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Reçu aujourd’hui — 12 janvier 2026

Cloudflare vs Italie - Le bras de fer sur le Piracy Shield ne fait que commencer

Par :Korben
12 janvier 2026 à 12:28

Alors que l'Italie pensait avoir trouvé l'arme ultime contre le piratage avec son fameux "Piracy Shield", voici que voilà que Cloudflare vient de leur renvoyer une gifle mémorable. C'était prévisible et j'ai envie de dire tant mieux car je pense que la neutralité du net mérite mieux et je ne suis pas fan de l'idée de transformer des hébergeurs et autres prestataires techniques en garant de la moral a.k.a. en censeurs automatisés.

Matthew Prince, le patron de Cloudflare, n'a pas l'intention de se laisser faire ( Source )

Si vous vous demandez de quoi je parle, je vous propose de reprendre tout ça depuis le début. En effet, l'autorité italienne de régulation des communications (AGCOM) vient de coller une amende de 14,2 millions d'euros à Cloudflare. Pourquoi ? Hé bien tout simplement parce que l'entreprise refuse de se plier à un ordre de blocage DNS datant de février 2025 sur son service 1.1.1.1 pour filtrer les sites de streaming illégaux de la Serie A (Si vous ne connaissez pas la Serie A, c'est un championnat de foot à la con). Cette prune est quand même égale à 1% de son chiffre d'affaires annuel, bref Cloudflare est carrément dans la sauce.

Toujours pour ceux qui débarquent, le Piracy Shield est un système censé permettre aux ayants droit de soumettre des adresses IP et des noms de domaine à bloquer dans un délai de 30 minutes après notification. Sauf que dans la vraie vie, ça ne marche pas tout à fait comme ça. Matthew Prince, le patron de Cloudflare, n'a d'ailleurs pas mâché ses mots en affirmant que l'Italie tente d'imposer une véritable "censure globale" sans surveillance judiciaire ni transparence. Pour lui, c'est comme essayer d'arrêter l'eau avec une passoire tout en inondant les voisins.

Techniquement, Cloudflare explique qu'obliger d'opérer un blocage DNS/IP sur ses 200 milliards de requêtes quotidiennes, cela augmenterait significativement la latence pour les utilisateurs de ses résolveurs. Et surtout, le risque de surblocage est gigantesque. Rappelez-vous, en octobre 2024, ce magnifique système avait réussi l'exploit de bloquer Google Drive pour toute l'Italie pendant trois heures (et certains blocages partiels ont même persisté bien après). Gloups ! C'est ce genre de dérives qui inquiète, surtout quand on sait que le système a déjà fait désactiver plus de 65 000 domaines en deux ans, selon l'AGCOM.

Et je vous parle pas de coût humains et techniques que ça engendre pour les opérateurs comme Cloudflare.

La réponse de Matthew Prince est d'ailleurs assez radicale puisque Cloudflare envisage carrément de retirer tous ses serveurs des villes italiennes, de couper ses services de cybersécurité gratuits pour les utilisateurs locaux et même d'annuler son soutien pro bono pour les prochains Jeux olympiques de Milan-Cortina. Bye Bye l'investissement, basta la collaboration !

On se retrouve donc dans une situation où Cloudflare se voit contraint de choisir entre ses principes et le marché italien. Si vous suivez un peu l'actu, vous savez que les services DNS sont de plus en plus ciblés par des obligations de blocage, mais l'Italie semble vouloir aller plus loin que les autres.

Si la France a déjà ordonné à cinq gros fournisseurs de VPN de bloquer certains sites de streaming sportif, l'offensive italienne contre les infrastructures de base du web est un cran au-dessus. Heureusement, il existe encore des résistances techniques et ces protocoles ennemis de la censure comme le DoH ou l'ECH (Encrypted Client Hello) rendent la tâche plus complexe pour les autorités, même si cela n'empêchera jamais un blocage pur et dur par IP.

Bref, reste à savoir maintenant comment ceci sera réellement appliqué dans les mois qui viennent... En attendant, si vous utilisez Cloudflare en Italie (ou ailleurs), surveillez de près les évolutions de votre service car le bras de fer ne fait que commencer.

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En finir avec l'enshittification en légalisant le reverse-engineering

Par :Korben
12 janvier 2026 à 10:59

Bon, je vais être direct : le reverse-engineering devrait être légal, point barre. Et tant mieux si quelqu'un d'aussi influent que Cory Doctorow le gueule dans le Guardian !

Pour ceux qui débarquent, le reverse-engineering c'est le fait de désosser un logiciel ou un appareil pour comprendre comment il fonctionne. Pas pour le pirater, hein, mais pour réparer, améliorer ou simplement vérifier qu'on ne se fait pas arnaquer. Et c'est là que ça devient un peu compliqué, parce que dans plein de pays, c'est illégal.

Doctorow rattache ça au phénomène d'"enshittification" (oui, le terme est volontairement moche... On pourrait traduire ça par "l'emmerdification"). C'est ce phénomène bien pénible où les entreprises dégradent progressivement leurs produits pour vous forcer à payer plus ou à racheter du neuf. Votre imprimante qui refuse les cartouches compatibles ? Enshittification. Votre tracteur John Deere qui vous interdit de le réparer vous-même ? Enshittification. Les onduleurs solaires chinois avec des kill switches à distance ? Enshittification + un peu de parano ^^.

Le truc, c'est que les lois anti-contournement comme le DMCA américain protègent ces pratiques. Du coup, même si vous avez acheté un machin, vous n'avez pas vraiment le droit de regarder sous le capot.

Mais bonne nouvelle pour nous autres Européens, l'article 6 de la directive européenne sur les logiciels autorise la décompilation pour assurer l'interopérabilité. Si ça c'est pas une nouvelle preuve que l'Europe est supérieure aux Etats-Unis, j'sais pas ce que c'est ^^.

En France par exemple, l'article L. 122-6-1 du Code de la propriété intellectuelle va même plus loin puisqu'il est impossible pour un éditeur d'interdire contractuellement ce droit. Autrement dit, même si c'est écrit dans les CGU, c'est nul et non avenu.

Par contre, le Royaume-Uni post-Brexit, c'est une autre histoire mais Doctorow y voit plutôt une opportunité. En effet, comme le Royaume-Uni est libéré des contraintes de l'harmonisation européenne, le pays pourrait assouplir ses lois plus rapidement que l'UE et devenir un hub du reverse-engineering légal. À condition évidemment de ne pas céder aux lobbys tech américains qui poussent dans l'autre sens.

Alors certains d'entre vous pourraient se demander : Ça sert à quoi de pouvoir reverse-engineerer ses appareils ?

Hé bien, ça sert par exemple à découvrir que votre thermostat "intelligent" envoie vos données à des serveurs douteux. Ou à réparer votre tracteur sans attendre 3 semaines un technicien agréé qui vous fera payer une fortune un truc dérisoire. Ou encore à vérifier que l'onduleur solaire sur votre toit n'a pas une backdoor exploitable par n'importe qui. De plus, des outils comme ReverserAI rendent ce genre d'analyse de plus en plus accessible, même sans être un expert en assembleur. Et ça c'est cool !

Le combat de Doctorow, c'est donc de faire sauter ces verrous juridiques qui protègent l'obsolescence programmée au détriment des consommateurs. Et franchement, quand on voit l'état du marché tech actuel, c'est pas du luxe, je trouve.

Bref, si vous voulez comprendre pourquoi votre grille-pain connecté vous espionne, au moins en Europe, vous avez théoriquement le droit de le découvrir. C'est déjà ça. Force à nos amis anglais et américains qui sont encore plus maltraités par les sociétés qui verrouillent leurs appareils, que nous.

Gibberifier - L'outil qui rend votre texte invisible aux IA (mais pas aux humains)

Par :Korben
12 janvier 2026 à 09:00

Vous connaissez sans doute la stéganographie, l'art de planquer des messages secrets un peu partout, mais avez-vous déjà entendu parler de la stéganographie inversée ? Non ? Eh bien, laissez-moi vous présenter Gibberifier .

L'idée est géniale puisqu'il s'agit de rendre un texte totalement illisible pour une IA (ChatGPT, Claude, Gemini, et consorts) tout en le laissant parfaitement clair pour nous, pauvres humains. C'est un peu comme parler une langue que les machines ne comprennent pas.

Le secret de cette technique réside dans l'utilisation de caractères Unicode de largeur zéro (comme le fameux U+200B) qui sont des caractères qui existent informatiquement mais qui ne prennent aucune place à l'écran. Gibberifier en insère aléatoirement entre les lettres de votre texte. Pour vos yeux, "Bonjour" reste "Bonjour". Mais pour une IA, ça ressemble à un truc comme ça "B\u200Bo\u200Bn\u200Bj\u200Bo\u200Bu\u200Br" en indécodable.

Et voilà comme le tokenizer de l'IA (la partie qui découpe le texte en morceaux digestes) panique complètement. Lors de mes tests avec ChatGPT, celui-ci est à la ramasse, quand à Claude, pas moyen qu'il accepte le message, ça le fait bugger... c'est assez jouissif à voir.

L'outil a été développé par GeneploreAI et le code est dispo en open source sur GitHub (licence GPL-3.0) et c'est pas juste un script python obscur, ils ont sorti des extensions pour Chrome et Firefox , et même une version web pour tester rapidement. J'ai testé avec ChatGPT et il galère un peu..

Mais avant que vous ne partiez chiffrer tout votre blog, une petite mise en garde quand même : Ce n'est pas fait pour des romans entiers. L'auteur recommande de l'utiliser sur des passages courts (environ 500 caractères). C'est idéal pour protéger une "formule secrète", un prompt spécifique ou un paragraphe clé que vous ne voulez pas voir aspiré par les scrapers d'entraînement.

