Vue normale

Simon Maechling sur X : "Glyphosate isn’t controversial

17 janvier 2026 à 16:39
Les écolos, comme d'habitude, nous mentent.
Version traduite
Le glyphosate n'est pas controversé parce qu'il est peu étudié.

C'est controversé car les preuves sont ignorées.

Fait n° 1. Ce produit chimique a fait l'objet d'études exhaustives :
•Plus de 40 ans de données.
•Des milliers d'études.
•Évalué à plusieurs reprises sur tous les continents.

Fait n° 2. Les organismes de réglementation internationaux s'accordent à dire :
Toutes les principales autorités réglementaires qui évaluent l'exposition réelle arrivent à la même conclusion :
•Agence américaine de protection de l'environnement (EPA)
•EFSA
•ECHA
Santé Canada

👉 Non cancérogène aux niveaux d'exposition humaine.
👉 Non génotoxique.
👉 Aucun risque inacceptable pour la santé lorsqu'il est utilisé conformément aux instructions.

Il ne s'agit pas d'une seule agence.
Il ne s'agit pas d'un complot mondial.

Fait n° 3 : La plus vaste étude humaine affirme que non.
•Plus de 54 000 applicateurs de pesticides.
•Suivi depuis 1993.
•Aucun lien avec le cancer en général.
•Aucun lien constant avec le lymphome non hodgkinien.

Si le glyphosate causait le cancer, cette étude aurait dû le détecter.

Non.

Fait n°4 : Les résidus alimentaires ne sont pas le problème.
•Les résidus sont bien en deçà des limites de sécurité.
• L’exposition alimentaire ne présente pas de risque de cancer.
• L’exposition à l’eau potable ne présente pas de risque pour la santé.

Le terme « toxique » sans indication de dose n'est pas de la toxicologie.

Fait 5 : L’exposition des travailleurs est également faible.
•Les expositions mesurées sont bien inférieures aux NOAEL.
•Les organismes de réglementation concluent à maintes reprises : sans objet.

D'où vient donc cette peur ?

Une valeur aberrante → IARC

Le CIRC a effectué une classification des dangers, et non une évaluation des risques.

Ils ont classé le glyphosate dans la même catégorie que :
•Viande rouge.
• Boissons chaudes.
•Être coiffeur.

Le CIRC ignore explicitement l'exposition.

Les organismes de réglementation, non.

Voici l'intégralité du conflit :
Classification basée uniquement sur les dangers
contre
Réglementation fondée sur les risques.

Confondez les deux, et la peur l'emportera.

En résumé :
Aucun organisme de réglementation des pesticides au monde ne considère actuellement le glyphosate comme un risque de cancer aux niveaux d'exposition réels.

La science est ennuyeuse.
Il s'agit de mettre un terme à la désinformation.
(Permalink)

Après les Trans Musicales, le RN propose de supprimer le café Arabica

16 janvier 2026 à 13:16

Après avoir déposé un amendement le 6 janvier visant à supprimer les subventions du festival “Les Trans Musicales” accusé d’être un “festival d’artistes transgenres”, le député RN Matthias Renault a récidivé en déposant ce jeudi 15 janvier une nouvelle proposition visant à supprimer purement et simplement le café Arabica. “Le fait qu’on puisse désormais trouver du café “Arabica” en France est bien la preuve que le Grand Remplacement existe.” a déclaré le député RN au micro de l’Assemblée. “Dans un contexte budgétaire instable, il est impensable de continuer à produire sur notre sol du café dont les grains sont certainement torréfiés par des islamo-racailles, et en plus pour faire du café noir !” a-t-il ajouté, sous les huées des autres partis et les applaudissements des Républicains. 

Une mesure polémique qui a vivement fait réagir sur les réseaux sociaux. “Il est grand temps de remplacer l’Arabica par du Aryenica #GrainRemplacement” commente @TontonDolfo sur X. Même son de cloche du côté de la bloggeuse @NosAncêtresLesGaulois : “Je ne sais pas quoi en penser : en tant que suprémaciste blanche, je ne bois que du white spirit”. Le cofondateur de SOS Racisme Julien Draye est quant à lui monté au créneau sur sa page Facebook en dénonçant une “cabale grotesque et réactionnaire contre des grains de café délicieux et bienveillants sur la seule base de leur couleur et de leur origine”.

