % 1,6 %

Malgré les sanctions à répétition censées rééquilibrer la concurrence, Google capte encore 9 recherches sur 10. Le moteur allemand Ecosia a environ 0,3 % du marché ; Qwant, moins de 0,1 %.

Réseaux sociaux : Facebook reste au-dessus des 80 %

Facebook Instagram YouTube Twitter/X Pinterest Tumblr Reddit Autres
2015 84,82 % N/A N/A 5,79 % 3,18 % 2,87 % 1,53 % 1,81 %
2025 (juillet) 80,79 % 7,07 % 1,82 % 4,33 % 4,07 % N/A 0,93 % 0,99 %

Selon l’analyse que fait StatCounter, Facebook concentre encore plus de 80 % des pages vues.
L’usage des plates-formes décentralisées comme Mastodon et Diaspora reste « négligeable », pour reprendre les mots de l’étude.

Navigateurs : les GAFAM cumulent près de 90 % du marché

Chrome Safari Edge/IE Firefox Samsung Internet Opera Yandex Android Autres
2015 44,64 % 14,7 % 12,69 % 17,41 % N/A 2,93 % 0,36 % 5,22 % 2,06 %
2025 (juillet) 60,73 % 19,68 % 6,4 % 4,39 % 3,28 % 2,7 % 1,25 % 0,36 % 1,1 %

Chrome a gagné environ 16 % de part de marché, tandis que Firefox en a perdu 13 %.
Même en ajoutant Vivaldi, les navigateurs d’origine européenne ne captent pas plus de 3 % du marché.

Des dépendances fortes sur la chaîne de valeur de la GenAI

L’étude se réfère aussi à des productions du cabinet McKinsey. En particulier, une estimation de la part de marché de l’Europe sur chacun des 8 segments d’une chaîne de valeur GenAI « simplifiée ».

Segment Part de marché Trajectoire historique
Matières premières < 5 % Stable
Équipements de fabrication de semi-conducteurs > 15 % En hausse
Conception de semi-conducteurs < 5 % En baisse
Fabrication de semi-conducteurs < 5 % Stable
Infrastructure cloud et supercalculateurs < 5 % Stable
Modèles de fondation 5-15 % En hausse
Applications IA 5-15 % En hausse
Services de conception et déploiement de cas d’usage > 15 % En hausse

L’Europe fournit environ 5 % des matières premières stratégiques pour la fabrication de semi-conducteurs. Elle représente moins de 1 % de la capacité de production mondiale de semi-conducteurs à moins de 7 nm pour l’IA. Elle a en revanche, avec ASML, 80 à 90 % de part de marché sur la lithographie EUV.

En croisant parts de marché mondiales et indicateurs d’adoption régionale, l’étude tente de donner une photographe du marché européen de la GenAI. Les dépenses en la matière étant souvent comptées sur les budgets cloud, le résultat reflète davantage le business des plates-formes (Azure OpenAI, Bedrock/Sagemaker, Vertex AI…) que des outils destinés à l’utilisateur final.

parts de marché GenAI en Europe

SAP garde une nette longueur d’avance sur l’ERP…

Le marché de la GenAI est estimé à 3,1 Md$ en 2024. Celui de l’IA d’entreprise, à 4,8 Md$. SAP y occupe probablement une position plus favorable, vu le niveau d’adoption de son ERP.

Sur ce segment à 19 Md$ en 2023, l’éditeur allemand capte 55 % de la valeur. Oracle parvient toutefois à combler l’écart avec la transition cloud, tout en générant davantage de revenu par client. Les estimations sont moins certaines pour les plus petits fournisseurs, faute de communication financière.

parts de marché ERP Europe

… et de retard sur le CRM

Le marché du CRM est d’une valeur comparable (18 Md$ en 2024). SAP n’y a cependant pas le même poids.

parts de marché CRM Europe

Dans la bureautique et la collaboration (18 Md$ en 2025), Microsoft se taille la part du lion, sur la foi de données du cabinet Compass Lexecon pour 2023.

parts de marché collaboration bureautique

En élargissant à l’ensemble des logiciels d’entreprise (70 Md$ en 2025), SAP devance Oracle et Salesforce. L’UE a des leaders sur quelques niches. Notamment le PLM, avec Dassault Systèmes (17 % du marché, Siemens étant dans le top 3), lequel se distingue aussi sur la CAD.

parts de marché logiciels d'entreprise Europe

Le marché des services informatiques serait 4 à 5 fois plus grand que celui des logiciels d’entreprise (300-350 Md$ en 2023, hors services liés au cloud d’infrastructure).

parts de marché services conseil Europe

Le marché de la cybersécurité est estimé à 63 Md$ en 2025. Les produits (logiciel + matériel) en représentent 42 à 68 % ; le services, 32 à 58 %.
L’Europe est bien représentée sur les services, avec la France en première ligne (Atos, Capgemini, Orange Cyberdefense, Thales). Pas dans les solutions elles-mêmes, où Palo Alto Networks a tendance à monter en puissance, tandis que Check Point et Cisco bénéficient d’un ancrage historique fort.

Marchés publics : 12 % de la valeur pour les consortiums 100 % européens

Si on se focalise la commande publique au sein de l’UE, 88 % de la valeur totale des contrats IT va à des consortiums qui incluent au moins une entreprise non européenne.