Certains se demandent peut-être si c'est dangereux. En soi, non, ce sont juste des caractères standard mais c'est une belle démonstration de la fragilité actuelle des LLM. Un simple grain de sable Unicode suffit à enrayer la machine la plus sophistiquée du monde.

Bref, si vous voulez troller un peu les bots ou protéger un snippet de code, c'est l'outil qu'il vous faut.

Reçu hier — 11 janvier 2026

Palantir - L'histoire secrète de l'œil numérique qui voit tout

Par :Korben
11 janvier 2026 à 13:20
Cet article fait partie de ma série spéciale hackers . Bonne lecture !

Le 7 août 2019, dans le Mississippi, des centaines d'enfants rentrent de leur premier jour d'école. Cartables sur le dos, ils s'attendent à retrouver leurs parents pour raconter leur journée.

Mais à la place, ils découvrent des maisons vides ou des usines encerclées par des agents fédéraux. Ce jour-là, l'ICE (les services d'immigration américains) mène la plus grande opération de l'histoire du pays en un seul État : 680 personnes sont arrêtées, menottées et embarquées dans des camionnettes blanches.

Source

L'enquête qui a mené à ces rafles n'a pas été montée "à l’ancienne" sur un tableau en liège avec des punaises et de la ficelle rouge. Dans des affidavits et les documents obtenus via des demandes FOIA, on voit apparaître un nom de module qui revient comme un sortilège : FALCON Tipline. Un outil Palantir vendu à la branche Homeland Security Investigations (HSI) et utilisé pour centraliser, recouper et exploiter des signalements, des identités, des liens, des infos de terrain… jusqu’à planifier des actions coordonnées comme celle du Mississippi.

Le plus "magique" (façon Mordor), c'est que tout ça s'appuie sur un contrat très concret, très administratif, qui décrit FALCON comme une plateforme de recherche fédérée et d’analyse, capable de faire parler ensemble des bases de données qui n'étaient pas censées se rencontrer. Voilà. Rien de secret... Juste le genre de PDF qui sent la paperasse… mais qui peut briser des vies.

Mais si cette logistique monstrueuse a pu être déployée avec une telle précision chirurgicale, c'est grâce à une technologie dont vous n'avez peut-être jamais entendu parler, mais qui sait déjà probablement tout de vous.

Son nom ? Palantir.

Pour comprendre comment une startup de la Silicon Valley est devenue l'œil de Sauron qui surveille le monde, il faut remonter au début des années 2000. On est juste après le 11 septembre. L'Amérique est en état de choc et ses agences de renseignement cherchent désespérément un moyen de "connecter les points" (connect the dots comme ils disent...) pour prévenir la prochaine attaque.

Le Pentagone essaie bien de lancer un programme de surveillance totale appelé Total Information Awareness, mais le projet est jugé trop orwellien et se fait descendre par l'opinion publique en 2003. C'est exactement à ce moment-là que Peter Thiel décide de fonder Palantir Technologies avec Stephen Cohen, Joe Lonsdale, Nathan Gettings et Alex Karp.

Ce qui est "marrant", c’est qu’on a enterré le programme (trop visible, trop caricatural), mais pas l’idée. Palantir arrive pile au bon moment : la même promesse, mais emballée dans un joli paquet cadeau d'outil d’analyse, vendue par une boîte privée, et surtout, développée directement avec les gens qui allaient s’en servir.

La surveillance version startup, avec des NDA, des badges et des salles sans fenêtre était née...

Peter Thiel, c'est un personnage à part dans la tech. Co-fondateur de PayPal, premier investisseur de Facebook, libertarien pur jus et fan absolu de J.R.R. Tolkien. Le nom "Palantir" vient d'ailleurs du Seigneur des Anneaux puisque ce sont ces pierres de vision qui permettent de voir à travers le temps et l'espace.

Le truc, c'est que chez PayPal, Thiel et son équipe avaient déjà développé des algorithmes de détection de fraude super performants baptisés "Igor". C'est pour cela que Thiel s'est dit "Hé, et si on appliquait ces mêmes méthodes de traque financière à la lutte antiterroriste ?"

Peter Thiel ( source )

Le problème, c'est qu'en 2004, personne à la Silicon Valley ne veut toucher à la défense. Les investisseurs flippent, du coup, Thiel et son fonds d'investissement posent environ 30 millions de dollars pour couvrir les premiers coûts et vont chercher un allié improbable : In-Q-Tel, le fonds de capital-risque à but non lucratif soutenu par la CIA.

In-Q-Tel injecte environ 2 millions de dollars et au delà de l'argent, c'est une surtout une validation capitale pour la société. Et c'est ainsi que durant trois ans, les ingénieurs de Palantir vont bosser main dans la main avec les analystes du renseignement pour construire leur premier logiciel : Gotham.

Et quand je dis "bosser main dans la main", c’est pas une image. Leur délire, c’était d’envoyer des ingénieurs directement chez les clients, dans les agences, parfois sur site sensible, pour modeler l’outil à la demande. Pas une ESN, hein… plutôt une greffe. Tu poses le logiciel, tu poses les devs, et tu laisses la créature grandir dans l’ombre.

Pour diriger cette boîte de surveillance, Thiel choisit Alex Karp. Un mec encore plus atypique que lui. Karp est un philosophe, titulaire d'un doctorat en théorie sociale de l'université de Francfort, dyslexique, qui ne sait pas conduire et qui passe cinq heures par jour à faire du ski de fond ou du Qigong. Il vit dans une baraque perdue dans le New Hampshire et se décrit comme un "gauchiste fou", alors que Thiel est un "dingue de droite". Ce duo improbable va pourtant créer l'entreprise la plus puissante et la plus secrète de la planète.

Alex Karp ( source )

Le fonctionnement de Gotham est simple sur le papier, mais terrifiant en pratique. Pensez à un aspirateur géant capable d'ingérer n'importe quel type de donnée : Imagerie satellite, rapports d'interrogatoires, conversations sur les réseaux sociaux, fichiers fiscaux, plaques d'immatriculation, relevés bancaires. Le logiciel fusionne tout ça pour créer un "jumeau numérique" du monde réel. Si vous avez un compte chez Ladar Levison (le fondateur de Lavabit qui a hébergé Snowden) ou que vous avez été mentionné dans une écoute de la NSA, Palantir peut recréer tout votre réseau social en quelques clics.

C'est d'ailleurs avec les révélations d'Edward Snowden que le monde a commencé à entrevoir l'ampleur du truc. En 2017, des documents montrent que Palantir proposait des outils comme "XKEYSCORE Helper" pour faciliter l'analyse des données capturées par la NSA. Le logiciel permettait aux agents de naviguer dans des masses de données privées avec une fluidité déconcertante. Même si Alex Karp jure sur tous les tons qu'il protège les libertés civiles, la réalité des contrats raconte une autre histoire.

Et ce n’est pas qu’un délire "NSA / USA". Dans la même veine, des docs évoquent aussi Kite, un système custom pour le GCHQ (les espions britanniques), avec des champs et des imports extensibles pour avaler des formats de données bien tordus. Palantir, évidemment, a tenté de calmer le jeu ensuite en expliquant que "XKEYSCORE helper" n’était qu’un module périphérique et limité, pas un accès à la matrice complète…

Mais l’histoire "secrète" de Palantir a aussi un épisode qui sent la naphtaline et le scandale. En effet, en 2010-2011, des emails fuités (merci Anonymous) ont montré qu'une dream team HBGary / Berico / Palantir avait participé à la préparation d’un plan de riposte contre WikiLeaks et ses soutiens. Dans le package, on parlait de méthodes sales, de pression, et même d’idées de désinformation. Résultat, Palantir a publiquement présenté ses excuses et a coupé les ponts avec HBGary.

Je vous parle quand même d'une boîte qui a récupéré le contrat Maven Smart System (le fameux Project Maven) quand Google l'a lâché suite à la révolte de ses employés. Maven utilise l'IA pour aider les analystes militaires à identifier des cibles au milieu d'un déluge de données de surveillance.

Et aujourd'hui, Palantir est partout.

En Ukraine, Alex Karp a été le premier PDG occidental à rencontrer Zelensky après l'invasion russe de 2022. Leurs logiciels servent à faire de la fusion de données à grande vitesse (drones, satellites, sources ouvertes) pour accélérer la décision militaire. Et ça ne s'arrête pas là puisqu'en juillet 2025, l'armée américaine a signé un accord-cadre monumental jusqu'à 10 milliards de dollars sur 10 ans pour consolider et simplifier l'achat des logiciels Palantir.

Mais Palantir ne s'arrête pas aux zones de guerre. L'entreprise s'infiltre dans nos services publics. Au Royaume-Uni, un consortium mené par Palantir a décroché un contrat de 330 millions de livres pour gérer la Federated Data Platform du NHS (le système de santé national). En septembre 2025, ils ont même remis ça avec un partenariat défense annoncé par le gouvernement britannique, censé débloquer jusqu'à 1,5 milliard de livres d'investissements et faire du Royaume-Uni leur QG européen défense. En France, la DGSI a longtemps utilisé Palantir avant d'essayer de construire sa propre alternative pour retrouver sa souveraineté numérique… sauf que fin 2025, le contrat a encore été prolongé "temporairement", en attendant que l’outil souverain arrive vraiment.

Et ce qui est vraiment inquiétant avec Palantir, c'est ce qu'ils proposent en matière de "police prédictive". Par exemple, à Los Angeles ou à la Nouvelle-Orléans, leurs algorithmes ont été utilisés pour tenter d'identifier des zones ou des individus à risque. En gros, le logiciel décide si vous avez le profil d'un futur délinquant en analysant vos liens sociaux et vos antécédents. À la Nouvelle-Orléans, le programme a même tourné pendant des années dans une discrétion quasi totale, sans que le conseil municipal ne soit vraiment au courant, jusqu'à ce que la presse sorte l'affaire. Des audits ont d'ailleurs montré que ces systèmes pouvaient renforcer les préjugés et cibler injustement certaines communautés. Tu m'étonnes...