Notons que ce n’est pas la seule proposition de ce genre déposée par le RN puisqu’en 2022, le député Stéphane Rambaud avait déjà proposé de faire supprimer définitivement la marque de lessive “Omo”. 

Photo de Harold Mendoza:

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Chine vs USA - Le grand divorce de la cybersécurité est acté

Par : Korben
15 janvier 2026 à 06:36

La nouvelle est tombée hier soir et elle fait boum boum boum dans le monde feutré de la tech... En effet, Pékin a officiellement demandé aux entreprises chinoises de mettre à la porte les logiciels de cybersécurité américains et israéliens.

C'était prévisible et quand j'ai lu ça, je me suis dit, tant mieux pour eux !

Concrètement, cette annonce, ça veut dire que des géants comme Broadcom, VMware, Palo Alto Networks, Fortinet ou encore l'israélien Check Point sont désormais persona non grata dans les systèmes d'information de l'Empire du Milieu.

La raison officielle, c'est la sécurité nationale comme d'hab. Mais aussi parce que la Chine en a marre de dépendre de technologies qu'elle ne contrôle pas (et qui pourraient bien cacher deux-trois mouchards de la NSA, on ne sait jamais ^^).

Alors vous allez me dire "Oulala, les méchants chinois qui se ferment au monde". Sauf que non... en réalité, ils appliquent juste une stratégie de souveraineté technologique sans concession. Et en remplaçant le matos étranager par du matos local, ils commencent le grand ménage.

Et pendant ce temps là en Europe, on continue d'installer joyeusement des boîtes noires américaines au cœur de nos infrastructures critiques, en priant très fort pour que l'Oncle Sam soit gentil avec nous. Yoohoo !

J'en parlais déjà à l'époque de l'affaire Snowden ou plus récemment avec les backdoors découvertes un peu partout mais la dépendance technologique, c'est évidemment un risque de sécurité béant. Pire, si demain Washington décide de "couper le robinet" ou d'exploiter une porte dérobée, on est, passez-moi l'expression, dans la merde.

La Chine l'a compris et investit donc massivement dans ses propres solutions, comme avec l'architecture RISC-V pour s'affranchir d'Intel et AMD. C'est une démarche cohérente et c'est même assez fendard quand on connaît l'histoire des groupes comme APT1 qui ont pillé la propriété intellectuelle occidentale pendant des années.

Maintenant qu'ils ont un bon niveau, ils ferment la porte...

Du coup, sa fé réchéflir car est-ce qu'on ne devrait pas, nous aussi, arrêter de faire les vierges effarouchées et commencer à construire sérieusement notre autonomie ? Il parait que c'est en cours... moi j'attends de voir.

Bref, la Chine avance ses pions et sécurise son périmètre et nous, baaah, j'sais pas... On remue nos petits bras en l'air en disant des choses au pif.

Source

Déçu de ne pas avoir eu la fève dans la galette, Emmanuel Macron dissout à nouveau l’Assemblée nationale

14 janvier 2026 à 13:00

C’est l’air solennel et la mine fermée qu’Emmanuel Macron a pris la parole au JT de 20h, hier soir, pour annoncer la dissolution de l’Assemblée nationale. En cause : le goûter de l’Élysée de la veille, pendant lequel le Président a partagé une galette des rois avec le gouvernement. “D’habitude, il n’y a pas de fève dans la galette, parce que symboliquement il ne peut pas y avoir de roi à l’Élysée, explique un ministre qui a souhaité garder l’anonymat. Mais exceptionnellement, pour remonter le moral du Président après une année très difficile, le pâtissier a accepté de glisser une petite fève à l’effigie de Kylian Mbappé”.

Emmanuel Macron avait pourtant usé des meilleures ruses, éprouvées par tous les enfants de 6 ans, pour dénicher la fève : regarder sous la galette, repérer les bosses dans le gâteau pour deviner où se trouvait le Précieux, choisir la plus grosse part : peine perdue. C’est finalement Sébastien Lecornu qui a déniché la statuette tant convoitée et coiffé la couronne en carton doré. “Il a essayé de paraître heureux pour moi, en bon chef du gouvernement, mais on voyait bien que le cœur n’y était pas, explique le Premier ministre. Il a ensuite accusé la galette de jouer le jeu des extrêmes et de s’opposer aux partis qui défendent l’Europe, avant de courir s’enfermer dans son bureau”.