Cette information résulte de l’analyse de 315 appels d’offres organisés entre 2020 et 2025.
Sur ce même échantillon, 18 % des marchés attribués ont eu au moins un lauréat américain ; 8 %, au moins un lauréat japonais. Accenture et Deloitte ont été les sociétés les plus fréquemment sélectionnées.

taux de sélection dans les appels d'offres

sociétés gagnantes des appels d'offres

* Gineikyte-Kanclere, V. et Al., 2025, European Software and Cyber Dependencies

Illustration principale © Molodec – Shutterstock.com

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Course à l’IA : la bulle controversée, la pénurie avérée

7 janvier 2026 à 13:52

La croissance du parc mondial de datacenters hyperscale ne montre pas de signes de ralentissement. Les dépenses d’infrastructure associées, non plus.

Depuis deux ans, les pointages trimestriels de Synergy Research Group en ont témoigné quasi systématiquement. Le dernier en date n’y déroge pas.

Ruée sur les GPU… et sur la RAM

Le parc en question avoisine désormais les 1300 datacenters, pour une puissance informatique plus que quadruplée en 7 ans. Au T3 2025, les dépenses d’exploitation des hyperscalers – Synergy en recense une vingtaine, acteurs du IaaS, du PaaS, du SaaS, de la recherche, des réseaux sociaux, du e-commerce et du gaming – ont atteint 142 Md$. Elles étaient d’environ 80 Md$ un an plus tôt (et 50 Md$ au T3 2023).

capex capacité hyperscalers

Ces investissements vont pour l’essentiel dans les serveurs. La plupart d’entre eux (91 %) sont maintenant équipés d’accélérateurs. À commencer par des GPU… qui ont besoin d’autant plus de RAM qu’on y fait tourner des modèles d’IA.

La course engagée par les hyperscalers a contribué à engendrer une pénurie de mémoire. Et par là même une augmentation remarquable des prix. On en est par exemple arrivé, il y a quelques semaines, à ce qu’un kit de 64 Go de DDR5 coûte plus cher qu’une PlayStation.

Le phénomène est amplifié par une réorientation de la fabrication vers des types de mémoires adaptés aux accélérateurs IA. En tête de liste, la HBM (DRAM à large bande passante). Les modules mémoire génériques se raréfient d’autant plus.

Des conséquences en 2026 sur PC et smartphones

Il se dit que la situation pourrait persister au moins jusqu’en 2027. Elle a en tout cas commencé à se répercuter en bout de chaîne, sur le prix des équipements informatiques. Chez Dell, il semble falloir se préparer à des augmentations de 10 à 30 % dans les gammes de PC B2B. Chez ASUS, il est question de 15 à 20 % de hausse sur des notebooks. Les prévisions sont similaires chez Acer, qui songerait aussi à livrer des modèles avec moins de RAM… potentiellement à rebours de la promesse des « PC IA ».

On surveillera particulièrement les plus petits fournisseurs, qui ont globalement moins d’inventaire, de trésorerie et de marge de négociation. Même chose avec les smartphones. Sur ce segment, la mémoire peut traditionnellement représenter jusqu’à 20 % du coût de revient matériel. Il est probable que, si hausses de prix il y a, elle seront plus nettes sur l’entrée et le milieu de gamme, où les marges sont faibles. À l’autre bout du spectre, on pourrait voir les flagships plafonner à 12 Go de RAM en 2026.

IDC estime que cette année, le marché des smartphones pourrait se contracter d’environ 5 % en volume, tandis que le prix de vente moyen augmenterait de quelque 8 %. Ses prévisions sont comparables pour les PC, dont les fabricants ne se verront sans doute pas livrer toute la capacité de mémoire commandée (potentiellement, autour de 70 % pour les principaux OEM et de 40 % pour les plus petits). D’autant plus que les hyperscalers se battent, de plus en plus agressivement, pour les stocks restants. Une tendance accentuée par le marché chinois, où les USA ont finalement autorisé la vente des GPU H200. Sur place, plus de 2 millions d’unités auraient été commandées à NVIDIA, qui en aurait à peine la moitié en réserve. AMD est aussi concerné, dans une moindre mesure, avec ses accélérateurs Instinct. Alibaba, entre autres, lui en aurait acheté jusqu’à 50 000.

Les hyperscalers en éléments perturbateurs

En parallèle à leurs ventes sur le marché du datacenter, AMD et NVIDIA prépareraient tous deux des hausses de prix sur leurs cartes graphiques « grand public ». Ce mois-ci pour le premier ; en février pour le second. Avec la pénurie, la GDDR en est venue à constituer plus de 80 % de leur coût de revient.

AMD envisagerait par ailleurs de réintroduire des puces sur socket AM4 (potentiellement des CPU Ryzen 5000 et des APU Zen 3), ce qui éviterait d’avoir à racheter des cartes mères… et de la DDR5.

Du côté des fabricants de semi-conducteurs, on s’en tient dorénavant à des contrats au trimestre. Et on donne, comme sus-évoqué, la priorité à la mémoire HBM. Actuellement en mesure de produire 160 000 à 170 000 wafers par mois, Samsung Electronics prévoirait d’augmenter cette capacité de 50 %. Micron a quant à lui annoncé que son carnet de commandes HBM était rempli pour l’année 2026.

Dans ce contexte, le marché IT dans son ensemble a potentiellement connu, en 2025, une croissance sans égale depuis 30 ans. Tout du moins à en croire IDC, qui communiquait, début décembre, une estimation à + 14 % (4250 Md$), hors dépenses télécoms. En première ligne, les dépenses des fournisseurs de services d’infrastructure, pas majoritaires (environ 500 Md$), mais en nette croissance (+ 86 %, contre environ + 10 % pour les dépenses des entreprises).