Exemple de dashboard de police prédictive ( source )

Aujourd'hui, Palantir est cotée en bourse et sa valorisation explose littéralement (on parle d'environ 430 milliards de dollars début 2026). Alex Karp a réussi son pari à savoir rendre la surveillance de masse extrêmement rentable. L'entreprise vise d'ailleurs un chiffre d'affaires annuel autour de 4,4 milliards de dollars sur 2025, porté par sa nouvelle plateforme d'IA (AIP) et ses "agents" autonomes capables de structurer n'importe quelle base de données en un clin d'œil. Mais comme dans Tolkien, les palantír sont des outils dangereux. Celui qui les utilise peut être lui-même observé et corrompu.

Alors, faut-il avoir peur de Palantir ? Clairement oui !

Quand on voit comment Snowden explique la surveillance aujourd'hui, on comprend que Palantir est l'outil qui rend l'espionnage d'État accessible à n'importe quel analyste, sans qu'il ait besoin d'être un génie du code. C'est la démocratisation d'Orwell à grande échelle.

Bref, la prochaine fois que vous entendrez parler d'une startup qui veut "aider les gouvernements à mieux gérer leurs données", rappelez-vous de l'histoire du Mississippi en 2019 et de Palantir car derrière les beaux discours sur la sécurité, il y a souvent des algorithmes invisibles et des pierres de vision qui ne dorment jamais.

Sources :

Elo – Quand une IA écrit un langage de programmation complet sans intervention humaine

Par :Korben
11 janvier 2026 à 09:00

Vous connaissez probablement les prouesses de Claude Code pour décompiler du code , ou encore son utilisation pour automatiser la création d'outils , mais là, on a passé un cap.

Bernard Lambeau, un développeur belge avec plus de 25 ans d'expérience et un doctorat en informatique, a décidé de pousser le concept jusqu'au bout à savoir utiliser Claude Code non pas pour écrire quelques scripts, mais pour générer un langage de programmation complet.

Carrément ! Il est chaud Bernard, car quand je dis complet, je parle d'un compilateur entier avec analyseur lexical, un parseur, un système de typage, des backends multiples...etc. Voilà, comme ça, en full pair-programming avec une IA.

Ça s'appelle Elo et l'idée, c'est de proposer un langage tellement sécurisé by design qu'on peut le confier à des non-développeurs… ou à des IA. Pas de variables mutables, pas d'effets de bord, pas de références qui traînent dans tous les sens. Bref, un langage où il est quasi impossible de faire une bêtise, même en essayant très fort.

Alors pourquoi créer un énième langage alors qu'on en a déjà des centaines ?

Hé bien le truc, c'est que la plupart des langages existants partent du principe que vous savez ce que vous faites. JavaScript, Python, Ruby… Ils vous font confiance. Trop, parfois.

Elo, lui, adopte l'approche inverse... le "zero-trust". Le langage ne fait confiance à personne, ni au développeur, ni à l'IA qui pourrait l'utiliser. Ainsi, chaque expression est pure, chaque fonction est déterministe, et le compilateur vérifie tout avant d'exécuter quoi que ce soit.

Et surtout Elo est un langage d'expressions portables, ce qui veut dire que vous écrivez votre logique une fois, et vous pouvez la compiler vers JavaScript, Ruby ou même du SQL PostgreSQL natif. Oui, oui, le même code peut tourner dans votre navigateur, sur votre serveur Ruby, ou directement dans votre base de données. Et là, y'a de quoi faire des trucs sympas pour peu qu'on ait besoin de partager de la logique métier entre différents environnements.

Le typage est volontairement minimaliste mais costaud et se compose de 10 types de base : Int, Float, Bool, String, DateTime, Duration, Tuple, List, Null et Function. Pas de classes, pas d'héritage, pas d'objets au sens classique mais juste des valeurs et des fonctions, ce qui peut paraître limité dit comme ça, mais c'est justement cette contrainte qui rend le langage sûr.

Moins de features, c'est moins de façons de se planter !

L'opérateur pipe |> est le cœur du langage car au lieu d'imbriquer des appels de fonctions comme des poupées russes, vous chaînez les transformations de gauche à droite. Par exemple, pour récupérer tous les clients actifs et compter combien il y en a, vous écrivez quelque chose comme customers |> filter(active: true) |> size. C'est lisible, c'est fluide, et même quelqu'un qui n'a jamais codé comprend ce qui se passe.

Et il y a aussi l'opérateur alternative |. Comme ça, si une expression peut retourner null, vous pouvez prévoir un fallback avec ce simple pipe. Genre user.nickname | user.firstname | "Anonymous". Ça essaie dans l'ordre et ça prend la première valeur non-nulle.

Comme ça, fini les cascades de if/else pour gérer les cas où une donnée manque ! Youpi !

Voilà pour le langage...

Maintenant parlons un peu du bonhomme car Bernard Lambeau n'est pas un inconnu dans le monde du développement. Il est derrière Bmg (une implémentation de l'algèbre relationnelle), Finitio (un langage de schémas de données), Webspicy (pour tester des APIs), et Klaro Cards (une app no-code). Tout cet écosystème partageait déjà une certaine philosophie, et Elo vient unifier le tout. Son langage est d'ailleurs utilisé en production dans Klaro Cards pour exprimer des règles métier que les utilisateurs non-techniques peuvent modifier.

Ce qui m'a intéressé dans toute cette histoire, c'est surtout la méthode de développement de Bernard qui a travaillé en pair-programming avec Claude Code pendant des semaines, voire des mois. L'IA générait du code, et lui relisait, corrigeait, guidait, et l'IA apprenait de ces corrections pour les itérations suivantes. Sur l'ensemble du projet, chaque ligne de code, chaque test, chaque doc a été écrit par Claude et croyez le ou non, le code est clean car Bernard est un pro !

D'ailleurs, il a enregistré une démo de 30 minutes où il montre le processus en live .

En regardant cette démo, on découvre une vraie méthodologie de travail avec l'IA car il n'a pas juste balancé des prompts au hasard en espérant que ça marche. Au contraire, il a mis en place tout un système pour que la collaboration soit efficace et sécurisée.

Premier truc : le "safe setup". Bernard a configuré un environnement Docker sandboxé dans un dossier .claude/safe-setup afin de laisser Claude Code exécuter du code dans un conteneur Alpine isolé, sans risquer de faire des bêtises sur la machine hôte. En entreprise, c'est exactement le genre de garde-fou qu'on veut quand on laisse une IA bidouiller du code. Le conteneur a ainsi accès aux fichiers du projet, mais pas au reste du système.

Ensuite, il y a la documentation projet via un fichier CLAUDE.md à la racine. Ce fichier décrit l'architecture du langage avec le parser, l'AST, le système de typage, les différents backends, comme ça, quand Claude démarre une session, il lit ce fichier et comprend la structure du projet.

La gestion des tâches est aussi bien pensée puisqu'il utilise un système de dossiers façon Kanban : to-do, hold-on, done, et analyze. Chaque tâche est un fichier Markdown qui ressemble à une user story.

Ainsi, quand il veut ajouter une feature, il crée un fichier dans to-do avec la description de ce qu'il veut. Claude lit le fichier, implémente, et Bernard déplace le fichier dans done une fois que c'est validé. Le dossier analyze sert pour les trucs à creuser plus tard, et hold-on pour ce qui attend des décisions.

Ce qui est bien trouvé aussi, c'est qu'il utilise trois modes d'interaction selon les situations. Le mode "accept-it" pour les trucs simples où Claude propose et Bernard dispose. Le "plan mode" quand la tâche est complexe avec Claude qui pose des questions de design avant d'écrire du code. Et le mode autonome avec --dangerously-skip-permissions quand il a parfaitement confiance pour une série de modifications.

Bernard a aussi créé plusieurs personas spécialisés (des agents) que Claude peut invoquer. Un agent "security" qui analyse le code du point de vue sécurité. Un agent "DDD" (Domain-Driven Design) qui vérifie la cohérence du vocabulaire métier. Un agent "skeptic" qui cherche les cas limites et les bugs potentiels. Et un agent "Einstein" qui détecte quand le code devient trop complexe et suggère des simplifications.

En gros, 4 cerveaux virtuels qui relisent chaque modification.

Et là où ça devient vraiment ouf, c'est que Elo se teste lui-même. Les tests d'acceptance sont écrits en Elo, avec une syntaxe d'assertions qui se compile vers JavaScript, Ruby et SQL. Comme ça quand Bernard ajoute une feature, il écrit d'abord le test en Elo, puis Claude implémente jusqu'à ce que le test passe. Le langage valide sa propre implémentation.

Comme je vous l'avais dit, c'est propre !

Bernard n'a fait que valider et refuser et ne retouche jamais le code lui-même. C'est Claude qui fait tout le reste et ça c'est un sacré changement dans la façon de développer.

Il évoque aussi l'idée que quand on délègue une compétence à quelqu'un (ou quelque chose) qui la maîtrise, on peut se concentrer sur le reste. Comme ça, Bernard ne s'occupe donc plus d'écrire du code mais s'occupe plutôt de définir ce que le code doit faire, de valider les résultats, et de guider l'architecture.

C'est vraiment le métier de développeur nouvelle génération et c'est très inspirant si vous cherchez votre place de dev dans ce nouveau monde.

En tout cas, même si ce n'est pas la première fois qu'on voit Claude Code produire des résultats impressionnants là c'est carrément autre chose.