Après un exil de près de 5h, pendant lequel des bruits de meubles fracassés et des hurlements de bête ont pu être perçus à travers la porte, le Président est finalement sorti de son mutisme pour annoncer la dissolution de l’Assemblée nationale. Les Françaises et les Français sont donc appelés aux urnes pour élire de nouveaux députés et décapiter Sébastien Lecornu sur la place publique, comme le veut la tradition française.

Photo : Image by jacqueline macou from Pixabay

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Appel à commentaire de la Commission "Vers des écosystèmes numériques ouverts européens"

La Commission européenne a lancé un appel à commentaires pour une nouvelle initiative stratégique intitulée « Vers des écosystèmes numériques ouverts européens », dont l’adoption est prévue au premier trimestre 2026. Motivée par les objectifs essentiels de souveraineté technologique et de cybersécurité, cette initiative vise à réduire la dépendance de l’Union européenne vis-à-vis des infrastructures numériques non européennes en renforçant le secteur open source européen. S’appuyant sur la stratégie 2020-2023 en matière de logiciels open source et complétant la future loi sur le développement du cloud et de l’IA, cette feuille de route vise à identifier les obstacles à l’adoption, à soutenir le développement des communautés et des start-ups open source, et à garantir que les technologies ouvertes dans des secteurs critiques tels que l’IA, le cloud et les applications industrielles soient développées et régies dans un cadre européen sûr, compétitif et transparent.

L’appel à commentaires suscite un certain enthousiasme de la communauté Open Source, avec 334 réponses moins d’une semaine après son ouverture. Cf. ces statistiques.

Continuez la lecture pour le détail des questions posées, quelques éléments de contexte et quelques éléments de réponses possible.

Sommaire

Les 10 questions clefs

On peut identifier dans l’appel à commentaires une dizaine de questions, divisées en questions explicites (posées spécifiquement aux parties prenantes dans la consultation) et questions implicites (les problèmes sous-jacents que l’initiative cherche à résoudre).

Questions explicites

Ces questions sont répertoriées directement aux pages 3 et 4 afin que les parties prenantes puissent y répondre :

  1. Forces, faiblesses et obstacles : « Quelles sont les forces et les faiblesses du secteur open source de l’UE ? Quels sont les principaux obstacles qui entravent (i) l’adoption et la maintenance d’un open source de haute qualité et sécurisé ; et (ii) les contributions durables aux communautés open source ? »
  2. Valeur ajoutée : « Quelle est la valeur ajoutée de l’open source pour les secteurs public et privé ? Veuillez fournir des exemples concrets, y compris les facteurs (tels que le coût, le risque, la dépendance, la sécurité, l’innovation, entre autres) qui sont les plus importants pour évaluer la valeur ajoutée. »
  3. Mesures concrètes de l’UE : « Quelles mesures et actions concrètes peuvent être prises au niveau de l’UE pour soutenir le développement et la croissance du secteur open source de l’UE et contribuer à la souveraineté technologique et au programme de cybersécurité de l’UE ? »
  4. Priorités : « Quels domaines technologiques devraient être prioritaires et pourquoi ? »
  5. Compétitivité et résilience : « Dans quels secteurs une utilisation accrue de l’open source pourrait-elle conduire à une compétitivité et une cyber-résilience accrues ? »

Questions implicites

Voici les questions fondamentales qui motivent la nécessité de cette initiative pour la Commission, que l’on retrouve tout au long du contexte politique et de la définition du problème (pages 1-2) :

  1. Souveraineté : Comment l’UE peut-elle réduire sa dépendance vis-à-vis des pays tiers en matière d’infrastructures numériques et reprendre le contrôle de sa sphère numérique ?
  2. Passage à l’échelle : Comment l’UE peut-elle aller au-delà du financement de la recherche et de l’innovation pour soutenir réellement le passage à l’échelle, le déploiement industriel et la viabilité commerciale des innovations open source ?
  3. Administration publique : Comment le secteur public (États membres et régions de l’UE) peut-il mieux adopter les solutions open source afin d’éviter la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur et d’accroître la transparence ?
  4. Durabilité : Comment l’UE peut-elle garantir que la valeur générée par les projets open source n’est pas uniquement exploitée en dehors de l’UE et que les développeurs européens ont accès au capital et aux infrastructures nécessaires à leur croissance ?
  5. Sécurité : Comment tirer parti des logiciels open source pour améliorer la transparence de la chaîne d’approvisionnement et la gestion des vulnérabilités en matière de cybersécurité ?

