Le Procureur de Lille requiert contre Laurent Degallaix « 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, 1 an d’emprisonnement avec bracelet » délibéré le 30 avril !
(Visuel de Maître Philippe Simoneau et de Maître Loïc Ruol)
Vous avez lu certainement des publications de qualité locale, régionale, et nationale sur l’issue de l’audience sur deux jours du procès à l’endroit de 4 prévenus, dont Laurent Degallaix, maire de Valenciennes et candidat à la prochaine échéance électorale. C’est l’occasion de rappeler que la première sortie médiatique de ces plaintes revient au média d’investigation www.mediacites.fr, malgré des pressions, nous y reviendrons !
Dans cette publication, le focus sera la recherche de la vérité sur les délits présumés de « Prise illégale d’intérêts » et/ou « Subornation de témoin ».
Les actrices et acteurs de ce procès dès 19 et 20 février 2026
Outre la Présidente du Tribunal, ses 2 assesseurs et le Procureur de la République de Lille, vous avez :
4 prévenus :
Laurent Degallaix, maire de Valenciennes, pour complicité de Prise illégale d’intérêt dans la première plainte et de subornation de témoin dans une deuxième plainte,
Pascal Vanhelder, avocat honoraire, pour prise illégale d’intérêt dans la 1ère plainte,
Jean-Marc Moniotte, retraité, pour subornation de témoin,
Franck Deloge, salarié, pour subornation de témoin.
4 parties civiles
Mme X, victime et plaignante (1ère plainte), Mme X (la même) et M.X, victimes et plaignants dans une seconde plainte, une 3ème victime absente pour raison médicale (opération chirurgicale), et l’association AC !! (Anti-corruption)ac-anti-corruption.fr/ représentée par Eric Darques.
4 témoins
Mme X, partie civile et citée à comparaître comme témoin par la Défense de Laurent Degallaix, M.X, partie civile et citée à comparaître comme témoin par la Défense de Jean-Marc Moniotte, la 3ème victime partie civile et citée à comparaître comme témoin par la Défense de Pascal Vanhelder, et Cédric Soulet, l’ex Directeur de Cabinet de Laurent Degallaix, aujourd’hui toujours dans la sphère politique sur le Grand Avignon, entendu à la barre ce jeudi 19 février 2026.
A cet effet, des perquisitions, Garde à Vue pléthoriques, enregistrements multiples, collecte des données sur les portables des 4 prévenus, et autres éléments objectifs de preuve (en gras terme de Droit cité à chaque intervention de la Présidente), ont été réalisés par les enquêteurs judiciaires depuis les deux dépôts de plainte.
Le procès
Nous avions vu dans le reportage précédent le long chemin, de Droit, sur la forme de ce procès https://www.va-infos.fr/2026/02/20/affaire-l-degallaix-dans-lattente-des-plaidoiries-et-des-requisitions-du-procureur-de-lille-1-2/, puis jeudi à 16H démarre donc les premiers échanges sur le fond de cette affaire judiciaire.
Climat politique ?
Avant le contenu de ces plaintes et enquêtes judiciaires associées, il faut mettre en fond de toile le climat politisé de ce procès.