IDC prévisions dépenses IT mondiales

IDC croissance des dépenses IT mondiales par client

Le capex d’Amazon, Google et Microsoft atteint celui des telcos

Si on s’en tient à ce qu’IDC qualifie d’infrastructures IA (dans les grandes lignes, tout ce qui porte des applications au minimum « augmentées » par de l’IA), les Ètats-Unis concentrent les trois quarts des dépenses, contre environ 5 % pour l’EMEA.
Sur place se trouve environ 55 % de la capacité hyperscale mondiale, selon Synergy Research Group. La Virginie en concentre à elle seule 14 %. Mais la demande croissante en énergie favorise les implantations dans des Ètats moins densément peuplés comme l’Oregon (22 habitants au km² ; actuellement 5 % de la capacité mondiale), l’Iowa (17 hab/km² ; 4 %) et le Nebraska (10 hab/km²). On ne peut pas en dire autant d’emplacements tels que Londres et Francfort. Ce dernier est d’ailleurs sorti du top 20 des hubs mondiaux, comme Amsterdam. Ne reste, côté européen, que Dublin, qui accueille environ 4 % de la capacité hyperscale.

capacité par région géographique

De cette capacité, le trio Amazon-Microsoft-Google détient une part (58 %) du même ordre que son poids sur le marché mondial du cloud d’infrastructure (63 %). Leur ratio capex est aujourd’hui au niveau de celui des telcos, approchant de 20 % du chiffre d’affaires – la majorité allant dans les datacenters.

Sur un marché du cloud d’infrastructure estimé à 107 Md$ au T3 2025, les néo-clouds (plates-formes spécialisées, le plus souvent sur les workloads IA à base de GPU) montent doucement en puissance. Ils ont passé les 5 Md$ de revenus trimestriels. Les principaux acteurs se nomment CoreWeave, Crusoe, Lambda, Nebius… et OpenAI (que Synergy inclut au titre de ses abonnements à ChatGPT).

En parallèle, les fusions-acquisitions(-investissements) « orienté(e)s datacenter » ont atteint en 2024 une valeur globale sans précédent : 73 Md$. Principal contributeur : l’acquisition d’AirTrunk, emmenée par le fonds Blackstone et bouclée en décembre pour 16 Md$. Suivent deux investissements dans Vantage Data Centers totalisant 9,2 Md$.

Illustration principale générée par IA

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Universal Music s’allie à Nvidia pour façonner une IA musicale « responsable »

7 janvier 2026 à 13:05

Dans les couloirs de l’industrie musicale, l’annonce fait du bruit. Universal Music Group (UMG), premier major mondial de la musique, et Nvidia, poids lourd des semi-conducteurs et de l’IA, ont noué une alliance de long terme pour développer des modèles d’intelligence artificielle appliqués au catalogue du label.

L’objectif affiché : transformer en profondeur la découverte musicale, l’engagement des fans et les processus de création, tout en garantissant la protection des droits d’auteur.

Un modèle qui « pense » comme un mélomane

Au cœur du dispositif, on trouve Music Flamingo, le modèle audio-langage développé par Nvidia fin 2025. Cette technologie se distingue par sa capacité à analyser des morceaux de près de 15 minutes dans leur intégralité.

Contrairement aux systèmes traditionnels qui se contentent d’étiqueter par genre ou style, Music Flamingo décortique structure harmonique, instrumentation, paroles et trajectoires émotionnelles. Le tout pour reproduire, selon ses concepteurs, la façon dont un auditeur humain appréhende une œuvre.

Cette approche ouvre des perspectives inédites : fini les recherches par simple mot-clé, place aux requêtes par ambiance, contexte narratif ou résonance culturelle. Les plateformes de streaming adossées au catalogue d’UMG pourraient ainsi proposer des recommandations fondées sur des similarités musicales profondes plutôt que sur des playlists thématiques conventionnelles.

Trois axes de développement

Le partenariat s’articule autour de trois piliers. D’abord, la découverte musicale : les algorithmes permettront d’explorer le catalogue selon des critères émotionnels et structurels sophistiqués. Ensuite, l’engagement des fans : artistes et auditeurs pourront interagir avec la musique dans un environnement « conversationnel et contextuel », loin du simple listing de titres.

Troisième volet, et non des moindres : la création. Un incubateur réunissant auteurs, compositeurs et producteurs verra le jour dans des studios prestigieux comme Abbey Road à Londres ou Capitol Studios à Los Angeles. Mission : co-concevoir de nouveaux outils alimentés par l’IA. UMG martèle toutefois que ces technologies resteront des aides à la création humaine, et non des machines à générer automatiquement de la musique.

La question brûlante des droits d’auteur

Derrière les promesses technologiques se cache un enjeu majeur : celui de la propriété intellectuelle. UMG et Nvidia promettent une IA « responsable », intégrant dès la conception la protection des œuvres, l’attribution et la rémunération des créateurs. Une posture qui tranche avec les pratiques de certaines start-up, accusées d’avoir entraîné leurs modèles sur des catalogues commerciaux sans autorisation.

Pour UMG, ce partenariat avec un mastodonte comme Nvidia représente une opportunité de dicter les standards du marché, en conciliant innovation technologique et respect du cadre légal. Le groupe entend proposer un « antidote » à la prolifération de contenus générés par des IA génériques, en misant sur un acteur capable d’intégrer nativement les contraintes de copyright dans ses outils.