Bilan de la Stratégie Open Source 2020-2023 de la Commission européenne

Comme indiqué en intro, cette consultation a pour but (entre autres) de réviser la Stratégie Open Source 2020-2023 de la Commission européenne. Voici une analyse rapide de son bilan.

Cette stratégie se définissait par son slogan "Think Open". Le point clef, qu’on lui a reproché à son époque, est qu’elle était principalement une stratégie de transformation interne et culturelle (comment la Commission gère son informatique), plutôt qu’une stratégie de politique industrielle (comment l’Europe construit sa filière).

1. Forces, faiblesses et barrières

  • Analyse de la stratégie 2020-2023 : La stratégie identifiait correctement la force de l’Open Source comme levier d’innovation et de co-création.
  • Limite/Impact : Elle s’est concentrée sur les barrières administratives internes (simplifier la bureaucratie pour permettre aux fonctionnaires de contribuer au code). Elle a largement ignoré les barrières de marché (financement, concurrence déloyale des géants US) qui pèsent sur le secteur privé européen.
  • Bilan : Elle a réussi à lever des blocages juridiques internes, mais n’a eu que peu d’impact sur la fragmentation du marché européen.

2. Valeur ajoutée pour les secteurs public et privé

  • Analyse de la stratégie 2020-2023 : Elle a parfaitement théorisé la valeur ajoutée pour le secteur public : « Argent public, Code public », éviter le verrouillage propriétaire (vendor lock-in), et l’interopérabilité.
  • Limite/Impact : La stratégie visait à « montrer l’exemple » (lead by example). Cependant, l’impact réel sur le secteur privé est resté marginal, car la Commission a continué, paradoxalement, à dépendre massivement de solutions propriétaires (Microsoft 365) durant cette période, affaiblissant la portée de son message sur la valeur ajoutée de l’Open Source.

3. Mesures concrètes au niveau de l’UE

  • Analyse de la stratégie 2020-2023 : La mesure phare et le grand succès de cette stratégie a été la création du bureau de programme Open Source (OSPO) de la Commission ("OSOR"). Elle a aussi facilité la publication de logiciels comme EUSurvey ou LEOS.
  • Limite/Impact : Ces mesures étaient centrées sur l’institution (« Inner Source »). Il manquait des mesures de soutien financier direct à l’écosystème (type « Fonds Souverain ») qui sont demandées aujourd’hui.

4. Priorités technologiques

  • Analyse de la stratégie 2020-2023 : La stratégie mentionnait le Cloud, l’IA et la Blockchain de manière générique.
  • Limite/Impact : Elle manquait de ciblage stratégique. Elle traitait l’Open Source comme une méthode de travail, et non comme une brique de souveraineté pour des technologies critiques spécifiques (comme le demande aujourd’hui la Feuille de route sur le Cloud/Edge).

5. Compétitivité et résilience

  • Analyse de la stratégie 2020-2023 : Le document mentionnait la « souveraineté technologique » en introduction, citant Ursula von der Leyen.
  • Limite/Impact : L’approche est restée très « soft power » (influence par l’exemple). Elle n’a pas suffi à créer une résilience face aux chocs géopolitiques ou à l’extraterritorialité du droit américain (Cloud Act), car elle ne s’accompagnait pas d’une politique industrielle agressive.

6. Souveraineté (réduire la dépendance)

  • Bilan 2020-2023 : La stratégie posait le principe « Stay in control » (Garder le contrôle).
  • Réalité : C’est sans doute l’échec principal de la période. Malgré la stratégie, la dépendance de l’Europe aux hyperscalers non-européens s’est accrue (cf Asteres). La stratégie a sous-estimé la difficulté de migrer des infrastructures critiques vers de l’Open Source sans investissement massif dans des alternatives industrielles européennes.

7. Passage à l’échelle (upscaling)

  • Bilan 2020-2023 : La stratégie encourageait le partage et la réutilisation (Reuse).
  • Réalité : Le passage à l’échelle a été limité à des outils de niche (sondages, légistique). La stratégie n’a pas fourni les mécanismes pour transformer des projets Open Source européens en géants technologiques capables de rivaliser mondialement.