En effet, durant ses déclarations à la barre, le maire tout comme ses avocats ont martelé un « procès politique pour empêcher le maire de se représenter à la prochaine élection municipale en mars prochain. On veut le tuer politiquement ! » Ainsi, le maire a appuyé pour se faire entendre sur l’origine de cette procédure : « C’est à la suite des élections départementales où j’ai battu, avec Valérie Létard, Geneviève Mannarino (et Yves Dusart). Mme Mannarino travaille (au CNSA/Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) avec Jean-René Lecerf (ex parlementaire et ex Présidente du Conseil départemental du Nord), ce sont des opposants à moi ! D’ailleurs, la bénéficiaire du contrat à la SEMVS a travaillé (4 mois) en 2022 à l’UDAF dont le Directeur était le mari de Geneviève Mannarino. La plaignante a été biberonné pendant 4 mois afin qu’elle porte plainte. »
En clair, ces oppositions auraient montées cette cabale contre le maire de Valenciennes, les plaintes et tutti quanti. Il pousse le bouchon très loin, car non seulement ses avocats et lui même remettent en cause l’impartialité des enquêteurs judiciaires, mais à la barre il interpelle le Procureur de la République en disant : « Tout le monde dit, colporte que, dit lui a fait ceci où cela, des rumeurs de tous les ordres. Par exemple, vous M. Le Procureur, vous connaitriez Jean-René Lecerf, ce sont des rumeurs ! » Le Procureur de la République a demandé immédiatement de consigner ces propos à la greffière et le visage de la Présidente du Tribunal de Lille marquait visiblement un temps d’arrêt face aux mots employés à l’endroit d’un magistrat en pleine audience. Sur ce ton des rumeurs durant un temps certain, la Présidente sort de ses gonds et s’exclame : « Ici, nous sommes au Tribunal judiciaire de Lille, ce n’est pas le sac de noeuds à Valenciennes ! » Si on voulait ternir plus encore l’image de la cité phare du Hainaut, c’est fait !
Le Procureur de la République rappelle également que le rédacteur en chef de Mediacités a reçu, très peu avant sa publication, une offre de rencontre, par l’intermédiaire d’un ancien collaborateur de Jean-Louis Borloo, avec Laurent Degallaix. Le journaliste n’a pas donné suite et a publié son enquête.
Rappel des faits présumés sur la 1ère plainte :
L’objet du délit serait le recrutement d’une personne intime au maire de Valenciennes, Laurent Degallaix, au sein du syndicat mixte SEMVS (Société d’Economie Mixte Valenciennes Stationnement) dissout en 2019. Très simplement en 2017, l’édile aurait usé de son pouvoir de Premier magistrat pour faire pression, en terme de recrutement, sur la Présidence de ce syndicat mixe (Pascal Vanhelder), dont la mairie était actionnaire à 75%. Par voie de conséquence, la bénéficiaire de ce poste touchait de l’argent public au titre de cet emploi en CDI comme agent d’accueil au sein de la SEMVS. Ensuite, le maire de Valenciennes serait intervenu dans la fin de la période d’essai d’une autre salarié, recrutée quasi au même moment que la première, pour un motif qu’il reconnaît de perte de confiance : « J’ai fait une alerte auprès de la SEMVS compte tenu de ces accointances avec des opposants politiques (beau père opposant, Stéphane Leman, et post Facebook aux cotés d’un autre opposant, Didier Legrand). Le sujet de stationnement est tellement Touchy » qu’il n’était pas possible de maintenir, et de fait passer en CDI, cette personne. « C’est un sujet politique durant la dernière campagne municipale (2020). » La Présidente du Tribunal, un peu interloquée de la réponse, s’exclame : « Nous parlons bien d’une agent d’accueil (sans discrimination de l’emploi évidemment) et pas d’une cadre chargée d’une mission… ! Pour vous, c’est un poste hautement sensible ? » Il répond tout de go : « Oui, si on suggère de mauvaises informations aux usagers, c’est un sujet tellement touchy le stationnement ! ». Enfin, mais ne figurant pas dans le délit en question, mais plutôt dans le statut de victime de la bénéficiaire du contrat, le maire aurait instiller le licenciement de la victime au sein de la nouvelle institution (en remplacement de la SEMVS), la SPL Stationnement Valenciennes (mairie actionnaire à 90% et 10% Valenciennes Métropole) au nouveau Président Armand Audegond. Ce dernier, non présent à cette audience, mais en audition chez les enquêteurs judiciaires, aurait souligné un dysfonctionnement suite à 9 mois d’absence d’où le licenciement. Son audition a été très longuement détaillée par la Présidente du Tribunal, nous y reviendrons !