Un coup stratégique pour les deux camps

Pour l’industrie musicale, l’accord peut faire jurisprudence et ouvrir la voie à d’autres alliances entre majors, plateformes et fournisseurs d’IA. Il valorise les catalogues musicaux comme ressources stratégiques pour entraîner des modèles spécialisés et pourrait creuser l’écart entre services premium dotés d’une découverte « intelligente » et offres standard aux algorithmes classiques.

Côté Nvidia, le deal marque une nouvelle étape dans la conquête des industries culturelles. Après le jeu vidéo et la vidéo, le groupe démontre que ses GPUs, ses plateformes de modélisation et ses modèles pré-entraînés comme Music Flamingo peuvent s’adapter aux exigences spécifiques de la musique. Un positionnement stratégique au moment où la régulation de l’IA se durcit dans de nombreux pays.

Illustration : image générée par l’IA

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Comment ManoMano a modernisé son système d’envoi d’e-mails

6 janvier 2026 à 12:16

Plutôt que des tables imbriquées et du CSS inline, utilisons MJML*.

ManoMano a fait ce choix pour générer des e-mails responsive. Le contexte : un projet de modernisation du système assurant l’envoi de ces messages.

Auparavant, il y avait un monolithe en PHP. Désormais, il y a une plate-forme Node.js/Kotlin.

L’ancien service était basé sur des bibliothèques obsolètes, d’autant plus difficiles à mettre à jour que l’expertise PHP s’était progressivement perdue en interne. Il était par ailleurs étroitement lié à des services tels que RabbitMQ, donc impossible à maintenir de manière indépendante. Des années de correctifs avaient plus globalement alourdi la codebase, compliquant les changements et les rendant plus risqués. L’écriture des templates en Twig et en HTML brut posait de plus des problèmes de compatibilité en fonction des clients de messagerie.

Une approche configuration over code

Le service d’origine était déclenché par des appels API ou par des événements RabbitMQ. Avant d’envoyer un e-mail, il fallait l’enrichir en récupérant des éléments sur plusieurs services externes. Des dépendances qui tendaient à fragiliser l’ensemble.

Pour favoriser le décommisionnement, ManoMano a isolé cette logique en un composant email-merger. Ses requêtes sont centralisées sur la nouvelle plate-forme au côté des requêtes « modernes » – qui ne passent plus par le monolithe – par un service Kotlin (email-sender). Celui-ci suit une approche configuration over code : toute la configuration est gérée via le back-end central, sans avoir à écrire de code.

La passerelle réceptionnant les requêtes s’appuie sur PostgreSQL pour le stockage d’état et de configuration. Elle transmet les événements à un nœud de travail qui récupère un template et fait la liaison avec le service SMTP. Le bus de messagerie RabbitMQ a été remplacé par du Kafka, pour l’élasticité, la résilience et le retry intégré.

Une séparation plus claire des responsabilités

Le fournisseur de templates (email-templates) est écrit en Node.js. Il évite aux développeurs front-end d’avoir à évoluer dans un environnement PHP. La bibliothèque react-mjml leur permet de créer des templates comme ils créent des composants React.

Épargner aux développeurs React le travail en environnement PHP a déchargé l’équipe back-end de nombre de requêtes. Dans le même temps, la centralisation des templates assure une plus grande cohérence des e-mails. Et les responsabilités sont plus claires : le back n’est plus impliqué dans les changements visuels, le front ne l’est plus dans la logique de delivery.

Mi-novembre 2025, ManoMano avait migré environ 80 % de son trafic mail sur la nouvele plate-forme. Dont ses communications les plus critiques (confirmations de commandes, notifications d’envois, réinitialisations de mots de passe).

* Mailjet Markup Language, publié en source ouverte (licence MIT) en 2016 par Mailjet. Ce langage déclaratif est transpilé en HTML responsive.

Illustration générée par IA

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Dell relance sa gamme XPS et admet s’être « égaré » dans le marché du PC

6 janvier 2026 à 12:09

Un an après l’avoir supprimé, Dell revient sur sa décision et relance XPS, le segment haut de gamme de ses ordinateurs portables et un pilier historique de sa stratégie produits.

L’annonce, faite au CES 2026 de Las Vegas, marque un revirement assumé de la part de Jeff Clarke, directeur des opérations du groupe texan, qui reconnaît que l’entreprise s’était « un peu égarée » dans le pilotage de son activité PC.

Un aveu d’erreur et un retour aux fondamentaux

« Nous n’avons pas écouté nos clients. Vous aviez raison sur le branding », a déclaré Jeff Clarke lors d’un point presse à Las Vegas. Celui qui a repris l’an dernier la supervision directe de la division PC, a évoqué une année difficile marquée par « des tarifs douaniers, la promesse non tenue de l’IA » et « l’une des transitions de processeurs les plus lentes de [sa] carrière ».

Cette autocritique s’ajoute aux retours négatifs du marché, lorsque le constructeurs avait remplacé la marque XPS par les appellations Dell Pro et Dell Pro Max, une nomenclature jugée trop proche de celle d’Apple et mal accueillie par le public comme par les partenaires.

Le groupe justifie aujourd’hui ce revirement par la nécessité de clarifier son offre : les modèles Dell visent désormais le segment grand public et professionnel intermédiaire, XPS reprend son positionnement premium, et Alienware demeure consacré au gaming.