8. Administration publique (adoption)

  • Bilan 2020-2023 : Elle s’appuyait sur la Déclaration de Tallinn (2017).
  • Réalité : La création de l’OSPO a été un modèle positif suivi par certains États membres (ex: France - avec les limites que l’on sait, Allemagne, Pays-Bas…). Cependant, l’adoption reste très hétérogène. La stratégie manquait de “dents” (obligations contraignantes) pour forcer l’adoption des logiciels libres et des standards ouverts dans les marchés publics des États membres.

9. Durabilité (modèles économiques et maintenance)

  • Bilan 2020-2023 : La stratégie prévoyait que les développeurs de la Commission puissent contribuer “incidemment” aux projets externes.
  • Réalité : C’est une réponse insuffisante au problème de la maintenance des infrastructures critiques (le problème de « l’inconnu du Nebraska »). Le bénévolat ou les contributions ponctuelles de fonctionnaires ne remplacent pas un financement structurel des fondations et des mainteneurs, point soulevé par les experts (Doc 3).

10. Sécurité (supply chain)

  • Bilan 2020-2023 : Point fort de la stratégie via le programme EU-FOSSA (audits de sécurité financés par l’UE).
  • Réalité : La Commission a bien identifié que « Open Source = transparence = sécurité potentielle ». Cependant, l’approche était réactive (audit de l’existant). La nouvelle période (2024+) doit gérer les effets de bord du Cyber Resilience Act (CRA), qui a créé une insécurité juridique pour les développeurs Open Source que la stratégie 2020-2023 n’avait pas anticipée.

Conclusion de l’analyse

La stratégie 2020-2023 a été une étape culturelle nécessaire mais insuffisante.

  • Son mérite : Elle a légitimé l’Open Source au cœur de l’administration européenne (création de l’OSPO, changement de mentalité).
  • Sa limite : Elle est restée une stratégie informatique interne (« Comment la Commission utilise le logiciel libre ») et non une stratégie politique (« Comment l’Europe utilise le logiciel libre pour sa souveraineté »).

Nous appelons donc à ce que la nouvelle initiative (2026) opère ce basculement : passer de l’Open Source comme « bonne pratique administrative » à l’Open Source comme « arme de souveraineté industrielle ».

Eléments de réponse

La Feuille de route thématique « La voie du logiciel libre vers la souveraineté numérique et la compétitivité de l’Union européenne » rédigée par un groupe d’experts (dont je (NdM: Stefane Fermigier) faisais partie) de l’Alliance européenne pour les données industrielles, l’Edge et le Cloud, et publiée par la Commission en juillet 2025 fournit un certain nombre d’éléments de réponses aux questions ci-dessus. Avec 70 propositions il y a évidemment de quoi « faire son marché ». Voici quelques éléments de réponse possibles extraits du document.

1. Forces, faiblesses et obstacles du secteur open source de l’UE

Forces :

  • Engagement politique et financier : l’Europe a démontré son engagement à travers le financement de la recherche (Horizon Europe, Digital Europe) et des cadres politiques (Data Act) qui favorisent la transparence (*p. 16-17).
  • Écosystème en pleine croissance : on observe une expansion des fournisseurs européens de cloud et d’edge open source proposant des alternatives conformes au RGPD, ainsi que de grands consortiums multipartites (bien qu’ils soient confrontés à des défis) et des collaborations avec des instituts de recherche (p. 18-19).
  • Cadres spécialisés : L’Europe assiste à l’adoption croissante de cadres open source spécialisés dans l’IoT dans des secteurs tels que l’industrie manufacturière et l’énergie (p. 19).

Faiblesses :

  • Domination des technologies non européennes : le marché est fortement influencé par les technologies propriétaires et les hyperscalers non européens, en particulier dans les domaines du cloud, de l’edge computing et des technologies de conteneurisation (p. 20).
  • Fragmentation : Les initiatives nationales sont souvent fragmentées et manquent de coordination au niveau européen (p. 17).
  • Problèmes de gouvernance : De nombreux projets, même ceux qui bénéficient de contributions européennes, sont gérés par des entités non européennes (par exemple, la Linux Foundation), ce qui peut entraîner un décalage par rapport aux intérêts européens (p. 26).

Principaux obstacles :

(i) À l’adoption et à la maintenance :

  • Obstacles à l’interopérabilité : Il existe un manque de « normes véritablement ouvertes » universellement adoptées et développées par des entités européennes. Cela entraîne une complexité d’intégration et des frictions entre les outils propriétaires et les outils open source (p. 24).
  • Sensibilisation du marché et discours : les PME et les entreprises hésitent en raison d’idées fausses sur la complexité et le soutien, souvent alimentées par les discours marketing des fournisseurs dominants non européens (p. 25).
  • Pénurie de compétences : l’offre de professionnels maîtrisant les technologies open source européennes, l’orchestration du cloud et la cybersécurité est insuffisante (p. 25-26).