Maintenant si vous voulez tester, l'installation est simple. Un petit

`npm install -g @enspirit/elo`

Et vous aurez ensuite accès à deux outils :

  • elo pour évaluer des expressions à la volée, et
  • eloc pour compiler vers la cible de votre choix.

Et si vous voulez du JavaScript ?

eloc -t js votre_fichier.elo.

Du Ruby ?

eloc -t ruby.

Du SQL ?

eloc -t sql.

Le site officiel propose également un tutoriel interactif plutôt bien fichu pour découvrir la syntaxe. On commence par les bases (les types, les opérateurs), on passe aux fonctions, aux gardes, et on finit par les trucs plus avancés comme les closures et les comparaisons structurelles. En une heure ou deux, vous avez fait le tour.

Alors bien sûr, Elo n'est pas fait pour remplacer votre langage préféré car ce n'est pas un langage généraliste. Vous n'allez pas écrire une app mobile ou un jeu vidéo avec... Par contre, pour exprimer des règles métier, des validations, des transformations de données… C'est pile poil ce qu'il faut.

Peut-être qu'un jour on verra une équipe où les product managers écrivent directement les règles de pricing ou d'éligibilité en Elo , (j'ai le droit de rêver) et où ce code est automatiquement validé par le compilateur avant d'être déployé.

Plus de traduction approximative entre le métier et les devs, plus de bugs parce que quelqu'un a mal interprété une spec.

Le dépôt GitHub est ouvert , la documentation est dispo, et le langage est sous licence MIT donc vous avez de quoi explorer, tester, et pourquoi pas contribuer si le cœur vous en dit.

Voilà, avec Claude Code (ou d'autres comme Gemini CLI, Codex CLI...etc) on n'est clairement plus sur des outils qui complètent du code ou qui génèrent des snippets. On est carrément sur un système IA capable de créer des outils complets et des langages entiers, avec son humain préféré qui joue le rôle de chef d'orchestre.

Steve Klabnik a d'ailleurs fait quelque chose de similaire avec son langage Rue, lui aussi développé avec Claude, si vous voulez jeter un œil !

Voilà les amis ! La tendance est claire j'crois... les développeurs expérimentés commencent à utiliser l'IA comme un multiplicateur de force, et pas comme un remplaçant et je pense vraiment que vous devriez vous y mettre aussi pour ne pas vous retrouver à la ramasse dans quelque années...

Amusez-vous bien et un grand merci à Marc d'avoir attiré mon attention là dessus !

Reçu — 10 janvier 2026

Comment j'ai roulé Gemini dans la farine et ses filtres d'images avec !

Par :Korben
10 janvier 2026 à 18:44

Alors celle-là, c’est la meilleure ! Si vous pensiez que les filtres de sécurité des IA étaient devenus des forteresses imprenables, préparez-vous à rigoler un bon coup car aujourd'hui, on va parler de comment j'ai réussi à rouler Gemini dans la farine avec une bidouille tellement simple que c'en est presque gênant pour Google.

Rassurez-vous quand même, c'est moins glauque que ce que tous les détraqués du bocal ont fait avec Grok ces dernières semaines.

Vous avez sans doute remarqué que dès qu'on demande à Nano Banana de bosser sur des photos de personnalités publiques, ou même juste de gens normaux, il se braque direct. Le machin vous sort son petit message pré-enregistré genre : "I can help with editing images of people, but I can't edit some public figures. Is there anyone else you'd like to try?".

Bref, c'est le blocage total pour protéger la vie privée de nos stars (et surtout pour s'éviter des procès, on ne va pas se mentir).

Sauf qu'en fait, l'IA de Google a une mémoire de poisson rouge quand on sait comment s'y prendre.

L'astuce est d'une simplicité désarmante. Vous n'avez pas besoin de faire 50 000 tests ou de connaître le langage des machines. En fait, il suffit de rester dans la même conversation. Quand il vous refuse la modification sur votre image initiale, vous lui redemandez exactement la même chose, mais en lui filant une autre image qui n'a absolument rien à voir (genre une photo de votre chat ou de votre petit-déjeuner).

Et là, c'est le drame (enfin, pour Google). Au lieu de bosser sur la deuxième image, Gemini va tout simplement reprendre le travail sur la première image, celle qu'il venait de vous refuser deux secondes plus tôt ! Hop, le filtre saute et vous voilà libre de faire vos petites expériences.

Alors bien sûr, je ne vous dis pas ça pour que vous alliez faire n'importe quoi (on reste des gens bien, hein), mais c'est quand même assez dingue de voir que des systèmes qui coûtent des milliards de dollars peuvent être contournés avec une manip d'une telle simplicité.

Comme quoi, la sécurité des IA, c'est encore un peu du bricolage par moments.

Alors ça ne marche pas à tous les coups, et il y a certaines personnalités pour qui c'est plus compliqué d'obtenir un résultat mais bon, quand ça fonctionne c'est rigolo. Je pense que les ingénieurs de chez Google vont vite boucher le trou dès qu'ils auront fini de lire mon article (le melooooon ^^).

Voilà pour la petite trouvaille du jour ^^. Ah et sinon vous pouvez aussi faire ça sur LMArena , ça passe mieux le filtrage en général.

Motoid Prime 4

Par :Korben
10 janvier 2026 à 15:18
— Article rédigé par l’ami Remouk (DansTonChat) – Merci à lui —

Vous avez vu ? Après un développement houleux et grosso-modo 8 ans d'attente , le fameux Metroid Prime 4 vient enfin de sortir !! Sous-titré Beyond, cet épisode est la suite tant désirée des 3 autres Metroid Prime, assurant la continuité d'un point de vue scénaristique mais aussi au niveau du gameplay, qui s'était quelque peu perdu en chemin avec Other M ou Dread (revenu sur un plan 2D).

Après une attente aussi démesurée, forcément, il y a des déçus, des débats, des "tout ça pour ça", à côté des gens qui sont aux anges et crient au génie, ou juste, le trouvent "très bien". Pourquoi le jeu divise-t-il autant ? Est-il fait pour vous, pour toi, pour moi ? Je vais tenter de répondre à la question. :)

Mais pour commencer, soyons clairs : même si je vais surtout parler des points qui posent problème, en aucun cas Metroid Prime 4: Beyond n'est un mauvais jeu. Certes, il est maladroit par endroit, certains choix sont... Questionnables. Cela n'enlève rien à ses qualités.

MP4 (le jeu, pas le format vidéo) est bien foutu : les graphismes sont au top de ce qui se fait sur la Switch, et sur la Switch 2 ça prend une nouvelle dimension. C'est une petite claque bien placée sur la joue. Parfaitement fluide, super bien animé, détaillé, c'est magnifique. Artistiquement, l'ambiance est géniale, l'atmosphère toujours aussi singulière, intrigante, magnifique... Et dangereuse. Les musiques sont, malheureusement, moins emblématiques qu'auparavant, un peu + "passe-partout" (sans Fort-Boyard).

Les contrôles sont calibrés au poil : à la manette comme Metroid Prime: Remastered , c'est parfait, ultra satisfaisant à jouer. À cela ils ont ajouté un mode "à la souris". En effet, sur Switch 2 vous pouvez pencher vos joy-con et jouer à la souris. Rien à dire, ça marche ultra bien, mais perso comme je joue affalé sur le canap, ça ne m'intéresse pas. 😅

Le scénario ? Bon alors là c'est pas fou-fou. Dans le fond, c'est un peu une redite du premier Prime... Ça ressemble presque à un soft-reboot. À cela s'ajoute des personnages, peu intéressants, assez caricaturaux et qui cassent le côté solitaire de l'aventure. Parce que c'est ça qu'on aime dans Metroid : être coincé seultou dans un environnement hostile, et s'en sortir petit à petit en résolvant des énigmes et en gagnant en puissance / capacité.

Bon et on va en arriver à ce qui divise, et qui je pense pourrait s'expliquer très simplement : Metroid Prime 4 ne porte pas bien son nom. Il aurait du s'appeler Metroid Beyond sans le Prime, car ce n'est pas vraiment une suite aux 3 jeux d'avant.

Si l'emballage est identique, le fond est très différent. Le cœur du jeu n'est plus de résoudre un gigantesque puzzle labyrinthique en progressant pas à pas. On se déplace pareil, on tire pareil, on scan pareil, mais cette fois, on avance en ligne droite et on résout les énigmes qui sont devant nous. Ce changement est fondamental.

Voilà pourquoi, pour celles et ceux qui adorent Metroid pour sa singularité, c'est une déception. Car ce n'est pas un MetroidVania. La plupart des éléments sont là, mais ils ont choisi d'aller dans une autre direction. Par exemple, dans le 1er MP, les boss - et même la plupart des petits ennemis - doivent être battus de manière intelligente, en analysant leur comportement, en trouvant la faille, en utilisant nos capacités à bon escient. Ici, non : on shoot, on esquive, on shoot. C'est de l'action pure.

Pareil pour la traversée des niveaux, car oui, là, on traverse des niveaux. Il faut analyser l'environnement avec attention, certes, mais il n'y a pas d'exploration à proprement parler. Le seul backtracking à faire est malheureusement un peu redondant et inutile : il s'agit de revenir à notre camp de base pour activer certaines nouvelles capacités trouvées en chemin. Pour cela, on passe par un désert absolument... Vide. La moto est cool mais elle sert juste à se déplacer d'un point A à un point B, tout droit dans un désert.