Des machines plus fines et mieux optimisées

Les deux premiers modèles relancés, les XPS 14 et XPS 16, figurent parmi les ordinateurs les plus fins jamais produits par Dell, avec une épaisseur de 14,6 mm et un poids respectif de 1,36 kg et 1,63 kg. Leurs châssis en aluminium, leurs bordures d’écran réduites et leur design minimaliste les placent en concurrence directe avec les MacBook Air 13 et 15 pouces d’Apple.

Les deux machines embarquent les nouveaux processeurs Intel Core Ultra Series 3, dotés de graphiques Intel Arc, censés offrir jusqu’à 78 % de performances IA supérieures et une autonomie pouvant atteindre 27 heures dans certaines configurations. Dell affirme également avoir repensé son système de refroidissement pour le rendre plus silencieux, plus fin et plus économe en énergie.

Les XPS 14 et 16 sont disponibles dès cette semaine aux États-Unis et au Canada, à partir de 2000 $. Un XPS 13 de moins de 13 mm d’épaisseur sera présenté plus tard dans l’année.

Un marché du PC sous tension

Le choix de relancer XPS s’inscrit dans un contexte de reprise incertaine du marché mondial du PC. Selon les estimations d’IDC, les ventes devraient progresser de 3 à 5 % cette année, après deux années de contraction.

Mais Dell, comme ses concurrents HP  et Lenovo, reste confronté à des coûts de production accrus – notamment à cause de la hausse du prix des mémoires – et à une demande encore freinée par l’attentisme des entreprises.

Jeff Clarke a reconnu que l’intelligence artificielle n’a pas encore généré le cycle de renouvellement espéré, malgré la mise en avant des fonctions d’assistance et de traitement local intégrées aux nouveaux processeurs.

Avec le retour de la gamme XPS, née dans les années 1990, Dell espère ainsi regagner des parts de marché dans le segment premium.

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Fusions & acquisitions : De la Due Diligence à l’intégration IT

5 janvier 2026 à 07:30

L’IT est aujourd’hui un actif clé d’une entreprise et une démarche de Due Diligence en vue d’une fusion/acquisition implique d’expertiser ses comptes, son organisation, ses équipes, mais aussi d’évaluer la qualité de ses infrastructures informatiques logicielles et matérielles. C’est ce que l’on appelle l’IT Due Diligence.

Cette évaluation doit commencer par une cartographie du système d’information de l’entreprise cible. Il faut référencer et documenter l’ensemble de son patrimoine informatique, depuis l’infrastructure avec les matériels et équipements en production, ses réseaux, ses systèmes de cybersécurité, ainsi que l’ensemble des applications (maisons, SaaS) utilisées par l’entreprise. Pour mener à bien cette tâche fastidieuse, une Data Room doit être mise en place et la DSI de l’entreprise cible doit être capable de fournir toute la documentation nécessaire sur ces process et politiques de sécurité en vigueur. Toutes les ressources déployées en interne doivent être dument cataloguées, de même que les ressources Cloud. L’objectif est bien évidemment d’évaluer la dette technique de l’entreprise cible, identifier ses équipements et logiciels obsolètes qui vont s’avérer extrêmement coûteux à migrer ou simplement à faire cohabiter avec le SI de l’acquéreur.

Une analyse détaillée du SI de l’entreprise cible est indispensable

Cette phase peut être extrêmement complexe et chronophage lorsque la cible est un grand groupe qui a lui-même connu plusieurs fusions et acquisitions. A chaque opération de ce type, le SI devient plus complexe, avec de nouvelles applications, d’autres opérateurs de communications, d’autres fournisseurs Cloud. Chacune d’elles vient ajouter un peu plus de complexité et va, in fine, ajouter des délais et des coûts d’intégration supplémentaires pour l’acquéreur. De cet état des lieux doit émerger un plan d’action détaillé que les équipes d’intégration vont pouvoir mener dès la signature.

Une attention toute particulière doit être portée aux aspects réseau et sécurité comme l’explique Hakim Belhouchi, Solution Specialist SASE chez Tata Communications : « L’intégration de systèmes hétérogènes n’est jamais facile, mais les technologies modernes nous permettent de les réaliser de manière beaucoup plus simple que par le passé. Du point de vue réseau, il était auparavant excessivement complexe de connecter deux réseaux MPLS ensemble. Cela avait de lourds impacts sur les plans d’adressage, énormément de recouvrements à traiter. »

Faire appel à des consultants aguerris à ce type de projets

Le volet cybersécurité reste un sujet de premier plan. Les attaquants privilégient de plus en plus les attaques sur la supply chain informatique. Une attaque sur une nouvelle filiale potentiellement moins sécurisée peut leur donner un accès à l’informatique de la cible réelle. Comme l’explique Hakim Belhouchi, les solutions modernes viennent grandement faciliter le travail des ingénieurs qui vont mener l’intégration du nouveau SI. « Avec les réseaux SD-WAN, il est beaucoup plus simple de connecter 2 réseaux entre eux, même si ceux-ci appartiennent à des opérateurs différents. De même, les architectures de sécurité SASE (Secure Access Service Edge) et en particulier la mise en œuvre d’une solution de ZTNA (Zero Trust Network Access) permet aujourd’hui d’accorder un accès facile et rapide aux ressources en toute sécurité. »

Faire appel à des équipes de consultants et d’ingénieurs aguerris sur ce type de projet peut faire gagner énormément de temps en phase de fusion des SI.