(ii) Vers des contributions durables :

  • Contraintes en matière de ressources et de financement : De nombreux projets essentiels dépendent de contributions bénévoles et de financements sporadiques. Le paysage actuel favorise souvent les grands projets bien établis, laissant les petites initiatives européennes innovantes sous-financées (p. 24-25).

2. Valeur ajoutée pour les secteurs public et privé

Le document identifie la valeur ajoutée dans plusieurs dimensions, en se concentrant principalement sur la souveraineté numérique, la sécurité, la résilience économique et la durabilité.

Exemples concrets et facteurs :

  • Administration publique :
    • Souveraineté et contrôle : l’adoption de l’open source européen permet aux institutions de garder le contrôle sur le traitement et le stockage des données, réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis de fournisseurs étrangers soumis à des lois extraterritoriales (par exemple, la section 702 de la loi américaine FISA).
    • Sécurité et conformité : la transparence totale du code permet un audit rigoureux, garantissant la conformité avec les directives RGPD et NIS.
    • Coût et transparence : cela réduit les coûts d’approvisionnement/de licence et favorise la confiance du public grâce à des systèmes transparents (p. 50).
  • Secteur privé (général et PME) :
    • Innovation : cela réduit les barrières à l’entrée pour les PME, leur permettant d’être compétitives en tirant parti d’une infrastructure abordable et personnalisable. Cela accélère les cycles de développement grâce à l’innovation collaborative (p. 13).
    • Réduction des risques : cela évite la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur associée aux normes propriétaires (p. 11).
  • Fabrication (industrie 4.0) :
    • Efficacité opérationnelle : permet une maintenance prédictive et une surveillance en temps réel.
    • Flexibilité : les normes ouvertes permettent l’intégration transparente de nouvelles technologies dans les systèmes existants, évitant ainsi la dépendance (p. 51).

3. Mesures et actions concrètes au niveau de l’UE

La feuille de route propose des actions (70 au total) réparties en cinq piliers afin de soutenir le secteur et de contribuer à la souveraineté et à la cybersécurité, notamment :

1. Développement technologique :

  • Normes : définir et imposer une « interopérabilité exécutoire » basée sur des normes véritablement ouvertes pour toutes les infrastructures numériques financées par l’UE (p. 28-29).
  • Financement : créer un « Fonds européen pour la souveraineté open source » (NB : EOSSF → EU-STF) pour les projets fondamentaux (p. 30).
  • Architectures de référence : développer des implémentations de référence spécifiques à chaque secteur (par exemple, pour les soins de santé ou l’énergie) (p. 30-31).

2. Développement des compétences :

  • Formation et certification : Lancer des programmes de certification pour la maîtrise de l’open source européen et financer des ateliers de formation axés sur l’industrie (p. 32-33).
  • Éducation : Intégrer les principes de l’open source dans les programmes d’études STEM et créer des centres d’excellence dans les universités (p. 34).

3. Pratiques d’approvisionnement :

  • Politique : Adopter des politiques « Fonds publics, code public, open source d’abord, préférence européenne » (p. 36).
  • Lignes directrices : Créer des guides d’évaluation pratiques et un répertoire de solutions européennes recommandées à l’intention des responsables des marchés publics (p. 37-38).

4. Croissance et investissement :

  • Plateforme d’investissement : créer une « plateforme européenne d’investissement dans l’open source » (EOSIP) afin de consolider les informations sur le financement (p. 41).
  • Image de marque : lancer une initiative de promotion de l’image de marque afin de mettre en avant la sécurité et la souveraineté des projets européens (p. 43).

5. Gouvernance :

  • Analyse de sécurité : donner la priorité aux évaluations de vulnérabilité pour les projets critiques et collaborer avec les agences de cybersécurité (p. 45).
  • Comité consultatif : former un comité consultatif européen sur l’open source afin de superviser le financement et l’orientation (p. 47).

4. Domaines technologiques prioritaires

La feuille de route donne explicitement la priorité aux technologies Cloud, Edge et Internet des objets (IoT).

Pourquoi ces technologies sont-elles prioritaires ?