En Droit, cela se définit comme une prise illégale d’intérêt par l’auteur direct présumé, Pascal Vanhelder PDG de la SEMVS, et de complicité de prise illégale d’intérêt, maire de Valenciennes, Laurent Degallaix. Ces délits auraient été commis en 2017 et en 2018. C’est l’objet de la 1ère plainte !
« Ce n’est pas une alerte, c’est une exigence (du maire de Valenciennes) », La Présidente du Tribunal
Pour bien mesurer la difficulté dans la recherche de la vérité par la justice, il faut comprendre que dans les deux plaintes, la chaîne de responsabilité n’est pas en directe, notamment par le maire de Valenciennes. « Il y a toujours un intermédiaire dans ces affaires », précise la Présidente du Tribunal.
Pour autant, l’interrogatoire sur la 1ère plainte de Pascal Vanhelder met en exergue une proposition de CV par mail, par le Directeur de Cabinet du maire de Valenciennes, de la personne intime avec Laurent Degallaix. Ce dernier rappelle avec force que son aide initiale résultait d’un drame familial, décès d’un frère, et d’une prise sous son aile bienveillante de la famille en deuil. La victime a bénéficié en 2013 d’un emploi d’avenir (dispositif d’Etat révolu), puis en 2016 d’un emploi au sein de Valenciennes Métropole, puis d’un emploi temporaire chez un concessionnaire Mercédès et enfin d’un emploi (objet de l’affaire) chez la SEMVS.
Le maire se défend en soulignant « un processus normal de recrutement » et rien de plus. La Présidente du Tribunal, échanges téléphoniques à l’appui, rappelle le soupçon d’intervention du maire dans l’embauche en CDI de la bénéficiaire et victime. Dans son témoignage, Cédric Soulet indique ignorer à l’époque la relation intime avec le maire, mais seulement sa bienveillance face au drame familial. Après plusieurs questions et un rappel de ces propos en Garde à Vue, Cédric Soulet admet que s’il avait été au courant à l’époque de cette liaison… « J’ignorais que c’était sa maîtresse. Si j’avais eu connaissance de cette liaison, je n’aurais pas envoyé ce mail de proposition de CV ; cela n’aurait pas été moral et hors de mes fonctions ! ». La Présidente insiste sur QUI demande compte tenu des précautions oratoires du témoin : « C’est une demande de Laurent Degallaix ! » D’autres échanges téléphoniques comme l’octroi d’un emploi à Franck Deloge comme brancardier au sein du Centre Hospitalier de Valenciennes « car c’est moi qui nomme le Directeur du CHV », dit dans une conversation téléphonique le maire, marquerait cette emprise de l’autorité publique sur autrui. C’est pourquoi, compte tenu des éléments objectifs de preuve collectés, la Présidente du Tribunal envoie cette cinglante réplique : « Ce n’est pas une alerte, c’est une exigence (du maire de Valenciennes) ! ». Un texto marque particulièrement la Présidente du Tribunal où Laurent Degallaix répondant à la victime le 03 mars 2018 suite à la fin de sa période d’essai à la SEMVS : « Merci qui ! » Sur ce point, le maire précise « que je la félicite (implicitement) de la fin de sa période d’essai ! ».
En clair, la Présidente du Tribunal pense que le maire de Valenciennes joue de son autorité politique pour faire embaucher toute personne qu’il souhaite aider. Elle demande également à Cédric Soulet : « Vous décrivez un tyran dans votre audition (Laurent Degallaix) ! » Il répond que pour sa part : « Il n’avait jamais eu de conflit avec moi. Certes, il a une personnalité très clivante, des accès d’énervement, et il est rancunier. » Maître Joseph Breham, défendeur de la 1ère victime, insiste sur « l’exigence du maire » et pas une recommandation d’embauche assez classique.