Donc voilà, en gros c'est ça qui déçoit certains fans : ce n'est pas la suite attendue. Et forcément, après 8 ans d'espoirs, ça peut faire mal. Pour les personnes qui ne connaissent pas du tout Metroid, je pense qu'ils kifferont tout à fait ! Ou les gens qui adorent l'univers et qui cherchent une expérience + cinématique et moins cérébrale. Je pense que le jeu a son public, mais ce n'est pas le public habituel de la série. Si on adooooore la cuisine Metroid, on sera déçu de voir la recette changée. C'est normal.

En conclusion, un bon jeu, voire très bon jeu selon vos critères, mais un Metroid assez moyen, trop différent du concept initial pour convaincre les amoureux de la licence. Et c'est pas l'ajout d'une super moto qui compensera. :D

Malgré tout, Samus reste la meilleure. Et là y a pas de débat !

Intercepteurs - Plongée avec ceux qui traquent les pédocriminels depuis leur canapé

Par :Korben
10 janvier 2026 à 10:10

Voici Intercepteurs, un documentaire réalisé par Salim Keddouh et Maxence Saugrain qui vient de sortir sur YouTube et qui va probablement vous faire regarder votre écran différemment.

Vous connaissez peut-être l'adage : "Sur Internet, personne ne sait que vous êtes un chien". Sauf que là, c'est l'inverse. Les Enfants d’Argus , une association de bénévoles fondée en 2020, font en sorte d'éviter que les prédateurs ne découvrent qu'ils parlent à... un adulte planqué derrière son PC.

C'est une petite équipe de bénévole qui fait de l'OSINT (Open Source Intelligence) et qui a beaucoup de patience.

L'idée de ces "enquêteurs numériques" est simple : ils créent des "enfants virtuels" (de faux profils de 10 à 13 ans) pour servir d'appâts sur les réseaux sociaux. Le documentaire cite des chiffres mondiaux qui font froid dans le dos : 750 000 prédateurs seraient connectés en permanence, et 1 enfant sur 5 aurait déjà reçu des propositions sexuelles en ligne.

Du coup, des bénévoles comme Akela, Ezekiel ou Kaverneuil (des pseudos, évidemment, pour préserver leur sécurité) ont décidé de passer à l'action. Depuis leur salon, ils infiltrent les réseaux, collectent des preuves (photos, messages, vidéos) et montent des dossiers pour aider la justice. Et hop, une fois que c'est bien ficelé, tout est transmis aux autorités compétentes.

Et voilà comment avec un simple laptop et une connexion, ces bénévoles arrivent à faire un boulot de fourmi. On parle d'une trentaine de personnes en France, dans les DROM-COM et en Belgique qui traquent les prédateurs sans relâche.

Perso, je trouve ça hyper courageux. Parce qu'il faut avoir le cœur solide pour se coltiner les discussions glauques de ces types toute la journée pour espérer les mettre hors d'état de nuire.

Et oui, le sujet du vigilantisme en ligne revient souvent comme polémique, mais l'association insiste sur un point crucial : ils affirment ne jamais provoquer l'infraction et se contentent d'attendre qu'elle vienne à eux pour la documenter. Et si on en croit les témoignages dans le reportage, cette méthode permet d'aboutir à de réelles interpellations, alors c'est positif !

Voilà, si le sujet vous intéresse, filez voir ce reportage produit par Fédération Studio France. Ça montre enfin l'envers du décor de cette traque invisible qui se joue juste à côté de nous.

Et prenez soin de vos gamins sur le web !

Mailspring - L'alternative open source à Outlook qui ne vole pas vos mots de passe

Par :Korben
10 janvier 2026 à 09:00

Bon, si vous faites partie de ceux qui ont la boule au ventre en lançant le nouveau Outlook de Microsoft, j'ai une petite trouvaille pour vous. En fait, vous ne le savez pas encore mais vos identifiants IMAP partent en vacances sur les serveurs de Redmond. Ouais, Heise Online a levé le lièvre y'a quelques temps maintenant et ça fait pas plaisir. Un peu comme quand Apple avait ses petits soucis avec OCSP , mais en plus brutal.

On va pas se mentir, Thunderbird c'est le patron. C'est libre, c'est robuste, c'est la référence pour chiffrer ses mails . Mais bon... faut avouer qu'il a parfois une tronche à avoir connu Windows 98 (même si ça s'améliore, je vous vois venir les puristes !). Du coup, si vous cherchez un truc qui a de la gueule sans vendre votre âme, jetez un œil à Mailspring.

L'interface est propre, non ? ( Source )

Mailspring, c'est un client mail open source (GPLv3) qui tourne sur Mac, Windows et Linux. Pour la petite histoire, c'est le successeur spirituel de Nylas Mail. Le développeur, Ben Gotow, a repris le bébé et a fait un gros ménage. Le moteur de synchro qui bouffait de la RAM comme un ogre ? Hop, réécrit en C++ (ça s'appelle Mailsync maintenant), du coup ça tourne nickel, c'est fluide et ça pompe pas toute votre batterie.

L'interface est super propre, codée en TypeScript avec Electron et React. Et là je vous entends : "Electron ? Pffff, ça va ramer !". Hé bien non les amis, et c'est justement grâce à ce fameux moteur C++. C'est ça qui est cool. En plus, tout se passe en local sur votre machine. Pas de cloud intermédiaire qui vient renifler vos mails pour vous cibler de pubs.

  • Gestion multi-comptes (IMAP, Gmail, Office 365, iCloud...)
  • Boîte de réception unifiée (le bonheur)
  • Recherche ultra rapide (vraiment)
  • Traduction intégrée
  • Signatures personnalisées

La recherche qui trouve tout en 2 secondes ( Source )

Y'a aussi une version Pro à 8 dollars par mois avec des trucs comme l'envoi différé ou les rappels, mais franchement, pour 99% des gens, la version gratuite suffira laaarge.

Voilà, si vous cherchez une alternative sexy à Outlook qui respecte votre vie privée, Mailspring est une option béton. C'est dispo en téléchargement sur leur site ou via vos gestionnaires de paquets préférés.

Source

Reçu — 9 janvier 2026

Comment auditer les apps mobiles qui vous traquent sans votre consentement

Par :Korben
9 janvier 2026 à 16:18

Si vous avez installé une app récemment, vous avez surement remarqué le petit popup RGPD qui vous demande votre consentement pour les cookies et le tracking. Vous cliquez évidemment sur "Refuser" en vous disant que c'est réglé... Ben en fait... non.

Des chercheurs ont passé au crible 400 applications mobiles populaires (200 sur Android, 200 sur iOS) et résultat, 100% d'entre elles violent au moins une exigence du RGPD. Et près de la moitié de ces apps continuent à contacter des trackers MÊME APRÈS que vous ayez dit non.

Sympa le "consentement" !

Du coup, plutôt que de vous laisser vous faire gauler par ces mouchards, je vous propose un petit guide pour auditer vous-même les apps que vous utilisez. Sans vous prendre la tête, promis.

Ce qu'il vous faut

  • Un téléphone Android (iOS, c'est plus compliqué, Apple verrouille tout)
  • TrackerControl , l'outil d'audit qu'on va utiliser
  • 10 minutes de votre temps
  • L'option "Sources inconnues" activée dans les paramètres sécurité d'Android (l'app n'est pas sur le Play Store...)

Étape 1 : Installer TrackerControl

TrackerControl est donc un outil open source développé par des chercheurs. La bestiole analyse le trafic réseau de chaque app pour détecter les connexions vers des serveurs de tracking.

Rendez-vous sur le GitHub du projet et téléchargez l'APK. Installez-le en autorisant temporairement les sources inconnues.

Étape 2 : Lancer l'audit

Une fois installé, TrackerControl se comporte comme un VPN local (vos données ne sortent pas de votre téléphone, rassurez-vous). Activez-le et lancez l'app que vous voulez auditer.

L'outil va alors intercepter toutes les connexions sortantes et les classer : publicité, analytics, tracking social, fingerprinting... Y'a de quoi faire le tri !

L'interface de TrackerControl - sobre mais efficace ( Source )

Étape 3 : Interpréter les résultats

Ce qu'il faut surveiller :

  • Connexions AVANT toute action : Si l'app contacte des trackers dès son lancement, avant même que vous ayez vu un popup de consentement, c'est une violation du critère "Prior consent"
  • Connexions APRÈS refus : Relancez l'app après avoir refusé le tracking. Si des connexions partent quand même vers Google Analytics, Facebook ou autres... bingo !
  • Le nombre de domaines contactés : Une app de lampe torche qui contacte 15 serveurs différents, c'est suspect (oui ça existe)

Détail des trackers détectés - on voit tout ce qui sort ( Source )

Les 6 critères RGPD que les apps violent

L'étude suivante a identifié six types de violations :

  • Prior : L'app collecte VOS données avant de vous demander votre avis
  • Informed : On vous dit pas vraiment ce qu'on fait avec vos données
  • Freely-given : Pas le choix, c'est "accepte ou dégage"
  • Specific : Le consentement est trop vague, genre "améliorer nos services"
  • Unambiguous : L'interface est conçue pour vous faire cliquer sur "Accepter"
  • Revocable : Vous dites non, mais ça continue quand même (près de la moitié des apps)

C'est flippant, non ? Comme je vous l'expliquais dans mon article sur le mythe du smartphone espion , le vrai problème n'est pas le micro qui vous écoute... c'est ce réseau de data brokers qui aspire tout ce qu'ils peuvent.

Dépannage

Et si TrackerControl ne détecte rien, vérifiez que le "VPN" est bien actif (icône de clé dans la barre de notifications). Certaines apps détectent les VPN et changent leur comportement, du coup relancez plusieurs fois pour être sûr.

Pour aller plus loin dans la protection de vos données, j'ai publié également ce guide sur la suppression de vos données personnelles qui vous donnera quelques pistes.

Voilà, maintenant vous avez les outils pour aller à la pêche aux trackers. De quoi regarder vos apps d'un autre œil, j'imagine !