  • Épine dorsale de l’infrastructure : ces technologies constituent « l’épine dorsale de l’infrastructure numérique moderne » et sont essentielles pour la sécurité nationale et économique (p. 10).
  • Dépendance actuelle : l’Europe est fortement dépendante des hyperscalers non européens dans ces domaines, ce qui pose des risques en matière de confidentialité des données, de sécurité nationale et de résilience opérationnelle (p. 10).
  • Tendances émergentes : certains sous-domaines sont mis en avant comme étant essentiels pour la souveraineté future :
    • Edge Computing : essentiel pour réduire la latence et assurer la souveraineté des données (en gardant le traitement proche de la source) (p. 20).
    • Conteneurisation/Orchestration : critiques pour l’évolutivité, mais actuellement dominées par des entités non européennes (p. 20).
    • IA/apprentissage automatique : l’intégration de l’IA dans les appareils périphériques, pour l’IoT industriel et les systèmes autonomes (p. 20).

NB: d’autres domaines prioritaires peuvent également être mis en avant, en dehors de la feuille de route, notamment le collaboratif (bureautique).

5. Secteurs pour une compétitivité et une cyber-résilience accrues

Le document identifie les secteurs suivants dans lesquels l’open source peut stimuler la compétitivité et la résilience (p. 50-53) :

  • Administration publique : renforce la confiance, la souveraineté des données et réduit les coûts.
  • Fabrication (industrie 4.0) : améliore l’efficacité de la production, réduit les déchets et empêche la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur.
  • Santé : sécurise les données sensibles des patients, permet l’interopérabilité entre les systèmes (par exemple, les dossiers médicaux électroniques) et accélère la recherche médicale.
  • Énergie : optimise la gestion de l’énergie (réseaux intelligents), intègre les énergies renouvelables et réduit la consommation énergétique des centres de données.
  • Autres secteurs : transports, agriculture, finance, éducation, villes intelligentes et industrie spatiale (en particulier l’analyse des données d’observation de la Terre) (p. 53).

Références

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8 janvier 2026 à 09:30

Selon une enquête publiée dans Médiapart, Sébastien Lecornu aurait envoyé un mail sur la messagerie personnelle de Donald Trump samedi 3 janvier 2026 intitulé “I have to confess something to you…”. Après une brève description de son statut au sein du gouvernement français, Sébastien Lecornu aurait avoué “s’appeler en réalité Pedro Gonzales” et “être à la tête du Cartel de Sinaloa depuis 2017”. Plusieurs pièces jointes auraient également été ajoutées parmi lesquelles un montage fait par IA représentant Sébastien Lecornu, chemise ouverte et armes à la main en train de fendre un sac de cocaïne pure à l’aide d’une machette en acier dans le désert de Chihuahua. Enfin, un fichier PDF sobrement intitulé “Come_Get_Me.doc” contiendrait les coordonnées GPS du bureau du Premier ministre ainsi que les codes d’entrée de Matignon, les rondes du service de sécurité et un itinéraire détaillé permettant d’accéder à sa chambre depuis la rue en moins de 40 secondes. 

Interrogé par la presse ce mardi, Sébastien Lecornu a confirmé les faits en se présentant devant les caméras affublé d’une fausse moustache et de 6 larmes dessinées au Bic 4 couleurs sous l’œil gauche. Questionné par une journaliste de CNN sur le but d’une telle confession, le Premier ministre français s’est contenté de regarder ses santiags en croco avant de sortir un gigantesque cigare cubain de sa poche, de le humer avidement, puis de hurler “¡Ahhh eso sí que es un cigarro! ¡ Ay! Ay! Ay!” en l’allumant à l’aide d’un puissant chalumeau sous les regards médusés des ministres. 

Une démarche inédite dans l’histoire de la Vème République d’autant plus que le président américain Donald Trump aurait, toujours selon Mediapart, pris l’information très au sérieux en prévoyant d’extraire le Premier ministre français hors du palais de Matignon d’ici une durée maximale de 27 jours. 