Les 5 grandes phases d’une IT Due Diligence

  1. Cadrage et préparation
    • Définition des objectifs,
    • Mise en place de la gouvernance.
  2. Mise en place d’une Data Room
    • Cartographie du SI,
    • Travail collaboratif avec la DSI de l’entreprise cible.
  3. Analyse détaillée du SI
    • Inventaire des assets, estimation précise de la dette technique,
    • Evaluation des risques liés à la sécurité, à la continuité d’activité, à la dépendance à des tiers.
  4. Rédaction des scénarios d’intégration et chiffrage
    • Statuer pour chaque ressource sur sa substitution avec une application existante, une migration ou un arrêt.
  5. Restitution et recommandations
    • Livraison du rapport en amont de la négociation.

 

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23 décembre 2025 à 11:31

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Google mise 4,75 milliards $ sur l’énergie verte pour doper ses data centers IA

23 décembre 2025 à 10:27

Alphabet, maison mère de Google, vient d’annoncer l’acquisition d’Intersect pour 4,75 milliards $ en cash, auxquels s’ajoute la reprise de la dette existante. Cette opération représente l’une de ses transactions les plus importantes et marque un tournant dans sa stratégie de développement de centres de données dédiés à l’IA.

L’enjeu est de taille : permettre à Google d’accéder à davantage d’électricité pour ses infrastructures, alors que le réseau électrique américain, vieillissant, peine à absorber une demande énergétique qui explose pour la première fois depuis des décennies. L’IA  constitue le principal moteur de cette croissance fulgurante.

« Intersect nous aidera à accroître nos capacités, à opérer avec plus d’agilité dans la construction de nouvelles centrales électriques en phase avec la nouvelle charge des centres de données, et à repenser les solutions énergétiques pour stimuler l’innovation et le leadership des États-Unis » déclare Sundar Pichai, directeur général de Google et d’Alphabet.

Un portefeuille énergétique impressionnant

Aux termes de cet accord, Alphabet achète les projets énergétiques et de centres de données d’Intersect, qu’ils soient en développement ou en construction. L’entreprise possède 15 milliards $ d’actifs en exploitation ou en construction.

Elle exploite actuellement environ 7,5 gigawatts de capacité solaire et de stockage, et prévoit de développer 8 gigawatts supplémentaires. Pour référence, un gigawatt équivaut approximativement à la production d’un réacteur nucléaire et peut alimenter environ 750 000 foyers. L’essentiel de cette capacité est concentré au Texas.

Son PDG, Sheldon Kimber, avait d’ailleurs surnommé le Texas le « Disneyland de l’énergie » en raison de ses abondantes ressources éoliennes et solaires. Parmi ses projets phares dans cet État figure « Quantum », un système de stockage d’énergie propre construit directement à côté d’un campus de centres de données pour Google.

L’opération s’inscrit dans une stratégie plus large d’Alphabet dans le secteur énergétique. Google, en partenariat avec TPG Rise Climate, avait déjà soutenu Intersect lors d’une levée de fonds de plus de 800 millions $ en décembre 2024.

Une structure d’acquisition sur mesure

Dans le cadre de cet accord, Alphabet acquiert la plateforme de développement et les effectifs d’Intersect, y compris les actifs en développement déjà sous contrat avec Google. Intersect conservera sa propre marque et restera dirigée par Sheldon Kimber.

Les actifs opérationnels existants de la société au Texas, ainsi que ses actifs opérationnels et en développement en Californie, ne seront pas inclus dans l’acquisition et continueront de fonctionner comme une entreprise indépendante, soutenue par ses investisseurs actuels. TPG Rise Climate conservera une participation dans ces actifs.

Intersect explorera également un éventail de technologies émergentes pour accroître et diversifier l’approvisionnement énergétique, tout en soutenant les investissements de Google dans ses centres de données américains.

« En acquérant un développeur et pas seulement un contrat d’achat d’électricité, Google s’offre la flexibilité nécessaire pour construire où et quand il le souhaite » estime Ben Hertz-Shargel, analyste du cabinet Wood Mackenzie cité par Bloomberg.

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Régulation du numérique en 2025 : quand l’UE lâche du lest

22 décembre 2025 à 09:25

Au nom de la compétitivité, une « révolution en matière de simplification » se prépare.

Les institutions de l’UE l’avaient promis en novembre 2024, à l’issue du Sommet de la communauté politique européenne. Elles s’étaient engagées à « réduire drastiquement les charges administratives, réglementaires et de déclaration, en particulier pour les PME ».

La Commission européenne a repris ces éléments dans son programme de travail pour 2025. Annoncé le 11 février, il comporte des objectifs chiffrés : d’ici à la fin du mandat en 2029, réduire le « fardeau administratif » de 25 % (et de 35 % pour les PME).

Deux semaines plus tard étaient présentés deux trains de mesures, dits omnibus. L’un assouplit les exigences de reporting extra-financier, notamment en réduisant le champ d’application de la directive CSRD (informations en matière de durabilité) et en reportant l’entrée en application de certaines de ses dispositions. L’autre applique la même logique aux règlements InvestEU et EFSI, dans le but de stimuler les investissements stratégiques.

Depuis, 8 autres omnibus ont été proposés. Dont un sur le numérique, en novembre. Il doit encore être approuvé par les 27 et le Parlement.