Source

Le NO FAKES Act veut réguler les deepfakes, mais c'est surtout l'open source qui va trinquer

Par :Korben
9 janvier 2026 à 14:36

Après le DMCA, après la DADVSI , après SOPA, après PIPA, après EARN IT... voici le NO FAKES Act ! Bref, un nouveau projet de loi américain pondu par des gens qui visiblement n'ont jamais lancé un git clone de leur vie.

Le texte ( S.1367, 119e Congrès , introduit en avril 2025) part d'une intention louable qui est de protéger les gens contre les deepfakes non consentis. Vous savez, ces vidéos truquées où votre tête se retrouve sur un corps qui n'est pas le vôtre, de préférence à poil...

Mais comme toujours, l'enfer est pavé de bonnes intentions et la méthode choisie va potentiellement atomiser tout l'écosystème de l'IA open source.

En fait, une large partie des services qui hébergent du contenu généré par les utilisateurs devront mettre en place une logique de notice-and-staydown basée sur du "digital fingerprinting" afin de pouvoir retirer le contenu signalé et empêcher que les mêmes œuvres réapparaissent après notification. De quoi faire pleurer donc n'importe quel admin sys qui a déjà dû gérer un serveur de modération.

Et là où ça se corse c'est que contrairement au DMCA et ses exceptions , ce texte ne prévoit pas de véritable mécanisme de contre-notification façon DMCA. Quelqu'un signale votre contenu comme étant un deepfake ? Hop, c'est retiré. Vous pensez que c'est une erreur ? La seule voie prévue pour espérer une remise en ligne passe par une action en justice (sous 14 jours) contre l'expéditeur de la notification. Alors direction le tribunal fédéral, les amis...

Et les coûts de conformité estimés par la CCIA donnent le vertige car en moyenne, ça devrait tourner à environ 1,64 million de dollars la première année pour une simple startup. Et je ne parle même pas des projets open source qui distribuent des modèles d'IA générative... Comment Stable Diffusion ou Whisper pourraient-ils implémenter du fingerprinting sur des modèles que n'importe qui peut télécharger et faire tourner localement ? Mystère et boule de gomme !

Le truc bien moche, c'est que le texte prévoit des dommages et intérêts pouvant grimper jusqu'à 750 000 dollars par œuvre pour les plateformes non conformes. Autrement dit, si une plateforme ne réagit pas correctement après notification, elle peut devenir bien plus exposée à ce que font ses utilisateurs avec des outils d'IA... Voilà donc de quoi sérieusement refroidir les ardeurs de quiconque voudrait partager un petit modèle open weights.

Dans un autre style, ça me rappelle l'affaire youtube-dl où le DMCA avait été utilisé pour faire retirer un outil open source de GitHub sauf que là, on passe à l'échelle supérieure.

Voilà donc encore un lance-flammes législatif imaginé pour tuer une mouche et malheureusement, l'open source risque d'être le dommage collatéral de ce texte mal calibré.

Voilà les amis... l'avenir de l'IA ouverte pourrait bien se jouer dans les mois qui viennent aux US, et ça, ça va faire mal.

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Quand 10 IA jouent au Mafia, c'est GPT qui gagne en mentant comme un arracheur de dents

Par :Korben
9 janvier 2026 à 11:35

GPT-4o , Claude Opus, Grok, Llama et j'en passe... On le sait, toutes ces IA sont en concurrence dans votre petit cœur de vibe codeur... Mais voici VRAIMENT ce qui se passe quand vous mettez ces 10 modèles d'IA autour d'une table **pour jouer au Mafia **!

Et vous allez voir, c'est pas beau à voir.

Pour ceux qui connaissent pas, le Mafia (ou Loup-Garou pour les intimes), c'est ce jeu où une équipe de vilains doit éliminer les gentils sans se faire griller. Bref, un jeu de bluff, de manipulation et de mauvaise foi assumée, ce qui en fait le terrain de jeu parfait pour tester si nos chères IA savent mentir.

La chaîne YouTube Turing Games a donc organisé cette petite expérience sociale avec 10 modèles : GPT-4o, GPT 5.1, Claude Opus 4.5, Claude Sonnet, Grok, Llama 4, DeepSeek, Gemini, Gemini Pro et Kimi.

Trois d'entre eux ont été désignés comme la Mafia (GPT 5.1, Llama 4 et Gemini Pro), un comme le Sheriff capable d'enquêter sur les autres (Grok), et le reste comme de braves couillons de villageois.

Du coup, dès la première nuit, la Mafia a décidé d'éliminer... Claude Opus 4.5. Oui, mon petit cousin virtuel s'est fait dégommer en premier. Au revoir soldat !

Mais le plus trippant, c'est la fin de partie. Après plusieurs tours de discussions, votes et éliminations, il ne restait plus que trois joueurs : GPT 5.1 (Mafia), GPT-4o (villageois) et Gemini Flash (villageois aussi). Pour gagner, GPT 5.1 devait donc convaincre GPT-4o de voter contre Gemini Flash.

Et là, masterclass de manipulation, GPT 5.1 a sorti le grand jeu en mode "Si j'étais vraiment Mafia, pourquoi est-ce que je me serais autant exposé pendant les débats ? Un vrai mafieux se serait fait discret !" Du bluff pur et dur, avec des arguments qui tiennent la route si on regarde pas trop près.

Et le pire c'est que cette andouille de GPT-4o a mordu à l'hameçon en votant contre Gemini Flash, l'innocent.

Game over, la Mafia gagne.

On découvre ainsi que ces modèles ont de vraies capacité pour mentir de manière convaincante. Parce que bon, GPT 5.1 n'a pas fait que mentir mais a construit un vrai narratif bien construit pour piéger son adversaire et ça rejoint les recherches récentes sur les comportements manipulateurs des IA .

Voilà, on dirait bien que ces modèles apprennent à bluffer sans qu'on leur ait demandé... Alors ça vous fait flipper ? Rassurez-vous, c'est un jeu et pas une étude scientifique sur la manipulation des IA donc on ne peut pas en faire une vérité absolue mais quand même, voir un modèle de langage manipuler un autre modèle avec autant d'aplomb, c'est bien fun.

Et le même Youtubeur a fait un suite à sa première vidéo, si ça vous chauffe :

Merci à Xefreh pour le partage de cette pépite.

SHM - La télémétrie qui respecte vos utilisateurs

Par :Korben
9 janvier 2026 à 08:00

Si vous développez un logiciel open source auto-hébergé, vous connaissez sûrement ce dilemme qui est de comment savoir si votre projet est réellement utilisé sans devenir l'affreux Big Brother que vous combattez ? Soit vous ne mesurez rien et vous codez dans le vide, soit vous collez du Google Analytics ou assimilé et vous trahissez l'esprit même du self-hosting.

Benjamin Touchard (que certains d'entre vous connaissent peut-être via son projet Ackify ) a décidé de résoudre ce problème avec SHM, pour Self-Hosted Metrics . Son idée c'est de proposer une télémétrie respectueuse de la vie privée, où chaque instance génère sa propre identité cryptographique dès le premier démarrage.

Concrètement, quand vous intégrez le SDK dans votre application (dispo en Go et Node.js 22+), chaque installation génère une paire de clés Ed25519, un peu comme quand vous générez vos clés SSH pour la première fois. Tous les échanges avec votre serveur SHM sont ensuite signés cryptographiquement, ce qui garantit l'intégrité des requêtes et leur origine. L'instance a une identité persistante (pseudonyme), mais ça n'identifie pas l'utilisateur final.

Côté données collectées, ensuite c'est vous qui décidez. Votre app envoie périodiquement un JSON avec les métriques que vous avez définies, et le dashboard s'adapte dynamiquement. Y'a pas de schéma imposé, pas de PII (données personnellement identifiables) et par défaut, le SDK collecte aussi des infos système (OS, CPU, RAM), mais c'est désactivable.

Pour ceux qui veulent héberger le bouzin, c'est du Docker classique... Vous créez un fichier compose.yml, vous configurez le DSN PostgreSQL, vous récupérez les migrations SQL, et hop un docker compose up -d. Le dashboard est alors accessible par défaut sur le port 8080 et affiche automatiquement vos métriques métier, la distribution des versions, le nombre d'instances actives, etc.

Et pour les utilisateurs finaux qui ne veulent vraiment pas participer, un simple DO_NOT_TRACK=true dans les variables d'environnement désactive complètement la télémétrie.

Le code du serveur est sous licence AGPL (les SDKs ont leur propre licence, vérifiez sur le dépôt) et y'a aussi des badges SVG à coller dans vos pages README pour afficher fièrement le nombre d'instances de votre app qui tournent.

Bref, si vous distribuez un logiciel auto-hébergé et que vous voulez savoir combien d'instances sont actives sans compromettre la vie privée des utilisateurs, c'est le top !

Merci à Benjamin pour le partage !

Reçu — 8 janvier 2026

Quake Brutalist Jam III - 77 maps gratuites qui envoient du béton

Par :Korben
8 janvier 2026 à 13:22

Quake, le FPS de 1996, vous connaissez forcément. Et si vous êtes du genre à traîner sur les forums de modding, vous savez que la communauté autour de la légende d'id Software refuse obstinément de mourir. Du coup, quand un projet rassemble des dizaines de mappeurs durant un an pour pondre 77 excellentes maps, ça mérite qu'on en parle !

Quake Brutalist Jam III vient de sortir et le résultat est dingue car ce n'est pas un simple pack de cartes, mais d'une vraie conversion totale du jeu avec un arsenal entièrement redessiné, de nouveaux monstres et une refonte visuelle complète du bestiaire original. Bref, c'est un nouveau jeu qui tourne sur le moteur du shooter culte.