Pour sa part, Pascal Vanhelder, ex bâtonnier, avocat honoraire (donc élu par ses pairs) et élu engagé depuis des décennies, souligne sa résistance « à toute pression même par Jean-Louis Borloo. Je n’ai jamais cédé aux pressions ! » Pour autant, il admet en audition « qu’il a essayé de s’expliquer avec le maire suite à sa demande et à plusieurs reprises, mais qu’il était impossible de refuser sauf rentrer en guerre avec la municipalité de Valenciennes. Certes, même si Olivier Turbelin, Directeur de la SEMVS était en charge du recrutement, je signais le contrat d’embauche et engageait ma responsabilité (comme représentant de la ville de Valenciennes entre autres). » Pour autant, il clame qu’« il avait prévu de quitter tout mandat politique en même temps que sa retraite d’avocat ! ». Sur ce point, les contradicteurs du procès ont mis en lumière le désir de Pascal Vanhelder d’accéder à la Présidence de la nouvelle institution en charge du stationnement après les élections en 2020, la SPL Valenciennes. De facto, il a été non reconduit sur la liste de Laurent Degallaix en 2020 et par suite n’a pas obtenu cette Présidence d’une institution de Droit Privé, mais comme principal actionnaire la ville de Valenciennes, donc gestion financière publique et politique de fait !
Rappel des faits sur la 2ème plainte !
Ensuite, par une chaîne très complexe de médiation et d’intermédiaire (Franck Deloge, Jean-Marc Moniotte, Laurent Degallaix), la plaignante aurait été approchée pour retirer sa 1ère plainte. En droit, cela s’appelle une subornation de témoins. Ce délit aurait été commis en 2022 et en 2023. C’est l’objet d’une seconde plainte avec un co-plaignant contre ces trois personnes, dont le maire comme relais de cette subornation de témoins.
Sur cette deuxième plainte, beaucoup d’acteurs, 3 prévenus à ce stade, où une chaîne d’intermédiaire s’est construite. Le Procureur de la République a le mieux réussi à expliquer avec pédagogie pour les auditeurs cet assemblage complexe présumé : « Laurent Degallaix n’était peut-être pas l’initiateur de cette subornation de témoins (allusion à Jean-Marc Moniotte qui le reconnaît), mais il a demandé à Franck Deloge (octroi d’un emploi) de prendre langue avec Jean-Marc Moniotte (avec qui il était en double procès pour diffamation sur Valenciennes et Amiens), puis Jean-Marc Moniotte avec une victime (co-plaignant) relais vers l’autre victime première plaignante/victime d’un côté et de l’autre Laurent Degallaix directement vers le Président de la SPL Valenciennes, Armand Audegond, pour une négociation sous la forme d’une rupture conventionnelle avec de l’argent public. Son rôle de relais suffit à caractériser le délit », commente le Procureur de la République. Et pour boucler la boucle, des avocats conseils aux deux extrémités de la chaîne… !
Sur cette deuxième plainte, Jean-Marc Moniotte avec sa verve habituelle admet l’intégralité de « son initiative de négociation au titre de conseiller syndical. J’assume mon rôle syndical et j’ai l’habitude négocier. C’était le cas pour elle (la victime) auprès de la SPL Valenciennes. » Ce dernier, à la barre, accepte toute condamnation à cet effet. « C’est une démarche spontanée, j’ai le syndrome du sauveur ! », clame Jean-Marc Moniotte.
Franck Deloge, parti de l’enceinte judiciaire, ne peut donner sa version sur cette chaîne complexe et sa participation éventuelle à cette subornation de témoin.
Pour le maire, il justifie de ces nombreux échanges téléphoniques avec Franck Deloge, voire quelques rendez-vous en présentiel, par le commentaire suivant : « C’est mon travail de maire de recevoir toutes les oppositions. Je dois veiller à l’harmonie au sein de mon conseil municipal. » Sur des mails entre la victime et lui même, en 2022, il admet avoir « fait un erreur, j’aurais mieux fait de ne pas répondre à quelques uns (sur un ton bienveillant) de ces mails ! » Alors « pourquoi avez vous fourni à Jean-Marc Moniotte, avec qui vous étiez en procès, tous ces mails (de 2022). Vous rencontrez quelqu’un (en conflit) et vous lui donnez des messages très sensibles », s’étonne Joseph Breham.