Décalage d’une échéance importante de l’AI Act

L’omnibus numérique apporte des changements à l’AI Act. Il prévoit notamment de décaler l’entrée en application des règles relatives au système d’intelligence artificielle classés à haut risque. L’échéance, initialement fixée à août 2026, pourra être repoussée de 16 mois maximum, le temps de mettre des outils de soutien à disposition des entreprises.

L’AI Act serait aussi modifier pour étendre aux small caps certaines simplifications accordées aux PME qui développent ou utilisent des systèmes d’IA. Notamment en matière de documentation technique. Par small cap, il faut entendre les organisations comptant moins de 750 salariés et ne dépassant pas 150 M€ de CA annuel ou 129 M€ de total de bilan. Une catégorie créée à l’échelle de l’UE par un autre paquet omnibus.

Toujours au chapitre AI Act, l’accès aux bacs à sable réglementaires (environnements de tests contrôlés) est élargi. Davantage de tests en conditions réelles seront par ailleurs effectués, dans des secteurs comme l’automobile.

Allégements autour d’un « nouveau Data Act »

L’omnibus numérique abroge plusieurs textes dont il fusionne certaines dispositions au sein du Data Act :

  • Data Governance Act (règlement 2022/868)
  • Directive Open Data (2019/1024)
  • Règlement sur la libre circulation des données à caractère non personnel au sein de l’UE (2018/1807, dit FFDR)

Le « nouveau Data Act » apporte, entre autres, des facilités pour les PME qui fournissent des services de traitement de données. Plus précisément, un régime plus « léger » pour les services « personnalisés » (non commercialisés sur étagère et qui ne fonctionneraient pas sans une adaptation préalable aux besoins de l’utilisateur).

Des facilités sont également octroyées aux fournisseurs de services d’intermédiation de données. Ils n’ont pas l’obligation de notifier les autorités compétentes, ni d’opérer une séparation juridique vis-à-vis d’autres services (une séparation fonctionnelle suffit).

L’omnibus supprime aussi, dans le Data Act, les exigences pour les smart contracts qui exécutent des accords de partage de données (contrôle de l’accès, archivage, résilation en toute sécurité…). Il fournit par ailleurs un motif supplémentaire pour refuser de communiquer des données relatives à des produits connectés au nom du secret des affaires. En plus du risque de préjudice économique grave, il devient possible d’invoquer le risque élevé d’acquisition ou d’usage par des pays tiers qui ne garantissent pas un niveau de protection des données équivalent à celui de l’UE.

PME et small caps sont de plus exemptées des règles sur le changement de fournisseur cloud, excepté celles relatives à la fin des frais de sortie.

Le RGPD assoupli jusqu’à la définition des données personnelles

L’omnibus numérique apporte aussi des modifications au RGPD… qui change jusqu’à la définition des données personnelles.

Celles-ci ne le sont plus pour toute entité qui ne peut pas réidentifier la personne concernée à l’aide de moyens raisonnables. Cela reste vrai même si un destinataire ultérieur a les moyens de réaliser cette identification.

Le périmètre des « données de santé » se réduit aussi. Ne sont plus considérées comme telles que celles qui révèlent « directement » des infos sur l’état de santé d’une personne. De même, n’est plus interdit que le traitement de données personnelles révélant « directement » l’origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques, etc.

L’omnibus numérique introduit une dérogation supplémentaire à l’interdiction de traiter des catégories particulières de données personnelles. Elle touche au développement et à l’exploitation de systèmes d’IA. Elle complète, entre autres, l’obtention d’un consentement explicite et la nécessité pour la sauvegarde des intérêts vitaux de la personne concernée.

Des contraintes en moins sur l’information des personnes concernées et des autorités

Les règles relatives aux cookies sont modernisées. L’idée est que les utilisateurs puissent définir leurs préférences « en un clic » pour une durée de 6 mois ou via les paramètres de leur navigateur ou OS. En parallèle, certaines fonctions basiques des sites web, comme le comptage du nombre de visiteurs, ne nécessitent plus de consentement.

Autres exigences allégées : celles relatives à l’information des personnes concernées. Elles ne s’appliquent plus dès lors que les collectes sont effectuées dans le cadre d’une relation « claire et délimitée » par un responsable de traitement exerçant une activité « non intensive en données ». Ce sous réserve que la personne connaisse déjà les finalités et la base du traitement.

Quant à l’obligation de notifier l’autorité référente en cas de violation de données, elle devient limitée aux incidents qui engendrent un risque élevé pour les droits et libertés des personnes concernées. Le délai est porté de 72 à 96 heures.

L’abandon de la directive sur la responsabilité en matière d’IA…

Parallèlement à ces dispositifs, la Commission européenne a abandonné ses travaux sur certains textes. Parmi eux, une directive sur la responsabilité en matière d’IA. Motif : pas d’accord prévisible entre les colégislateurs de l’UE.

Il s’agissait de garantir aux victimes de dommages causés par l’IA une protection équivalente à celle des victimes de dommages causés par d’autres produits de manière générale.
En toile de fond, des règles nationales jugées non adaptées au traitement des actions en responsabilité pour de tels dommages. En particulier sur la charge de la preuve. Autre constat : les stratégies IA de plusieurs États membres montraient une volonté d’élaborer des mesures dans le domaine… au risque d’une fragmentation qui augmenterait les coûts pour les entreprises exerçant dans l’ensemble de l’Union.