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États‑Unis : des experts alertent sur les « premières étapes d’un génocide » contre les personnes trans

8 janvier 2026 à 09:01
"Des spécialistes du « génocide » tirent la sonnette d’alarme sur la situation des personnes trans, non binaires et intersexes aux États‑Unis, estimant que le pays pourrait être entré dans « les premières phases d’un processus pouvant conduire à des violences de masse » à leur encontre."
(Permalink)

Troublantes parentés des constitutions russe et française

6 janvier 2026 à 16:34
Le 19 août 2025, M. Emmanuel Macron qualifiait son homologue Vladimir Poutine d'« ogre » et de « prédateur ». Selon lui, notre nation doit se préparer à défendre ses valeurs — démocratie, liberté, tolérance — contre le modèle illibéral de Moscou. Y compris militairement. À en croire le (…) / France, Russie, État, Démocratie, Politique

Fact-check : Y a-t-il des bons et des mauvais coups d’État ?

6 janvier 2026 à 15:00

En géopolitique plus que dans n’importe quel domaine, la nuance doit être de mise ; il faut à tout prix éviter les parallèles à l’emporte-pièce et ne comparer que ce qui est comparable. Certes, dans les faits, ce qui s’est passé au Venezuela peut s’apparenter à un coup d’État mais il ne faut pas perdre de vue que Nicolas Maduro est quelqu’un de très très méchant et que les Américains ne lui ont fait aucun mal alors qu’ils avaient tout le loisir de le descendre ainsi que toute sa famille. Par ailleurs, il a moins été capturé par goût du pouvoir que pour ses actions liées au trafic de drogue et au narcoterrorisme. De plus, non seulement le président Maduro n’a pas été tué mais il serait ravi de son séjour aux Etats-Unis dont il adore la culture et envisagerait de demander la nationalité américaine selon son interprète officiel qui n’est autre que le professeur d’espagnol de Donald Trump. 

Un coup d’État, vraiment ?

Bref, il y a « coup d’État » et « coup d’État ». Il ne faut jamais perdre de vue que depuis 1950, près de cinq cents coups d’État ont été tentés ou réussis sans que cela n’émeuve autant la communauté internationale et qu’en Afrique, une journée sans coup d’État c’est un peu comme une chanson de Jul sans Auto-Tune. Le coup d’État de Pinochet au Chili en 1973 ou celui de Franco en 1936 en Espagne étaient de vrais coups d’État pas sympas du tout du tout. Là, en revanche, on a mis en place comme présidente par intérim, Delcy Rodriguez, qui est sans nul doute la candidate pour qui presque tous les Vénézuéliens auraient voté. On peut même se demander si dans le cas des Etats-Unis il s’agit d’un vrai coup d’État puisqu’on n’a pas pris le pouvoir par la force mais simplement ôté le pouvoir par la force. En outre, beaucoup de nos experts s’accordent à dire qu’en dessous de 81 morts, on ne peut pas vraiment parler de coup d’État mais plutôt d’« exfiltration ». Or il n’y a eu que 80 morts lors de la capture de Maduro.

Bref, si on devait admettre qu’il y a eu un « coup d’État », ce qui n’est pas avéré, il faudrait préciser pour être tout à fait juste et nuancé, qu’il s’agit en l’occurrence d’un très bon coup d’État, progressiste, pacificateur, et vecteur d’espoir pour l’humanité.

Photo Getty Images

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Un journal au garde-à-vous

4 janvier 2026 à 17:04
Un contre-pouvoir, le New York Times ? Pas quand il s'agit des dépenses militaires. Le navire amiral de la presse libérale mondiale estime en effet qu'il faut les augmenter et se préparer à la guerre. Car le danger est à nos portes. C'est-à-dire celles de l'empire américain. La menace ne saurait (…) / États-Unis, Géopolitique, Presse

Les États-Unis frappent le Venezuela, Trump annonce la « capture » du président Maduro | Mediapart

3 janvier 2026 à 11:19

«De fortes explosions en pleine nuit, et un dirigeant « capturé ». Le président états-unien, Donald Trump, a confirmé qu’une « opération américaine » a été menée au Venezuela samedi matin, et affirme qu’elle a abouti à la capture et à l'exfiltration de son président, Nicolás Maduro, et de son épouse.

« Les États-Unis d’Amérique ont mené avec succès une frappe d’envergure contre le Venezuela et son dirigeant, qui a été capturé avec son épouse, et exfiltré du pays », déclare-t-il dans un message publié sur son réseau, Truth Social. « Cette opération a été menée conjointement avec les forces américaines », ajoute-t-il, précisant qu’une conférence de presse se tiendrait aujourd’hui dans son complexe de Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride.»

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voir aussi https://www.nytimes.com/live/2026/01/03/world/trump-united-states-strikes-venezuela
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