Dans son audition début mai 2024, Armand Audegond paraît « stupéfait, abasourdi par cette situation dont il apprendrait les objectifs. Il voulait même tout abandonner, démissionner de tous ces mandats ! Puis, le 16 mai, il vous rencontre et il se maintient dans toutes ses fonctions (et présent sur la liste du maire sortant) », commente la Présidente du Tribunal judiciaire de Lille.
Cette chaîne aurait du permettre, in fine via de l’argent public, de verser une somme d’un montant de 85 000 euros au bénéfice des victimes avec une répartition à la clé, mais la finalité pour le Procureur de la République est claire… obtenir le retrait de la 1ère plainte de la victime. « Le principal intéressé, c’est vous M. Degallaix ! » L’avocat de la plaignante se demande « pourquoi avez-vous effacé des messages entre vous et Franck Deloge, vous et Jean-Marc Moniotte ? En tout 33 messages sur 1997, notamment un message de plus de 16 minutes et 38 secondes avec Jean-Marc Moniotte. Je suis suspicieux sur leur contenu ! »
Les parties civiles et les témoins
La première victime et plaignante est venue expliquer à la barre sur « son traumatisme durant cette période. J’ai tenté de me suicider et je suis backlisté pour retrouver un emploi. » Elle admet également qu’elle « était très amoureuse de lui. Il m’a soutenu dans une période très difficile. J’ai bénéficié grâce à lui d’un logement social en 15 jours. Je ne me rendais pas bien compte à l’époque (sur la légalité de ces avantages) ». Sur ce logement social fourni, la Présidente du Tribunal demande au maire de Valenciennes : « Croyez-vous, compte tenu de la difficulté du logement pour les familles, qu’une jeune célibataire sans enfant soit prioritaire ? » L’édile a confirmé que les T2 étaient destinés, en partie, à ce type profil en difficultés avec l’accès au logement, et toujours sous la casquette de la bienveillance.
En parallèle avec la victime, les avocats de Laurent Degallaix ont minimisé la relation intime, contesté la durée de cette relation « avec 4 ou 5 rapports charnels durant toute cette période. A tort, elle se présentait (partout) comme la compagne de Laurent Degallaix », indique Loïc Ruol pour la Défense de Laurent Degallaix.
Ensuite, après des réponses au Procureur de la République et à la Présidente du Tribunal, elle déclare « qu’avec l’accord de mon avocat, je ne souhaite pas répondre aux questions de la Défense. » Evidemment, cette sortie a déclenché l’ire de tous les avocats des prévenus. L’autre plaignant et cité à comparaître a été sur le même registre de non réponse à la Défense et la 3ème victime a justifié d’une hospitalisation pour chirurgie. « Toutefois, Mme la présidente, vous auriez tout mettre en ouvre pour un interrogatoire en visio avec elle ! », tance Maitre O’Brian, l’avocate de Pascal Vanhelder.