La directive devait s’appliquer aux actions civiles fondées sur une faute extracontractuelle pour des dommages causés par un système d’IA classé « à haut risque ». Elle avait pour principaux effets d’habiliter les juridictions nationales à ordonner la divulgation d’éléments de preuve et d’établir une présomption de lien de causalité. L’approche d’harmonisation était dite minimale, de sorte qu’on pourrait toujours invoquer les règles plus favorables du droit national.

… et du règlement ePrivacy

Un autre texte a été mis sur la touche : le règlement ePrivacy. Là aussi par manque de perspective d’accord entre législateurs. Mais également parce que son contenu apparaissait « obsolète au vu de la législation récente ».

Le règlement était resté à l’état de projet depuis 2017. L’objectif était initialement de le faire entrer en application parallèment au RGPD (soit le 25 mai 2018). Il aurait remplacé une directive de 2002, révisée pour la dernière fois en 2009, et également dite ePrivacy – ou « vie privée et communications électroniques ». D’un côté, pour encadrer plus strictement l’usage des métadonnées et des cookies. De l’autre, pour élargir son champ aux services de communication « par contournement » (OTT, over-the-top).

Le « nouvel ePrivacy » devait englober davantage de techniques de suivi du comportement en ligne. Et remédier à la « formulation confuse » de certaines dispositions de la directive. L’une touchait au consentement dans le cadre du suivi en ligne. Les modifications proposées avaient entraîné une levée de boucliers d’éditeurs de presse et de représentants du numérique et des télécoms.

Une disposition nouvelle aurait obligé les fournisseurs de logiciels et de matériels associés à des services de communication à proposer, dans les paramètres de configuration, la possibilité de refuser les cookies tiers. Une autre aurait imposé de présenter un code ou un indicatif spécifique montrant le caractère commercial d’appels téléphoniques.

AI Act : une entrée en application (très) progressive

Le RGPD est en application depuis le 25 mai 2018. Le Data Act, depuis le 12 septembre 2025. Concernant l’AI Act, une première salve de dispositions sont applicables depuis février. Une bonne partie ont pour effet d’exclure du champ du règlement certains systèmes et usage. Par exemple :

  • Systèmes d’IA utilisés exclusivement à des fins militaires, de défense ou de sécurité nationale
  • Systèmes ou modèles d’IA spécifiquement développés et mis en service uniquement à des fins de R&D scientifique
  • Systèmes d’IA publiés sous licence ouverte, tant qu’ils ne sont pas mis sur le marché ou mis en service en tant que système à haut risque ou relevant d’usages que l’AI Act interdit

Parmi ces usages interdits, il y a la techniques subliminales ou délibérément trompeuses, la « notation sociale » et l’exploitation de vulnérabilités dues à l’âge, au handicap ou à la situation sociale ou économique. Pour aider à leur interprétation, la Commission européenne a publié des lignes directrices.

Des pressions face aux règles applicables à ChatGPT & Cie

Une deuxième série de mesures de l’AI Act est entrée en application au mois d’août. Parmi elles, les obligations faites aux fournisseurs de modèles d’IA à usage général – ChatGPT, Gemini, Claude, etc.

En amont, l’association EU AI Champions, qui regroupe une soixantaine d’entreprises européennes, avait demandé un moratoire de 2 ans sur l’application des principales obligations. Motif : la complexité du texte et l’absence de lignes directrices opérationnelles. Parmi les signataires, Arthur Mensch (Mistral AI), Éléonore Crespo (Pigment), Alexandre Bompard (Carrefour), Jean-Laurent Bonnafé (BNP Paribas), Bernard Charlès (Dassault Systèmes), Guillaume Faury (Airbus) et Patrick Pouyanné (TotalEnergies).

L’association professionnelle CCIA Europe, représentant de grandes entreprises technologiques internationales, avait également appelé à un report, soulignant le risque de freiner l’innovation et la compétitivité.

La France avait adopté une position intermédiaire. Clara Chappaz, ministre déléguée au numérique, avait souhaité que la mise en œuvre du règlement ne soit pas ralentie, mais qu’un délai de grâce soit accordé pour la mise en conformité.
La présidence polonaise du Conseil de l’UE, comme le Premier ministre suédois, avait porté une demande formelle de report.

Le débat se porte sur la révision du DMA

Entre juillet et septembre 2025, la Commission européenne a organisé une consultation publique. Cela préfigure la première évaluation du DMA (une démarche à boucler au plus tard le 3 mai 2026 et qui pourrait mener à des modifications).

Le règlement s’applique actuellement à une vingtaine de « services de plate-forme essentiels » dont les exploitants sont nommés « contrôleurs d’accès » (gatekeepers). Il est censé garantir la contestabilité et l’équité des marchés dans le secteur numérique de l’UE, à travers des règles touchant notamment à l’exploitation de données, à l’interopérabilité et aux relations contractuelles avec les entreprises utilisatrices des services en question.

Dans le contexte de pression sur la Commission européenne, la Chambre de commerce de République tchèque s’est inscrite dans la lignée du rapport Draghi pour réclamer des allégements du DMA.

L’Open Cloud Coalition (alliance de fournisseurs essentiellement britanniques) a suivi. Elle estime que le DMA n’est pas adapté au cloud, mieux couvert par les règles antitrust standards ; en tout cas pour le IaaS et le PaaS, dont le fonctionnement n’implique pas réellement d’intermédiaires entre des utilisateurs et des fournisseurs de services.

Illustration générée par IA

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