L'ambiance béton brut de Quake Brutalist Jam III ( Source )

Le projet a été cuisiné à feu doux pendant plus d'un an par Makkon et Fairweather, les deux co-directeurs. Et en octobre 2025, ils ont lâché leur mod en work-in-progress à la communauté qui s'est ensuite déchaînée pendant 7 semaines pour créer les 77 maps que vous pouvez télécharger aujourd'hui. Et pas qu'un peu déchaînée vu la quantité de contenu !

Côté gameplay, y'a de quoi faire puisque le nouvel arsenal embarque un Rebar Gun, un Invoker et un Flak Gun qui viennent remplacer ou compléter les armes classiques. Les ennemis aussi ont eu droit à du neuf avec les Rocket Soldiers (fodder longue portée bien énervant), les Swarmers et Sploders (petits monstres de mêlée parfaits pour les embuscades), et l'Amalgam... un gros monolithe de béton volant fait de bouches (si si). D'ailleurs, le powerup Vampirism transforme les kills en orbes de vie façon Doom 2016, ce qui encourage à rusher comme un bourrin pour survivre. Les amateurs de DOOM Retro vont adorer.

Et le plus beau c'est que c'est 100% gratuit et vous n'avez même pas besoin de posséder le jeu original ! L'équipe propose une version standalone qui embarque LibreQuake et le moteur Ironwail. Vous téléchargez, vous lancez, vous jouez. Pour ceux qui se demandent quel autre jeu a débuté comme un mod de son FPS original... Team Fortress par exemple ! La tradition du modding qui engendre des légendes continue...

Par contre attention, le mod a été conçu spécifiquement pour Ironwail (version 0.8.1 minimum). Si vous essayez avec le Quake Remaster officiel ou d'autres source ports, attendez-vous à des problèmes. C'est un peu comme la communauté de SimCity 4 qui maintient son jeu vivant depuis 22 ans avec des mods maison... les passionnés ont leurs outils préférés !

Bref, si ça vous chauffe de découvrir ce que des fans peuvent créer quand on leur laisse le temps, c'est téléchargeable sur Slipseer .

Avec 77 maps à explorer, vous avez de quoi vous occuper less week-ends.

Source

Windows 11 est le dernier des Windows

Par :Korben
8 janvier 2026 à 13:05

Si vous en avez marre qu'on vous vende le dernier OS de Microsoft comme la huitième merveille du monde, et que ça vous rend aigri, vous allez A-D-O-R-E-R ce qui suit.

Un YouTubeur a décidé de mettre tout le monde d'accord en faisant un test comparatif assez brutal : Windows XP contre Vista contre 7 contre 8.1 contre 10 contre 11.

Et devinez qui arrive bon dernier ?

Bingo ! C'est OuinOuin 11 !

Le test a été réalisé sur un vieux ThinkPad X220 équipé d'un Core i5-2520M, 8 Go de RAM et un SSD de 256 Go sur lequel chaque version de Windows a été installée proprement, avec les mêmes conditions pour tout le monde.

Et là, c'est terminé pour l'OS de Redmond version 2021 et vous allez voir pourquoi !

Au démarrage, c'est Windows 8.1 qui explose tout le monde. Le mal-aimé, celui que tout le monde a oublié entre 7 et 10, c'est lui le champion. Le dernier-né de Microsoft se retrouve donc à la traîne, bon dernier ou presque sur quasiment tous les benchmarks.

Mais le plus dingue, c'est la consommation de RAM au repos. Windows XP, forcément, sirotait tranquillement ses quelques centaines de Mo. Vista, 7 et 8.1 tournent autour de 1,1 à 1,2 Go. Windows 10 passe à environ 2,3 Go. Et l'OS de 2021 ? Plus de 3,3 Go au repos, avec des pics à 3,7 Go ! On parle d'1 Go de RAM en plus par rapport à son prédécesseur, juste pour faire tourner le système.

Bref, si vous avez une machine avec 8 Go de RAM, votre OS bouffe déjà presque la moitié avant même que vous ayez ouvert quoi que ce soit.

Alors oui, petite nuance importante, le ThinkPad X220 utilise un processeur Intel de 2e génération, alors que Windows 11 exige officiellement un CPU de 8e génération minimum . Donc on est clairement sur du matériel non supporté, et Microsoft pourrait arguer que c'est pas représentatif. N'empêche que ça reste du matos qui fonctionne très bien, et que les résultats parlent d'eux-mêmes.

Et si vous galérez avec les performances de votre Windows, j'avais déjà partagé quelques astuces pour virer le bloatware et récupérer un peu de patate.

Voilà, si vous hésitiez encore à upgrader votre vieille bécane vers Windows 11, ce test devrait vous faire réfléchir, car parfois, le progrès, c'est de rester sur place (mais en faisant les MAJ de sécurité quand même... ne vous mettez pas en danger pour un vieil OS non plus, ce serait con).

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Bose libère l'API de ses enceintes SoundTouch avant leur fin de vie

Par :Korben
8 janvier 2026 à 12:58

Si comme moi vous avez une enceinte Bose SoundTouch qui traîne chez vous, vous avez peut-être appris que la bestiole allait bientôt perdre son cerveau "cloud". Bose a en effet annoncé la fin du support pour le 6 mai 2026, et de ce que j'ai compris, ça veut dire que votre enceinte va se transformer en brique connectée qui ne se connecte plus à grand chose.

Sauf que non !

Bose a fait un truc plutôt cool puisqu'ils ont publié la documentation complète de l'API locale de leurs enceintes . Du coup, même quand les serveurs Bose fermeront boutique, vous pourrez continuer à bidouiller votre enceinte en local.

Perso, j'ai une petite SoundTouch 10 qui fait bien le boulot depuis des années, donc cette nouvelle me fait plutôt plaisir ! L'API tourne sur deux ports : le 8090 pour les commandes REST classiques (volume, presets, now_playing...) et le 8080 en WebSocket pour les notifications en temps réel. Le protocole s'appelle "gabbo", et avec ça, y'a de quoi faire le ménage dans vos automatisations.

Un petit curl http://votre-enceinte:8090/volume et vous récupérez le niveau sonore. Un autre sur /presets et vous avez vos stations favorites. Et comme la découverte se fait en SSDP ou MDNS, ça s'intègrera nickel avec n'importe quel système domotique.

Et visiblement la communauté n'a pas attendu pour s'y mettre puisqu'il y a déjà plus d'une centaine de projets sur GitHub qui exploitent cette API. Le plus abouti c'est probablement SoundTouchPlus pour Home Assistant, qui permet de contrôler toute la famille d'enceintes depuis votre dashboard.

Après ce qui va disparaître avec le cloud, c'est surtout les presets synchronisés et le streaming direct depuis l'app Bose. Mais le Bluetooth, l'AirPlay, Spotify Connect et le multiroom resteront fonctionnels et avec l'API locale, vous pouvez recréer vos presets en dur. Ouf !

C'est un peu le même délire que ce qui s'est passé avec les thermostats Nest ... quand le fabricant lâche l'affaire, c'est la communauté qui prend le relais sauf qu'ici, Bose joue le jeu en documentant proprement leur API avant de couper les serveurs. Et ça, c'est suffisamment rare pour être souligné !

Voilà... Si vous avez des SoundTouch, allez jeter un œil à l'API avant mai, histoire de préparer votre migration vers du 100% local.

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Contrib.FYI – Le site qui vous aide à contribuer à l'Open Source

Par :Korben
8 janvier 2026 à 08:58

Vous avez envie de contribuer à l'Open Source, et c'est tout à votre honneur. Alors vous vous dites "Allez, ce week-end, je plie ma première Pull Request". Et là, c'est le drame. Vous arrivez sur GitHub, vous tapez trois mots-clés, et vous vous retrouvez noyé sous des milliers d'issues datant de 2014, des projets abandonnés ou des tâches qui demandent un doctorat en physique quantique.

Décourageant un peu non ?

Parce qu'on connaît tous cette sensation de tourner en rond en cherchant le fameux ticket "Good First Issue" qui ne soit pas juste "corriger une faute de frappe dans le README", j'ai décidé aujourd'hui, de vous aider ! Grâce notamment à une véritable boussole dans cette jungle open source, nommée Contrib.FYI .

L'interface épurée pour trouver votre prochaine mission ( Source )

Ce site c'est un moteur de recherche ultra-minimaliste qui agrège les tâches étiquetées "Help Wanted" et "Good First Issue" à travers tout l'écosystème GitHub.

Développé par un certain k-dash, ça se présente comme un tableau de bord où vous pouvez filtrer les opportunités, et c'est beaucoup plus agréable que la recherche native de GitHub qui est aussi accueillante qu'une administration française un lundi matin.

Vous avez même une fonctionnalité "My Picks" pour mettre de côté les tickets qui vous tapent dans l’œil, histoire de ne pas les perdre si vous devez aller promener le chien entre temps. Une autre feature sympa, c'est l'historique "Recently Viewed" qui permet de retrouver une issue après qu'on ait fermé un onglet par erreur.

Alors oui, des agrégateurs comme ça, il en existe d'autres. Je pense évidemment à GoodFirstIssue.dev ou CodeTriage mais Contrib.FYI a ce petit côté outil fait par un dev pour des devs qui ne cherche pas à vous vendre une formation ou à vous faire rejoindre une newsletter.

Du coup, maintenant vous n'avez plus d'excuse pour ne pas mettre les mains dans le cambouis. Que vous soyez un vétéran du code qui veut juste dépanner sur du Rust ou un débutant qui veut comprendre comment fonctionne une PR, y'a de quoi faire !