Seule partie civile à s’exprimer, Eric Darques pour l’association AC !! : « La chronologie des faits est importante. » A ce titre, il détaille date par date, les pièces de ce puzzle judiciaire complexe. Il indique aussi « une tentative d’approche par un ami de longue date » et une proposition concrète d’un repas avec le maire de Valenciennes (courant décembre 2022) qu’il refuse : « Je ne mange pas avec une crapule, car il a été condamné en CRPC (Plaider-coupable) dans l’affaire V2H. » Eric Darques rappelle un texto du maire de Valenciennes comme preuve tangible d’un relais effectif dans cette subornation de témoin : « Ouf, 50 000 euros, c’est jouable ! »
Interpeller à maintes reprise par les avocats, le Procureur de la République souligne : « Le statut de partie civile ne peut contraindre celle-ci à se présenter devant le Tribunal. Cette constitution de partie civile peut se présenter sous différents moyens (simple courrier, formulaire en ligne…). Enfin, ce statut est supérieur à celui de témoin (donc à se présenter à une citation à comparaître comme témoin). »
Les réquisitions du Procureur de la République
En amont de ces dernières, il apporte un éclairage sur les dernières dispositions de la loi (fin 2025) sur la « prise illégale d’intérêt » et sur le point du Conseil constitutionnel, suite à une QPC, sur l’exécution provisoire, donc immédiate. Selon le Procureur de la République, Laurent Degallaix et Pascal Vanhelder, cochent les cases de la « connaissance de cause et de plus en matière de Prise Illégale d’intérêt, l’inéligibilité est automatique. » Sur la QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité), il indique « que malgré une condamnation en CRPC (affaire V2H), Laurent Degallaix n’a pas compris. Il y a un danger de réitération et une atteinte à l’image des fonctions électorales. Cette exécution immédiate serait une incapacité à un mandat électif et ne va pas perturber le fonctionnement de la municipalité (fin de mandat). Cela serait une absence de candidature et les Valenciennois ferait le choix d’élire un nouveau maire ! »
Dans ce cadre, le Procureur de la République de Lille requiert contre Laurent Degallaix : « 25 000 euros d’amende, 1 an d’emprisonnement avec bracelet électronique à domicile, et 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. »
Pour Pascal Vanhelder, le Procureur de la République de Lille requiert : « 3 000 euros d’amende, 6 mois de prise avec sursis, et deux ans d’inéligibilité. »
Pour Jean-Marc Moniotte et Franck Deloge, le Procureur de la République de Lille requiert : « 6 mois avec sursis et 2 ans d’inéligibilité. »
Les avocats de La Défense
Le coeur de cette ligne de Défense repose sur une « volonté d’exécution politique d’un homme bien, un bon maire. Cette réquisition est scandaleuse. C’est une mort politique et sociale, un réquisitoire d’une violence inouïe ! Acceptez de douter Mme La Présidente », dénonce Philippe Simoneau, le bâtonnier de Lille.
Pour sa part, Jean-Philippe Broyart, décrit une audience « où tout est joué d’avance avant le procès. C’est Dallas ce dossier ! »
Concernant Loïc Ruol, il dénonce « une audience TGV ! La victime/témoin a menti durant son audition et ici à la barre. D’ailleurs, nous avons déposé de multiple plaintes contre elle. Pour cette audience, tout a été fait pour son passage en force ! » Et hors de la salle, il poursuit devant les journalistes : « La justice s’immisce dans la vie politique, nous sommes en plein dans l’actualité ! »
Tous les défenseurs ont longuement revu dans le moindre détail les points de contestation sur ces deux plaintes. Sur ce volet, tout le monde peut s’accorder que le maire de Valenciennes, et les deux autres prévenus, hors Franck Deloge, ont bénéficié d’une Défense de qualité en Droit et à travers les plaidoiries.
Le choix de la date du 30 avril 2026 pour le délibéré (le jugement)
A travers le choix d’une date de délibéré le 30 avril prochain (le verdict), la Présidente du Tribunal de Lille et ses assesseurs ont fait un choix d’une grande sagesse à bien des égards. Premièrement, sur cette affaire, la justice à Lille balaye tout procédure gangrenée par la politique Valenciennoise comme instillée dans le prétoire durant ces deux jours par la Défense du maire de Valenciennes. Deuxièmement, elle rappelle un fondement de notre Etat de Droit, le calendrier judiciaire n’est pas tributaire d’un agenda électoral. Enfin, elle permet à la Présidente de bétonner, par la rédaction du Droit, ses choix qu’ils suivent à la virgule les réquisitions du Procureur de la République (comme pour Damien Castelain/MEL), qu’ils réduisent le quantum des peines ou motivent une relaxe totale pour les 4 prévenus !
Daniel Carlier
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