Et si vous cherchez d'autres outils pour pimper votre expérience GitHub, je vous avais déjà parlé de Git-Who pour analyser vos contributions ou encore de GitHub2File pour donner du contexte à vos IA préférées. Allez jeter un oeil, ça vous plaira peut-être !

OneDrive ou pourquoi tout le monde déteste le cloud de Microsoft ?

Par :Korben
8 janvier 2026 à 08:40

Besoin de vous faire une petite frayeur ? Oui, je sais y'a déjà Poutine, Trump, Macron et compagnie et on n'a vraiment pas besoin de se faire baliser plus... mais quand même, j'ai ce qu'il vous faut... Pour tester votre niveau de résilience et de résistance au stress, essayez donc un peu de désactiver la sauvegarde OneDrive sur votre PC Windows.

Parce que si vous avez installé Windows 10 ou 11 récemment, vous avez sûrement remarqué cette petite icône de nuage toute moche qui squatte votre barre des tâches. C'est ✨ OneDrive ✨, le service de stockage de Microsoft. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est encore plus pot de colle que vous avec votre collègue Samantha.

Hé oui, comme le raconte Jason Pargin , Microsoft a mis en place ce qu'on appelle un joli "dark pattern". Vous savez, ces interfaces conçues pour vous piéger ou vous forcer la main.

L'arnaque est simple... Lors de la configuration ou après une mise à jour, Windows peut vous proposer avec beaucoup d'insistance d'activer la ✨Sauvegarde OneDrive✨. Ça sonne bien, non ?

Sauf que ce que ça fait réellement, c'est déplacer vos fichiers (Documents, Images, Bureau) vers le dossier OneDrive local pour les synchroniser. Cela veut dire qu'ils ne sont plus "chez vous" à l'emplacement habituel, mais qu'ils sont dans le dossier OneDrive (et donc sur les serveurs de Microsoft).

Du coup, c'est rapidement le drame quand vous décidez que non, finalement, vous ne voulez pas que vos photos de vacances soient sur les serveurs de Redmond, et que vous désactivez la sauvegarde... POUF PIF PAF POUF ! A ce moment là, vos fichiers ne sont plus visibles à leur emplacement d'origine. Ils restent certes dans le dossier OneDrive quelque part dans le cloud, mais le dossier d'origine, lui, est vide.

Ce genre de comportement peut faire penser à un ransomware pour un néophyte, sauf que c'est une vraie "fonctionnalité" officielle. Vos fichiers sont toujours dans le dossier OneDrive, mais ils ont été dégagé de vos dossiers locaux standards. Et si vous essayez de supprimer les fichiers du cloud pour faire le ménage, c'est encore pire car la synchro bidirectionnelle risque de les effacer aussi de votre disque dur si vous ne faites pas gaffe (pensez à vérifier la corbeille OneDrive si ça vous arrive). Bref, c'est infernal et même si je n'utilise pas OneDrive, dites vous que j'ai déjà eu le même genre de déconvenues avec iCloud... Donc bon, c'est pas quelque chose non plus réservée uniquement à Microsoft.

Alors comment reprendre le contrôle sans tout casser ?

Si vous voulez vous débarrasser de cette sangsue sans perdre vos données, il ne faut pas y aller à la hache.

  1. Ouvrez les Paramètres de OneDrive (clic droit sur le nuage).
  2. Allez dans l'onglet Sauvegarde (ou "Sync and backup").
  3. Cliquez sur Gérer la sauvegarde.
  4. Désactivez les dossiers (Documents, Images, Bureau).
  5. Important : Vos fichiers ne reviendront pas tout seuls à leur place. Vous devrez aller les chercher manuellement dans votre dossier OneDrive local (généralement C:\Users\VotreNom\OneDrive) et les remettre dans vos dossiers locaux.

Si ça vous emmerde vraiment (et je vous comprends), j'avais déjà expliqué en détail comment désactiver totalement OneDrive sous Windows 10 . La méthode reste globalement la même pour Windows 11.

Les vraies alternatives existent !

Maintenant que vous avez repris la main, par quoi on remplace ça ? Parce que la synchro, c'est quand même pratique.

Alors si vous cherchez une alternative respectueuse de votre vie privée, oubliez Google Drive et compagnie mais regardez plutôt du côté de Nextcloud . C'est LA référence open source que vous pouvez héberger vous-même sur un petit serveur (ou un NAS ou un Raspberry Pi) ou passer par un hébergeur éthique. Y'a même des VM de Nextcloud ici ou une version Docker ici ... Merci à Mr Magpie et Bami !

Et d'ailleurs, pour ceux qui veulent du clé en main français, jetez un œil à Sync-in, une excellente alternative à Nextcloud dont je vous ai déjà parlé.

Pour ceux qui veulent juste de la synchro entre machines sans stocker ça sur un serveur tiers ("le cloud, c'est l'ordinateur de quelqu'un d'autre", rappelez-vous), Syncthing est une merveille. C'est du pair-à-pair avec connexions chiffrées (TLS), rapide, et ça marche du feu de dieu.

Enfin, si vous voulez du stockage cloud chiffré de bout en bout sans vous prendre la tête avec l'hébergement, Proton Drive (par les créateurs de ProtonMail) est une solution solide, même si l'offre gratuite est un peu limitée en espace.

Bref, ne laissez pas Microsoft décider où doivent vivre vos fichiers. C'est votre machine, ce sont vos données.

Allez, enjoy (et faites des backups, des vrais) !

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Half-Life débarque sur la Game Boy Color

Par :Korben
8 janvier 2026 à 08:23

Si vous aimez les demakes (ces versions rétro de jeux modernes) et que vous êtes fan de la licence Half-Life, j'ai un petit truc sympa pour vous aujourd'hui.

Ça s'appelle Half-Life: Gamma Burst et c'est un projet de fan développé par RoloMaisso qui a réimaginer l'univers du premier Half-Life sur... la Game Boy Color ! Oui, la petite console de Nintendo qui a bercé notre enfance (ou celle de vos parents, c'est selon si vous venez de naitre ou pas...).

Évidemment, ne vous attendez pas à un FPS en 3D sur cette console 8-bit car RoloMaisso a opté pour une vue de dessus, un peu à la manière des anciens Zelda ou de Metal Gear: Ghost Babel. Et franchement, le résultat est incroyable !! On y retrouve l'ambiance de Black Mesa, les scientifiques en blouse blanche, et bien sûr notre cher Tonton Gordon Freeman, le tout pixelisé avec amour.

Pour l'instant, le jeu est encore en développement, mais un teaser jouable est disponible sous forme de ROM .gbc. Il couvre le fameux parcours d'obstacles (Hazard Course), ce qui est l'occasion de se familiariser avec les contrôles et de voir ce que la bête a dans le ventre. C'est développé avec GB Studio , l'outil magique pour créer des jeux Game Boy sans forcément être un as de l'assembleur.

En tout cas, adapter un jeu aussi dense que Half-Life en le réinterprétant pour la GBC, c'est un sacré défi. Les dialogues ont été adaptés, les visuels respectent la palette de couleurs de la console, et on sent vraiment le respect de l'œuvre originale.

Donc si vous avez une Game Boy qui traîne (avec un linker ) ou un bon émulateur, je vous invite grandement à tester ça. C'est gratuit et c'est dispo sur itch.io .

Merci à Lorenper pour le partage !

Slop Evader - L'extension qui filtre le contenu IA de vos recherches

Par :Korben
8 janvier 2026 à 08:00

Vous en avez marre de tomber sur du contenu IA pourri quand vous faites une recherche Google ? Des articles générés par des bots qui tournent en rond sans rien dire d'intéressant, des images bizarres avec des mains à 6 doigts, des réponses Stack Overflow qui sentent le ChatGPT à plein nez... Bonne nouvelle les amis, y'a une solution radicale et elle est signée Tega Brain, une artiste et ingénieure environnementale australienne qui enseigne à NYU.

Son extension s'appelle Slop Evader et son principe est d'une simplicité désarmante. Au lieu d'essayer de détecter l'IA (ce qui est de toute façon voué à l'échec), elle applique un filtre temporel sur vos recherches Google. En gros, vous ne verrez plus que du contenu daté d'AVANT le 30 novembre 2022, soit la veille du lancement public de ChatGPT.

Alors oui, c'est radical. Mais c'est justement tout l'intérêt.

L'extension fonctionne sur Chrome et Firefox , et elle ajoute automatiquement le paramètre de date Google à vos requêtes. Pas besoin de retenir les opérateurs de recherche comme tbs=cdr:1,cd_max:11/29/2022, le bouzin fait ça tout seul. Et ça marche pas que sur Google... ça filtre aussi YouTube, Reddit, Quora, Stack Exchange, Mumsnet et Pinterest.

Évidemment, y'a un prix à payer... Vous perdez l'accès à toute l'info récente. Plus de news fraîches, plus d'articles de blogs de 2026, plus de recherches scientifiques publiées ces trois dernières années. Mais bon, si vous cherchez un tuto Python, une recette de cuisine ou des conseils pour un problème technique, y'a de grandes chances que le contenu de 2022 soit largement suffisant... et surtout, vous êtes sûr qu'il a été pondu par un humain !

Tega Brain assume totalement l'aspect politique de son projet. Elle explique que « le slop » (comme on appelle maintenant cette bouillie de contenus IA) ne va pas disparaître et qu'on a besoin d'outils de refus collectif. D'ailleurs, l'extension supporte aussi DuckDuckGo pour les recherches basiques, même si les filtres par site passent encore par Google.

Bref, si vous êtes fatigué de devoir vous demander "est-ce que c'est de l'IA ?" à chaque fois que vous lisez un truc sur le web, Slop Evader remet les pendules à l'heure... littéralement. C'est pas une solution parfaite, c'est une déclaration politique et ça fait du bien !

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